Webcams volcaniques à Hawaï // Volcano webcams in Hawaii

L’un des derniers articles de la série « Volcano Watch » diffusé par l’Observatoire des Volcans d’Hawaï (HVO) est consacré aux webcams installées sur les volcans de la Grande Île et aux améliorations qu’elles ont reçues au fil des ans. Ces webcams sont dispersées sur l’île et enregistrent des images des volcans 24h/24 et 7j/7 en résolution 4K. Aujourd’hui, la technologie permet aux scientifiques du HVO de surveiller au-delà des capacités de l’œil humain. Ainsi, les caméras thermiques détectent l’activité à haute température de jour comme de nuit. Les images des caméras à lumière visible et thermiques sont transmises en temps réel à l’Observatoire, puis mises en ligne pour le public. La technologie de fabrication des caméras s’améliore continuellement et en 2023, le personnel du HVO a mis à niveau le réseau de webcams afin de suivre ces progrès et de renforcer les capacités de surveillance. Une partie de cette mise à niveau a consisté à remplacer les webcams vieillissantes (certaines avaient plus de 10 ans) par des modèles plus récents qui produisent des images de bien meilleure qualité. Certaines (caméras PTZ) peuvent même effectuer un panoramique, être inclinées et effectuer un zoom à distance. Au sommet du Kilauea, la zone la plus active ces dernières années, le HVO a installé une nouvelle webcam (B2cam) près du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu pour une meilleure vue de l’activité des bouches actives et des lacs de lave quand ces phénomènes élisent domicile dans le cratère :

https://www.usgs.gov/media/webcams/b2cam-halemaumau-crater-east-rim-and-down-dropped-block

Avec la démolition de la tour d’observation sur la falaise d’Uēkahuna après l’éruption de 2018, une nouvelle webcam PTZ haute puissance (K2cam) a été installée sur la tour radio voisine pour offrir une vue sur la caldeira :

https://www.usgs.gov/media/webcams/k2cam-live-image-kaluapele-kilauea-caldera-uekahuna-bluff

La webcam qui surveille le panache de gaz au sommet du Kilauea (Kpcam) a également été récemment mise à niveau :

https://www.usgs.gov/media/webcams/kpcam-kilauea-summit-mauna-loa-strip-road

La zone de rift sud-ouest du Kilauea vient de connaître une brève éruption le 3 juin 2024. Avant cela, le HVO avait mis à niveau la caméra avec un modèle à angle plus large pour couvrir une plus grande partie de la zone de rift (MITDcam) :

https://www.usgs.gov/media/webcams/mitdcam-kilauea-upper-southwest-rift-zone

La zone de rift sud-ouest du Mauna Loa mérite toute l’attention du HVO en raison des coulées de lave rapides qui ont été observées dans cette zone; donc l’amélioration de la couverture webcam a été une priorité. En 2024, le HVO a installé une webcam PTZ qui peut être contrôlée à distance depuis l’observatoire pour mieux visualiser toute nouvelle activité le long de la zone de rift (MDLcam) :

https://www.usgs.gov/media/webcams/mdlcam-upper-and-middle-parts-mauna-loas-southwest-rift-zone

Le HVO a également installé un autre caméra PTZ près de South Point Road, pour fournir une couverture webcam de la zone inférieure du rift sud-ouest et des Ocean View Estates (MSPcam): https://www.usgs.gov/media/webcams/mspcam-mauna-loas-southwest-rift-zone-south-point-area

La webcam existante qui est orientée vers la partie supérieure de la zone du rift sud-ouest (M2cam) a également été mise à niveau :

https://www.usgs.gov/media/webcams/m2cam-middle-part-mauna-loas-southwest-rift-zone

Les scientifiques du HVO continuent également de travailler sur d’autres zones pour des mises à niveau de webcams. Les travaux futurs comprennent le renforcement de la couverture webcam sur la zone inférieure du rift est de Kilauea et des améliorations sur le Mauna Loa. Au cours de l’année écoulée, l’Observatoire a également fait davantage usage de petites webcams portables qui peuvent être placées dans un sac à dos et déployées en quelques heures. Bien que moins performantes que les webcams permanentes, ces webcams portables peuvent combler les lacunes d’observation durant la première phase cruciale d’une éruption. Voici l’une d’elles :

https://volcanoes.usgs.gov/cams/R3cam/images/M.jpg

Les pages complètes des webcams sont disponibles à cette adresse : https://www.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia/webcams

Source : USGS / HVO.

