Ça ressemble à un volcan mais ce n’est pas un volcan ! // It looks like a volcano but it is not a volcano !

Dans la région côtière du Pérou se dresse El Volcán dans la vallée de la Nepeña. Vu de loin, il semble faire partie naturellement du paysage. Pourtant, ce volcan est artificiel. C’est un monticule  – ou une pyramide – construit par des hommes, avec un cratère creusé à son sommet. Certains archéologues essayent de comprendre à quoi il a pu servir.
Un professeur de l’Université du Missouri qui travaille sur l’anthropologie biologique, a déjà découvert une série de monticules en forme d’orques, de condors et d’autres animaux dans les vallées côtières du Pérou. Il était en train de chercher d’autres structures semblables quand il a repéré le cône volcanique d’une quinzaine de mètres de hauteur.
En compagnie de son équipe de chercheurs, le professeur a escaladé le cône pour avoir une meilleure vue de la vallée environnante. Dans les années 1960, des archéologues avaient déjà observé le monticule et avaient conclu qu’il était artificiel, mais le professeur du Missouri et son équipe ont voulu en savoir davantage. Comme ils l’expliquent dans le dernier numéro de la revue Antiquity, ils ont creusé une tranchée dans le cratère du ‘volcan’ et ont découvert un escalier effondré qui descend sous une couche de briques pour atteindre un plancher de plâtre.
Ils ont également découvert foyer au pied de l’escalier, garni de charbon de bois et de coquilles. Les archéologues ont pu déterminer l’âge de ces matériaux organiques par une datation au Carbone 14. Un échantillon provenant du foyer a révélé que le dernier feu avait été allumé entre 1492 et 1602. Cette période est importante. En effet, au cours du 16ème siècle, il y a eu quatre éclipses solaires totales, visibles depuis El Volcán, en 1521, 1538, 1539 et 1543. Ce furent des événements rares.
Dans leur article, les chercheurs ont écrit que «les habitants des régions côtières du centre et du nord du Pérou, les Yungas, accueillaient les éclipses du soleil avec des manifestations de joie, contrairement aux Incas qui les redoutaient». Le charbon de bois découvert dans le foyer était peut-être le reste d’une cérémonie liée à l’une de ces éclipses.
Les chercheurs ne peuvent pas dire avec exactitude quand le monticule a été construit. Il est possible que la structure d’origine soit bien plus ancienne que le foyer. Le site archéologique voisin de San Isidro était encore occupé pendant la période préclassique (900 à 200 avt. J.C.).
De même, le mystère de la forme du monticule n’a toujours pas été élucidé. Il n’y a pas de volcans à proximité d’El Volcán susceptibles de servir de modèles pour sa construction – à supposer qu’il fût destiné à ressembler à un volcan – et aucun autre édifice semblable n’a été découverte au Pérou.
Adapté d’un article dans Live Science.

——————————————-

In coastal Peru El Volcán in the Nepeña Valley rather looks like a natural feature in the landscape when it is seen from a distance. However, this volcano is artificial, a mound or pyramid built by human hands with a crater dug out of the top. And some archaeologists are trying to figure out what it was used for.

A professor at the University of Missouri who focuses on biological anthropology, had previously found a series of mounds shaped like orcas, condors and other animals in coastal valleys in Peru. He was looking for more of those earthworks when he spotted the 15- metre-tall volcanic cone.

The professor climbed the cone with his team to get a better view of the surrounding valley. In the 1960s, archaeologists had already noted the volcano-like mound and identified it as artificial, but he decided to investigate further. As the researchers report in the latest issue of the journal Antiquity, they dug a trench into the inner crater of the volcano, and found a collapsed stairwell that descends below a layer of adobe bricks to a mud-plaster floor.

They also found a fireplace at the bottom of the stairwell, full of bits of charcoal and shell. Archaeologists could determine the age of such organic material by using radiocarbon dating. A sample of burned material from the hearth showed that the last fire was lit sometime between A.D. 1492 and 1602.

Archaeologists believe this date range is important. During the 16th century, there were four total solar eclipses, visible from El Volcán, in A.D. 1521, 1538, 1539 and 1543. This was a rare occurrence.

