L’onde de choc du Tavurvur : Approche scientifique // Tavurvur’s shock wave: A scientific approach

drapeau-francaisA l’issue de la diffusion de ma note sur l’éruption spectaculaire du Tavurvur en 2014 et l’apparition d’une puissante onde de choc, j’avais sollicité l’aide d’un physicien pour obtenir des explications plus précises. Voici les remarques de Philippe Thoré à qui j’adresse mes très sincères remerciements.

Elles se situent à plusieurs niveaux :

1 – Sur le phénomène « supersonique » :

L’apparition – vraiment très fugace – d’un nuage conique (de vapeur d’eau) lors du passage de l’onde de choc avec le nuage éruptif évoque vraiment le phénomène observé parfois autour d’un avion en vol supersonique :  apparition d’un cône très évasé (comme ici) dans le cas d’une vitesse peu supérieure à la célérité du son (le cône serait beaucoup plus « pointu » en cas de vitesse très élevée). Cela tend bien à confirmer que les matériaux ont été éjectés à vitesse supersonique !

2 – Sur la célérité de propagation de l’onde de choc :

Concernant la « terminologie », on fait habituellement une distinction entre le terme « vitesse », qui désigne la rapidité de déplacement d’un objet matériel (par exemple un avion ou un projectile), et le terme « célérité », qui désigne la rapidité de déplacement d’une « perturbation », objet immatériel qui peut être par exemple la lumière, la houle, une onde de choc ou le son. Les expressions « vitesse du son » ou « vitesse de la lumière » font donc systématiquement sourciller les physiciens…

Concernant l’expression classique « a franchi le mur du son » : on l’utilise habituellement pour exprimer qu’un objet matériel (avion, projectile) a atteint une vitesse supérieure à la célérité du son, étant entendu que l’on parle de la célérité du son dans la zone où se déplace l’objet.

Concernant la célérité de l’onde de choc observée ici, on peut naturellement décomposer très grossièrement l’événement en deux phases : les tout premiers instants suivant la libération de la poche de gaz, où le phénomène est « extrême » (surpression énorme), et la suite de l’événement, où l’onde de choc atténuée par la dispersion spatiale a une amplitude « modérée » ; bien entendu, la transition entre les deux phases est progressive. Dans la deuxième phase, l’onde de choc se propage essentiellement sous la forme d’un son, sans déplacement significatif de l’air « traversé » : la célérité de l’onde est la même que celle du son. Dans la première phase en revanche, les lois habituelles de propagation ne sont pas applicables : tout en se propageant, l’onde de choc s’accompagne d’un déplacement significatif de matériaux (gaz divers, cendre, voire roches et débris de toutes sortes) : sa célérité propre vient se superposer partiellement à la vitesse de projection des gaz ; il n’est donc pas étonnant que la célérité « apparente » de l’onde de choc soit légèrement plus élevée que celle du son.

Néanmoins, l’onde de choc n’étant pas « matérielle », on ne peut pas dire qu’elle a « franchi le mur du son », elle a simplement été momentanément plus rapide que le son « ordinaire ».

Concernant maintenant la vidéo, plusieurs réflexions me viennent :

 – le début de l’événement se situe entre les secondes 11 et 12 de la vidéo, du fait que la zone où se produit la libération de la poche gazeuse est sous la ligne d’horizon, à l’intérieur du cratère et donc invisible ; corroborant ce fait, il semble bien qu’une ombre très légère apparaît quelques dixièmes de seconde avant la montée bien visible du nuage éruptif, ce qui allonge le temps de propagation à prendre en compte : la durée réelle de propagation serait alors nettement au-dessus des 13 secondes, tout en restant inférieure à 14 secondes ;

– la célérité du son doit être très proche des 350 m/s, voire les dépasser, si l’air est proche de la saturation en vapeur d’eau (ce qui manifestement le cas ici) et si sa température approche les 30 °C ; or, avec 350 m/s, on obtient un peu moins de 14,3 secondes.

– l’écart entre le temps théorique et le temps réel est donc très inférieur aux 2 secondes, voire légèrement inférieur à une seconde ; en prenant un exemple, s’il y avait une seconde d’écart par rapport au temps de référence de l’ordre de 14 secondes, cela correspondrait à une erreur de l’ordre de 7 % ; …et une erreur de 7 % sur la distance de 5 km ne donne que 350 mètres d’erreur sur cette distance, ce qui ne me paraît pas vraiment significatif.