Les webcams gérées par l’Observatoire des Volcans d’Hawaï fournissent de bonnes images du Kilauea et du Mauna Loa, en particulier lors des éruptions. Elles ne proposent cependant que des images fixes, contrairement aux webcams de l’Etna et du Stromboli (ces dernières ne fonctionnent pas toujours) et surtout d’Islande où plusieurs webcams fournissent des images en direct de haute qualité des éruptions. Il suffit de s’asseoir et d’assister au spectacle !

Webcam B2 cam installée à proximité du plancher de l’Halema’uma’u

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One of the latest « Volcano Watch » articles by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) is dedicated to the webcams set up on Hawaiian volcanoes and the improvements they have received over the years. Today, these webcams are scattered across the island, snapping images of the volcanoes 24/7 in 4K resolution.

Today, technology allows HVO geologists to monitor beyond the capabilities of the human eye. Thermal cameras detect high-temperature activity day or night. The images from both visible-light and thermal cameras are transmitted in real-time to the observatory, then online to the public.

Camera technology is continually improving and in 2023, HVO staff have been working hard at upgrading the webcam network to keep pace with the changing technology and bolster the monitoring abilities.

One part of this upgrade has consisted in replacing aging webcams (over 10 years old) with newer models that produce much higher quality images and some can remotely pan, tilt, and zoom their views.

At the summit of Kilauea, the most active area in the past few years, HVO installed a new webcam (B2cam) near the floor of Halemaʻumaʻu crater for close-up views of vent and lava lake activity there.

https://www.usgs.gov/media/webcams/b2cam-halemaumau-crater-east-rim-and-down-dropped-block

With the deconstruction of the observation tower on Uēkahuna bluff following the 2018 eruption, a new high-power PTZ (Pan-Tilt-Zoom) webcam (K2cam) was installed on the nearby radio tower to provide a view over the caldera.

https://www.usgs.gov/media/webcams/k2cam-live-image-kaluapele-kilauea-caldera-uekahuna-bluff

The webcam that monitors the outgassing plume from Kīlauea summit (Kpcam) was also recently upgraded.

https://www.usgs.gov/media/webcams/kpcam-kilauea-summit-mauna-loa-strip-road

The Southwest Rift Zone of Kilauea just had a brief eruption on June 3rd, 2024. Prior to that, HVO had upgraded the camera there to a wider-angle model to cover more of the rift zone (MITDcam).

https://www.usgs.gov/media/webcams/mitdcam-kilauea-upper-southwest-rift-zone

Mauna Loa’s Southwest Rift Zone remains a hazard concern because of fast-moving flows that have occurred in this area, so improving the webcam coverage there has been a priority. In 2024, HVO installed a PTZ webcam that can be remotely controlled from the observatory to better view any new activity along the rift zone (MDLcam).

https://www.usgs.gov/media/webcams/mdlcam-upper-and-middle-parts-mauna-loas-southwest-rift-zone

Hvo also installed another PTZ near South Point Road, to provide webcam coverage of the lower Southwest Rift Zone and Ocean View Estates (MSPcam).

https://www.usgs.gov/media/webcams/mspcam-mauna-loas-southwest-rift-zone-south-point-area

The existing webcam that looks at the upper portion of the Southwest Rift Zone (M2cam) was also upgraded.

https://www.usgs.gov/media/webcams/m2cam-middle-part-mauna-loas-southwest-rift-zone

Hvo scientists continue to work on other areas for webcam upgrades as well. Future work includes bolstering webcam coverage on Kllauea’s lower East Rift Zone, and continued improvements on Mauna Loa.

Over the past year, the Observatory also made more use of small, portable webcams that can be thrown in a backpack and deployed within hours. Although not as capable as the permanent webcams, these portable webcams can fill in observational gaps in the crucial opening stages of unrest.

https://volcanoes.usgs.gov/cams/R3cam/images/M.jpg

The complete pages of the webcams can be found at this address :

https://www.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia/webcams

Source : USGS / HVO.

