L’énergie des volcans sous-marins // The energy of submarine volcanoes

La plus grande partie de l’activité volcanique sur Terre se produit dans les profondeurs de nos océans, souvent à plusieurs kilomètres sous leur surface. Toutefois, contrairement aux volcans terrestres, la détection d’une éruption sur le fond marin se révèle souvent très difficile. Il reste encore beaucoup à apprendre sur le volcanisme sous-marin et ses effets sur le milieu environnant. Comme je l’ai souligné à plusieurs reprises, nous connaissons la surface de la planète Mars,  nous sommes capables d’y faire voler un hélicoptère, mais les abysses de nos océans, là où se produit le phénomène de subduction et où se déclenchent les séismes les plus meurtriers, restent inconnus.

Une nouvelle étude publiée dans Nature Communications explique que les volcans sous-marins en éruption au fond des océans peuvent générer une énergie extrêmement puissante. On croyait auparavant que les volcans sous-marins étaient beaucoup moins puissants que ceux sur terre en raison des coulées de lave relativement lentes qu’ils produisent. Toutefois, des submersibles déployés dans le nord-est du Pacifique ont fourni des données qui montrent que les volcans sous-marins peuvent libérer de puissants panaches – appelés méga panaches – qui distribuent des cendres volcaniques sur de grandes distances sous-marines. Les panaches sont poussés par des colonnes d’eau chauffée à haute température. Ils suivent les mêmes schémas que les panaches générés par les éruptions volcaniques sur terre. Ils se déplacent d’abord verticalement puis s’étalent horizontalement.

Les chercheurs estiment que les méga panaches produits par les grandes éruptions sous-marines produisent suffisamment d’eau pour remplir environ 40 millions de piscines olympiques. Cependant, leur source est restée longtemps ambiguë. La nouvelle étude est la première à relier le phénomène à l’émission de magma d’un énorme volcan sous-marin.

Pour mieux comprendre le processus des éruptions volcaniques sous-marines, les chercheurs ont proposé une simulation qui montre que l’énergie nécessaire pour générer de tels panaches de cendres est énorme. Les éruptions les plus puissantes peuvent libérer suffisamment d’énergie pour alimenter un continent. Le problème est de savoir comment exploiter cette énergie.

La nouvelle étude fournit la preuve que les méga panaches sont directement liés à l’émission de lave et sont responsables du transport des cendres volcaniques dans les profondeurs de l’océan. Les recherches montrent également que ces panaches peuvent se former en quelques heures en libérant une énorme quantité d’énergie.

À l’avenir, les scientifiques espèrent utiliser les technologies de télédétection pour observer en direct l’activité des volcans sous-marins afin de pouvoir mieux l’étudier.

Référence : « Rapid heat discharge during deep-sea eruptions generates megaplumes and disperses tephra » – Pegler, S. S., & Ferguson, D. J. – Nature Communications.

Source : The Watchers.

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The majority of Earth’s volcanic activity occurs underwater, mostly at depths of several kilometres, but in contrast to terrestrial volcanoes, detecting that an eruption has occurred on the seafloor can be very difficult. There remains a lot to be done to learn about submarine volcanism and its effects on the marine environment. As I have pointed out several times, we know the surface of Mars, we are able to fly a helicopter there, but the abyss of our oceans, where the phenomenon of subduction occurs and where the the deadliest earthquakes are triggered,  remain unknown.

A new research published in Nature Communications explains that submarine volcanoes erupting at the bottom of the oceans can release extremely powerful energy, high enough to power a continent. It was previously believed that underwater volcanoes were much less powerful than those on land due to relatively slow-moving lava flows. Submersibles operated in the North East Pacific have released data which show that submarine volcanoes can release powerful and huge plumes called megaplumes, distributing volcanic ash across wide underwater distances. The plumes are formed by columns of heated water. They follow the same patterns as plumes generated by volcanic eruptions on land. The plumes move vertically first and then spread out horizontally..

The researchers estimate that the megaplumes produced by large underwater eruptions have enough water to fill about 40 million Olympic-sized swimming pools. However, their source have long remained ambiguous. The new research is the first to link the phenomenon with the release of magma from a huge submarine volcano.

To better understand the process of underwater volcanic eruptions, the researchers came up with a simulation, which showed that the release of energy needed to generate such expansive ash plumes was enormous. The largest eruptions could release energy high enough to power a continent. The problem is how to tap this energy.

The new study provides evidence that megaplumes are directly linked to the eruption of lava and are responsible for transporting volcanic ash in the deep ocean. It also shows that plumes can form in a matter of hours, creating an immense rate of energy release.

In the future, scientists hope to use remote-sensing technologies to livestream activity of underwater volcanoes as they are happening.

Reference : « Rapid heat discharge during deep-sea eruptions generates megaplumes and disperses tephra » – Pegler, S. S., & Ferguson, D. J. – Nature Communications.

Source : The Watchers.

Source : Wikipedia

Islande : Eruption à vendre ? // Iceland : Is the eruption for sale ?

