Impact du réchauffement climatique sur les parcs nationaux aux États Unis // Impact of global warming on U.S. national parks

Un article publié sur le site Internet Business Insider examine l’impact du réchauffement climatique sur les parcs nationaux aux États-Unis.
Chaque année, plus de 300 millions de visiteurs explorent les parcs nationaux américains qui profitent de paysages incomparables absents de leur vie quotidienne. Aujourd’hui, à cause du réchauffement climatique, ces parcs sont en difficulté. Entre temps plus chaud et plus sec et espèces invasives, en passant par des tempêtes plus puissantes, de nombreux parcs doivent faire face à des changements spectaculaires. De l’Alaska à la Floride, voici six exemples de l’impact de la crise climatique sur les parcs nationaux.

Dans le Montana, le parc national des Glaciers s’étend sur 2 400 kilomètres, avec des paysages de montagnes, de vallées et des lac glaciaires. Avec la hausse rapide des températures, les glaciers fondent et le parc est en train de perdre son nom. Il hébergeait autrefois 80 glaciers. En 2015, le National Park Service (NPS) a estimé qu’il n’en restait que 26. Les satellites ont montré les derniers en train de continuer de rétrécir. La disparition des glaciers aura un impact sur la flore et la faune. Par exemple, les chèvres de montagne ont besoin de plaques de neige pour rester au frais pendant l’été. En hiver, la neige permet aux pikas, de minuscules rongeurs ressemblant à des souris, de se protéger du froid glacial.

Photo: C. Grandpey

Le parc national du Denali s’étend sur près de 24 600 kilomètres carrés en Alaska. Les journées d’hiver y sont courtes et froides, avec des températures pouvant descendre jusqu’à -40 degrés Celsius. Des milliers d’animaux vivent dans le parc, des ours aux renards roux. Une partie de la route du Denali est impraticable depuis plusieurs années. En effet, dans les années 1960, un premier glissement de terrain a commencé à entraver la route conduisant à l’intérieur du parc. En 2014, le glissement de terrain se déplaçait de quelques dizaines de centimètres chaque année. En 2021, il se déplaçait de quelques dizaines de centimètres par heure. La route est désormais fermée à peu près à mi-chemin, interdisant l’accès des véhicules à des sites magnifiques comme Wonder Lake.
Alors que la température moyenne annuelle du parc était autrefois largement négative, elle est désormais proche de 0 °C. Le temps plus chaud et la fonte du pergélisol accélèrent le glissement de terrain. La route est creusée dans un glacier rocheux qui s’effondre lentement.

Photo: C. Grandpey

Dans le parc national des Séquoias, les visiteurs peuvent admirer les bosquets de grands séquoias qui dominent le paysage. Un incendie en 2021 a ravagé des pans entiers du parc. La foudre avait frappé plusieurs zones, déclenchant ce qui est devenu le KNP Complex Fire . Un an plus tôt, le Castle Fire avait également ravagé le parc national des Séquoias. Ces deux incendies ont détruit entre 8 400 et 12 000 séquoias. Certains de ces arbres étaient vieux de plusieurs milliers d’années. Les incendies de forêt ne sont pas rares, mais les séquoias étaient déjà vulnérables après une longue sécheresse. La combinaison de faible humidité et de températures élevées peut devenir problématique lorsque des incendies éclatent.

Photo: C. Grandpey

Yellowstone est devenu le premier parc national des États-Unis en 1872. Il abrite le Vieux Fidèle ainsi que de nombreux autres geysers et sources chaudes. Les visiteurs doivent parfois arrêter leurs véhicules pour permettre aux bisons de traverser la route. Des élans et les nombreuses autres espèces vivent dans le parc.

Les températures de plus en plus chaudes accélèrent la fonte des neiges, modifient la végétation et entraînent une diminution des réserves d’eau dans certaines zones. Tout cela obligera probablement certains animaux à se déplacer. Chaque année, les antilopes d’Amérique (pronghorns) migrent à travers le parc. Le voyage est déjà risqué car elles traversent des routes et des clôtures. Un manque d’eau et de nourriture pourrait modifier leur parcours.
Yellowstone a subi d’importants dégâts lors d’une crue brutale en 2022. Un mélange d’eau de pluie et de fonte des neiges a provoqué de graves inondations au mois de  juin. L’eau qui se précipitait a endommagé des routes, des structures et des sentiers. Bien que ce type de catastrophe soit rare, avec les températures plus chaudes, la fonte des neiges plus rapide et la pluie qui remplace la neige, les inondations pourraient devenir plus fréquentes.

