Lō‘ihi, le plus jeune des volcans hawaiiens // Lō‘ihi, the youngest Hawaiian volcano

Le Lō’ihi est le plus jeune des volcans hawaiiens. Il est situé à 39 kilomètres au sud-est de Pāhala dans le district de Ka’ū. Le HVO ne possède pas de stations sismiques à proximité du Lō’ihi ; son activité est contrôlée depuis des stations implantées sur la Grande Ile d’Hawaii depuis plus de 50 ans.
Depuis la fin du mois de février 2017, les sismologues du HVO enregistrent une légère augmentation du nombre d’événements près du Lō’ihi. De janvier 2015 à février 2017, ils ont enregistré, en moyenne, un séisme par mois sur le volcan sous-marin. Depuis cette époque, le nombre de secousses a progressivement augmenté. Au cours du seul mois de juin 2017 (jusqu’au 22 juin), il y a eu 51 séismes dans le secteur du Lō’ihi.
Sans stations sismiques permanentes sur le Lō’ihi – car le sommet du volcan se trouve encore à 960 mètres sous l’eau – il n’est pas possible de localiser les séismes avec autant de précision que sur le Kilauea ou le Mauna Loa. Cependant, les événements de juin 2017 semblent être concentrés entre 9,6 et 11,2 km au-dessous du niveau de la mer et s’étendent depuis la zone sommitale du Lō’ihi jusque vers le sud.
Il est intéressant de noter que les quelque 170 séismes localisés dans le secteur du Lō’ihi entre 2010 et 2016 ont été enregistrés loin de la zone sommitale. Ils se sont produits principalement sous le flanc nord du volcan et sont descendus à des profondeurs relativement importantes. Aucune explication n’a été donnée à ce phénomène.
Dès 1952, les scientifiques du HVO ont interprété des essaims sismiques dans la région du Lō’ihi comme les signes d’un volcanisme actif. L’activité sismique à elle seule ne prouve pas de manière irréfutable que le Lō’ihi est entré en éruption, mais la localisation des derniers séismes directement sous la zone sommitale du volcan laisse supposer des ajustements dans le réservoir magmatique ou l’édifice volcanique.
La plus récente éruption du Lō’ihi s’est produite en 1996. Cette année-là, un essaim sismique significatif a commencé en juillet et s’est rapidement intensifié. Une expédition scientifique a été organisée vers le Lō’ihi dans l’espoir d’observer en direct une éruption sous-marine. Des milliers séismes, dont plus d’une douzaine avec des magnitudes supérieures à M 4,5, ont été enregistrés sous le sommet et le flanc sud du volcan entre juillet et septembre 1996. L’observation et la cartographie de la zone sommitale du Lō’ihi ont montré que, suite à la poussée du magma, une partie importante de la zone sommitale s’était effondrée. Les laves en coussins (« pillow lavas ») et les fragments vitreux recueillis lors des plongées avec un submersible ont également confirmé qu’une éruption avait eu lieu.
Dans la mesure où le sommet du Lō’ihi se trouve encore à une grande profondeur sous la surface de l’océan, l’USGS considère que le volcan ne représente pas une menace. Il n’est donc pas prévu d’installer de nouveaux instruments dans le court terme et sa surveillance restera uniquement sismique.

Source: USGS / HVO.

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Lō‘ihi is the youngest of Hawaiian volcanoes. It is located 39 kilometres southeast of Pāhala in Ka‘ū District. HVO does not have seismic stations near Lō‘ihi, but it has been tracking earthquake activity there from land-based seismic stations for over 50 years.

Since the end of February 2017, HVO seismic analysts have noted a slight increase in the numbers of earthquakes near Lō‘ihi. From January 2015 through February 2017, there was, on average, one Lō‘ihi earthquake per month. Since then, the rate of earthquakes has gradually increased. In June alone (as of June 22nd), there have been 51 located earthquakes in the Lō‘ihi region.

Without permanent seismic stations at Lō‘ihi – because the highest point of the volcano is still 960 metres under water – it is not possible to locate earthquakes there as accurately as at Kilauea or Mauna Loa. However, the June 2017 earthquakes appear to be clustered roughly 9.6 to 11.2 km below sea level and extend from beneath the summit region of Lō‘ihi to the south.

