L’Islande à Chaptelat (Haute Vienne) !

L’association Soleil Vert présentera ce soir, vendredi 7 décembre 2018 à 21 heures, à la Maison des Associations de Chaptelat, un diaporama intitulé « Voyage en Islande ». Il sera animé par Stéphane Lerouge, Marc Laroye et Claude Grandpey qui vous feront voyager à travers cette terre nordique.

Il se déroulera également dans le cadre de la journée consacrée au Téléthon.

J’aurai l’occasion de parler des éruptions qui ont secoué l’Islande, de la fonte des glaciers ainsi que des légendes islandaises.

J’apporterai quelques exemplaires de mon dernier livre « Glaciers en péril » que vous pourrez vous procurer au prix de 10 euros.

Photo: C. Grandpey

Hawaii: Concurrence entre hydrogène sulfuré et dioxyde de soufre // H2S vs. SO2

Au cours des derniers mois, avec l’éruption du Kilauea, les Hawaiiens ont souvent eu l’occasion de sentir le dioxyde de soufre (SO2), un gaz typique émis au moment des éruptions. Il apparaît lorsque le magma se trouve à faible profondeur. Actuellement, le volcan émet moins de 200 tonnes de SO2 chaque jour. C’est plus de 20 fois moins que la moyenne enregistrée au cours des 10 années d’activité du lac de lave dans l’Halema’uma’u et au moins 200 fois moins que le pic des émissions au cours de l’éruption dans la Lower East Rift Zone en 2018.
Depuis la fin de l’éruption, les gens respirent parfois un autre gaz: l’hydrogène sulfuré (H2S), le cousin malodorant du SO2. En ce moment, le magma se trouve à plus grande profondeur, ce qui induit des températures plus basses au niveau des bouches éruptives. Comme il n’y a plus de magma à faible profondeur pour faire évaporer les eaux souterraines, le sous-sol est également beaucoup plus humide. Ces conditions moins chaudes et plus humides sont parfaites pour provoquer la formation de petites quantités de H2S. On sent en général le gaz lorsque les alizés cessent de souffler et dans les endroits sous le vent à proximité du sommet du Kilauea, du Pu’u O’o, et du système de fractures dans la Lower East Rift Zone, site de l’éruption de 2018.
Le SO2, qui a une odeur âcre et piquante, comme celle émise par les feux d’artifice ou lorsqu’on craque une allumette, est perceptible à raison de 0,3 à 1 partie par million (ppm), c’est-à-dire 0,3 à 1 partie de gaz par million de parties d’air.
A côté de cela, les gens perçoivent généralement l’odeur d’œuf pourri du H2S à des concentrations allant de 0,0005 à 0,3 ppm. L’odeur du H2S est bien connue des habitants des sources thermales ou des zones géothermales comme le parc national de Yellowstone. Ce gaz est également produit par la décomposition de matières organiques et on le rencontre dans les égouts et les marécages. Même le corps humain produit une petite quantité de H2S. Au cours des dernières semaines, une forte odeur de H2S a envahi les Caraïbes, provoquant de graves problèmes de santé parmi la population. La cause en était les énormes quantités de sargasses, un type d’algues qui ont atteint les côtes des îles.
L’État d’Hawaï a fixé le «niveau de nuisance» pour le H2S à 0,025 ppm, sur la base du seuil olfactif. Les symptômes négatifs de l’exposition au H2S ne se manifestent que lorsque les concentrations sont bien supérieures au seuil olfactif. Selon l’OSHA (Occupational Safety and Health Administration), une exposition prolongée à des quantités de 2-5 ppm peut provoquer des maux de tête, une irritation des yeux, des nausées ou des problèmes respiratoires chez certains asthmatiques. Les concentrations mesurées dans les zones habitées autour du Kilauea sont inférieures à 1 ppm.
Bien que l’être humain puisse détecter le H2S à de très faibles concentrations, son odorat ne le détecte plus à des concentrations élevées. Par exemple, une exposition de deux à cinq minutes à 100 ppm peut provoquer une adaptation sensorielle appelée «fatigue olfactive». Il est rassurant de noter que les concentrations de H2S mesurées sur le Kilauea, même directement au niveau des bouches éruptives, sont bien inférieures à ce niveau.
Pour les Hawaïens qui vivent depuis des décennies avec l’odeur familière du vog empreinte de SO2, l’arrivée du H2S malodorant peut être quelque peu déconcertante. Quand surviendra la prochaine éruption du Kilauea, avec une remontée du magma vers la surface, il faudra s’attendre à une diminution des émissions de H2S et à un retour à l’odeur plus familière du SO2 et du vog à dominance particulaire.
Source: USGS / HVO.

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In the past months, with the eruption of Kilauea Volcano, Hawaiians could often smell sulphur dioxide (SO2), a typical gas emitted during eruptions. It is released when magma is at a shallow depth. Currently, less than 200 tons of SO2 are emitted from the volcano each day. This is more than 20 times less than the average emissions during the 10 years of lava lake activity at Halema’uma’u, and at least 200 times less than peak emissions during the 2018 lower East Rift Zone eruption.