Il serait donc très difficile de s’appuyer sur l’aspect « sonore » du phénomène pour confirmer le caractère supersonique de l’éjection des matériaux !

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drapeau-anglaisAfter releasing my post on the dramatic eruption of Tavurvur in 2014 and the appearance of a powerful shock wave, I solicited the help of a physicist to obtain more precise explanations. Here are the remarks of Philippe Thoré to whom I extend my sincere thanks.
They include several levels:

1 – On the « supersonic » phenomenon:
The very fleeting apparition of a conical cloud (of water vapour) during the passage of the shock wave with the eruptive cloud evokes the phenomenon observed sometimes around a plane in supersonic flight: apparition of a cone in the case of a speed slightly greater than the speed of the sound (the cone would be much « sharper » in case of very high speed). This tends to confirm that the materials have been ejected at supersonic speed!

2 – On the propagation velocity of the shock wave:
As far as the « terminology » is concerned, a distinction is usually made between the term « speed », which refers to the speed of movement of a physical object (eg an aircraft or a projectile), and the term « velocity »which refers to the speed of movement of a « perturbation », an immaterial object which may be, for example, light, swell, shock wave or sound. The expressions « speed of sound » or « speed of light » are therefore not appreciated by physicists …

Concerning the classic expression « has crossed the sound barrier »: it is usually used to express that a material object (plane, projectile) has reached a speed superior to the velocity of sound, i.e. the velocity of sound in the area where the object is moving.

Concerning the velocity of the shock wave observed here, one can decompose the event very roughly into two phases: the very first moments following the release of the gas pocket, where the phenomenon is « extreme » (due to the huge overpressure), and the rest of the event, when the shock wave, attenuated by the spatial dispersion, has a « moderate » amplitude; Of course, the transition between the two phases is gradual. In the second phase, the shock wave propagates essentially in the form of a sound, without any significant displacement of the « crossed » air: the velocity of the wave is the same as that of the sound. In the first phase, however, the usual propagation laws are not applicable: while propagating, the shock wave is accompanied by a significant displacement of materials (various gases, ash, even rocks and debris of all kinds ): Its own velocity partially superimposes itself to the speed of projection of the gases. Thus, it is not surprising that the « apparent » velocity of the shock wave should be slightly higher than that of sound.

– Nevertheless, since the shock wave is not « material », it cannot be said that it has « crossed the sound barrier », it has simply been momentarily faster than « ordinary » sound.

Concerning now the video, several remarks can be made:
The event begins between 11 and 12 seconds in the video, because the zone where the release of the gas pocket occurs is below the horizon, inside the crater and therefore invisible ; confirming this fact, it seems that a very slight shadow appears a few tenths of a second before the visible rise of the eruptive cloud, which lengthens the propagation time to take into account: the actual duration of the propagation would then be clearly above 13 seconds, while remaining less than 14 seconds;
– the velocity of the sound must be very close to or even exceed 350 metres per second, if the air is close to the saturation of water vapour (which obviously is the case here) and if its temperature approaches 30°C ; however, with 350 m / s, we get a little less than 14.3 seconds.

The difference between the theoretical time and the real time is thus much less than 2 seconds, or even slightly less than one second. By taking an example, if there was a second deviation from the reference time of the order of 14 seconds, this would correspond to an error of the order of 7%; … and an error of 7% over the distance of 5 km gives an error of only 350 meters on this distance, which does not seem really significant.

It would therefore be very difficult to rely on the « sonic » aspect of the phenomenon to confirm the supersonic nature of the ejection of materials!

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Avion franchissant le mur du son (Crédit photo: Wikipedia)

Quand un volcan franchit le mur du son…. // When a volcano breaks the sound barrier…

drapeau-francaisEn août 2014, le Tavurvur a connu une éruption explosive en Papouasie-Nouvelle-Guinée et propulsé des nuages de cendre à plus de 15 000 mètres de hauteur. Parfois, les explosions étaient si fortes qu’elles généraient des ondes de choc. L’une d’elles, particulièrement spectaculaire, a été filmée par les passagers d’un bateau qui naviguait pas très loin du volcan. Ces gens ont ressenti l’onde de choc qui s’est accompagnée un bang semblable à celui produit par un avion qui franchit le mur du son. La vidéo se trouve à cette adresse :
Https://youtu.be/Hx5UecbuYw8