L’éruption dans le secteur de la montagne Fagradalsfjall se poursuit et n’a pas l’air de vouloir s’arrêter, à en juger par l’activité des deux cônes visibles sur les webcams. Comme je l’ai écrit précédemment, l’événement se situe sur des terres privées appartenant à la ferme Hraun dont le nom en islandais signifie «lave».

Au cours des dernières semaines, les propriétaires fonciers ont reçu de nombreuses demandes en provenance de personnes qui voulaient savoir si les terres où se déroule l’éruption étaient à vendre. Ces personnes étaient envoyées par des agences immobilières, mais il s’agissait également d’Islandais. Les uns comme les autres n’ont pas beaucoup dévoilé leurs projets.

On pense que certaines demandes d’achat du site de l’éruption émanent d’investisseurs solides désireux de mettre en place un projet à grande échelle.

L’un des propriétaires fonciers a déclaré que les discussions n’avaient pas beaucoup avancé. S’agissant du prix, il serait de l’ordre d’un appartement de luxe à Reykjavik qui coûte jusqu’à 500 millions de couronnes islandaises, soit 3,4 millions d’euros.

Les terres appartenant à la ferme Hraun s’étendent du rivage jusqu’aux montagnes et aux vallées et couvre une superficie allant jusqu’à 60 km2. Les propriétaires regroupent 24 fermiers qui, jusqu’à ces derniers temps, recevaient une demande tous les deux ou trois ans pour savoir si leurs terres étaient à vendre. Aujourd’hui, ils sont contactés chaque semaine, voire plus.

Certains géologues ont dit que l’éruption, qui a débuté le 19 mars, pourrait durer encore longtemps, voire un an. Il semble évident que les personnes intéressées par l’achat des terres pensent, elles aussi, que l’éruption va continuer longtemps. Si c’est le cas, elle pourrait devenir une attraction au même titre que le Blue Lagoon. Si elle se prolongeait dans le temps, il serait intéressant de construire des infrastructures sur le site, de faire payer les touristes pour qu’ils puissent admirer le spectacle et ainsi démarrer une nouvelle entreprise touristique.

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Comme la plupart des agriculteurs islandais, les propriétaires de la ferme Hraun élèvent des moutons. Selon les dernières données communiquées par le Ministère de l’Agriculture, le nombre de moutons en Islande continue de diminuer. À l’hiver 2020, il y avait 400.724 moutons en Islande, contre 415.847 en 2019, soit une baisse de 15.123 moutons ou 3,63%. Il n’y a jamais eu aussi peu de moutons en Islande depuis 1861, date à laquelle une pandémie de tavelure ovine a entraîné une baisse de leur nombre à 327 000. Le pic du nombre de moutons en Islande a été atteint en 1977, avec 896 000 têtes.

Dans le passé, des baisses du nombre de moutons se sont produites fréquemment en raison de maladies, d’éruptions volcaniques ou de vagues de froid. Cette fois, la situation est due à des raisons économiques. Ces dernières années, la consommation d’agneau a diminué tandis que la consommation de volaille et de porc a augmenté.

Source: Iceland Monitor, Iceland Review.

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The eruption by Fagradalsfjall mountain continues and does not reem eady to stop, judging from the activity at the two cones to be seen on the webcams. As I put it before, it is occurring on private land belonging to the farm Hraun whose name in Icelandic means ‘lava’.

In recent weeks, the landowners have received numerous inquiries regarding whether the land is for sale. They came from real estate agents and from Icelanders who have not revealed much about their plans. It is thought that these persons ready to buy the eruption site are backed by strong investors and that something major is behind this.

One of the landowners said that talks about a sale have not advanced and that price ideas are similar to the price of a luxury apartment in Reykjavik which costs up to ISK 500 million or 3.4 million euros.

The land Hraun stretches all the way from the shore into the mountains and valleys and covers an area of up to 60 km2.

Some geologists have suggested that the eruption, which began on March 19th, could continue for a long time, even a year.

The owners of Hraun, include 24 farmers who used to receive one inquiry every two or three years regarding whether the land was for sale. Now, they are contacted every week, or more. It seems clear that the people who are interested in buying the land are counting on the eruption to continue for a long time. If it does, it might become an attraction on par with the Blue Lagoon. Then, it would be interesting to build some infrastructure on the eruption site, have tourists to pay to watch the show and start a new business.

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Like most farmers in Iceland, the owners of the farm Hraun raise sheep. According to data from the Ministry of Agriculture, the number of sheep in Iceland continues to decrease.  In the winter of 2020, there were 400.724 sheep in Iceland, compared to 415.847 in 2019, a decrease of 15.123 sheep or 3.63%. There have not been so few sheep in Iceland since 1861 when a sheep scab pandemic led to a drop in sheep numbers to 327,000.

The peak of sheep numbers in Iceland so far was reached in 1977 when 896,000 animals were fed through winter. In the past, drops in sheep numbers have occurred regularly due to diseases, volcanic eruptions, or cold temperatures but this time, the development has been more gradual and based on economic shifts. In recent years, lamb consumption has been decreasing while poultry and pork consumption has increased.