Photo: C. Grandpey

Le long de la limite entre la Californie et le Nevada, la Vallée de la Mort attire les visiteurs désireux de voir les salines, les dunes de sable et les cratères. C’est l’un des plus grands parcs nationaux des États Unis. La nuit, son éloignement de tout et son aridité le rendent idéal pour observer les étoiles.
La Vallée de la Mort devient de plus en plus chaude d’année en année. La chaleur extrême n’est pas une nouveauté, mais ces dernières années, les températures ont dépassé régulièrement les 51 degrés Celsius en juillet. Ces températures extrêmes peuvent se prolonger jusqu’en octobre et les nuits ne sont plus aussi fraîches.
La chaleur torride peut être dangereuse pour les visiteurs; les plantes et les animaux ont également du mal à y faire face. Certains animaux ont tendance à migrer vers des climats plus frais, mais certaines espèces peuvent ne pas survivre. Par exemple, la population extrêmement rare de poissons-chiots Devils Hole (Cyprinodon diabolis), que l’on trouve uniquement dans le Nevada, à proximité immédiate de la Vallée de la Mort, est en déclin depuis les années 1990.

Photo: C. Grandpey

Situé dans le sud de la Floride, le parc national des Everglades est un patchwork d’écosystèmes uniques, avec des mangroves et des pinèdes où cohabitent des dizaines d’espèces de lézards et de serpents, ainsi que des alligators et des oiseaux. Les loutres de rivière et les lamantins nagent également dans différentes parties du parc.
Les températures plus élevées, les ouragans plus intenses et la montée du niveau de la mer font partie des défis auxquels les Everglades sont confrontés. Lorsque l’eau salée s’infiltre dans les zones littorales du parc, elle peut nuire aux orchidées tropicales rares et à d’autres végétaux qui ne peuvent pas faire face à une salinité accrue.
Le Cape Sable se trouve à la pointe sud-ouest de la Floride. Le niveau de la mer a augmenté à un rythme accéléré au cours des 100 dernières années. Les ouragans et les tempêtes tropicales ont poussé l’eau de mer dans ce qui était autrefois des marais et des lacs d’eau douce. Cette incursion menace non seulement les forêts de mangroves, mais aussi la faune comme le bruant maritime du cap Sable, une espèce de moineau que l’on ne trouve que dans cet habitat unique.

Photo: C. Grandpey

Source : Business Insider via Yahoo News.

———————————————-

An article released on the Business Insider website examines the impact of global warming on national parks in the United States.

Each year, over 300 million visitors explore the US national parks which offer unparalleled landscapes that are often missing from their everyday lives. Today, because of global warming, these parks are in trouble. From hotter, drier weather to invasive species to more powerful storms, many of the country’s parks are experiencing dramatic changes. From Alaska to Florida, here are six examples of how the climate crisis is changing national parks.

Montana’s Glacier National Park sprawls over 2,400 kilometers, encompassing mountains, valleys, and glacial lakes. With rapidly increasing temperatures, the glaciers are melting and the park is losing its name. It once held 80 glaciers. In 2015, the National park Service (NPS) estimated only 26 were left. Satellites have captured the remaining few as they continue to shrink. The glaciers’ disappearance will impact the plants and animals. For example, mountain goats rely on snow patches to stay cool during the summer. In the winter, the snow helps keep pikas, tiny mouse-like rodents, insulated from the bitter cold.

The Denali National Park and Preserve stretches nearly 24,600 square kilometers of Alaskan terrain. Winter days there are short and cold, with temperatures as low as -40 degrees Celsius. Thousands of animals live in the park, from bears to red foxes. Part of Denali’s road has been impassable for years. In the 1960s, a first landslide began cracking the road leading to the park. In 2014, the landslide was moving a few tens of centimeters every year. By 2021, it was moving a few tens of centimeters per hour. The road is now closed at about its halfway point, cutting off vehicle access to sites like Wonder Lake.

While the annual average temperature of the park was once well below freezing, it’s now close to 0°C. The warmer weather and melting permafrost is making the landslide move more quickly. The road is cut into a rock glacier and it is slowly falling off the cliff.

At Sequoia National Park, visitors can enjoy groves of tall sequoia trees that dominate the landscape. A 2021 fire ravaged swaths of the Park. Lightning struck several areas, igniting what became the KNP Complex Fire. A year earlier, the Castle Fire also ravaged Sequoia National Park. Fires over those two years killed between 8,400 to 12,000 sequoias. Some of the trees were thousands of years old. Forest fires are not uncommon, but the sequoias were already vulnerable after a lengthy drought. A combination of low humidity and high temperatures can be a dangerous combination when fires erupt.

Yellowstone became the US’s first national park in 1872. It’s home to Old Faithful, as well as many more geysers and hot springs. Visitors sometimes have to halt their vehicles for bison crossing the road, and moose, and the many other species that live in the park.

However, warmer temperatures are speeding up snowmelt, changing vegetation, and leading to less water in some areas. All of this will likely force some wildlife to relocate. Every year, pronghorn antelope migrate through the park, a journey that is already risky as they cross over roads and fences. A lack of water and food could alter their path.