On peut lire la description de l’événement sur le site web de Forbes (http://www.forbes.com/). L’onde de choc trouve son origine dans la libération soudaine d’une poche de gaz qui s’est trouvé piégée sous le cratère, probablement à cause d’un bouchon de matériaux qui obstruait les conduits à l’intérieur du volcan. En arrivant à la surface, cette bulle de gaz soumise à une énorme pression se dilate et explose en propulsant des fragments de lave et de la cendre à une très grande vitesse. Au moment de la sortie du cratère, la poussée des gaz comprime l’air de l’atmosphère et crée une onde de choc.
Sur la vidéo, on voit très nettement cette onde de choc qui repousse les nuages qui se trouvaient au-dessus du volcan et se propage également horizontalement. Après environ 13 secondes, l’onde de choc frappe le bateau et ses passagers avec un bang semblable à celui produit par un jet supersonique.

L’auteur de l’article sur le site web de Forbes indique qu’il est difficile de dire s’il s’agit vraiment d’un bang supersonique. Techniquement, cette expression ne fait référence qu’aux ondes de choc générées par un objet qui se déplace plus vite que la vitesse du son. Toutefois, si on regarde attentivement la vidéo, on peut voir que les matériaux éjectés par l’éruption se déplacent à une vitesse supérieure à celle du son. En effet, autour de la pointe du nuage éruptif, on aperçoit un cône de vapeur semblable à celui qui se forme autour d’un avion qui se déplace à une vitesse supersonique.

En sachant que le son se déplace dans l’air à une vitesse de 340-350 mètres par seconde selon la température ambiante, on peut essayer de calculer la vitesse de déplacement de l’onde de choc sur la vidéo. Je pense personnellement que l’embarcation se trouvait à environ 5 kilomètres du volcan. Dans ce cas, l’onde de choc aurait dû mettre près de 15 secondes pour parvenir au bateau. Comme elle n’a mis que 13 secondes, on, peut logiquement penser qu’elle a franchi le mur du son. J’aimerais avoir l’opinion d’un physicien (il y en a qui fréquentent mon blog) sur ce sujet.

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drapeau-anglaisIn August 2014, Tavurvur Volcano was erupting explosively in Papua New Guinea, sending ash clouds more than 15,000 metres into the sky. Sometimes, the explosions were so strong that they generated shockwaves. One of them was very dramatic and was captured on film by the passengers of a boat that was sailing not very far from the volcano. These people could feel the shockwave with a boom similar to the one produced by a plane breaking the sound barrier

https://youtu.be/Hx5UecbuYw8

The description of the event can be read on the Forbes website (http://www.forbes.com/). It is caused by the sudden release of a gas pocket that was trapped beneath the crater, probably because of a plug of volcanic material obstructing the conduits of the volcano. Upon reaching the surface, this slug of highly-pressurized gas expands upwards and outwards at an incredible speed, shooting plenty of lava and ash into the air with it. The outward rush of gas dramatically compresses the air in the atmosphere around it, creating a shockwave.

On the video, one can see very clearly this shockwave obliterating the pre-existing clouds above the volcano and creating create new, temporary ones. After about 13 seconds or so, the shockwave impacted the boat and its passengers with a boom similar to the one produced by a supersonic jet.

The author of the article on the Forbes website indicates that it is difficult to tell whether or not this was a true sonic boom. Technically, this expression only refers to shockwaves generated by an object travelling faster than the speed of sound. However, if you look closely, you can see that the volcanic debris ejected by the eruption was moving at speeds in excess of the speed of sound. Around the tip of the debris cloud, you can spot a vapour cone, much the same as the one that forms around a plane travelling at supersonic speeds.

Assuming that the sound moves through the air at a speed of 340-350 meters per second depending on the ambient temperature, one can try to calculate the speed of the shock wave on the video. I personally think the boat was travelling about 5 kilometers from the volcano. In this case, the shock wave would have needed nearly 15 seconds to reach the boat. As it took it only 13 seconds to do so, one can think that it has broken the sound barrier. I would like to have the opinion of a physicist (some of them come to visit my blog) on this topic.

