La respiration de l’Etna // Mt Etna’s breathing

drapeau-francaisEn cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez voir une animation proposée par la NASA qui représente la déformation de la surface de l’Etna entre 1992 et 2001. Cette déformation est due aux modifications de volume d’une chambre magmatique peu profonde située à environ 5 km sous le niveau de la mer. L’accumulation de magma dans cette chambre génère le gonflement du volcan, tandis que l’évacuation du magma au cours d’une éruption entraîne le dégonflement de l’édifice.

Les configurations spatiales et temporelles de déformation du sol ont été mesurées grâce à l’interférométrie radar qui génère plus de 200 interférogrammes de radar à synthèse d’ouverture (RSO) acquises par les satellites ERS-1 et ERS-2 de l’Agence Spatiale Européenne. (Un interférogramme est une carte des variations relatives de distance entre le satellite et la surface de la terre, exprimées en différences de phase. La technique interférométrique mesure la déformation du sol avec une précision de 2,8 cm.)
Les couleurs rouge et jaune dans la barre temporelle indiquent les niveaux significatifs d’activité éruptive ; le rouge indique une activité forte tandis que le jaune fait référence à une activité modérée. L’animation commence par une grande éruption latérale qui provoque un gonflement du volcan. Cette éruption, qui a pris fin le 30 mars 1993, a été suivie d’un cycle de 2 ans de dégonflement de l’édifice et une reprise de l’activité sommitale fin 1995. L’activité éruptive s’est intensifiée progressivement vers la fin des années 1990 et a culminé avec de d’importantes éruptions latérales en 2001 et 2002-2003. .

https://www.youtube.com/watch?v=yqAfgSQYmiw

—————————————-

drapeau-anglaisBy clicking on the link below, you will see a NASA animation that depicts ground deformation at Mount Etna Volcano between 1992 and 2001. The deformation results from changes in the volume of a shallow chamber centered approximately 5 km below sea level. The accumulation of magma in this chamber results in the inflation, or expansion, of the volcano, while the release of magma from the chamber results in deflation or contraction.

The spatial and temporal patterns of ground deformation was measured with radar interferometry, generating more than 200 interferograms from synthetic aperture radar (SAR) acquired by ESA’s ERS-1 and ERS-2 satellites. An interferogram is a map of the relative changes in the distance between the satellite and surface of the earth, expressed as differences in phase. The interferometric technique measures ground deformation with a precision of 2.8 cm.

The red and yellow colors within the sliding time bar indicate significant levels of eruption activity, with red indicating strong activity and yellow signifying moderate activity. The animation begins with a large flank eruption in progress, causing deflation of the volcano. This eruption, which ended in March 30, 1993, was followed by a 2-year cycle of inflation and a resumption of summit activity in late 1995. Eruption activity progressively increased in magnitude through the late 1990’s and culminated with large flank eruptions in 2001 and 2002-2003.  .

https://www.youtube.com/watch?v=yqAfgSQYmiw

Etna image

Source: NASA

 

White Island (Nouvelle Zélande): les leçons de l’éruption du 27 avril // The lessons of the 27 April eruption

drapeau-francaisL’éruption du 27 avril dernier à White Island est une nouvelle preuve que nous ne sommes pas en mesure de prédire les éruptions phréatiques ou phreato-magmatiques. On se souvient de l’éruption du Mont Ontake le 27 septembre 2014 qui a tué 57 randonneurs et surpris les scientifiques japonais. J’ai récemment expliqué (voir ma note du 28 avril 2016) que les volcanologues du Costa Rica ont décidé d’intensifier la surveillance du volcan Poás dans ce domaine, mais il reste un long chemin à parcourir pour atteindre des résultats significatifs. Les Néo-zélandais reconnaissent que la dernière éruption à White Island le 27 avril aurait probablement tué quiconque se serait trouvé à proximité du lac de cratère. Lors de ma visite sur l’île en 2009, je me suis fait la même réflexion alors que je me trouvais sur la berge de ce même lac.
Heureusement, la dernière éruption s’est produite tard dans la soirée du 27 avril et il n’y avait personne sur l’île quand la vague d’eau et de matériaux a été projetée sur le plancher du cratère. Ce qui confirme l’hypothèse d’une éruption phréatique, c’est qu’une grande partie du plancher du cratère est recouverte d’une couche de cendre et autres matériaux de couleur verdâtre, mais aucun matériau d’origine magmatique n’a été observé dans les dépôts.