Yellowstone experienced extensive damage during a flood in 2022. A mix of rain and snowmelt caused severe flooding in June 2022. The rushing water damaged roads, structures, and trails. While the disaster was rare, warmer temperatures are increasing snowmelt and rain is falling instead of snow. Floods could become more common as the climate continues to change.

Along the California-Nevada border, Death Valley draws visitors keen to see the salt flats, sand dunes, and craters. It’s one of the largest national parks in the country. At night, its remote location and aridity make it ideal for stargazing.

Death Valley is getting hotter by the year. Extreme heat is nothing new for Death Valley, but in recent years, temperatures regularly soar past 51 degrees Celsius in July. These extreme temperatures can extend into October, and the nights don’t get as cool.

The sizzling weather can be dangerous for visitors and residents, and plants and animals have difficulty coping, too. Some animals may start migrating to cooler climates, but some species may not survive. For example, the extremely rare Devils Hole pupfish population, found only in Nevada, close to Death Valley, has been in decline since the 1990s.

Located in Southern Florida, the Everglades National Park is a patchwork of unique ecosystems, from mangroves to pinelands where dozens of species of lizards and snakes, as well as alligators and birds live together. River otters and manatees also swim through different parts of the park.

Elevated temperatures, more-intense hurricanes, and rising sea levels are among the challenges the Everglades face. When salty seawater seeps into the park’s coastal landscape, it can harm rare tropical orchids and other vegetation that can’t cope with increased salinity.

Cape Sable lies at Florida’s southwestern tip. Sea levels have risen at an accelerated pace over the last 100 years. Hurricanes and tropical storms have washed seawater into what was once freshwater marshes and lakes. The incursion threatens not only mangrove forests but wildlife like the Cape Sable seaside sparrow, which is only found in this unique habitat.

Source : Business Insider via Yahoo News.

Yellowstone : la Morning Glory Pool et le tourisme de masse // The Morning Yellow Pool and mass tourism

En lisant la presse américaine ces derniers temps, on apprend que l’un des sites les plus emblématiques du Parc national de Yellowstone a été profondément et définitivement modifié par les touristes. La Morning Glory Pool, une source thermale autrefois d’un bleu éclatant, située dans l’Upper Geyser Basin, pas très loin du Vieux Fidèle, a été transformée au fil des ans par les visiteurs qui y ont jeté des objets.
Il paraît que la Morning Glory Pool fascinait les premiers visiteurs du parc avec ses eaux bleues cristallines. Tirant son nom de la Morning Glory, autrement dit l’ipomée bleue dont les fleurs s’ouvrent le matin, puis évoluent en couleur tout au long de la journée avant de se fermer ou de se faner le soir, elle attirait les foules pendant les premières années du Parc de Yellowstone. Beaucoup la décrivaient comme une source sans fond et d’une beauté époustouflante.

Une source d’un bleu éclatant (Crédit photo: Wikipedia

Avec l’arrivée du tourisme de masse, la situation de la Morning Glory Pool s’est vite dégradée. Les visiteurs ont commencé à y jeter des objets. Des pièces de monnaie, des déchets et toutes sortes de débris ont commencé à s’accumuler dans le bassin. À l’époque (Yellowstone est devenu le premier parc national le 1er mars 1872), les parcs nationaux n’étaient pas encore reconnus comme des zones de conservation et de nombreux touristes considéraient la Morning Glory Pool comme un puits à souhaits. La tradition qui consistait à jeter des pièces de monnaie dans les plans d’eau a eu un impact catastrophique sur l’écosystème de la source.
En 1991, les rangers ont participé à un projet de nettoyage de la Morning Glory Pool. Ils ont retiré avec précaution des centaines d’objets étrangers afin de lui redonner sa beauté d’origine. Une fois le niveau de l’eau abaissé, un ouvrier, attaché par un harnais d’escalade, a soigneusement récupéré les objets à l’aide d’un filet à long manche. C’est ainsi qu’ont été collectés des milliers de pièces de monnaie ainsi que des objets métalliques ressemblant à des pièces détachées pour voitures. Les rangers ont également trouvé de nombreuses pierres qui n’appartenaient pas à ce site, et des chapeaux probablement emportés par le vent avant d’atterrir dans la source.