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Eruption du Tavurvur en 2009 (Crédit photo: Wikipedia)

 

Accélération de la fonte de la calotte glaciaire au Groenland // Ice sheet melting is accelerating in Greenland

drapeau-francaisLa calotte glaciaire du Groenland fond à un rythme record, en raison d’une météo inhabituellement chaude et des vagues de chaleur de ce début d’été. Une photo avec des couleurs réelles, prise par le satellite  Earth Observing-1 de la NASA le 15 juin 2016, montre la situation. Le site qui apparaît sur l’image se situe à environ 500 km au nord-nord-est de Nuuk. On peut voir un paysage découpé par les lacs et des rivières de fonte, en total contraste avec le paysage de blancheur photographié au même endroit en 2014.
En 2016, la fonte de la banquise a commencé tôt et a été rapide. Il y a eu trois accélérations de la fonte vers la mi-juin. En conséquence, le rythme de la fonte jusqu’à présent est plus rapide que pendant les trois dernières années, mais plus lent qu’en 2013 qui reste l’année record. Les zones côtières ont été généralement plus chaudes que la moyenne. Par exemple, la température à Nuuk a grimpé jusqu’à 24°C le 9 juin 2016 ; c’est la plus haute température jamais enregistrée en juin à cet endroit. La fonte de la glace que l’on peut voir sur la photo de 2016 a commencé relativement tôt, en avril, mais n’a pas été continue. Elle a fait une pause avant de recommencer en mai pour aboutir au paysage aquatique du mois de juin visible sur l’image.
La fonte de la glace de surface peut, par son ruissellement, contribuer directement à l’élévation du niveau de la mer. L’eau de fonte peut également se frayer un chemin à travers les crevasses et atteindre la base d’un glacier, ce qui accélère temporairement l’écoulement de la glace et contribue indirectement à l’élévation du niveau de la mer. En outre, l’accumulation d’eau de fonte peut « assombrir » la surface de la calotte glaciaire et provoquer encore davantage de fonte. Les périodes de fonte ne suivent pas toutes la même progression. Il n’y avait presque pas d’eau de fonte en surface à la mi-juin 2014 et 2015 ; ces années-là, les volumes d’eau de fonte ont atteint leur maximum à la mi-juillet.
La seconde image montre la même zone (à environ 500 km au nord-nord-est de Nuuk) le 10 juin 2014. Elle a été photographiée depuis le satellite Landsat 8. (La couverture nuageuse trop importante n’avait pas permis de réaliser un cliché en juin 2015). 2014 n’a pas été une année de fonte exceptionnelle. La période a été dans l’ensemble plus froide et plus humide et il se peut même que la photo fasse apparaître quelques chutes de neige récentes.
Il faudra voir comment la fonte à la surface de la banquise va se comporter en 2016. Il se peut que la fonte se poursuive en juillet, ou se stabilise. Jusqu’à présent, elle a été plus importante que la moyenne. Toutefois, les scientifiques doivent observer l’évolution de la situation au cours des prochaines semaines qui seront cruciales car c’est l’époque où le soleil est au plus haut dans le ciel et où le pic de fonte se produit habituellement.
Source: NASA.

Une étude s’appuyant sur des données satellitaires et publiée récemment dans la revue Geophysical Research Letters  indique que la calotte glaciaire du Groenland a perdu un billion (1012) de tonnes de glace entre les années 2011 et 2014. Une grande partie de la perte provient de seulement cinq glaciers pour lesquels les scientifiques expriment les plus grandes craintes. Les climatologues surveillent attentivement la région car elle est susceptible de contribuer considérablement à l’élévation du niveau de la mer. On pense que la perte de glace du Groenland a déjà contribué jusqu’à 2,5 cm d’élévation du niveau de la mer au cours du dernier siècle et jusqu’à 10 pour cent de l’élévation du niveau de la mer pour l’ensemble de la planète depuis les années 1990.
La nouvelle étude s’attarde sur la perte de glace du Groenland entre 2011 et 2014 en utilisant les mesures du CryoSat-2, un satellite de recherche sur l’environnement lancé par l’Agence Spatiale Européenne en 2010. Elles reposent sur l’altimétrie qui mesure les variations d’altitude de la surface du Groenland au fil du temps en fonction des gains ou des pertes de glace.

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drapeau-anglaisThe Greenland Ice Sheet is melting at a record pace, thanks to some unusually warm weather and early season surges. A natural-colour image captured by NASA’s Earth Observing-1 satellite on June 15th 2016 shows the effects. The site recorded, about 500 km north-northeast of Nuuk, shows a landscape etched with dark blue melt ponds and streams – a sharp contrast to the mostly white conditions recorded in the same place in 2014.

