Les « super volcans » constituent depuis quelques années un sujet récurrent en volcanologie. On estime qu’il existe une dizaine d’exemplaires de ces monstres à travers le monde, dont celui de Yellowstone à propos duquel tant de choses ont été dites et tant de prédictions ont été faites… S’il venait à exploser de nouveau, il devrait couvrir de cendre l’ensemble des Etats Unis…
Il y a deux ans, des scientifiques américains de l’Université du Texas, aidés par des collègues de Stanford University (Californie) et de l’Université de Trieste (Italie), ont découvert dans les Alpes italiennes – dans la vallée de Sesia – les restes fossilisés d’un super volcan qui serait entré en éruption il y a 280 millions d’années. Présentant aujourd’hui une caldeira de 13 km de large, il aurait émis 500 kilomètres cubes de cendre. Les chercheurs font remarquer que le Yellowstone a projeté 1000 kilomètres cubes de matériaux il y a 630 000 ans.
Le gros avantage du volcan de Sesia est de permettre aux scientifiques d’observer sa structure interne. En effet, il se situe à un endroit où la croûte terrestre est relevée sous l’effet de la collision entre la plaque africaine et la plaque européenne, collision qui a commencé il y a 30 millions d’années. Suite (et grâce) à ce soulèvement, il est facile d’étudier la croûte terrestre jusqu’à une grande profondeur (25 km dans le cas du super volcan italien) alors qu’auparavant, cette profondeur n’excédait pas 4 ou 5 km. C’est pourquoi à Sesia, les chercheurs peuvent étudier le trajet du magma entre sa source et sa sortie à la surface de la croûte. En particulier, ils peuvent voir en profondeur à quel moment les magmas se sont cristallisés pour devenir des granits, puis, à un niveau supérieur, comment se sont formés les matériaux émis lors de l’éruption.
Même si le super volcan italien est aujourd’hui éteint, son étude pourrait aider à mieux comprendre le comportement de ceux qui sone encore susceptibles d’entrer en éruption, comme celui de Yellowstone.
L’étude des scientifiques américains a été publiée en juillet dans la revue Geology.