The webcams managed by the Hawaiia, Volcano Observatory provide good images of Kilauea and Mauna Loa, especially during eruptions. However, they only offer still images, contrary to the webcams on Mount Etna and Stromboli (the ones on this volcano are not always working) and,above all, in Iceland where several webcams provide high quality live images of the eruptions. You just need to sit down and watch !

Découverte d’un nouveau volcan sur Io // Discovery of a new volcano on Io

Io est la troisième plus grande lune galiléenne et celle ayant l’orbite la plus proche de Jupiter. Elle est légèrement plus grande que notre Lune. Par sa position, elle est coincée entre Jupiter et ses autres lunes, Europe et Ganymède. Les forces gravitationnelles engendrées par cette situation tirent sur l’intérieur d’Io, générant une chaleur de frottement et une activité volcanique sur toute la surface de la lune. On pense que les éruptions éjectent du soufre fondu et ses composés. Les différents survols par des engins spatiaux de la NASA ont montré qu’Io a des centaines de volcans à sa surface. En tant que tel, c’est le monde le plus actif d’un point de vue volcanique dans tout le système solaire.
Des chercheurs viennent de repérer un énorme nouveau volcan actif sur Io en comparant des images prises par deux missions de la NASA à plus de 25 ans d’intervalle. Les résultats ont été présentés au congrès scientifique Europlanet (EPSC) à Berlin début septembre 2024.
Les images du nouveau volcan ont été prises par le vaisseau spatial Juno* de la NASA et sa JunoCam** alors qu’il survolait Io le 3 février 2024. Les images ont été capturées sur la face nocturne d’Io, éclairée uniquement par la lumière solaire réfléchie par Jupiter.
La comparaison avec les images du vaisseau spatial Galileo de la même zone, juste au sud de l’équateur d’Io, prises en novembre 1997, a révélé qu’il n’y avait auparavant aucune activité volcanique à cet endroit, ce qui signifie que l’activité éruptive est apparue au cours des 27 dernières années. Ces observations confirment que Io est très active sur le plan volcanique.
L’image de la JunoCam montre une zone teintée de rouge sur le flanc est du volcan, probablement due à la présence de soufre éjecté dans l’espace et qui est ensuite retombé sur la surface d’Io. À l’ouest, deux coulées de lave sombres parcourent une centaine de kilomètres, tout en étant entourées de deux dépôts circulaires gris.
La JunoCam a observé neuf panaches associés à une activité volcanique sur Io, ainsi que d’autres phénomènes, tels que de nouvelles coulées de lave et d’autres dépôts de surface, lors de trois survols en 2023 et 2024.

* Le vaisseau spatial Juno a été lancé en 2011 et a atteint Jupiter en 2016. Il a terminé sa mission principale en juillet 2021, mais continuera d’être opérationnel jusqu’en septembre 2025.
** Les données de la JunoCam sont publiées sur les pages Web de la mission.
Source : space.com.

La comparaison des données fournies par la JunoCam en février 2024 avec celles de la sonde Galileo (incrustation en noir et blanc) pour la même zone de Io en novembre in 1997 montre l’apparition d’une nouvelle activité volcanique (Source : NASA)

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Io is the innermost and third-largest of Jupiter’s four Galilean moons. It is slightly larger than Earth’s moon ; it is caught between the colossal Jupiter and its fellow Galilean moons Europa and Ganymede. These gravitational forces tug on Io’s interior, generating frictional heat, and resulting in widespread volcanic activity across its surface. The eruptions are thought to eject molten sulfur and its compounds. The different flybys by NASA’s spacecraft have shown Io is covered in hundreds of volcanoes. As such, it is the most volcanically active world in the Solar System.

Researchers have just spotted a huge new active volcano on the moon by comparing images taken by two NASA missions more than 25 years apart. The findings were presented at the Europlanet Science Congress (EPSC) in Berlin in early September 2024.

The images of the new volcano were taken by NASA’s Juno spacecraft* and its JunoCam** as it made a flyby of Io on February 3rd, 2024. The images were captured on the nightside of Io, illuminated only by reflected sunlight from Jupiter.

Comparison with Galileo spacecraft imagery of the same area, just south of Io’s equator, taken in November 1997, revealed that there was previously no volcanic activity in that location, meaning the eruptive activity has appeared some time during the last 27 years. The findings do confirm that Io is highly volcanically active.