In 2016, the transition started early and fast. The ice sheet saw three extreme spikes in melt by mid-June. As a result, the pace of melting so far is ahead of the past three seasons, but behind the record melt year of 2012. Coastal areas have been generally warmer than average. For instance, temperatures in Nuuk soared to 24°C on June 9th 2016, the highest June temperature ever recorded there. Melting shown in the 2016 NASA photo began relatively early in April but was not sustained. It started up again in May and grew into the watery June scene of the image.

Surface melt can directly contribute to sea level rise via runoff. It can also force its way through crevasses to the base of a glacier, temporarily speeding up ice flow and indirectly contributing to sea level rise. Also, ponding of meltwater can “darken” the ice sheet’s surface and lead to further melting. Not every melt season follows the same progression. Almost no lake water was present in mid-June in 2014 and 2015, then volumes of meltwater peaked each year by mid-July.

The second image shows the same area on June 10th 2014, as observed by the Landsat 8 satellite. (Clouds obscured the view from space in June 2015.) 2014 was not an exceptional melting year. The season was generally colder and wetter, and it’s possible that there is even some recent snowfall visible in the image.

It remains to be seen how surface melt in 2016 will progress. Melting could continue in July or level off. So far, melting has been above average. But scientists still need to see what will happen over the next few weeks, which are crucial as it is when the sun is strongest and the peak of melting usually occurs.

Source: NASA.

A satellite study, recently published in the journal Geophysical Research Letters, indicates that the Greenland ice sheet lost 1 trillion (1012) tons of ice between the years 2011 and 2014. A big portion of the loss came from just five glaciers about which scientists now have more cause to worry than ever. Climate scientists are keeping a close eye on the region because of its potentially huge contributions to future sea-level rise. Ice loss from Greenland may have contributed as much as 2.5 cm of sea-level rise in the last 100 years and up to 10 percent of all the sea-level rise since the 1990s.

The new study takes a detailed look at ice loss in Greenland between 2011 and 2014 using measurements from the CryoSat-2, an environmental research satellite launched by the European Space Agency in 2010. It relied on a type of measurement known as altimetry — which measures how the surface of Greenland’s altitude changed over time in response to ice gains or losses.

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Calotte glaciaire du Groenland le 15 juin 2016

Greenland 02

Calotte glaciaire du Groenland le 10 juin 2014.

(Crédit photo: NASA)

Des chiffres à méditer avant la COP 21 // Figures to take into account before the Paris Climate Conference

drapeau-francaisMon amour de l’Alaska n’est un secret pour personne et je garde des contacts quasi permanents avec le 49ème Etat de l’Union. Plusieurs visites m’ont permis de constater avec effroi la vitesse avec laquelle les glaciers fondent. Les relevés de températures de ces dernières années sont plutôt inquiétants et devraient inciter les participants à la COP 21 à prendre des mesures contraignantes car il y a urgence.
Voici les relevés des températures moyennes dans les principales villes de l’Alaska pour le mois d’octobre des trois dernières années. Ce sont les chiffres officiels communiqués par l’Alaska Climate Research Center (http://climate.gi.alaska.edu/). Les températures sont communiquées en degrés Fahrenheit, mais cela ne change rien au problème. Hormis un réchauffement moins flagrant en 2014, 2013 et 2015 affolent le mercure !

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drapeau-anglaisMy love for Alaska is no secret and I keep almost permanent contact with the 49th State of the Union. Several visits have enabled me to see how fast glaciers are melting. The temperature readings of recent years are rather worrying and should encourage participants to the COP 21 to take binding measures because it is urgent.
Here are the average temperatures recorded in the main cities of Alaska in October for the last three years. These are the official figures provided by the Alaska Climate Research Center (http://climate.gi.alaska.edu/). Temperatures are reported in degrees Fahrenheit, but this does not change the problem. Apart from some less blatant warming in 2014, 2013 and 2015 temperatures were incredibly high!

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Températures moyennes pour octobre 2013// Average temperatures for October 2013:

Fairbanks: 36.1°F, 11.9°F au-dessus de la normale. (= above normal)
Anchorage: 43.0°F, 8.2°F au-dessus de la normale (= above normal). Le mois le plus chaud depuis que des relevés sont effectués en Alaska // The warmest October on record.
Barrow: 24.7°F, 7.5°F au-dessus de la normale (= above normal).
Delta Junction: 37.2°F, 13.1°F au-dessus de la normale (= above normal).
Juneau: 44.7°F, 2.3°F au-dessus de la normale (= above normal).
Ketchikan: 47°F, 1.7°F au-dessus de la normale (= above normal).
King Salmon: 42.9°F, 9.4°F au-dessus de la normale (= above normal).
Kodiak: 44.4°F, 3.9°F au-dessus de la normale (= above normal).
Nome: 35.6°F, 6.9°F au-dessus de la normale (= above normal).