In their paper, the researchers wrote that « the people of the northern and central coasts, the Yungas, unlike the later Incas, greeted eclipses of the sun with joy, not fear. » The fire might be all that is left of a ceremony linked to one of these eclipses.

The researchers are not sure when the mound was first built. It is possible that the original structure might be much older than the hearth. The nearby archaeological site at San Isidro was active during the Late Formative period (900 B.C.to 200 B.C.).

The meaning behind the mound’s shape is also still unclear. There are no volcanoes around El Volcán that would have served as models for its construction, if it was indeed meant to look like a volcano, and no other structures like it have been found in Peru.

Adapted from an article in Live Science.

Crédit photo: R. Benfer (University of Missouri)

Nouvelle étude sur l’impact sanitaire de l’éruption dans l’Holuhraun (Islande) //A new study of the health impact of the Holuhraun eruption (Iceland)

Une nouvelle étude de l’éruption dans l’Holuhraun (Islande) a révélé un risque sanitaire non détecté à l’époque, dû à la forte concentration de particules fines découvertes dans un deuxième panache volcanique.
Une équipe de scientifiques de l’Université de Leeds a étudié l’évolution de la chimie du panache émis lors de l’éruption de l’Holuhraun (Islande) en 2014-2015 et a découvert l’existence d’un deuxième type de panache qui a eu une incidence sur la qualité de l’air.
Ce deuxième panache a atteint les villes islandaises bien après que l’alerte sanitaire provoquée par le panache initial ait été levée. L’analyse de ce deuxième panache, baptisé ‘plumerang’, a révélé que le soufre émis par le volcan avait évolué de l’état de gaz à celui de particule lors de son séjour dans l’atmosphère. Cette évolution signifie que les niveaux de dioxyde de soufre (SO2) à l’intérieur du ‘plumerang’ étaient faibles et entraient dans les normes de qualité de l’air définies par la Commission Européenne ; il n’y avait donc pas lieu d’émettre un message d’alerte sanitaire. Cependant, les échantillons examinés par les scientifiques de l’Université de Leeds montrent que ce deuxième panache était relativement riche en particules fines contenant de fortes concentrations d’acide sulfurique et d’éléments traces métalliques. Les concentrations de ces derniers ne se sont pas réduites au cours de l’évolution du panache et on y relève des métaux lourds que l’on trouve habituellement dans la pollution de l’air d’origine anthropique. Ils provoquent des effets néfastes sur la santé. Pendant au moins 18 jours pendant l’éruption de 6 mois, le ‘plumerang’ a envahi Reykjavík, alors que les bulletins officiels ne faisaient état d’aucun panache.

Les particules fines détectées dans le ‘plumerang’ sont de si petite taille qu’elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons et causer de graves problèmes de santé, comme l’intensification des crises d’asthme. On estime que l’exposition à court et à long terme à ce type de particules fines provenant aussi bien de sources humaines que naturelles, provoque plus de trois millions de décès prématurés par an et reste le risque sanitaire environnemental le plus important en Europe. Les personnes vivant à Reykjavik ont ​​fait état d’une sensation de brûlure dans la gorge et les yeux alors que les niveaux de SO2 étaient officiellement dans les limites acceptables de qualité de l’air, mais également au moment où le ‘plumerang’ riche en particules se trouvait sur la ville.
Au cours de l’éruption qui a duré de six mois, les prévisions quotidiennes du Met Office islandais sur la dispersion du panache éruptif ne prenaient en compte que les concentrations de SO2 dans le panache initial. Le ‘plumerang’ n’entrait pas dans le cadre de la surveillance de la pollution atmosphérique volcanique.
L’étude, publiée dans Earth and Planetary Science Letters, recommande que, lors de futures éruptions riches en gaz, les panaches initiaux et les ‘plumerangs ‘ soient pris en compte lors de la prévision de la pollution atmosphérique, de la dispersion et de la trajectoire du panache. L’éruption dans Holuhraun a provoqué l’un des événements de pollution volcanique les plus intenses et les plus étendus depuis des siècles. On estime que la quantité de dioxyde de soufre rejetée dans l’atmosphère était environ deux fois supérieure à celle de l’ensemble des émissions de SO2 générées par l’espace économique européen pendant un an.
Source: Université de Leeds et presse scientifique.