The JunoCam image shows an area on the eastern side of the volcano stained red, thought to be sulfur first ejected into space and which then descended back onto Io’s surface. On the west, two dark streams of lava travel over about 100 kilometers in length and are encompassed by two grey circular deposits.

JunoCam observed a total of nine plumes associated with active volcanic features on the moon, as well as other changes, such as new lava flows and other surface deposits, during three flybys in 2023 and 2024.

* The Juno spacecraft was launched in 2011 and reached the Jupiter system in 2016. The spacecraft completed its primary mission in July 2021 but is conducting an extended mission until September 2025.

** JunoCam data are published on the mission’s web pages.

Source : space.com.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

La zone volcanique de la péninsule de Reykjanes et le glacier Vatnajökull (Islande) figurent sur la liste des 100 sites géologiques du patrimoine mondial de l’Union Internationale des Sciences Géologiques (International Union of Geological Sciences – IUGS). Cette liste a été présentée lors d’une conférence internationale qui s’est tenue récemment à Busan, en Corée du Sud.
L’objectif de la publication d’une liste de sites géologiques est d’attirer l’attention sur leur importance pour l’éducation et la connaissance, et de promouvoir la préservation de sites archéologiques significatifs.
C’est la deuxième fois que l’IUGS établit une liste de sites géologiques importants. Il est prévu qu’il y ait trois listes, la troisième étant publiée en 2026. Pour figurer sur la liste des sites géologiques de l’IUGS, ces derniers doivent avoir une grande valeur scientifique internationale.
La zone volcanique de la péninsule de Reykjanes a été choisie pour figurer sur la liste des sites géologiques de l’IUGS en raison de sa connexion avec la dorsale médio-atlantique.

Activité éruptive sur la péninsule de Reykjanes (Image webcam)

L’Association Internationale des Ingénieurs Paysagistes (International Association of Landscaping Engineers) a désigné le Vatnajökull comme site géologique d’importance internationale en raison de l’interaction entre les glaciers et l’activité volcanique. La cohabitation des coulées de lave et des sables glaciaires est un phénomène rare, et on peut en trouver des exemples parmi les meilleurs dans le monde au glacier Vatnajökull. Le glacier Vatnajökull est un parc national et un site du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Source : Iceland Monitor.

Glacier Vatnajökull (Photo: C. Grandpey)

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Selon la compagnie nationale islandaise pour les catastrophes naturelles, le total des dégâts subis par les structures de Grindavík lors des séismes et de l’éruption de novembre-décembre 2023 pourrait s’élever à 16-17 milliards de couronnes [ISK], soit 106-112 millions d’euros. Les dommages aux habitations sont estimés à 6,5 milliards d’ISK (43 millions d’euros). L’évaluation des dégâts aux infrastructures telles que les lignes électriques, installations portuaires et bâtiments commerciaux reste à faire.

Source : Iceland Monitor.

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Une hausse de l’activité et des émissions très élevées de SO2 (jusqu’à 9 985 tonnes/jour) sur le Kanlaon (Philippines) ont entraîné l’évacuation d’environ 300 personnes vivant à moins de 4 km du volcan le 10 septembre 2024. Le même jour, 337 séismes d’origine volcanique ont été enregistrés et un volumineux panache est monté jusqu’à 1 000 m au-dessus du sommet. On sait que l’exposition au SO2 peut provoquer des problèmes respiratoires, en particulier chez les personnes vulnérables. Il a été conseillé à la population de rester à l’intérieur et de porter des masques de protection. Selon la presse locale, les cours ont été suspendus dans quatre communes autour du volcan.
Le Kanlaon reste au niveau d’alerte 2, avec un risque d’augmentation de son activité. Il est fortement conseillé aux visiteurs et à la population d’éviter la zone de danger permanent de 4 km.
Le Kanlaon, point culminant de l’île de Negros aux Philippines, est un grand stratovolcan andésitique. Le sommet présente une caldeira de 2 km de large avec un lac de cratère et une bouche active, le cratère Lugud, au sud de la caldeira. Depuis 1866, les éruptions sont généralement phréatiques de faible à modérée, avec de petites retombées de cendres.
Source : PHIVOLCS, Manila Bulletin.