Températures moyennes pour octobre 2014 // Average temperatures for October 2014:

Fairbanks: 25.2°F, 1.0°F au-dessus de la normale (= above normal).
Anchorage: 33.4°F, -1.4°F en-dessous de la normale (= below normal).
Barrow: 21.3°F, 4.1°F au-dessus de la normale (= above normal)..
Delta Junction: 21.7°F, 2.4°F en-dessous de la normale (= below normal)..
Juneau: 43.8°F, 1.4°F au-dessus de la normale (= above normal)..
Ketchikan: 48.7°F, 3.4°F au-dessus de la normale (= above normal).
King Salmon: 32.0°F, 1.5°F en-dessous de la normale (= below normal)..
Nome: 29.1°F, 0.4°F au-dessus de la normale (= above normal).

Températures moyennes pour octobre 2015 // Average temperatures for October 2015:

Fairbanks: 31.8°F, 7.6°F au-dessus de la normale (= above normal). .
Anchorage: 40.5°F, 5.7°F au-dessus de la normale (= above normal).
Barrow: 20.6°F, 3.4°F au-dessus de la normale (= above normal).
Delta Junction: 31.9°F, 7.8°F au-dessus de la normale (= above normal).
Juneau: 44.6°F, 2.2°F au-dessus de la normale (= above normal).
Ketchikan: 49.8°F, 4.5°F au-dessus de la normale (= above normal).
Kodiak: 45.5°F, 5.0°F au-dessus de la normale (= above normal).

Gla 14

…et pendant ce temps, les glaciers fondent!

…and in the meantime, glaciers are melting!

(Photo: C. Grandpey)

L’activité reste intense à Stromboli (Sicile / Italie) // Activity remains intense at Stromboli (Sicily / Italy)

drapeau francaisL’activité est particulièrement intense depuis quelques jours à Stromboli. Outre les épisodes stromboliens classiques, on observe régulièrement des coulées de lave qui avancent sur la Sciara del Fuoco. L’INGV indique que des débordements et coulées de lave à partir le la terrasse intracratérique ont été observés entre le 22 et le 24 juin, puis le 29 juin, avec une belle activité de spattering au niveau de la source éruptive. Un nouveau débordement s’est produit le 7 juillet au matin, avec une coulée qui a suivi la même trajectoire que les précédentes. Au même moment, l’effondrement d’un petit cône pyroclastique a déclenché une nuée ardente avec un nuage de cendre et de poussière qui est descendu jusqu’à la mer. En cliquant sur ce lien, vous verrez une petite vidéo en accéléré qui montre parfaitement cet événement :

http://www.youtube.com/watch?v=OZpgF_yTlUg

Un tel phénomène n’est pas rare sur le Stromboli, surtout quand l’activité est intense, avec son lot de projections et d’accumulations de matériaux. Leur poids associé à la pente raide de la Sciara del Fuoco provoque inévitablement des effondrements.

De nouvelles coulées de lave sur la Sciara del Fuoco ont été observées les 10 et 16 juillet.

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drapeau anglaisActivity has been quite intense in recent days at Stromboli. Besides the conventional Strombolian episodes, lava flows can often be seen travelling along the Sciara del Fuoco. INGV indicates that overflows and lava flows starting from the crater terrace were observed between June 22nd and 24th and on June 29th, with a nice spattering activity at the eruptive source. A new overflow occurred on July 7th  in the early morning, with a lava flow that followed the same path as the previous ones. At the same time, the collapse of a small pyroclastic cone triggered a small pyroclastic flow with a cloud of ash and dust that came down to the sea. By clicking this link, you will see a small time lapse video which perfectly shows this event:
http://www.youtube.com/watch?v=OZpgF_yTlUg

Such a phenomenon is not uncommon at Stromboli, especially when activity is intense, with a lot of ejections and accumulations of materials. Their weight together with the steep slope of the Sciara del Fuoco inevitably leads to collapses.
New lava flows were observed on the Sciara del Fuoco on July 10th and 16th.