——————————————

A new study of the Holuhraun eruption (Iceland) has found a previously undetected potential health risk from the high concentration of small particles found in a boomerang-like return of a volcanic plume.

A team of scientists at the University of Leeds traced the evolution of the plume chemistry from the 2014-2015 Icelandic Holuhraun eruption and found a second type of plume that impacts air quality.

This second plume had circled back to Icelandic towns long after the health warning about the initial plume had been lifted. The return of this second, mature, plume, which was referred to as a ‘plumerang’, showed that the volcanic sulphur had undergone a gas-to-particle conversion by spending time in the atmosphere. This conversion meant that the sulphur dioxide (SO2) levels of the ‘plumerang’ were reduced and within the European Commission air quality standards and therefore there were no health advisory messages in place. However, samples showed that the mature plume was instead very rich in fine particles which contained high concentrations of sulphuric acid and trace metals. The concentrations of these trace metals did not reduce as the plume matured and included heavy metals found in human-made air pollution that are linked to negative health effects. On at least 18 days during the 6-month long eruption the ‘plumerang’ was in the capital city of Reykjavík, while the official forecast showed ‘no plume’.

The fine particles found in the ‘plumerang’ are so small they can penetrate deep into the lungs, potentially causing serious health problems such as exacerbating asthma attacks. It is estimated that short and long-term exposure to this type of fine particles, from both human-made and natural sources, cause over three million premature deaths globally per year and remains the single largest environmental health risk in Europe. People living in Reykjavik described a burning sensation in the throat and eyes when the SO2 levels would have been well within air quality standards but the particle-rich ‘plumerang’ would have been over the city.

During the six-month-long eruption, the Icelandic Meteorological Office’s daily forecasts of the plume dispersion accounted only for SO2 concentrations in the young plume. The mature plume was not forecast as part of volcanic air pollution monitoring.

The study, published in Earth and Planetary Science Letters, recommends that in future gas-rich eruptions both the young and mature plumes should be considered when forecasting air pollution and the dispersion and transport pattern of the plume. The Holuhraun eruption caused one of the most intense and widespread volcanogenic air pollution events in centuries. It is estimated that the amount of sulphur dioxide released into the atmosphere was roughly two times that of a yearly total of SO2 emissions generated by the European Economic area.

Source: University of Leeds and scientific press.

Source: Met Office islandais

 

Yellowstone : Pas de quoi paniquer ! // No panic please !

Ce n’est pas une surprise: chaque fois que la sismicité augmente dans le Parc National de Yellowstone, certains craignent que le volcan entre en éruption et les tabloïds britanniques, que ce soit le Daily Star ou The Express, contribuent à faire souffler un vent de panique.
Comme je le mentionnais précédemment, un essaim sismique significatif a effectivement débuté le 12 juin 2017 sur la marge occidentale du Parc National de Yellowstone. Cependant, rien ne prouve que cet événement est annonciateur d’une éruption catastrophique dans un avenir prévisible et il n’est donc pas nécessaire de paniquer. Les essaims sismiques sont fréquents à Yellowstone et ils représentent environ 50% de la sismicité dans cette région des Etats-Unis.
Au cours de l’essaim sismique actuel, on a enregistré 464 événements d’une magnitude maximale de M 4,4 ; 5 autres secousses se situaient autour de M 3 ; 57 séismes avoisinaient M 2 ; 238 montraient une magnitude d’environ M 1. Ces différents séismes ont été localisés à des profondeurs de 0 à 14,5 km par rapport au niveau de la mer.
On remarquera qu’il s’agit du plus grand nombre de séismes enregistrés à Yellowstone en une seule semaine au cours des cinq dernières années. Malgré tout, ce nombre est inférieur aux recensements hebdomadaires lors d’essaims sismiques semblables en 2002, 2004, 2008 et 2010.
L’Observatoire n’a pas modifié les niveaux d’alerte. Le niveau d’alerte volcanique est Normal; La couleur de l’alerte aérienne est Verte.
Une nouvelle webcam orientée vers le sud-sud-est sur le lac Yellowstone a été installée sur le le relais de téléphonie mobile près de Fishing Bridge. Pour accéder à cette caméra et à d’autres caméras de Yellowstone, il suffit de cliquer sur ce lien:
https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/yellowstone/multimedia_webcams.html

—————————————–

It does not come as a surprise: Each time seismicity increases at Yellowstone National Park, there are fears that the volcano might erupt and the British tabloids, whether the Daily Star or The Express – contribute to spreading a wave of panic.