 

Vue du Kanlaon le 10 Septembre 2024 (Crédit photo : PHIVOLCS)

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Au Kamchatka, un niveau modéré d’activité est observé sur le Karymsky. Une anomalie thermique a été détectée sur les images satellite. Une série de six explosions le 30 août 2024 a généré des panaches de cendres qui se sont élevés jusqu’à 7 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne a été brièvement relevée au Rouge, puis abaissée à nouveau à l’Orange le même jour.

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L’extrusion de lave se poursuit sur le nouveau dôme du Sheveluch en croissance sur le flanc sud-ouest de l’ancien Sheveluch et au niveau d’une nouvelle bouche qui s’est ouverte lors des événements explosifs des 17 et 18 août. Des anomalies thermiques sont identifiées quotidiennement au-dessus des dômes actifs. L’activité explosive génère des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 8 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange.

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La couleur de l’alerte aérienne pour le Klyuchevskoy a été abaissée au Vert (le niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs) le 7 septembre 2024. La sismicité a retrouvé un niveau normal et aucun signe d’activité éruptive n’a été identifié sur les images satellite.

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La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange sur l’Ebeko.

Source : KVERT.

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L’activité éruptive se poursuit et reste globalement inchangée sur le Fuego (Guatemala). Des explosions quotidiennes génèrent des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du bord du cratère. Elles éjectent des matériaux incandescents à 100-200 m au-dessus du sommet et produisent des avalanches de matériaux qui descendent sur les flancs du volcan, atteignant parfois des zones de végétation. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs zones sous le vent. Dans la soirée du 19 septembre 2024, des lahars ont dévalé plusieurs ravines en charriant des branches et des troncs d’arbres, ainsi que des blocs de 1,50 m de diamètre.
Source : INSIVUMEH.

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L’activité éruptive se poursuit au niveau du cratère Laki-laki du Lewotobi (Indonésie). Des panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 1,2 km au-dessus du sommet. Une image webcam du 5 septembre 2024 a capturé une zone d’incandescence sur le flanc du volcan et la présence d’éclairs dans la partie inférieure du panache. Un article de presse informe le public que depuis deux mois, l’activité est au point mort à l’aéroport Frans Seda Maumere (60 km à l’ouest-sud-ouest du volcan) en raison de retombées de cendres sur les pistes. L’article indique également que l’aéroport d’Ende a été fermé pendant plusieurs jours. Le niveau d’alerte reste à 3 (niveau 2 sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester en dehors de la zone d’exclusion mise en place par les autorités.
Source : PVMBG.

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Une activité éruptive soutenue se spoursuit sur le Sangay (Équateur) avec de nombreuses explosions quotidiennes. Les panaches de gaz et de cendres s’élèvent généralement à 400-600 m au-dessus du sommet. Des matériaux incandescents sont éjectées à 500 m au-dessus du sommet et descendent dans la ravine SE jusqu’à 1,5 km du sommet. Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

Reykjanes and Vatnajökull glacier (Iceland) are on the International Union of Geological Sciences (IUGS)’s list of 100 geological heritage sites on the planet.This was presented at an international conference that was held recently in Busan, South Korea.

The aim of publishing a list of geological monuments is to draw attention to their importance for education and knowledge, and to promote the preservation of significant archaeological sites.

This is the second time that the IUGS has compiled a list of important geological sites. It is planned that there will be three IUGS lists, and the third one will be published in 2026. To be on the IUGS list of geological monuments, geological sites must have a high international scientific value.

The Reykjanes volcano was designated to be on the IUGS list of important geological monuments due to its connection to the Mid-Atlantic Ridge.

The International Association of Landscaping Engineers designated Vatnajökull as an internationally important geological site due to the interaction between glaciers and volcanic activity. Glacier runs and sands are a rare phenomenon in the world, and at Vatnajökull glacier you can find examples of them that are among the best. Vatnajökull glacier is a national park and a UNESCO World Heritage Site.

Source : Iceland Monitor.

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According to Iceland’s National Disaster Management Agency, the total damage to structures in Grindavík from the November-December 2023 earthquakes and eruption could amount to 16-17 billion Icelandic crowns [ISK], or €106-112 million. Damage to homes is estimated at 6.5 billion ISK (€43 million). Damage to infrastructure such as utilities, port facilities and commercial buildings has yet to be assessed.
Source: Iceland Monitor.