La Morning Glory Pool en 2004 (Crédit photo: Wikipedia)

Malheureusement, les dégâts causés à la Morning Glory Pool étaient irréversibles. Au fil des ans, les débris accumulés ont bloqué l’alimentation naturelle de la source, ce qui a fait baisser la température de l’eau et favorisé le développement de bactéries. Selon le scientifique en charge de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone, le changement de température a fait pâlir la couleur bleue emblématique de la source. En effet, les bassins hydrothermaux les plus chauds ont tendance à être d’un bleu éclatant tandis que les plus froids sont en général plus colorées, car les bactéries peuvent s’y développer. C’est ce qui explique la couleur de la Morning Glory Pool aujourd’hui. Elle n’a plus l’eau bleue et cristalline d’autrefois. Sa partie la plus profonde est verte et vire au jaune sur les bords. La source ne ressemble plus à ce qu’elle était dans les années 1880. Malgré cela, elle continue d’attirer des foules de visiteurs. Ceux qui, comme moi, ne l’ont pas connue dans les années 1880 la trouvent tout de même très belle au 21ème siècle.
Aujourd’hui, les rangers font remarquer que le comportement du public dans le Parc National de Yellowstone s’est considérablement amélioré. Très peu de visiteurs jettent des pièces de monnaie dans les sources hydrothermales. Globalement, les gens sont beaucoup plus respectueux de cette merveille de la Nature.
Source : Différents organes de presse américains.

La Morning Glory Pool aujourd’hui (Photo: C. Grandpey)

—————————————————–

When reading the American press these days, we learn that one of Yellowstone National Park’s most iconic attractions has been permanently changed by tourists. The Morning Glory Pool, a once-pristine, brilliant blue thermal feature in the park’s Upper Geyser Basin has been transformed over the years as visitors have thrown things into its waters.

Historically, Morning Glory Pool dazzled early park visitors with its crystal-clear blue waters. Named after the vibrant Morning Glory flower, it was a key attraction in Yellowstone’s early days, described by many as bottomless and stunningly beautiful.

However, with the arrival of mass tourism, visitors began throwing objects into it. Coins, trash and random debris began accumulating in the pool. At the time, national parks were not widely recognized as conservation areas, and many tourists treated Morning Glory like a wishing well. The tradition of tossing coins into bodies of water, while often seen as harmless, had a damaging impact on the pool’s ecosystem.

Park rangers participated in a rare project to clean the Morning Glory Pool in 1991. They painstakingly removed hundreds of foreign objects from its depths in an effort to restore its original beauty. A worker, secured in a climbing harness, carefully retrieved items with a long-handled net, a meticulous process aimed at protecting both the fragile geothermal structure and the people involved.

The rangers found thousands of coins together with metal parts that looked like car parts chucked into the bottom of the pool. There were also a lot of rocks that didn’t belong to the pool, and some hats that probably had blown off people’s heads and landed in the pool.

Unfortunately, the damage to the Morning Glory Pool was already done. Over the years, the accumulated debris blocked its natural thermal flow, reducing the water temperature and allowing bacterial growth to flourish. According to the scientist in charge of the Yellowstone Volcano Observatory, the temperature shift caused the pool’s iconic blue color to fade. Hotter pools tend to be a brilliant blue, and cooler pools can be more colorful since bacteria can grow there.

Today, the Morning Glory Pool no longer resembles the clear, blue marvel it once was. Its deepest parts are green, transitioning to yellow around the edges,a stark contrast to the deep blue recorded in the 1880s.

Despite stricter conservation measures and increased public awareness, the effects of early vandalism still linger. Still, public behaviour in the park has improved significantly. Very few visitors throw coins in Yellowstone’s thermal pools today. It looks as if people are much more respectful than they were in my early days.

Source : U.S. News media.

Et si une éruption secouait Yellowstone ? // What if an eruption shook Yellowstone ?

Suite à l’explosion hydrothermale qui a secoué le Biscuit Basin à Yellowstone le 23 juillet 2024, beaucoup d’Américains se demandent aujourd’hui quel serait l’impact d’une éruption volcanique sur leur territoire.  Il y a quelques semaines, je montrais une vidéo du Parc national de Yellowstone à la fin de ma conférence sur les risques volcaniques. Une personne dans le public m’a demandé ce qui se passerait si une éruption se produisait à Yellowstone. J’ai répondu que personne ne le sait vraiment. À l’heure où l’on n’est pas capable de prévoir les éruptions, il est difficile de savoir ce qui se passerait si l’une d’elles se produisait à Yellowstone. La plupart des modèles tendent à montrer qu’il s’agirait d’une éruption majeure car le volcan n’est pas entré en éruption depuis très longtemps. Cependant, nous savons aussi que toutes les éruptions du Yellowstone n’ont pas causé de dégâts majeurs. La théorie la plus répandue dit qu’il s’agirait d’un événement 100 fois plus puissant que l’éruption du Pinatubo aux Philippines en 1991.

Vue partielle de la caldeira de Yellowstone : le Norris Geyser Basin (Photo : C. Grandpey)

La région du Parc national de Yellowstone a connu trois éruptions de grande ampleur au cours de l’histoire de la Terre. La plus importante s’est produite il y a 2,1 millions d’années et a propulsé 2 450 kilomètres cubes de matériaux. C’est la raison pour laquelle Yellowstone est considéré comme un « supervolcan ». La dernière éruption majeure de Yellowstone remonte à environ 640 000 ans. La dernière de la série a eu lieu il y a 70 000 ans. Certains scientifiques affirment que le volcan est « en retard » dans son cycle éruptif. Avant d’affirmer cela, il faudrait s’assurer que les cycles éruptifs existent !

