Bárðarbunga (Islande) : éruption ou pas éruption ? Personne ne sait ! // Bárðarbunga (Iceland) : will an eruption occur ? Nobody knows !

Suite à la hausse de l’activité sismique sous le Bárðarbunga, beaucoup se posent des questions sur ce qui se passera si le volcan entre en éruption. Selon les scientifiques islandais, la situation actuelle ressemble à celle qui a conduit à l’éruption dans l’Holuhraun en 2014. En effet, un essaim sismique assez long a précédé cette éruption. Le scénario pourrait être le même aujourd’hui
On se souvient qu’à l’été 2014, une série de puissants séismes a secoué le Bárðarbunga ; le plus important avait une magnitude de M5,7. Au cours des deux semaines suivantes, cette sismicité s’est déplacée lentement vers le nord-est. Puis en août, l’une des plus grandes éruptions de l’histoire islandaise a commencé, avec l’ouverture d’une fissure d’environ 1,5 km de long. Elle a émis des fontaines de lave d’une centaine de mètres de hauteur et cette lave a couvert quatre kilomètres carrés le premier jour. L’éruption a pris fin en février 2015. L’Holuhraun se trouve dans le centre de l’Islande. L’éruption ne présentait donc aucun risque pour la vie humaine, les infrastructures ou les vols. C’est un scénario possible aujourd’hui.
Le Met Office islandais indique que si le magma qui se trouves sous le Bárðarbunga émerge sous le glacier proprement dit, on peut assister à l’apparition de nuages de cendres, d’une inondation glaciaire, ou des deux. Le Met Office explique que de nombreux scénarios sont possibles.
Pour l’instant, les scientifiques surveillent la situation de près, mais personne ne sait comment elle évoluera.
Source : Iceland Review.

Éruption dans l’Holuhraun en 2014 (Crédit photo: Met Office)

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Following the increased seismic activity under Bárðarbunga, there are questions about what will happen if the volcano erupts. According to Icelandic scientists, the current situation is similar to the circumstances that led up to the 2014 Holuhraun eruption. Indeed, a fairly long earthquake swarm preceded that eruption. And this could possibly be similar to the beginning of that swarm.

One can remember that in the summer of 2014, a series of powerful earthquakes shook Bárðarbunga, the largest with a magnitude M5.7. Over the next couple weeks, those events moved slowly to the northeast. And then in August, one of the largest eruptions in Icelandic history began, as a fissure some 1.5km long opened up, sending lava plumes up to 100m in the air and covering four square kilometres in the first day. The eruption ended in February 2015. Holuhraun is in Central Iceland. As such, it posed no risk to human life, infrastructure, or flights. This is one possible scenario.

The Icelandic Met Office notes that if the magma under Bárðarbunga emerges under the glacier itself, there is also the possibility of an ash cloud eruption, glacial flooding, or both. The Met Office notes that many scenarios are possible.

As it stands now, scientists are monitoring the situation closely, but nobody knows how the siituation will evolve.

Source : Iceland Review.

Nouvel essaim sismique sur le Bárðarbunga (Islande) // New seismic swarm at Bárðarbunga (Iceland)

Un important essaim sismique a commencé dans la partie nord-ouest de la caldeira du Bárðarbunga à 06h08 (UTC) le 14 janvier 2025. Parmi les événements les plus importants figure une secousse de magnitude M4,4 dont l’épicentre était situé à environ 3,6 km au nord-est du Bárðarbunga à une profondeur de 4,9 km. Le séisme le plus intense jusqu’à présent avait une magnitude M4,9 à une profondeur très faible de seulement 0,1 km ; il était situé à environ 3,9 km au nord-est du Bárðarbunga. Le Met Office précise qu’une telle sismicité peu profonde peut révéler une intrusion magmatique ou une redistribution soudaine des contraintes près de la surface. Les événements se sont produits en succession rapide, ce qui pourrait correspondre à une activité volcanique ou tectonique en profondeur sous la glace. L’activité actuelle est assez semblable au début de l’essaim sismique qui s’est produit avant l’éruption dans l’Holuhraun en 2014. Le Met Office ajoute toutefois qu’il est difficile de dire à ce stade si l’essaim annonce le début d’une nouvelle éruption. Cela montre une fois de plus que notre capacité à prévoir les éruptions reste très faible.