L’éruption du Kelud (suite)

drapeau francais7 heures: Voici les dernières nouvelles de l’éruption du Kelud qui ne semble pas avoir causé la catastrophe majeure que l’on pouvait redouter quand le volcan a commencé à se manifester.

Au cours de la journée de vendredi, la cendre émise pendant l’éruption a recouvert une bonne partie de l’île de Java et entraîné la fermeture de trois aéroports.

La presse locale fait état de deux morts suite à l’effondrement de toits de maisons sous le poids de la cendre, mais cette information demande à être vérifiée.

Au cours de la phase initiale de l’éruption, les explosions ont été perçues jusqu’à 200 km de distance. Une couche de cendre de plus de 2 centimètres d’épaisseur a recouvert Surabaya, la deuxième plus grande ville du pays. La cendre a atteint Yogyakarta où les automobilistes ont dû allumer leurs phares en pleine journée. Les images de la télévision montrent le bétail recouvert de cendre dans les localités proches du volcan. Les aéroports de Yogyakarta, Solo et Surabaya ont été fermés à cause du manque de visibilité et du danger que la cendre représente pour les moteurs des avions.

Les scientifiques ne s’attendent pas à une nouvelle éruption de grande envergure. La plupart des 200 000 personnes qui avaient reçu l’ordre de quitter leurs habitations sont revenues chez elles et ont commencé l’opération de nettoyage.

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une petite vidéo montrant les problèmes causés par la cendre du Kelud.

http://www.reuters.com/article/video/idUSBREA1D03H20140214?videoId=277115351

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9 heures: La mort de deux personnes Durant l’éruption du Kelud vient d’être confirmée. Un homme et une femme d’une soixantaine d’années ont été écrasés par l’effondrement du toit de leur maison sous le poids de la cendre dans la région de Malang.

Plusieurs compagnies aériennes comme Virgin Australia ou Qantas ont annulé leurs vols. Comme je l’ai écrit précédemment, la cendre a envahi les villes de Yogyakarta, Solo et Surabaya où les aéroports ont dû être fermés momentanément. Soit dit en passant, personne ne parle plus du fameux système AVOID censé détecter les nuages de cendres ! Je n’ose croire que son utilisation sera réservée aux pays dits développés…

A proximité de Yogyakarta, les autorités ont fermé le site de Borobodur, le plus grand temple bouddhiste au monde qui reçoit chaque année des milliers de visiteurs, après qu’il ait reçu une pluie de cendre du Kelud, à 200 km à l’est.

Il a été conseillé aux habitants de ne pas rentrer chez eux tant que la cendre retombait sur les villages et que des gaz soufrés étaient présents dans l’air. Toutefois, la plus grande partie des 200 000 personnes qui avaient fui l’éruption sont maintenant revenues chez elles.

Le VSI a indiqué qu’il y avait peu de risque de voir une éruption aussi violente que celle de jeudi soir, mais la sismicité restait élevée ce vendredi autour du volcan qui continuait à rejeter de la cendre. Espérons que les volcanologues indonésiens ne se sont pas trompés. L’histoire éruptive du Kelud, faite d’éruptions violentes mais brèves, semble leur donner raison.

Source : The Jakarta Post.

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13 heures: En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une petite vidéo montrant les problèmes causés par la cendre du Kelud.

http://www.reuters.com/article/video/idUSBREA1D03H20140214?videoId=277115351

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20 heures : Rien de très nouveau ce soir à propos de l’éruption du Kelud. Les images qui circulent sur Internet et sur les chaînes de télévision du monde sont toujours les mêmes : villes et villages recouverts de cendres, populations dans les rues avec des masques anti-poussière, gens regroupés dans les centres d’hébergement, avions recouverts de cendre dans des aéroports fermés, etc. Pour le moment, le bilan s’élève à 3 morts : deux personnes ont péri suite à l’effondrement du toit de leur maison et une troisième suite à l’inhalation de cendre. Les autorités avaient fortement conseillé à 200 000 personnes de quitter leurs habitations. Au final, il semble que seulement 76 000 aient suivi cette recommandation.