As I put it before, it is true that an energetic earthquake swarm started on June 12th, 2017 on the western edge of Yellowstone National Park. However, there is no indication that this is heralding a catastrophic eruption in the foreseeable future and there is no need to panic. Earthquake swarms are common in Yellowstone and, on average, comprise about 50% of the total seismicity in the Yellowstone region.

The current seismic swarm is composed of 464 events with a maximum magnitude of M 4.4. 5 more earthquakes were in the M 3 range, 57 earthquakes in the M 2 range, 238 in the M 1 range. These events have depths from ~0.0 km to ~14.5 km, relative to sea level.

This is the highest number of earthquakes at Yellowstone within a single week in the past five years. However, this number is inferior to weekly counts during similar earthquakes swarms in 2002, 2004, 2008 and 2010.

The Yellowstone Volcano Observatory has not changed the alert levels. The current volcano alert level is Normal; the aviation colour code is Green.

It should be noted that a new webcam looking south-southeast over Yellowstone Lake has been installed on the cell phone tower near Fishing Bridge. To access this and other Yellowstone webcams, you just need to click on this link:

https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/yellowstone/multimedia_webcams.html

Photo: C. Grandpey

Meilleure surveillance du Bogoslof (Alaska) // Better monitoring of Bogoslof Volcano (Alaska)

Comme le Bogoslof ne dispose pas d’instruments de mesure, il est très difficile pour les scientifiques de l’AVO de savoir ce qui se passe sur l’île ou de prévoir les éruptions. C’est ennuyeux car le volcan se trouve sur la route empruntée par les avions entre l’Amérique et l’Asie. Les panaches de cendre produits par les éruptions peuvent devenir un véritable problème pour les moteurs des avions.
Personne ne vit sur l’Ile Bogoslof ; la zone habitée la plus proche est Unalaska, à une centaine de kilomètres. Afin de compenser le manque d’équipement, l’AVO vient d’installer deux hydrophones près de l’île afin d’écouter et d’enregistrer les ondes sismiques pendant une éruption. Comme les hydrophones sont proches de l’île et de la colonne d’eau, ils seront particulièrement aptes à enregistrer le comportement du Bogoslof entre les éruptions, ce qui est impossible avec le réseau de surveillance à distance existant.
Un autre équipement a également été installé par l’AVO pour détecter la présence d’éclairs qui apparaissent souvent avec la présence d’électricité statique dans les panaches de cendre au cours d’une éruption. Les nouveaux capteurs font partie du World Wide Lightning Location Network, réseau mondial de détection de la foudre. Le réseau peut prévenir les pilotes lorsque des éruptions sont en cours. Les nouveaux capteurs permettront aux scientifiques de l’AVO de savoir si des éclairs se produisent sur le Bogoslof, et donc s’il y a beaucoup de cendre dans l’atmosphère. Ils pourront alerter les pilotes pour qu’ils évitent la zone

Source : Alaska Public Media.

—————————————-

As Bogoslof Volcano is not equipped with measuring instruments, it is very difficult for AVO scientists to know what is happening on the island or to predict eruptions. This is a problem as the volcano lies on the route taken by planes between America and Asia. The ash plumes produced by the eruptions may become e real problem to the engines of the planes. No one lives on Bogoslof – the closest human neighbours are 100 km away in Unalaska.

In order to compensate for the lack of equipments, AVO has just installed two hydrophones underwater near the island in order to listen and record seismic waves during an eruption. Because the hydrophones are so close to the island and in the water column, they will be especially good at registering the low level activity at Bogoslof that the faraway monitoring network has missed.

Another piece of equipment was also installed by AVO to track lightning, including volcanic lightning, which happens when static electricity builds up in ash clouds. The new sensors are part of the World Wide Lightning Location Network. The network makes it easier to warn pilots that eruptions are underway. It could help scientists understand if there is lightning at Bogoslof, which would mean there is a lot of ash in the atmosphere and planes should avoid the area.

Source: Alaska Public Media.

Crédit photo: AVO