Source: Icelandic Met Office

Il convient de noter qu’une crue glaciaire – jökulhlaup en islandais – s’est produite au niveau du Grímsvötn le 13 janvier 2025. Les crues du Grímsvatn se produisent presque chaque année depuis novembre 2021. Le volcan est situé au sud du Bárðarbunga  où le dernier essaim sismique a été observé. Le Met Office précise que ces crues glaciaires se sont souvent produites sans éruption volcanique. L’activité sismique sur le Grímsvötn avait augmenté régulièrement ces derniers jours, signe du mouvement de l’eau sous le glacier. Les scientifiques estiment que la crue ne constituera pas une menace pour les infrastructures telles que les routes et les ponts de la région malgré le débit important.

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A significant seismicswarm started in the NW part of Bárðarbunga caldera at 06:08 (UTC) on January 14th, 2025. Among the most significant quakes was an M4.4 event with the epicenter located about 3.6 km northeast of Bárðarbunga at a depth of 4.9 km. The largest earthquake so far was M4.9 at a very shallow depth of just 0.1 km, and was located about 3.9 km northeast of Bárðarbunga. The Met Office specifies that such shallow seismicity may suggest localized magma intrusion or sudden stress redistribution close to the surface.The events occurred in rapid succession, suggesting possible volcanic or tectonic unrest deep beneath the ice. The current activity may be similar to the beginning of the swarm that occurred before the 2014 Holuhraun eruption. However, the Met Office says that it is difficult to say at this point whether the swarm resembles the beginning of a new eruption. This again shows that our ability to predict eruptions is very low.

It should be noted that a glacial outburst flood – jökulhlaup in Icelandic – occurred at Grímsvötn volcano on January 13th, 2025. Grímsvatn floods have occurred almost annually since November 2021. The volcano is located south of Bárðarbunga where the latest seismic swarm was observed. The Met Office specifies that these glacial outburst floods have often occurred without volcanic eruptions. Seismic activity on Grímsvötn has been rising steadily in recent days which signaled the movement of water beneath the glacier. Experts believe it will not pose a threat to infrastructure such as roads and bridges in the region despite the substantial flow.

Yellowstone (2) : Le déplacement de l’activité magmatique // Yellowstone (2) : The shifting of magma activity

Selon une étude récente menée par des scientifiques de l’USGS, les réservoirs magmatiques qui alimentent le super volcan de Yellowstone semblent se déplacer vers le nord-est de la caldeira. Cette région pourrait être le nouveau site d’une future activité volcanique.
On peut lire dans l’étude que « sur la base du volume de stockage de roches rhyolitiques en fusion sous la caldeira nord-est de Yellowstone et de la connexion directe de la région à une source de chaleur dans la croûte inférieure, nous suggérons que le site du futur volcanisme rhyolitique s’est déplacé vers la caldeira nord-est de Yellowstone. En revanche, le volcanisme rhyolitique post-caldeira au cours des 160 000 dernières années s’est produit dans la majorité de la caldeira de Yellowstone à l’exclusion de cette région nord-est. »
L’USGS nous rappelle qu’au cours des 2 derniers millions d’années, Yellowstone a connu trois énormes éruptions formant une caldeira, entrecoupées d’éruptions plus petites. Les éruptions qui forment la caldeira proviennent de réservoirs de magma fondu rhyolitique. Il s’agit d’un magma riche en silice, l’équivalent volcanique du granite, de consistance visqueuse et se déplaçant lentement, et dont on pense qu’il est stocké en vastes volumes sous la région de Yellowstone.
Selon des études antérieures, les réservoirs rhyolitiques étaient soutenus par des réservoirs plus profonds de magma basaltique qui a une teneur en silice bien plus faible que la rhyolite, mais qui contient du fer et du magnésium en abondance. Ce magma basaltique est également nettement moins visqueux que la rhyolite, mais il est aussi plus dense, et la façon dont il conduit l’électricité diffère de la rhyolite.