L’équipement de surveillance sur le continent a enregistré une « impulsion complexe de données sismiques » qui a duré environ une heure et demie, à partir de 21h31, avec un point fort vers 21h53. Cependant, la taille du signal était faible par rapport à l’activité enregistrée entre 2011 et 2013. De plus, les signaux acoustiques n’étaient pas clairs et difficiles à interpréter. La détection de l’éruption a également été entravée par le fait que les capteurs de gaz sur l’île ne fonctionnent que de jour et les objectifs des caméras ont été recouverts par la poussière déposée par l’explosion. Les images proposées par le radar de précipitations du MetService montrent que le panache de l’éruption a atteint entre 3 et 4 kilomètres de hauteur.
La distance de White Island (50 km au large de la côte de Bay of Plenty) est de toute évidence un obstacle à de bonnes observations. Ce n’est que lorsque les volcanologues du GNS ont survolé le volcan le lendemain dans l’après-midi qu’ils ont pu apprécier pleinement les effets de l’éruption de la nuit précédente. Après avoir été élevé à 3 dans les heures qui ont suivi l’explosion, le niveau d’alerte a été ramené à 2 puis à 1.  le niveau d’alerte du volcan à 2.
Sources: GNS science; New Zealand Herald.

——————————–

drapeau-anglaisLast month’s eruption (April 27th) at White Island was another proof that we are not able to predict phreatic or phreatomagmatic eruptions. One should remember the eruption at Mt Ontake that killed 57 trekkers and caught by surprise Japanese volcanologists. I recently explained (see my note of April 28th 2016) that volcanologists in Costa Rica are intensifying the monitoring of Poás volcano in this field, but there is still a long way to go to reach significant results. New Zealand volcanologists admit that the last eruption at White Island (April 27th) likely would have killed anyone standing close to the floor of its Crater Lake. While visiting the island in 2009, and standing close to the crater lake, I said to myself that I would probably be killed if an explosion occurred during my visit of the volcano.

Fortunately, the last eruption happened late at night and no one was on the island when a surge of ash was thrown across the crater floor. What confirms the hypothesis of a phreatic eruption is that much of the crater floor was covered with a green-tinged ash and none of the material contained magma.

The monitoring equipment on the continent recorded a « complex pulse of seismic data » that lasted about one and a half hours, starting at about 9.31pm, with a climax at about 9.53pm. However, the size of the signal was also small compared with activity between 2011 and 2013 and the acoustic signals were not clear, and were difficult to interpret. Detecting the eruption was also hampered by the fact the island’s gas sensors work only in daylight, and the web cameras were obscured by the dirt deposited by the explosion. The images from the MetService’s rain radar show an eruption plume reaching between 3 and 4 kilometres.

The distance to White Island (50 km off the coast of Bay of Plenty) was clearly an obstacle to make good observations. It wasn’t until GNS volcanologists flew over the volcano the next day in the afternoon they were able to fully appreciate the impacts of the previous night’s eruption. After being elevated to 3 during the hours that followed the explosion, the alert level was lowered to 2, then to 1.

Sources: GNS Science; New Zealand Herald.

White-Island-lac

White Island lac 02

White-Island-bouche

White-Island-03

Photos: C. Grandpey

Cleveland (Alaska / Etats Unis)

drapeau-francaisJe viens de recevoir un message de l’Alaska Volcano Observatory. Il indique qu’une petite explosion a eu lieu à 7h32 (heure locale) ce matin et a été détectée par les capteurs d’infrasons. Il n’y a pas d’images satellites disponibles actuellement mais une photo antérieure montre que le volcan est dans les nuages. Il se peut qu’un peu de cendre ait été émis pendant l’événement, mais la quantité doit être peu importante au vu de la faible intensité et la courte durée de l’éruption.

La couleur de l’alerte aérienne est Orange.