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Increased activity and very high SO2 emissions (up to 9 985 tonnes/day) at Kanlaon (Philippines) forced approximately 300 residents living within 4 km from the volcano to evacuate on September 10th, 2024. On the same day, 337 volcanic earthquakes were registered and a voluminous plume reached 1 000 m above the summit. It is well known that SO2 exposure can cause respiratory issues, especially for vulnerable groups. Residents have been advised to stay indoors and wear protective masks.

Kanlaon remains at Alert Level 2, with potential for increased volcanic activity. Visitors and the population are strongly advised to avoid the 4 km Permanent Danger Zone. A news report noted that both public and private schools suspended classes in four barangays.

Kanlaon volcano, the highest point on Negros Island in the Philippines, is a large andesitic stratovolcano. The summit features a 2-km-wide caldera with a crater lake and an active vent, Lugud crater, to the south. Since 1866, eruptions have typically been small-to-moderate phreatic explosions, resulting in minor local ashfall.

Source : PHIVOLCS, Manila Bulletin.

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In Kamchatka, moderate levels of activity are observed at Karymsky. A thermal anomaly is identified in satellite images. A series of six significant explosions on 30 August generated ash plumes that rose as high as 7 km above sea level. The Aviation Color Code was briefly raised to Red and then lowered back to Orange that same day.

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Lava extrusion continues at Sheveluch’s new dome that is growing on the SW flank of Old Sheveluch and at a new vent that formed during the 17-18 August explosive events. Daily thermal anomalies over the domes are identified in satellite images. Explosive activity generates ash plumes that rise as high as 8 km a.s.l. The Aviation Color Code remains at Orange

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The Aviation Color Code for Klyuchevskoy was lowered to Green (the lowest level on a four-color scale) on 7 September 2024. Seismicity had decreased to background levels and no signs of eruptive activity were identified in satellite data.

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The Aviation Color Code remains at Orange at Ebeko.

Source : KVERT.

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Eruptive activity continues and remains globally unchanged at Fuego (Guatemala). Daily explosions generate gas-and-ash plumes that rise as high as 1.1 km above the crater rim. They eject incandescent material 100-200 m above the summit and produce avalanches of material that descended the flanks, sometimes reaching vegetated areas. Ashfall has been reported in several downwind areas. During the evening of 19 Septrmber 2024, lahars descended several drainages, carrying tree branches, trunks, and blocks as large as 1.5 m in diameter.

Source : INSIVUMEH.

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Eruptive activity continues at Lewotobi’s Laki-laki crater (Indonesia). Ash plumes rise as high as 1.2 km above the summit. A webcam image on 5 September 2024 captured an area of incandescence on the flank and possible lightning in the lower part of the plume. A news article noted that for the past two months operations have been suspended at the Frans Seda Maumere Airport (60 km WSW) because ashfall on the runways. The report also noted that the airport in Ende had been closed for several days. The Alert Level remains at 3 (level 2 on a scale of 1-4) and the public is asked to stay outside the exclusion zone.

Source : PVMBG.

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High levels of eruptive activity continue at Sangay (Ecuador) with numerous daily explosions. Gas-and-ash plumes usually rise 400-600 m above the summit. Incandescent material is ejected 500 m above the summit and descends the SE drainage as far as 1.5 km. The Alert Level is kept at Yellow (level 2 on a four-color scale).

Source : Instituto Geofisico.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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La cendre de l’Etna pour filtrer les eaux usées // Mt Etna’s ash to filter wastewater

Lors des paroxysmes, l’Etna émet souvent de volumineux panaches de cendres qui retombent sur les pentes du volcan et perturbent la vie dans les bourgades sous le vent. Il arrive même que le trafic aérien doive cesser momentanément à l’aéroport Fontanarossa de Catane.

A côté de ces désagréments, la cendre de l’Etna fertilise le sol, comme on peut s’en rendre compte en regardant les vergers et les jardins sur les pentes du volcan.