Il serait intéressant maintenant de connaître le processus qui a déclenché l’éruption. Sous la menace des retombées de matériaux, le personnel en charge de l’Observatoire a quitté les lieux précipitamment. Deux scenarii semblent être envisageables. D’une part, il pourrait s’agir de l’arrivée d’un magma juvénile qui pourrait entraîner une éruption plus longue, avec la formation d’un dôme dans le cratère. L’autre hypothèse serait une simple éruption phréatique, sans arrivée de nouveau magma, qui serait déclenchée par la libération de la pression accumulée sous l’édifice volcanique depuis la dernière éruption de 2007. Seule une analyse des matériaux émis donnera une réponse à cette question. Comme je l’indiquais précédemment, l’histoire éruptive du Kelud orienterait davantage vers cette dernière hypothèse.

Le Kelud est l’un des volcans les plus dangereux d’Indonésie. Il est entré en éruption à plusieurs reprises dans le passé. Il a tué 5110 personnes en 1919, 210 en 1966 et 32 en 1990. Sa dernière activité, en 2007, n’a pas causé de pertes humaines.

Tous ces événements sont décrits dans mon dernier livre « Killer Volcanoes, éruptions meurtrières des temps modernes » (voir colonne de gauche de ce blog).

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drapeau anglais7:00: Here is the latest news of Mt Kelud’s eruption which does not seem to have caused a major disaster as was feared at the beginning.

The ash produced by the eruption shrouded a large swath of the island of Java on Friday and closed three international airports.

Local media reported two people were killed when parts of their homes collapsed under the weight of the ash. However, this piece of news needs to be verified.

The initial blasts of the eruption could be heard up to 200 kilometres away. Ash up to 2.5 centimetres thick covered Surabaya, the country’s second-largest city, and even farther afield in Yogyakarta, where motorists switched on headlights in daylight. TV footage from towns closer to the peak showed cattle covered in ash. Yogyakarta, Solo and Surabaya airports were closed due to reduced visibility and the dangers posed to aircraft engines by ash.

Scientists do not expect another major eruption. Many of the 200,000 people living within 10 kilometres from Kelud who had evacuated returned to their homes to begin cleaning up.

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9:00: The death of two persons during the eruption of Mt Kelud has been confirmed. A man and a woman, both in their 60s, were crushed in their Malang home after volcanic material blanketed their rooftop, causing it to collapse.

Several air companies like Virgin Australia or Qantas cancelled their flights. As I put it before, the ash has blanketed the Javanese cities of Surabaya, Yogyakarta and Solo, where international airports have been closed temporarily. By the way, we’ll notice that nobody is speaking anymore of the AVOID system which is supposed to detect ash clouds and make air traffic safer. I don’t want to think that the system will be reserved to developed countries only!

On the outskirts of Yogyakarta, authorities closed Borobudur – the world’s largest Buddhist temple, which attracts hundred of tourists daily – after it was also rained upon with dust from the volcano some 200 kilometres east.

Residents were advised not to return home as lava was still flowing through some villages, while sulphur was lingering in the air in others. However, most of the 200,000 people who had left their houses returned soon after the eruption.

VSI said there was little chance of another eruption as powerful as Thursday night’s, but tremors around the volcano could still be felt Friday as the volcano kept emitting ash.

Let’s hope Indonesian volcanologists are right and that Mt Kelud will not become angry again. Eruption history shows that the volcano is used to having brief but violent eruptions.

Source: The Jakarta Post.

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13:00: By clicking on the link below, you will see a short video showing the problems caused by the ash from Mt Kelud.

http://www.reuters.com/article/video/idUSBREA1D03H20140214?videoId=277115351

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20:00: Nothing new tonight about the eruption of Kelud. The images circulating on the Internet and on television around the world are always the same: ash-covered towns and villages, populations in the streets wearing dust masks, people gathering in shelters, aircraft covered with ash in closed airports. At the moment, the toll of the eruption amounts to 3 deaths; two people died during the collapse of the roof of their house and a third person after the inhalation of ash. The authorities strongly advised 200,000 people to leave their homes, but it seems only 76,000 have followed this recommendation.
Now it would be interesting to know the process that triggered the eruption. Under the threat of the materials expelled by the volcano, the personnel in charge of the Observatory left the scene very quickly. Two scenarios seem possible. On the one hand , it could be the arrival of juvenile magma, which could lead to a longer eruption with the formation of a dome in the crater. The other possibility would be a simple phreatic eruption, without the arrival of new magma, which had been triggered by the release of the pressure that had built up in the volcanic edifice since the last eruption of 2007. Only an analysis of the materials emitted during the eruption will answer this question. As I mentioned earlier, the eruptive history of Kelud rather favours the latter hypothesis.