Hello from Alaska ! (6)

Je fais souvent référence au réchauffement climatique dans mes notes, en particulier en insistant sur la fonte accélérée des glaciers au cours des dernières années.

En Alaska et dans le Yukon, le réchauffement climatique est également perceptible au niveau du réseau routier. Ce dernier traverse des régions où le permafrost (également appelé pergélisol) est en train de fondre, tendance qui devrait s’accélérer dans les prochaines années. Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) prévoit qu’au cours des 100 prochaines années, la température moyenne de la planète augmentera de 1,4°C à 5,8°C. Comme la température annuelle moyenne du sol près de la surface se maintient entre -2 et 0°C dans le sud du Yukon, cette hausse devrait considérablement perturber la stabilité du permafrost.

On peut parfaitement voir les effets de ce dégel sur le réseau routier entre Whitehorse et Haines Junction dans le nord Yukon. La route est parcourue de grandes balafres et autres ornières qui demandent la plus grande prudence de la part des conducteurs.

Afin d’essayer de résoudre ce problème, les Canadiens et les Etats Uniens (ces derniers étant les principaux utilisateurs du réseau routier) essayent de trouver des solutions au problème. Des tests sont effectués, en particulier en faisant circuler de l’air sous la route afin de soulager le permafrost et de l’empêcher de se déformer.

Voici une vue des dégâts observés en ce moment à proximité de Haines Junction (certains tronçons sont bien pires, mais il aurait été imprudent de m’arrêter sur le bord de la route pour les photographier):

Permafrost.JPG

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeaufrancais.jpgAprès un épisode de dégonflement très marqué entre le 10 et le 12 septembre, le tiltmètre au sommet du Kilauea a enregistré un phase de gonflement qui se poursuit à l’heure actuelle. En conséquence, le niveau de la lave dans le pit crater de l’Halema’uma’u est remonté et la situation est maintenant semblable à ce qu’elle était la semaine dernière.

Le tiltmètre sur le flanc nord du Pu’uO’o a lui aussi montré un retour au gonflement du cône. Comme pour l’Halema’uma’u, la lave a fait son retour peu de temps après dans le lac de lave situé dans la partie E du cratère, alors qu’il avait connu une quasi inactivité pendant l’épisode de dégonflement.Le lac de lave dans a partie O du cratère est redevenu actif lui aussi pratiquement au même moment. La lave a maintenant tendance à déborder des deux lacs et à se répandre sur le plancher du cratère.

 

drapeau anglais.jpgAfter a strong episode of deflation between September 10th and 12th, the summit tiltmeter network recorded ongoing DI inflation. In response, the summit lava lake within Halema’uma’u pit crater rose back to a relatively high level close to that seen last week.

The tiltmeter on the north flank of the Pu’u ‘O’o Cone recorded the switch to inflation too. Shortly after, the eastern lava lake, which had reached a condition of near inactivity, showed renewed effusion from a source at its northeast edge. The western lava lake came back to life at about the same time. Lava has refilled both lava lakes since and has begun to overflow from the lakes onto the crater floor.

Le Japon et la géothermie

drapeau francais.jpgA en juger par plusieurs articles lus dans la presse nationale, il semblerait que le Japon ait pris conscience, après le séisme de M 9 en mars dernier, que les centrales nucléaires ne sont pas forcément le meilleur choix dans un pays sujet aux tremblements de terre. Les Japonais commencent à se tourner vers des sources d’énergie alternatives, en particulier la géothermie.

Le séisme du 11 mars avec, dans son sillage, le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima, a déclenché au Japon un mouvement de protestation contre l’énergie nucléaire qui représentait jusqu’alors 30% des besoins du pays, mais aussi un intérêt grandissant pour les énergies alternatives qui ne représentaient que 8%, l’énergie hydroélectrique étant majoritaire. Certaines personnalités japonaises comme Yoko Ono citent l’exemple de l’Islande où l’électricité produite à partir de la géothermie couvre 80% des besoins du pays alors que la géothermie représente actuellement moins de 1% de toute l’énergie produite au Japon.