Aujourd’hui, une nouvelle utilisation de la cendre pourrait voir le jour. En relation avec des organismes comme le Dipartimento di Agricoltura, Alimentazione e Ambiente, deux chercheurs de l’Université de Catane ont élaboré un projet – baptisé Agritech – visant à réutiliser la cendre dans les systèmes de phytoépuration afin d’augmenter leur efficacité et leur durabilité.
L’un des objectifs d’Agritech est en effet « l’identification de substrats à faible coût, provenant de préférence de processus de production et de cycles de récupération, avec des performances de traitement élevées afin de réduire l’empreinte superficielle des systèmes de zones humides construites et d’augmenter leur durabilité, également en termes économiques. »
C’est pourquoi les laboratoires Di3A évaluent actuellement l’utilisation de matériaux filtrants innovants, parmi lesquels les dépôts pyroclastiques de l’Etna, comme substrat pour les systèmes de phytoépuration destinés au traitement des eaux usées urbaines, c’est-à-dire des écosystèmes artificiels (également appelés « zones humides artificielles » ou zones humides construites), dans lesquels sont reproduits les processus d’épuration caractéristiques des zones humides, obtenus principalement par l’action combinée du sol, de la végétation et des micro-organismes.
Ces systèmes de phytoépuration présentent plusieurs avantages, tels qu’une consommation d’énergie faible ou nulle, une simplicité d’exploitation et de maintenance, de faibles coûts de gestion et de maintenance, un traitement efficace des eaux usées et une fiabilité même dans des conditions de fonctionnement extrêmes. C’est pourquoi les systèmes de phytoépuration sont particulièrement adaptés au traitement des eaux usées urbaines des petites et moyennes collectivités, tant en cas de rejet dans les plans d’eau et sur le sol qu’en cas de réutilisation agricole.
Ces systèmes sont également en mesure de répondre aux exigences établies par la nouvelle directive européenne sur le traitement des eaux usées urbaines du 10 avril 2024 qui impose l’obligation d’appliquer un traitement secondaire aux eaux usées urbaines dans toutes les agglomérations à partir de mille équivalents habitants d’ici 2035. Par ailleurs, selon les directives communautaires, les stations d’épuration des eaux usées urbaines devront atteindre l’objectif de neutralité énergétique d’ici 2045.
Source : La Sicilia.

Photo: C. Grandpey

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During paroxysms, Mount Etna often emits voluminous plumes of ash that fall back on the slopes of the volcano and disrupt life in downwind villages. Sometimes, air traffic even has to stop temporarily at Catania’s Fontanarossa airport.
Beside these inconveniences, Mt Etna’s ash fertilizes the soil, as can be seen when looking at the orchards and gardens on the slopes of the volcano.
Today, there could emerge a new use for the ash. In conjunction with organizations such as the Dipartimento di Agricoltura, Alimentazione e Ambiente, two researchers from the University of Catania have developed a project – called Agritech – aimed at reusing the ash in phytoremediation systems in order to increase their efficiency and sustainability.
One of Agritech’s objectives is in fact « the identification of low-cost substrates, preferably from production processes and recovery cycles, with high treatment performance in order to reduce the surface footprint of constructed wetland systems and increase their sustainability, also in economic terms. »
For this reason, Di3A laboratories are currently evaluating the use of innovative filter materials, including pyroclastic deposits from Mt Etna, as a substrate for phytorremediation systems for the treatment of urban wastewater, i.e. artificial ecosystems (also called « artificial wetlands » or constructed wetlands), in which the purification processes characteristic of wetlands are reproduced, obtained mainly by the combined action of soil, vegetation and microorganisms.
These phytoremediation systems have several advantages, such as low or zero energy consumption, ease of operation and maintenance, low management and maintenance costs, efficient wastewater treatment and reliability even in extreme operating conditions. For this reason, phytoremediation systems are particularly suitable for treating urban wastewater in small and medium-sized communities, both in the case of discharge into bodies of water and on the ground and in the case of agricultural reuse.
These systems are also able to meet the requirements established by the new European directive on urban wastewater treatment of 10 April 2024, which imposes the obligation to apply secondary treatment to urban wastewater in all agglomerations starting from a thousand population equivalents by 2035. Furthermore, according to Community directives, urban wastewater treatment plants must achieve the objective of energy neutrality by 2045.
Source: La Sicilia.
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