Since the end of the eruption, people have smelled another gas: hydrogen sulphide (H2S), the smelly cousin of SO2. With the current volcanic conditions, deeper magma has led to cooler vent temperatures. Without shallow magma to boil off ground water, the sub-surface environment is also much wetter. These cooler and wetter conditions cause a small amount of H2S to form. H2S is most commonly detected during interruptions in trade wind conditions and in locations downwind of Kilauea’s summit, Pu’u O’o, and the 2018 lower East Rift Zone fissure system.

SO2, which produces a sharp pungent aroma like that emitted when setting off fireworks or striking a kitchen match, is noticeable to most people at 0.3 to 1 parts per million (ppm) – 0.3 to 1 parts gas in 1 million parts of air.

On the other hand, people can usually smell the rotten egg odor of H2S at lower concentrations ranging from 0.0005 to 0.3 ppm. The smell of H2S is a familiar odour to people from hot spring or geothermal areas like in Yellowstone National Park. It is also produced by decaying organic material and is released by sewers and swamps. Even the human body produces a small amount of H2S. During the past weeks, a strong H2S smell invaded the Caribbean which caused severe health problems among the population. The cause lay with the huge amounts of sargassum that had reached the coasts of the islands.

The State of Hawaii has set a “nuisance level” for H2S at 0.025 ppm, based on the odour threshold. Negative symptoms of H2S exposure do not occur until concentrations are well above the odour threshold. According to the Occupational Safety and Health Administration (OSHA), prolonged exposure to 2-5 ppm may cause headaches, eye irritation, nausea or breathing problems in some asthmatics. Measured concentrations in populated areas around Kilauea are less than 1 ppm.

Although H2S can be detected by humans at very low concentrations, a person’s sense of smell to the gas is lost at high concentrations. For instance, two to five minutes of exposure at 100 ppm can cause a sensory adaptation known as “olfactory fatigue.” But concentrations of H2S measured at Kilauea, even directly at volcanic vents, are well below this level.

For Hawaiians who have spent decades living with the familiar aroma of “classic” vog, the introduction of smelly H2S can be curious or even disconcerting. When the next eruption of Kilauea occurs, when magma eventually rises toward the surface,  a decrease in H2S emissions is to be expected, with a return to the more familiar smell of the SO2 and particle-dominated vog.

Source: USGS / HVO.

Panache de gaz riche en SO2 au sommet du Kilauea

L’odeur de H2S est présente aux abords des zones géothermales

(Photos: C. Grandpey)

 

Un système automatique d’alerte éruptive sur l’Etna (Sicile) // An automatic eruptive alert system on Mt Etna (Sicily)

Selon la presse sicilienne, un système automatique destiné à alerter la population en cas d’éruption a été testé avec succès sur l’Etna  pendant 8 ans, de 2008 à 2016. Il a pu détecter 57 des 59 épisodes éruptifs une heure à l’avance. Basé sur un réseau de capteurs acoustiques, le système a été mis au point par un groupe de scientifiques de l’Université de Florence. Les résultats des tests ont été publiés dans le Journal of Geophysical Research.
Les scientifiques ont placé des capteurs sonores à environ 6 kilomètres du plus haut volcan actif d’Europe. Ces capteurs sont capables d’envoyer des signaux d’avertissement par le biais de messages et de courriers électroniques. À l’aide de ce système, le gouvernement italien a pu mettre au point en 2015 un plan d’alerte prêt à être déclenché une heure avant une éventuelle éruption.

Les chercheurs expliquent que les volcans génèrent des ondes sonores de basse fréquence qui ne peuvent pas être entendues par l’oreille humaine avant une éruption. Ces infrasons peuvent parcourir des milliers de kilomètres à l’intérieur du volcan et sont plus étroitement liés à une éruption que les ondes sismiques.
L’un des scientifiques a fait remarquer que la plupart des 1 500 volcans actifs dans le monde ne sont pas surveillés en temps réel. L’étude des ondes sismiques liées aux mouvements du magma est souvent insuffisante ; elle devrait être accompagnée d’une alerte automatique capable d’accélérer les procédures et réduire les risques. Après les premiers tests positifs sur l’Etna, les capteurs seront également testés sur d’autres volcans. L’objectif est de créer un réseau mondial de surveillance.

Source : Presse sicilienne.