Selon les experts, le principal obstacle au développement de la géothermie au Japon est le coût initial de l’exploration et du forage des couches profondes pour atteindre l’eau chaude, et ensuite le coût de construction des structures nécessaires à son exploitation. Un autre problème, c’est que les sites qui seraient les meilleurs sont déjà utilisés à des fins touristiques et se trouvent à l’intérieur de parcs nationaux où toute construction est interdite. Il faudrait modifier les lois de protection de ces sanctuaires naturels pour que la géothermie puisse s’y développer.

Il ne fait pourtant aucun doute que le Japon a un réel potentiel géothermique. Ses réserves de chaleur souterraine exploitables sont parmi les plus importantes au monde, juste derrière les Etats-Unis, les Philippines et l’Indonésie, mais le Japon n’est que 6ème si l’on se réfère à ses capacités de production de cette énergie. On estime que le pays pourrait produire 80 000 mégawatts et ainsi satisfaire à plus de la moitié de ses besoins énergétique avec des installations géothermiques classiques.

A côté de cela, des géants industriels comme Toshiba et Mitsubishi comptent parmi les plus importants fabricants de matériel géothermique au monde où ils occupent 70% du marché ! L’an dernier, la firme Fuji Electric a construit la plus grosse centrale géothermique de la planète en  Nouvelle Zélande…

 

drapeau anglais.jpgJudging from several articles in the Japanese press, it seems that after the M9.0 earthquake last March, Japan has begun to realise that nuclear plants are not the best choice for a country that is prone to earthquakes. The country is now contemplating the use of alternative sources of energy, especially geothermal energy.

The March 11th earthquake with the tsunami and the Fukushima nuclear disaster in its wake has sparked in Japan a backlash against atomic power, which previously made up 30% of Japan’s energy needs, and increased interest in alternative energies, which account for only 8%, most of it hydro. Some Japanese celebrities like Yoko Ono are citing the example of Iceland which uses steam and hydroelectric power for over 80% of its energy needs. For now, geothermal makes up less than 1% of the energy produced in Japan.

The biggest hurdle to geothermal, most experts agree, is the high initial cost of the exploration and drilling of deep earth layers that contain hot water, and of then constructing the plants. Another problem is that Japan’s potentially best sites are already being tapped for tourism with popular hot spring resorts or are located within national parks where construction is prohibited so that the rules protecting nature sanctuaries would need to be relaxed for geothermal to grow.

However, geothermal energy has a vast potential. Japan is estimated to have some of the world’s largest reserves of usable underground heat – behind the United States, the Philippines and Indonesia – but is ranked only sixth in terms of geothermal generation capacity.  It has been estimated that Japan could produce 80,000 megawatts and meet more than half its electricity needs with conventional geothermal technology.

Ironically, Japanese giants such as Toshiba and Mitsubishi are already global leaders in geothermal technology, with a 70 percent market share. Last year Fuji Electric built the world’s largest geothermal plant in New Zealand…

Hello from Alaska ! (5)

Après les glaciers et les ours de Haines en Alaska, me voici à nouveau au Canada, à Whitehorse, capitale du Yukon. J’ai eu la chance de traverser à nouveau la région par un temps exceptionnellement beau et lumineux qui m’a permis d’admirer des immensités à couper le souffle où les couleurs de l’automne côtoient les sommets enneigés.

Le Yukon a connu son essor pendant la Ruée vers l’Or à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème, époque où l’économie de la région a été bouleversée par l’arrivée massive des chercheurs de pépites et paillettes. Les conditions de vie étaient souvent extrêmement difficiles et nombreux sont les récits qui racontent les souffrances que les hommes ont dû endurer, avec le risque de revenir bredouille. Les vestiges de cette époque héroïque sont visibles dans plusieurs sites et localités du Yukon.

TVB

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Emerald Lake [Yukon]   (Photo: C. Grandpey)