On peut observer dans le Parc National de Yellowstone les vestiges des éruptions du passé (Photo : C. Grandpey)

Sous le supervolcan de Yellowstone, les scientifiques ont détecté deux chambres magmatiques à plusieurs kilomètres sous la surface (voir mes notes du 19 avril 2023, du 26 avril 2015 et du 25 avril 2028).

Cette coupe sud-ouest / nord-est sous Yellowstone a été obtenue grâce à l’imagerie sismique. (Source : Université de l’Utah)

Si une éruption devait se produire, la chaleur en provenance des profondeurs de la Terre commencerait à faire fondre la roche sous la surface. Cela créerait un mélange de magma, de roches, de vapeur, de dioxyde de carbone et d’autres gaz sous pression.
Cette pression finirait par pousser le sol pour former un dôme, avec des fissures en bordure. Lorsque cette pression s’évacuerait à travers les fissures, les gaz dissous exploseraient, entraînant la vidange de la chambre magmatique.
Une telle éruption tuerait immédiatement jusqu’à 90 000 personnes et répandrait une couche de matériaux de 3 mètres d’épaisseur jusqu’à 1 600 kilomètres du Parc. Les sauveteurs auraient probablement du mal à atteindre le site de l’éruption car les cendres bloqueraient tous les points d’entrée. La propagation des cendres et des gaz dans l’atmosphère bloquerait la plus grande partie du trafic aérien.
Une conséquence tout aussi effrayante serait « l’hiver nucléaire » qui, selon certains experts, pourrait affecter les États-Unis et d’autres régions du monde. Les gaz riches en soufre libérés par le volcan envahiraient l’atmosphère où ils se mélangeraient à la vapeur d’eau. La brume de gaz qui envelopperait les États Unis ne se contenterait pas de faire obstacle à la lumière du soleil ; elle ferait aussi chuter les températures. La baisse des températures affecterait l’approvisionnement alimentaire des États-Unis en décimant les récoltes dans les Grandes Plaines, le grenier du pays.
La bonne nouvelle est qu’une éruption de cette ampleur est peu susceptible de se produire de notre vivant. Comme je l’ai écrit plus haut, la dernière grande éruption de Yellowstone a eu lieu il y a environ 640 000 ans, et l’United States Geological Survey (USGS) affirme que la probabilité que l’événement se renouvelle est très, très faible. Selon l’USGS, la chambre magmatique située sous la caldeira de Yellowstone n’est en fusion qu’à 5 à 15 %, ce qui signifie qu’il n’y a probablement pas suffisamment de lave pour alimenter une nouvelle éruption.
Source  : médias d’information scientifique américains.

Le Parc National de Yellowstone est très facile d’accès et permet de découvrir des merveilles géologiques comme le Grand Prismatic (Photo : C. Grandpey)

—————————————————-

Following the hydrothermal explosion that rocked Yellowstone’s Biscuit Basin on July 23rd, 2024, many Americans are now wondering what the impact of a volcanic eruption would be on their territory. A few weeks ago, I was showing a video about Yellowstone National Park at the end of my conference about volcanic risks. A person in the audience asked me what would happen if an eruption occured at Yellowstone. I answered that nobody really knows. At a time when we are not able to predict eruptions, it is difficult to know what would happen if one of them occurred at Yellowstone. Most models tend to show that it would be a major eruption because the volcano has not erupted for such a long period of time. However, we also know that all eruptions at Yellowstone did not cause major damage. The most popular theory says that it would be a major disaster, 100 times more powerfuk than the 1991 Pinatubo eruption in the Philippines.

The Yellowstone National Park region has experienced three massive eruptions in Earth’s history. The biggest of them occurred 2.1 million years ago and resulted in 2,450 cubic kilometers of material ejected. This is the reason why Yellostone is considered as a « supervolcano. » Yellowstone’s last major eruption was about 640,000 years ago. The last one took place 70,000 years ago. Some scientists say that the volcano is « overdue » in its eruptive cycle. Before asserting this, one needs to be sure that eruptive cycles do exist !

Beneath the Yellowstone supervolcano, scientists have detected two magma chambers several kilometers beneath the surface (see my posts of 19 April 2023, 26 April 2015 and 25 April 2028).

If an eruption were to occur, heat rising from deep within Earth’s depths would begin to melt the rock just below the ground’s surface. That would create a mixture of magma, rocks, vapor, carbon dioxide and other gases under pressure.

The pressure eventually would push the ground up into a dome shape and create cracks along the edges. As that pressure was released through the cracks, the dissolved gases would explode, emptying the magma chamber.