———————–

drapeau-anglaisI have just received a massage from the Alaska Volcano Observatory. It indicates that a small explosion occurred at 7:32 am (local time) today and was detected by infrasound sensors. No satellite views are available since the event, but an image from earlier this morning shows the volcano obscured by clouds. Some ash may have been emitted during the event but was likely minimal due to the small size and duration of the explosion.

The aviation colour code is Orange.

Yellowstone (Etats Unis): Aucun risque d’éruption à court terme ! // No risk of a short-term eruption !

drapeau-francaisIl y a quelques jours (le 6 mai 2016), le tabloïd britannique Daily Express a publié un de ces articles dont le seul but est d’attirer plus de lecteurs, mais qui n’ont aucune valeur scientifique
On pouvait lire qu’ « après la série de séismes enregistrés à travers le monde, il y a de plus en plus de craintes que le volcan du Wyoming (autrement dit Yellowstone) soit sur le point d’entrer en éruption, ce qui pourrait rendre les deux tiers des Etats-Unis immédiatement inhabitables car les volumineuses émissions de cendre dans l’atmosphère bloqueraient la lumière du soleil et affecteraient directement la vie sous ce nuage de cendre. Les chasseurs d’OVNI ont mis de l’huile sur le feu en prétendant avoir vu un vaisseau spatial extraterrestre en train de planer au-dessus du volcan de Yellowstone, dans le but de le surveiller avant une puissante éruption à très court terme. »
Heureusement, cette information est totalement infondée et le dernier rapport de l’Observatoire Volcanique de Yellowstone pour le mois d’avril est loin d’être alarmant. Voici les principaux éléments du rapport:
Au cours du mois d’avril 2016, 53 séismes ont été détectés dans le parc national de Yellowstone. L’événement le plus significatif était un micro séisme de magnitude M 2.0 le 23 avril, à 6,5 km au nord du Norris Geyser Basin. En avril 2016, la sismicité a inclus un petit essaim de 11 événements le 17 avril. La secousse la plus forte, d’une magnitude de M 1,5, a eu lieu le 17 avril à 13 km à l’est de West Thumb.
En ce qui concerne la déformation du sol, un petit soulèvement du sol (environ 1 cm) a été enregistré dans la partie nord de la caldeira de Yellowstone. L’inflation semble avoir commencé au début de l’année 2016 et son évolution est semblable à  ce qui avait été observé en 2013-2014. La plupart des stations GPS à l’intérieur de la caldeira enregistrent un léger affaissement, à raison d’environ 1,5 cm par an. Globalement, la déformation actuelle à Yellowstone reste dans la norme historique.

———————————–

drapeau-anglaisA few days ago (on May 6th 2016), the British Daily Express released one of these articles whose only goal is to attract more readers and which are a nonsense from a scientific point of view

One could read that “following a spate of seismic activity around the globe, fears have been mounting the volcano in Wyoming (i.e.Yellowstone) could be about to blow which could leave two-thirds of the USA immediately uninhabitable as the large spew of ash into the atmosphere would block out sunlight and directly affecting life beneath it. UFO hunters have now added more fuel to the fire by claiming to have spotted alien spacecraft hovering over the Yellowstone volcano, claiming they are monitoring it before its imminent massive eruption.”

Fortunately, this piece of news is totally unfounded and the Yellowstone Volcano Observatory’s latest report for the month of April is by no means alarming. Here are the main parts of the report:

During April 2016, 53 earthquakes were located in the Yellowstone National Park. The largest event was a micro earthquake of magnitude M 2.0 on April 23rd and was located 6.5 km north of Norris Geyser Basin.  April 2016 seismicity included a small earthquake swarm of 11 earthquakes occurring on April 17th. The largest event, with a magnitude of M 1.5, occurred on April 17th 13 km east of West Thumb.
As far as ground deformation is concerned, a small amount of ground uplift (about 1 cm) has been recorded to the north of the Yellowstone Caldera. The uplift appears to have started early in 2016 and the apparent pattern is similar to that observed in 2013/2014. Most of the GPS stations within the caldera record slight subsidence, at a rate of about 1.5 cm/year. Current deformation patterns at Yellowstone remain within historical norms.

Norris-Geyser-Basin

West Thumb blog

Vue des champs hydrothermaux de Norris et West Thumb.

(Photos: C. Grandpey