 

Des études antérieures ont expliqué que le volcanisme de Yellowstone était probablement alimenté par une double chambre magmatique (Source : USGS)

Cette différence de propriétés entre basalte et rhyolite a donné aux auteurs de l’étude les outils nécessaires pour étudier le contenu du réservoir magmatique sous le plateau de Yellowstone. La surveillance de l’activité sous la surface de la Terre inclut la magnétotellurique, autrement dit la mesure des variations des champs magnétiques et électriques de la planète. Les scientifiques ont mené une étude magnétotellurique à grande échelle dans la caldeira de Yellowstone et ont utilisé les données obtenues pour modéliser la distribution des réservoirs de matière en fusion qui s’y cachent.
Leurs résultats ont révélé qu’il existe au moins sept régions distinctes à forte teneur en magma, dont certaines alimentent d’autres, à des profondeurs comprises entre 4 et 47 kilomètres, jusqu’à la limite entre la croûte et le manteau.

 

Carte montrant les réservoirs magmatiques sous Yellowstone. Le jaune représente le basalte, le rouge la rhyolite et l’orange les zones de transition basalte-rhyolite. Les triangles violets sont les stations de surveillance magnétotellurique. (Source : Nature)

Le stockage de matière en fusion le plus intéressant se trouve au nord-est. Là, d’énormes réservoirs de magma basaltique dans la partie inférieure de la croûte chauffent et supportent des chambres de magma rhyolitique au-dessus, dans la croûte supérieure. Ces chambres de magma rhyolitique contiennent un volume de matière en fusion estimé à environ 388 à 489 kilomètres cubes, soit un ordre de grandeur supérieur aux zones de stockage de matière en fusion au sud, à l’ouest et au nord, là où les précédentes éruptions ont eu lieu. Ce volume est également comparable au volume observé lors des précédentes éruptions qui ont formé des caldeiras à Yellowstone.
Les éruptions rhyolitiques qui ont formé la caldeira ont été entrecoupées de petites éruptions basaltiques à l’intérieur de la caldeira. Cependant, on ne sait pas exactement comment fonctionnent ces types d’éruptions. Les études les plus récentes expliquent que les chambres magmatiques rhyolitiques doivent refroidir complètement avant que le magma basaltique puisse s’y déplacer.
Source : Nature.

Vue d’une partie de la caldeira de Yellowstone (Photo: C. Grandpey)

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According to a recent research by USGS scientists, the reservoirs of magma that fuel the supervolcano seem to be shifting to the northeast of the Yellowstone Caldera. This region could be the new site of future volcanic activity.

One can read in the study that « on the basis of the volume of rhyolitic melt storage beneath northeast Yellowstone Caldera, and the region’s direct connection to a lower-crustal heat source, we suggest that the locus of future rhyolitic volcanism has shifted to northeast Yellowstone Caldera. In contrast, post-caldera rhyolitic volcanism in the previous 160,000 years has occurred across the majority of Yellowstone Caldera with the exclusion of this northeast region. »

The USGS reminds us that in the past 2 million years, Yellowstone has undergone three huge, caldera-forming eruptions, interspersed with smaller eruptions. The caldera-forming eruptions are sourced from reservoirs of rhyolitic melt. It is a silica-rich magma, the volcanic equivalent of granite, sticky and viscous and slow-moving, and thought to be stored in vast volumes underneath the Yellowstone region.

Previous studies presumed the rhyolitic reservoirs were supported by deeper reservoirs of basaltic magma that has a much smaller silica content than rhyolite, but abundant iron and magnesium. It is also significantly less viscous than rhyolite, but also denser, and the way it conducts electricity differs from rhyolite.