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According to the Sicilian press, an automatic system intended to alert the population in the event of an eruption has been successfully tested for 8 years on Mount Etna, from 2008 to 2016. It was able to detect 57 of the 59 eruptive episodes one hour in advance. Based on a network of acoustic sensors, the system was developed by a group of scientists from the University of Florence. The test results were published in the Journal of Geophysical Research.
Scientists set up sound sensors about 6 kilometres from the highest active volcano in Europe. These sensors are capable of sending warning signals through messages and emails. Using this system, the Italian government could develop in 2015 an alert plan ready to be triggered one hour before an eruption.
The researchers explain that volcanoes generate low frequency sound waves that can not be heard by the human ear before an eruption. These infrasounds can travel thousands of kilometres inside the volcano and are more closely related to an eruption than the seismic waves.
One of the scientists pointed out that most of the 1,500 active volcanoes in the world are not monitored in real time. The study of seismic waves related to the movements of magma is often insufficient; it should be accompanied by an automatic alert capable of speeding up procedures and reducing risks. After the first positive tests on Mt Etna, the sensors will also be tested on other volcanoes. The goal is to create a global surveillance network.
Source: Sicilian newspapers.

Photo: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique à travers le monde, communiquées par les différents observatoires et relayées par la Smithsonian Institution.

Le Fuego (Guatemala) reste très actif avec des explosions modérées et des ondes de choc qui font vibrer les habitations dans un rayon de 20 km. Les panaches de cendre provoquent toujours des retombées dans les zones sous le vent. Les matériaux incandescents sont éjectés à une hauteur de 150 mètres, provoquant des avalanches dont certaines parcourent de longues distances dans les ravines Las Lajas, Ceniza et Seca et atteignent des zones de végétation.
Source: INSIVUMEH.

Les émissions de cendre au niveau du cône dans la caldeira sommitale du Veniaminof (Aléoutiennes / Alaska) ont considérablement augmenté le 20 et le 21 novembre, avec le passage au Rouge de la couleur de l’alerte aérienne et l’alerte volcanique à son maximum. Des émissions de cendre atteignant 4 à 5 km de hauteur ont alors été observées ; elle s’étiraient sur 400 km. Le 22 novembre, les panaches de cendre s’étiraient sur seulement une centaine de kilomètres. De petites retombées ont été signalées à Perryville. L’AVO a ramené la couleur de l’alerte aérienne à Orange et l’alerte volcanique à Vigilance. Des anomalies thermiques ont été détectées dans les données satellitaires, et l’incandescence était visible depuis une webcam à Perryville. Ces images laissaient supposer que la lave continuait à s’écouler le 27 novembre.
Source: AVO.

Entre le 16 et le 22 novembre, le dôme de lave du  Merapi (Indonésie) a continué à croître à raison de 2 600 mètres cubes par jour, donc moins vite que la semaine précédente. Le 21 novembre, le volume du dôme était estimé à 308 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km. La situation doit être surveillée de près car la croissance constante du dôme de lave pourrait un jour déclencher des effondrements et de dangereuses coulées pyroclastiques.
Source: VSI.

Une moyenne de 20 explosions par jour était enregistrée quotidiennement sur le Sabancaya (Pérou) entre le 19 et le 25 novembre. Les panaches de gaz et de cendre atteignaient 2,7 km au-dessus du cratère. Six anomalies thermiques ont été détectées sur le volcan. Le 22 novembre, les émissions de SO2 atteignaient 3 000 tonnes par jour. Il est déconseillé de s’approcher du cratère dans un rayon de 12 km.
Source: INGEMMET, IGP.

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Here is some news of the volcanic activity around the world, as communicated by the different observatories and relayed by the Smithsonian Institution.

Fuego (Guatemala) remains very active with moderate explosions that generate shock waves vibrating structures within 20 km. Ash plumes are still causing ashfall in downwind areas. Incandescent material is ejected 150 metres high, causing avalanches, some of which travel over long distances in the Las Lajas, Ceniza, and Seca drainages and reach vegetated areas.

Source: INSIVUMEH.

Ash emissions from the cone in the summit caldera of Veniaminof (Aleutians / Alaska) significantly increased on November 20th – 21st, prompting AVO to raise the aviation colour code to Red and the volcano alert level to its maximum. Ash emissions up to 4 – 5 km high could be observed extending as far as 400 km. Low-altitude ash emissions on November 22nd drifted 100 km south. Minor ashfall was reported in Perryville. AVO lowered the aviation colour code to Orange and the volcano alert level to Watch. Elevated thermal anomalies were identified in satellite data, and incandescence was visible from a Perryville webcam, suggesting continuing lava effusion which was persistent on November 27th.

Source: AVO.

Between November 16th and 22nd, the lava dome in the summit crater of Merapi (Indonesia) grew at a rate of 2,600 cubic metres per day, slower than the previous week. By November 21st, the volume of the dome was an estimated 308,000 cubic metres. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are warned to remain outside of the 3-km exclusion zone. The situation needs to be monitored closely as the constant growth of the lava dome might some day trigger collapses and dangerous pyroclastic flows.

Source: VSI.

An average of 20 explosions per day occurred at Sabancaya (Peru) during 19-25 November. Gas-and-ash plumes rose as high as 2.7 km above the crater rim. Six thermal anomalies were detected on the volcano. On November 22nd, SO2 emissions reached 3,000 tons per day. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

Source: INGEMMET, IGP.

Activité du Sabancaya (source: INGEMMET, IGP)