Source : Iceland Monitor, Iceland Review.

L’activité éruptive reste soutenue… pour combien de temps?

Pacaya (Guatemala) : reprise de l’activité effusive // New effusive activity

Selon le site web The Watchers, il semble qu’après quelques jours de pause, l’activité effusive ait repris de plus belle sur le Pacaya le 29 avril 2021, avec deux coulées de lave actives qui ont émergé des flancs sud-est et nord-ouest du volcan. Cette nouvelle intensification d’activité survient moins d’une semaine après que les autorités ont déclaré la fin de la dernière phase éruptive. Elle avait duré du 5 février au 23 avril.

Les signaux sismiques montrent le passage d’une activité explosive à une activité principalement effusive avec l’apparition d’une nouvelle coulée de lave sur le flanc nord du Pacaya. La coulée de lave sur le versant sud-est avait une longueur de 1 600 mètres le 29 avril et se trouvait à une centaine de mètres du secteur de La Breana où des maisons sont sous la menace de la lave. La coulée se divise en plusieurs branches qui laissent échapper des matériaux incandescents sur leurs fronts, tandis que des gaz sortent de la coulée.

L’INSIVUMEH a prévenu que les coulées allaient probablement continuer à avancer et que de nouvelles coulées pouvaient apparaître sur d’autres flancs du volcan.

La CONRED a été invité à activer les mesures nécessaires dans le cas où la lave menacerait les habitations.

L’accès au cratère Mackenney et aux zones affectées par les coulées de lave est interdit.

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According to the The Watchers website, it seems that after a few days’ pause, effusive activity resumed at Pacaya on April 29th, 2021, with two active lava flows emerging from the Southeast and the Northwest flanks of the volcano. The new phase of increased activity comes less than a week after authorities declared the last eruptive phase over. It had lasted between February 5th and April 23rd.

Seismic signals have shown a shift from explosive to predominantly effusive activity leading to the generation of a new lava flow on Pacaya’s northern flank.

The Southeast lava flow had a total length of 1 600 metres on April 29th and was at a distance of 100 m from the La Breana area where houses are under the threat of lava. The flow is divided in several branches that release incandescent material on its fronts, with gases coming out of the flow.

INSIVUMEH warns that the active lava flows are expected to move forward and more flows could be generated on other flanks of the volcano.

CONRED has been asked to activate the lava flow threat mitigation protocols. Access to the Mackenney crater and areas affected by the lava flows is prohibited.

La coulée de lave principale du Pacaya vue par la webcam en ce moment.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : vers la fin de l’éruption ? // Toward the end of the eruption ?

Cela fait 3 semaines que le Piton de la Fournaise est en éruption, mais l’événement est quasiment invisible ces jours-ci à cause de la météo exécrable qui règne à la Réunion. Les fortes pluies ont causé des éboulements et des coupures de routes, en particulier dans le secteur de Salazie.

Les instruments montrent que l’éruption se poursuit, mais l’intensité du tremor décroît régulièrement depuis trois jours. Il ne serait pas surprenant que l’éruption touche à sa fin. Si c’est le cas, on sera dans la moyenne de durée des dernières éruptions, mais très loin du record établi en 1998 quand une éruption avait duré 6 mois, ou même des 47 jours de l’éruption de septembre 2018. .

Les deux cônes éruptifs sont toujours en activité, mais l’activité se déroule essentiellement en tunnels, de sorte que les coulées ne sont guère visibles en surface.

Les observations de l’OVPF sont compliquées par le fait que certains instruments ont été foudroyés .Pour d’autres, le manque d’ensoleillement empêche l’alimentation des panneaux solaires  et donc leur fonctionnement.

Comme je l’indiquais précédemment, le front de coulée demeure figé dans les Grandes Pentes à une centaine de mètres en amont du cratère Bonnet. La coulée s’est épaissie et s’est élargie.

Source : OVPF, Réunion la 1ère.

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Piton de la Fournaise has been erupting for 3 weeks now, but the event is almost invisible these days due to the poor weather conditions on Réunion Island. Heavy rains caused landslides and road cuts, especially in the Salazie area.

The instruments show that the eruption is continuing, but the intensity of the tremor has been decreasing steadily for the past three days. It would not come as a surprise if the eruption came to an end. If this is the case, it will have the average duration of the last eruptions, but very far from the record set in 1998 when an eruption lasted 6 months, or even the 47 days of the eruption of September 2018..

The two eruptive cones are still active, but the activity mainly takes place in tunnels, so that the flows are hardly visible on the surface. OVPF’s observations are complicated by the fact that some instruments have been struck by lightning. For others, the lack of sunlight prevents the solar panels from being supplied and therefore from working properly. As I indicated previously, the flow front is no longer moving forward and has stopped in the Grandes Pentes about a hundred metres upslope from the Bonnet crater. The flow has thickened and widened. Source: OVPF, Réunion la 1ère.

Source : OVPF