The eruption could be expected to kill as many as 90,000 people immediately and spread a 3-meter layer of material as far as 1,600 kilometers from the park.

Rescuers probably would have a tough timereaching the site of the eruption. The ash would block off all points of entry. The spread of ash and gases into the atmosphere would stop most air travel.

Equally as frightening is the « nuclear winter » that some experts say could blanket the U.S. and other parts of the world. Sulfuric gases released from the volcano would spring into the atmosphere and mix with the planet’s water vapor. The haze of gas that could drape the country wouldn’t just dim the sunlight ; it also would cool temperatures. Falling temperatures would affect the US food supply by decimating crops in the central plains, the granary of the country.

The good news is that an eruption of this scale isn’t likely to happen in our lifetime. As I put it above, Yellowstone last erupted about 640,000 years ago, and the United States Geological Survey (USGS) says the probability that it will blow its top again is very, very low. According to the USGS, the magma chamber beneath the Yellowstone caldera is only 5 to 15 percent molten, meaning there may not be enough lava flow for more explosive eruptions to occur.

Source : US scientific news media.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’Observatoire Volcanologique de Yellowstone (YVO) a donné quelques détails supplémentaires sur l’explosion hydrothermale qui s’est produite dans le Biscuit Basin le 23 juillet 2024.
L’événement, provoqué par le passage rapide de l’eau à la vapeur dans le système hydrothermal peu profond sous le Black Diamond Pool, a entraîné une importante projection de matériaux, sans que l’événement soit lié à une quelconque activité volcanique. La sismicité, la déformation du sol ainsi que les émissions de gaz et la température restent à des niveaux normaux.
L’explosion a projeté de la vapeur et des débris à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Elle a détruit un sentier en caillebotis et projeté des blocs pouvant atteindre 90 centimètres à une distance considérable. La couleur sombre de la gerbe produite par l’explosion est due à la boue et aux débris mélangés à de la vapeur et de l’eau à haute température. Aucun blessé n’a été signalé malgré la présence de nombreux visiteurs.
Le Black Diamond Pool et le Black Opal Pool ont été affectés par l’explosion. La forme du Black Diamond Pool a été modifiée et l’eau des deux bassinsa pris une couleur marron à cause des débris. Le sol autour du site reste instable. Le matin du 24 juillet, les deux bassins débordaient dans la Firehole River, et aucune autre explosion hydrothermale n’a été observée.
Pour des raisons de sécurité, le Biscuit Basin a été fermé aux visiteurs pour le reste de la saison 2024.

Vue du Biscuit Basin avec le Black Diamond Pool (le plus grand) et le Black Opal Pool après l’explosion. On aperçoit aussi la Firehole River dans la partie supérieure de l’image (Source : YVO)

++++++++++

J’ai souvent indiqué sur ce blog que l’activité éruptive du Sakurajima (Japon) se poursuivait au niveau du cratère Minamidake. L’Agence météorologique japonaise (JMA) a informé le public qu’une forte éruption explosive avait été enregistrée à 04h58 UTC le 20 juillet 2024. La colonne éruptive a atteint 4,8 km d’altitude
Il s’agissait du 24ème épisode éruptif sur le Sakurajima depuis le début de l’année. Voici une vidéo de cet événement :
https://twitter.com/i/status/1814531520276631832


Crédit photo: JMA

++++++++++

Toujours au Japon, des images satellite diffusées le 19 juillet 2024 laissent supposer que le volcan Iwo-Jima, également connu sous le nom d’Ioto et d’Ogasawara-Iojima, est entré dans une nouvelle phase éruptive. Une activité explosive sous-marine a commencé à environ 600 m au large de la plage d’Okinahama, dans la partie sud de l’île, entre le 9 et le 19 juillet.
La dernière période d’activité à Iwo-Jima s’est déroulée du 18 octobre 2023 au 16 mars 2024, avec un VEI 1.
Source : The Watchers.

Image acquise par le satellite Copernicus EU/Sentinel-2 le 19 juillet 2024

++++++++++

Le Merapi (Java / Indonésie) a connu un important épisode éruptif le 20 juillet 2024. On a recensé 19 coulées de lave qui ont parcouru jusqu’à 1,7 km.
Une vidéo enregistrée le 20 juillet à 19 h 46 (heure locale) montre l’événement :
https://twitter.com/i/status/1814806016867115448

Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à une distance de 3 à 7 km du sommet, selon les secteurs.
Source : Centre de recherche et de développement des technologies en cas de catastrophe géologique (BPPTKG).