Interestingly, the roughly 170 earthquakes located in the area of Lō‘ihi between 2010 and 2016 occurred away from the summit region. They were primarily beneath the northern flanks of Lō‘ihi, and extended to significantly greater depths below the volcano. The significance of this difference is unclear.

As early as 1952, HVO scientists interpreted occasional earthquake swarms in the Lō‘ihi region as reflecting active volcanism there. In fact, the earthquakes were key to recognizing that the seamount is actually an active volcano.

Earthquake activity alone does not conclusively indicate that Lō‘ihi is erupting. But the locations of recent earthquakes directly beneath the volcano’s summit region plausibly suggest magmatic or volcanic origin, such as adjustments within the magma reservoir or volcanic edifice.

The most recent confirmed eruption of Lō‘ihi occurred in 1996. That year, an energetic earthquake swarm began in July and quickly intensified, motivating a scientific expedition to Lō‘ihi to seize an unprecedented opportunity to possibly observe a submarine eruption. Thousands of earthquakes, including over a dozen with magnitudes greater than M 4.5, were recorded from beneath the summit and south flank of the volcano between July and September 1996. Subsequent viewing and mapping of the Lō‘ihi summit region showed that, consistent with magma movement from beneath the summit area, a significant portion of it had collapsed. Fresh pillow lavas and glassy fragments collected during submersible dives also confirmed the occurrence of an eruption.

Because Lō‘ihi is still so deep beneath the ocean’s surface, the USGS regards Lō‘ihi as a low- to very-low-threat volcano. Thus, there are no immediate plans for additional monitoring instruments and views of Lō‘ihi for the foreseeable future will be strictly seismological.

Source: USGS / HVO.

 Localisation des séismes sur une période de 30 jours se terminant le 22 juin 2017. (Source : USGS)

Sinabung (Indonésie): L’activité reste intense // Activity is still elevated

L’activité reste soutenue sur le Sinabung. Les explosions et les effondrements partiels du dôme provoqués par les extrusions permanentes de lave déclenchent des coulées pyroclastiques qui s’accompagnent de panaches de cendre. D’après le VAAC de Darwin, ces panaches peuvent atteindre entre 3 et 6 km d’altitude, avant de s’étirer dans différentes directions.

Voici deux photos du sommet du Sinabung prises les 6 et 15 juin par Franck Gueffier, fidèle visiteur de mon blog, que je remercie chaudement.

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Activity at Sinabung volcano remains elevated. Explosions and partial collapses of the dome caused by the permanent extrusions of lava trigger pyroclastic flows, generating ash plumes. According to the Darwin VAAC, they rise up to 3 – 6 km a.s.l. before drifting in multiple directions.

Here are two photos of Mt Sinabung’s summit zone taken on June 6th and 15th by Franck Gueffier, a Japanese resident and frequent visitor of my blog whom I thank very much.

Photos: Franck Gueffier

 

 

La Vallée de la Mort ? J’adore ! // Death Valley ? I love it !

La Vallée de la Mort est un parc national des Etats-Unis qui a acquis ce statut en 1994. Il  est situé à l’est de la Sierra Nevada en Californie, et s’étend en partie sur le Nevada. Avec plus de 13 600 km2, c’est l’un des plus grands parcs nationaux américains.

Géographiquement, il présente le plus grand intervalle d’altitudes ; le fond de la Vallée de la Mort à Badwater, est à 85,5 mètres sous le niveau de la mer, alors que Telescope Peak est le point culminant du parc avec 3 368 mètres.

Comme je l’ai écrit précédemment, la Vallée de la Mort est surtout connue pour ses records de chaleur, avec un maximum de 56,7°C à Furnace Creek le 13 juillet 1913, record du monde en la matière.

Le sol de la Vallée de la Mort est riche en minéraux divers, dont le borax, exploité pendant longtemps par une société minière pour être utilisé dans la production de savon et dans l’industrie verrière. Le produit fini raffiné était expédié depuis la vallée dans des chariots tirés par un attelage de mules. On peut parcourir aujourd’hui le Twenty Mule Team Canyon, souvenir de cette époque.

