Chaitén (Chili)

drapeaufrancais.jpgUne récente étude de l’éruption du Chaitén, publiée dans la revue Nature, montre à quelle vitesse le magma est capable de percer la croûte terrestre et confirme l’incapacité de la volcanologie actuelle à prévoir de telles éruptions.

L’éruption soudaine du Chaitén le 1er mai 2008 a eu lieu moins de 24 heures après que les habitants de la ville de Chaitén toute proche aient ressenti les premières secousses sismiques. L’éruption a été si puissante que la cendre a recouvert le Chili et une partie de l’Argentine méridionale.

L’étude révèle que l’ascension du magma s’est faite à une vitesse pouvant atteindre un mètre par seconde. En provenance d’une profondeur de plus de 5 km, il a effectué le trajet vers la surface en 4 heures environ. En comparaison, la plupart des autres éruptions sont précédées de plusieurs mois, voire plusieurs années, d’activité sismique. 

L’éruption du Chaitén est également intéressante car ce fut un événement explosif de type rhyolitique, comme il ne s’en produit que très rarement. La rhyolite est un matériau très riche en silice qui contribue à rendre le magma extrêmement visqueux. Cela entraîne des éruptions explosives car les gaz sont emprisonnés et ne peuvent se libérer que très violemment. Selon la nature de l’éruption, on observe des émissions de ponce ou d’obsidienne.

L’éruption du Chaitén est la première de ce type à avoir été vraiment étudiée en temps réel. La dernière éruption rhyolitique s’était produite en 1912 quand le volcan Novarupta en Alaska a rejeté 30 kilomètres cubes de magma en 60 heures, donnant naissance à la Vallée des 10 000 Fumées.

La conclusion des chercheurs est que « une fois qu’une telle éruption démarre, rien ne peut l’arrêter et il y a fort peu de chance de détecter suffisamment tôt des signes précurseurs ».

Actuellement, des panaches de cendre et de vapeur s’échappent du sommet du volcan formé par le Domo Nuevo1 et le Domo Nuevo 2. Il y a en permanence des risques d’effondrements de ces dômes, ce qui produirait inévitablement des avalanches pyroclastiques. Le niveau d’alerte est maintenu au Rouge.

 

drapeau anglais.jpgA recent study of the eruption of the Chaitén volcano published in the journal Nature shows the high speed with which magma can burst through the earth’s crust. It also confirms that we are still unable to predict eruptions of this type.  

The unexpected explosive eruption of the Chaitén volcano on May 1st 2008, occurred less than 24 hours after residents in the nearby town of Chaitén first began feeling the first earthquakes. The force of the eruption resulted in ash being deposited across Chile and large parts of southern Argentine.

The study reveals that the magma travelled at up to 1 metre per second. It shot from a depth of more than five kilometres to the surface in about four hours. This compares with the months to years of seismic unrest that precedes most eruptions.

The Chaiteìn eruption is of particular interest because it was a rhyolitic explosive eruption – a rare volcanic event. Rhyolite is a volcanic material high in silica, which tends to make it very viscous and prone to explosive eruptions caused by trapped gases. Depending on the nature of the eruption it can form pumice or obsidian on the surface.

The Chaitén eruption is the first rhyolite event to have been scientifically assessed in this way.

The last explosive rhyolitic eruption occurred in 1912 when the Novarupta volcano in Alaska spewed 30 cubic kilometres of magma in 60 hours, giving birth to the Valley of the 10,000 Smokes.

The researchers’ conclusion is that “once such an eruption starts, it’s on its way and there’s not much chance of getting a reasonably early warning. »

Steam-and-ash plumes are currently rising  from Domo Nuevo 1 and Domo Nuevo 2 lava-dome complex. There are permanent risks of dome collapsing that may generate pyroclastic flows. The alert level remains at Red.

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Accumulations de ponce dans la Vallée des 10 000 Fumées

 

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

drapeaufrancais.jpgLe dernier bulletin de l’Observatoire va dans le sens de ce que j’écrivais hier. La crise sismique débutée mercredi 07 octobre à 9h07 (heure locale) s’est achevée dans la matinée d’hier à 10h57.  Cette phase activité sismique a été associée à de faibles déformations sur le flanc nord du cratère Dolomieu. Par contre, aucune variation de la chimie des gaz volcaniques n’a été enregistrée.
Cette activité sismique correspond probablement à un processus d’intrusion magmatique en profondeur, probablement vers 300 m au dessus du niveau de la mer, soit 2300 m environ sous le sommet du volcan.
Le niveau d’Alerte 1 reste en vigueur. L’accès du public à la partie haute de l’enclos Fouqué est donc interdit.

 

drapeau anglais.jpgThe Observatory’s latest update confirms what I wrote yesterday. The seismic crisis that started on Wednesday at 9:07 (local time) ended at 10:57. It was accompanied by slight distortions on the northern flank of the Dolomieu Crater. However, no change in the chemistry of volcanic gases has been observed.

The seismic crisis probably indicates magma intrusion in depth, 300 metres or so above sea level, or 2,300 metres below the summit of the volcano.

The alert level remains at 1, which means that the access to the upper part of the Enclos Fouqué is forbidden.

Séismes au Vanuatu

drapeaufrancais.jpgL’archipel du Vanuatu vient d’être secoué par 5 puissants séismes  (7,8 – 7,2 – 7,4 – 6,0 – 6,9) entre 22h03 et 2h12 TU. Plusieurs volcans (Ambrym, Lopevi, etc) sont susceptibles d’être affectés par ces séismes. Comme je l’ai signalé précédemment, le volcan de l’île de Gaua montre actuellement des signes de regain d’activité.

 

drapeau anglais.jpgThe Vanuatu archipelago has just been shaken by several powerful earthquakes (7,8 – 7,2 – 7,4 – 6,0 – 6,9) between 22:03 and 2:12. Several volcanoes (Ambrym, Lopevi, and so on) may be affected by these earthquakes. As I put it previously, the volcano on gaua Island is currently showing signs of unrest.

Gaua (Archipel du Vanuatu)

drapeaufrancais.jpgLes volcanologues de Vanuatu surveillent depuis quelques jours de près l’activité, en phase de recrudescence du volcan situé sur l’île de Gaua, dans le groupe des îles Banks (extrême Nord de l’archipel).
Une alerte de niveau un sur une échelle de cinq a été activée depuis la semaine dernière, après que les villageois riverains aient constaté une forte émission de fumerolles et de gaz.
Selon le volcanologue Douglas Charley, l’intensité et la fréquence des émissions semblerait augmenter encore depuis le début de cette semaine.
Les populations locales, qui craignent désormais pour leurs cultures vivrières, font état de retombées de cendres plus importantes que d’habitude et d’une forte odeur de soufre.
Le volcan de l’île de Gaua, d’une hauteur de plus de neuf cent mètres est entré dans une phase d’activité au début des années 1960. En 1973, une évacuation avait été nécessaire.

 

drapeau anglais.jpgVanuatu volcanologists have been closely monitoring for a few days the increasing activity of the volcano on Gaua Island, in the Banks Islands, to the north of the archipelago.

Alert 1 (on a scale of 5) was triggered last week when villagers noticed strong emissions of fumaroles and gas. According to local volcanologist Douglas Charley, the intensity and the frequency of fumaroles had been increasing since the beginning of the week.

Local populations are now worrying about their food crops that may be affected by ashfall and they have also reported strong sulphur smells.

The volcano on Gaua Island – more than 900 metres high – was already active in the early 1960s. An evacuation was ordered in 1973.