Capture d’écran de la vidéo ci-dessus

++++++++++

Situé sur l’arc volcanique des Aléoutiennes, le Great Sitkin (Alaska) forme une grande partie la partie nord de l’île du même nom. Dans ses dernières mises à jour, l’Observatoire des Volcans de l’Alaska (AVO) indique qu’une lente émission de lave « est probablement en cours »au niveau du cratère sommital. La sismicité est actuellement faible avec quelques petits événements quotidiens enregistrés par le réseau sismique. Les images de la webcam montrent de petites émissions de vapeur en provenance de la coulée de lave active. Des températures de surface élevées sont détectées par satellite. Le niveau d’alerte volcanique reste à Watch – Vigilance – (niveau 3 sur une échelle de quatre niveaux) et la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange.
L’AVO a mis en ligne une vidéo accélérée montrant 3 années d’émission de lave sur le Great Sitkin. Le document est une animation d’images satellite de l’éruption entre le 9 mai 2021 et le 22 juillet 2024.
https://x.com/i/status/1815466182587412788

++++++++++

Une hausse de l’activité sismique et de la déformation du sol dans l’Upper East Rift Zone du Kīlauea (Hawaï) a été observée par le HVO dans la matinée du 22 juillet 2024. Une quarantaine de séismes ont été détectés ; le plus important avait une magnitude de M3,1. L’Observatoire suit la situation attentivement et diffusera des messages supplémentaires si nécessaire. Actuellement, il n’y a aucun signe d’éruption imminente ; cependant, la situation peut évoluer rapidement. Le niveau d’alerte volcanique est brièvement passé à Watch (Vigilance) and la couleur de l’alerte aérienne à Orange, avant d’être ramené à Advisory et à la couleur Jaune quelques heures plus tard. Madame Pélé joue avec les nerfs des scientifiques du HVO !

++++++++++

Entre le 22 et le 23 juillet 2024, l’Etna (Sicile) a été secoué par un nouveau paroxysme au niveau de la Voragine. Comme précédemment, l’événement a commencé par une intensification de l’activite strombolienne qui a atteint son paroxysme dans la matinée du 23 juillet avec de puissantes fontaines de lave et l’apparition d’une coulée qui a débordé de la lèvre ouest de la Bocca Nuova. Les panaches de cendre qui ont accompagné cet épisode éruptif ont provoqué la fermeture de l’aéroport de Catane pendant plusieurs heures. Voir mes notes à propos de cet événement.

++++++++++

Selon les dernières données du Met Office, le magma continue de s’accumuler sous Svartsengi, sur la péninsule de Reykjanes (Islande). Les scientifiques islandais s’attendent à une intrusion magmatique ou une éruption dans les deux à trois prochaines semaines. Selon les calculs de probabilité, un volume approchant 16 millions de mètres cubes devrait être stocké dans la chambre magmatique dans les prochains jours. Par rapport aux éruptions précédentes, les scientifiques estiment qu’il faut 13 à 19 millions de mètres cubes pour déclencher une éruption ou une intrusion magmatique.
Le Met Office n’exclut pas la possibilité d’une éruption fissurale à l’intérieur de la ville de Grindavík. Cependant, il est davantage probable que des fissures s’ouvriront au nord de la ville plutôt qu’à l’intérieur de celle-ci.
Il n’est toutefois pas impossible que la lave en provenance d’une éruption au nord des digues de terre près de Grindavík pénètre dans des fissures, puis réapparaisse à travers d’autres fissures déjà ouvertes à l’intérieur de la ville.

++++++++++

L’extrusion de lave au sommet du Bezymianny (Kamchatka) a considérablement augmenté le 21 juillet 2024, provoquant des effondrements de la partie orientale du dôme de lave et des avalanches de matériaux. Les panaches de cendres provenant des effondrements se sont élevés à 2-3 km au-dessus du niveau de la mer. Le 22 juillet, la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange (niveau 3 sur une échelle de quatre couleurs). L’activité s’est poursuivie les jours suivants avec des panaches de cendres s’étirant sur 70 km en direction du sud-ouest.

Dans une nouvelle mise à jour, le KVERT indique qu’une forte éruption explosive a commencé sur le Bezymianny à 15h10 UTC le 24 juillet 2024, avec une colonne de cendres qui est montée jusqu’à 12 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge, pour la première fois depuis le 18 octobre 2023.

Exemple d’éruption du Bezymianny (Source: KVERT)

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news of volcanic activity around the world :

The Yellowstone Volcano Observatory has given some more details about the hydrothermal explosion that occurred in Biscuit Basin on July 23rd, 2024.

The event, caused by the rapid transition of water to steam in the shallow hydrothermal system beneath the Black Diamond Pool, resulted in significant debris ejection but was not linked to volcanic activity. Seismicity, ground deformation, and gas and thermal emissions remain at normal levels.

The explosion sent steam and debris several tens of meters into the air, destroying a nearby boardwalk and projecting rocks, some as large as 90 centimeters, considerable distances. The explosion’s dark color stemmed from mud and debris mixed with steam and boiling water. No injuries were reported despite the presence of visitors.