Parmi les sites à visiter, on peut mentionner la plaine de Badwater, la zone de boue salée du Devil’s Golf Course, les Mesquite Sand Dunes à l’aube et au crépuscule, Zabriskie Point, Artist’s Palette et sa diversité de couleurs, ou encore Ubehebe Crater, résultat d’une explosion phréatique dans la partie nord du Parc.

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Death Valley is a national park of the United States which acquired this status in 1994. It is located to the east of the Sierra Nevada in California, and extends partly on Nevada. With over 13,600 square kilometres, it is one of the largest national parks in the United States.
Geographically, it has the largest range of altitudes; the bottom of the Death Valley at Badwater, is 85.5 metres below sea level, while Telescope Peak is the highest point of the park with 3,368 metres.
As I wrote earlier, Death Valley is best known for its heat records, with a maximum of 56.7°C at Furnace Creek on July 13th, 1913, the world record.
The soil of Death Valley is rich in various minerals, including borax, which was mined for a long time by a mining company for use in soap production and in the glass industry. The refined finished product was shipped from the valley into carriages pulled by a team of mules. Today we can drive along the Twenty Mule Team Canyon, a memory of that era.
Among the places to visit, one can mention Badwater Plain, Devil’s Golf Course, Mesquite Sand Dunes at dawn and dusk, Zabriskie Point, Artist’s Palette and its variety of colours, and Ubehebe Crater, the result of a phreatic explosion in the northern part of the Park.

Photos: C. Grandpey

Bogoslof (Alaska): Nouveaux épisodes éruptifs // New eruptive episodes

Un nouvel épisode éruptif a débuté le 23 juin dans l’après-midi (heure locale) sur le Bogoslof. L’événement a duré une dizaine de minutes et généré un nuage de cendre qui a atteint 10 800 mètres d’altitude. Il se dirigea ensuite vers l’est en passant au-dessus d’Akutan et de l’Océan Pacifique Nord. Aucune retombée de cendre n’a été enregistrée. Cette éruption a également généré des infrasons qui ont été détectés par des réseaux sur les îles Umnak et Adak. Le nuage volcanique a également été parcouru d’éclairs.
Cette première éruption a été suivie de quatre autres dans la soirée. La couverture nuageuse s’était épaissie depuis le premier épisode éruptif, mais aucun panache de cendre n’a été observé au-dessus du plafond qui culminait à environ 9000 mètres. Ces quatre explosions ont également été détectées dans les données infrasoniques, mais aucun éclair n’a été détecté par le World Wide Lightning Location Network (WWLLN).
De nouveaux épisodes éruptifs produisant des nuages ​​de cendre à haute altitude peuvent se produire à tout moment. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Rouge.

Source : AVO.

Un bulletin de l’AVO émis à 0h44 (heure locale) le 24 juin 2017 indique que la couleur de l’alerte aérienne a  été ramenée à l’Orange car aucun nouvel événement éruptif n’a été enregistré sur le Bogoslof.

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Another eruptive episode started on June 23rd in the afternoon (local time) at Bogoslof. It lasted roughly 10 minutes and produced an ash cloud that reached 10,800 metres a.s.l. and moved east, passing over Akutan and the North Pacific Ocean. AVO has received no reports of ashfall. This initial event also generated infrasound that was detected by networks on Umnak and Adak Islands. The volcanic cloud also generated several lightning strokes.
This event was followed by four additional eruptive bursts in the evening. High clouds had moved into the region since the initial explosion and obscured observations of ash clouds from these later events. However, no eruptive clouds were seen rising above the meteorological cloud deck top at about 9,000 metres a.s.l. These explosions were also detected in infrasound data, but no lightning strokes were detected by the World Wide Lightning Location Network (WWLLN).
Additional explosions producing high-altitude ash clouds could occur at any time.
The Aviation Colour Code remains at RED.

Source: AVO.

A report released by AVO at 0:44 (local time) indicates that the aviation colour code has been lowered to Orange as no new eruptive event has been detected.

Crédit photo: AVO.