Reventador (Equateur)

drapeaufrancais.jpgLes autorités équatoriennes viennent d’avertir aujourd’hui 3 provinces proches du volcan (Napo, Pichincha and Sucumbios) qu’une éruption était susceptible de se déclencher. En effet, selon l’Institut Géophysique, le volcan présente une forte activité, avec des signaux sismiques indiquant des explosions, tandis que le versant sud est parcouru par une coulée de lave qui se ramifie en deux branches.

drapeau anglais.jpgThe Ecuadorian authorities have alerted today three close-by provinces (Napo, Pichincha and Sucumbios) of a possible eruption of the volcano. Indeed, the Ecuadorian Geophysics Institute has reported that Reventador’s activities were measured at a level considered high, with permanent seismic signals indicating explosions while a lava flow is dividing in two branches on the southern side..

Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska / Etats Unis)

drapeaufrancais.jpgAlors que l’éruption du Piton de la Fournaise se fait attendre (avec une sismicité en baisse les 20 et 21 octobre), le niveau d’alerte du Cleveland a été ramené à la couleur Jaune le 19 octobre, plus de deux semaines après que le volcan ait émis un panache de cendre de 6 000 mètres de hauteur.

L’éruption du 2 octobre avait obligé l’AVO à élever le niveau d’alerte à l’Orange. Le nuage de cendre expulsé par le volcan s’était étiré dur 600 km vers le NE avant de se perdre au-dessus de la Mer de Béring.

La dernière grosse éruption du Cleveland remonte à février 2001, avec une coulée de lave qui avait atteint l’océan.

Source: AVO.

 

drapeau anglais.jpgWhile everybody is waiting for the eruption of the Piton de la Fournaise (seismicity was decreasing on October 20th and 21st), the alert code was lowered to Yellow on October 19th on Cleveland volcano, more than two weeks after it spewed an ash plume up to 6 kilometres.

The October 2nd eruption had prompted the Alaska Volcano Observatory to raise the alert level to Orange. The ash cloud had drifted northeast about 600 km and dispersed over the Bering Sea.

The last significant eruption of Cleveland began in February 2001 and eventually produced a lava flow that reached the ocean.

Source: AVO.

Soufriere Hills (Ile de Montserrat et Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

L’évolution de la situation sur le volcan de Soufriere Hills (Ile de Montserrat) d’une part et sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) d’autre part montre parfaitement la différence qui existe entre ces deux volcans, tant  au niveau du processus éruptif que de la prévision éruptive.

 

S’agissant de Soufriere Hills, le bulletin diffusé par l’Observatoire le 2 octobre à 11h15 indiquait que « l’activité du volcan Soufrière Hills est restée à un niveau faible cette semaine. L’activité sismique a été très faible cette semaine avec 2 séismes volcano-tectoniques et 2 signaux d’éboulements de blocs du dôme (rockfalls). » Comme dans tous ses bulletins, le MVO ajoutait prudemment : « Une augmentation de l’activité volcanique pourrait intervenir à n’importe quel moment et sans avertissement. Les coulées de boue (lahars) représentent en permanence un danger potentiel dans les vallées autour du volcan pendant et après les périodes de pluies intenses. »

Le 5 octobre à 10 heures, le son de cloche était tout autre : « L’activité du volcan s’est accrue depuis hier. Un essaim sismique a été enregistré à partir de 21 heures le 4 octobre. Il a été suivi à 22 heures d’une phase de tremor qui s’est accompagnée de volumineuses émissions de cendre » avec des retombées vers le sud de l’île. Le bulletin se terminait en précisant que d’autres émissions de cendre étaient fort probables et que « cette événement démontre que l’activité peut s’accroître à tout moment sans véritable signe précurseur ». 

Autrement dit, le volcan a beau être bien surveillé et bien instrumenté, la volcanologie actuelle n’est pas en mesure de prévoir ce type d’éruptions. On sait qu’elles sont susceptibles de se produire, mais on est incapable de dire quand et avec quelle violence. 

 

S’agissant du Piton de la Fournaise,  l’alerte de niveau 1 a été déclenchée le 7 octobre à 10 heures suite à une crise sismique qui s’est calmée par la suite. Les jours suivants (j’écris ces lignes le 20 octobre), on a observé une succession de telles crises entrecoupées de phases de répit. Cette situation pré-éruptive avec alternance de crises sismiques et de phases de répit – déjà vécue en 2008 – est très fréquente sur le Piton. Grâce aux nombreux sismomètres et autres inclinomètres, l’Observatoire est en mesure d’analyser la progression du magma et de pouvoir affirmer qu’une éruption va avoir lieu à court terme. Les seuls paramètres inconnus sont la date, le lieu (probablement le cratère du Dolomieu dans le cas présent) et l’importance de l’événement (elle dépendra du niveau de remplissage de la chambre magmatique du Piton).

Dans le cas d’un volcan de point chaud comme le Piton de la Fournaise ou le Kilauea à Hawaii, la prévision est plus facile que sur un volcan d’arc, donc de subduction, comme Soufriere Hills. Il n’empêche que, même sur un volcan de point chaud,  les volcanologues peuvent se faire surprendre par des caprices du volcan, des phases de migration du magma, par exemple.  

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

drapeaufrancais.jpgAlors que l’on observait depuis quelques jours une alternance de crises sismiques et de phases de répit, la situation semble avoir évolué au cours de la nuit du 18 au 19 octobre et le 19 octobre au matin.

Dans la soirée du 18 octobre, une première crise sismique a été observée entre 20h20 et 21h27. Une accalmie d’une trentaine de minutes a suivi. Puis la sismicité s’est de nouveau intensifiée vers 21h54 précédant l’apparition d’un tremor à 22h02.
Au même moment, on enregistrait une accélération du gonflement du volcan, en particulier sur le flanc Nord du Dolomieu, puis sur le flanc Sud du cratère.
Les hypocentres des séismes les plus importants ont été localisés dans une zone située entre 1 et 2 km au dessus du niveau de la mer, ce qui signifie que le magma se situe à seulement 500 mètres sous les cratères sommitaux.

Pour le moment, aucune sortie de lave n’a été observée. Toutefois, une nouvelle petite fumerolle s’est développée à l’intérieur du cratère Dolomieu, en haut de sa paroi Sud Ouest. En liaison avec cette activité, des éboulements plus volumineux et plus fréquents ont aussi été observés.
Enfin, un changement de la composition chimique des gaz volcaniques était aussi observé le 19 octobre au matin au sommet du Piton de la Fournaise.
L’ensemble de ces paramètres laisse supposer qu’une éruption demeure possible à court ou moyen terme.

Source : Observatoire du Piton de la Fournaise.

 

drapeau anglais.jpgWhile an alternation of seismic crises and periods of rest could be observed in the past few days, the situation seems to have changed during the night between October 18th and 19th. In the evening of October 18th, a first seismic crisis was recorded between 20:20 and 21:27. It was followed by a thirty minutes’ rest. Then, seismicity increased again at 21:54, followed by th birth of a tremor at 22:02.

At the same time the inflation of the volcano accelerated, especially on Dolomieu’s northern flank, then southern flank.

The hypocentres of the most powerful earthquakes were located in an area one or two kilometres above sea level, which means that magma is lying 500 metres below the summit craters.

For the time being, no lava has been seen on the surface. However, a new fumarole could be seen inside the Dolomieu Crater, on the upper SW flank. More collapses were also observed.

At last, a change occurred on October 19th in the morning in the chemistry of the gases at the summit of the Piton.

All these parameters show that an eruption is very likely in the short or medium term.

Source : Observatoire du Piton de la Fournaise.