This latter difference in properties gave the authors of the study the tools they needed to probe the magmatic reservoir contents beneath the Yellowstone Plateau. One way to monitor activity beneath Earth’s surface involves magnetotellurics which includes the measurement of surface variations in the planet’s magnetic and electric fields. The scientists carried out a wide-scale magnetotelluric survey across the Yellowstone Caldera, and used the resulting data to model the distribution of the melt reservoirs lurking therein.

Their results revealed that there are at least seven distinct regions of high magma content, some of which are feeding into others, at depths between 4 and 47 kilometers beneath the ground, down to the boundary of the crust and mantle.

The most interesting melt storage is in the northeast. There, huge reservoirs of basaltic magma in the lower crust heat and maintain chambers of rhyolitic magma in the upper crust. These chambers of rhyolitic magma contain an estimated melt storage volume of around 388 to 489 cubic kilometers, almost an order of magnitude higher than melt storage zones to the south, west, and north, where previous eruptions took place. This volume is also comparable to the melt volume of previous caldera-forming eruptions in Yellowstone.

The rhyolitic caldera-forming eruptions were interspersed with smaller, basaltic eruptions within the caldera. However, it is unclear exactly how these kinds of eruptions work. The new research suggests that the rhyolitic magma chambers have to cool completely before the basaltic magma can move in.

Source : Nature.

Forte inflation et risque d’éruption sur le Kanlaon (Philippines) // High inflation and risk of eruption on Kanlaon (Philippines)

Les instruments qui surveillent la déformation du sol sur le Kanlaon enregistrent une forte inflation sur le flanc Est du volcan depuis le 10 janvier 2025. Les mesures montrent une augmentation soudaine du soulèvement dans cette zone et indiquent une hausse de la pression dans la partie supérieure du conduit magmatique à une altitude de 1 056 m. Cette situation correspond à celle observée avant l’éruption du 9 décembre 2024. Selon le PHIVOLCS, les mouvements du sol reflètent l’activité au sein du système volcanique tout en mettant en évidence un conduit magmatique actif à faible profondeur.
Les mesures de SO2 du 10 janvier atteignaient en moyenne 5 763 tonnes/jour, ce qui correspond aux émissions moyennes depuis l’éruption du 3 juin 2024, mais une baisse significative à 2 029 tonnes/jour a été enregistrée le 9 janvier. Le PHIVOLCS a observé des émissions semblables avant les éruptions passées, y compris l’événement de décembre 2024.
L’Institut rappelle au public que le niveau d’alerte 3 est maintenu sur le Kanlaon. « Il existe actuellement un fort risque d’éruptions explosives soudaines susceptibles de mettre en danger les zones habitées qui sont exposées à des risques volcaniques potentiellement mortels. » Le public est invité à rester à l’écart de la zone de danger de 6 km de rayon autour du volcan.
Source : PHIVOLCS.

Les mesures de déformation à 1 056 m d’altitude sur le flanc Est montrent une hausse très nette du soulèvement de la zone depuis le 10 janvier 2025 , comme on peut le voir dans l’encadré en pointillé rouge. (Source : PHIVOLCS)

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Ground deformation monitoring instruments on Kanlaon have recorded sharp inflation in the volcano’s eastern flank since January 10th, 2025. The measurements revealed a sudden tilt increase and indicated pressurization within the upper magma conduit at an elevation of 1 056 m. The observation aligns with similar patterns observed before the eruption on December 9th, 2024. According to PHIVOLCS, the ground movements reflect activity within the volcanic system while pointing to an active shallow magma conduit.

SO2 measurements on January 10th averaged 5 763 tonnes/day, close to average emissions since the June 3rd, 2024 eruption, but a significant drop to 2 029 tonnes/day was recorded on January 9th.  PHIVOLCS noted that similar emissions preceded past eruptions including the December 2024 event.

The Institute reminds the public that public that Alert Level 3 is raised over Kanlaon Volcano. “There is presently an increased chance for sudden explosive eruptions to occur and endanger communities at risk with life-threatening volcanic hazards.” The public is urged to stay clear of the 6 km radius danger zone around the volcano.