Black Diamond Pool and Black Opal Pool were affected, with Black Diamond Pool’s shape altered and both pools murky from debris. The ground around their edges remains unstable. By the morning of July 24th, both pools were overflowing into the Firehole River, with no further water bursts observed from the Black Diamond Pool.

Biscuit Basin has been closed for the remainder of the 2024 season for visitor safety.

++++++++++

I have often indicated on this blog that Sakurajima‘s eruptive activity (Japan) was continuing at the Minamidake Crater. The Japan Meteorological Agency (JMA) informed the public that a strong explosive eruption was registered at 04:58 UTC on July 20th, 2024. The eruptive column reached 4.8 km above sea level.

This event was Sakurajima’s 24th eruption since the start of the year. Here is a video of the event :

https://twitter.com/i/status/1814531520276631832

++++++++++

Still in Japan, satellite images released on July 19th, 2024, suggest that Iwo-Jima volcano, also known as Ioto and Ogasawara-Iojima, has entered a new eruptive period. New submarine explosive activity started roughly 600 m off the coast of Okinahama beach in the island’s southern portion between July 9th and 19th.

The last eruptive period at Iwo-Jima took place from October 18th, 2023, to March 16th, 2024 (VEI 1).

Source : The Watchers.

++++++++++

Mount Merapi (Java / Indonesia) went through a significant eruptive episode on July 20th, 2024, The volcano triggered 19 lava flows that travelled as far as 1.7 km.

A video recorded on July 20th, at 19:46 (local time) captured the event :

https://twitter.com/i/status/1814806016867115448

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1 – 4), and the public is asked to stay 3 – 7 km away from the summit, based on location.

Source : Center for Geological Disaster Technology Research and Development (BPPTKG).

++++++++++

Located on the Aleutian volcanic arc, the Great Sitkin volcano (Alaska) forms much of the northern side of Great Sitkin Island. In its last updates, the Alaska Volcano Observatory (AVO) reported that slow lava effusion « likely continued » from the summit crater. Seismicity is currently low with few daily small earthquakes recorded by the seismic network. Daily clear webcam views show minor steaming from the active lava flow. Elevated surface temperatures are detected by satellite. The Volcano Alert Level remains at Watch (level 3 on a four-level scale) and the Aviation Color Code remains at Orange.

AVO has released a timelapse video showing 3 years of lava effusion at Great Sitkin. The document is an animation of satellite radar imagery of the eruption between 9 May 2021 and 22 July 2024.

https://x.com/i/status/1815466182587412788

++++++++++

Increased seismic activity and rates of ground deformation at Kīlauea’s upper East Rift Zone (Hawaii) were observed by HVO on the morning of July 22nd, 2024. About 40 earthquakes have been detected, the largest of which was a magnitude M3.1. The Observatory is watching the situation closely and will issue additional messages as needed.  Currently, there are no signs of an imminent eruption; however, conditions could change quickly. The volcano alert level was raised to Watch and the aviation color codeto Orange, before being lowered to Advisory and Yellow a few hours later. The volcano is playing with the nerves of HVO scientists !

++++++++++

Between July 22nd and 23, 2024, Mt Etna (Sicily) was shaken by a new paroxysm at the Voragine. As before, the event began with an intensification of Strombolian activity which reached its peak on the morning of July 23rd with powerful lava fountains and the appearance of a lava flow which overflowed from the western rim of the Bocca Nuova. The ash plumes that accompanied this eruptive episode caused the closure of Catania airport for several hours. See my previous post about this event.

++++++++++

According to the latest Met Office data, magma continues to accumulate beneath Svartsengi on the Reykjanes Peninsula (Iceland). A magma intrusion or a volcanic eruption is expected in the next two to three weeks. According to the probability calculations, the total amount added since the last eruption is most likely to approach 16 million cubic meters in the coming days. Compared to previous eruptions, it takes 13 to 19 million cubic metres to start an eruption or a magma intrusion.

The Met Office does not exclude the possibility of a fissure opening within Grindavík. However, it is most likely that such a fissure would open up north of the town before it would open up within the town limits.

It is suggested that lava flowing from a volcanic eruption north of the defense walls near Grindavík may flow into fissures and then they could re-emerge through open fissures within the town limits.

++++++++++

Lava extrusion at Bezymianny (Kamchatka) significantly increased on July 21st, 2024, causing collapses of the eastern part of the lava dome and hot avalanches of material. Ash plumes from the collapses rose 2-3 km above sea level. On July 22nd, the Aviation Color Code was raised to Orange (level 3 on a four-color scale). Activity continued the following days with ash plumes drifting 70 km SW.

In a new update, KVERT indicated that a strong explosive eruption began at Bezymianny at 15:10 UTC on July 24th, 2024, ejecting ash up to 12 km above sea level. The Aviation Color Code was raised to Red, for the first time since October 18th, 2023.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.