Le nouveau cône du Klyuchevskoy (Kamchatka) // Klyuchevskoy’s new cone (Kamchatka)

Comme je l’ai écrit précédemment dans l’actualité volcanique, un nouveau cône est apparu sur le flanc de Klyuchevskoy (Kamtchatka). Le Siberian Times a publié un article avec des photos et des vidéos spectaculaires montrant la formation de ce cône. Les images de l’éruption ont été réalisées par trois intrépides voyageurs russes à 2850 mètres d’altitude.

Le nouveau cône est apparu sur le flanc du Klyuchevskoy après un arrêt d’activité le 8 février 2021. Le 6 mars, les trois hommes ont escaladé le volcan pour observer la nouvelle formation. Il leur a fallu huit à neuf heures pour atteindre le site de l’éruption. Ils ont installé leur tente sur le glacier Erman. La température matinale atteignait moins 47 degrés Celsius.

Les voyageurs ont filmé l’éruption du nouveau cône à courte distance les 7 et 8 mars. Ils ont essayé d’utiliser un drone mais il n’a pu fonctionner que pendant deux minutes à cause du froid dans cet environnement hostile. Une bombe volcanique l’a raté de peu.

Les hommes expliquent qu’une coulée de lave est émise par deux fractures parallèles espacées d’environ 250 mètres. Au moment de la visite, le cône de scories avait atteint près de 60 mètres de hauteur, avec un diamètre d’une centaine de mètres à sa base. L’équipe russe est retournée au village de Klyuchi le 9 mars.

Les voyageurs mettent l’accent sur la difficulté et le danger d’accès au nouveau cône. La route traverse le glacier Erman qui est entaillé par de profondes crevasses cachées par la neige. La dernière éruption du volcan pourrait endommager la route entre les villages de Klyuchi et Kozyrevsk, et perturber l’équilibre écologique des rivières voisines. L’éruption menace aussi de faire fondre une partie du glacier Erman. Les voyageurs envisagent deux scénarios. Dans le premier, la coulée de lave émise par l’éruption reste parallèle au glacier Erman et ne le traverse pas. Dans ce cas, une coulée de boue passerait à plusieurs kilomètres du village de Klyuchi en traversant des terres agricoles. Avec le deuxième scénario, la lave traverse le glacier Erman. Cela donnerait naissance à une rivière d’eau très chaude charriant de gros blocs qui emporterait la route entre Kozyrevsk et Klyuchi.

Source: The Siberian Times.

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As I put it before in the volcano news, a new cone has appeared on the flank of Klyuchevskoy (Kamchatka). The Siberian Times has published an article with a spectacular footage showing the formation of the new cone. The images of the eruption were caught by three Russian extreme travellers at 2,850 metres above sea level.

The side cone eruption followed a halt in activity at Klyuchevskoy on February 8th, 2021. On March 6th, the travellers climbed the mountain to examine the new formation. It took them eight to nine hours to reach the eruption site. They set up their tent on the Erman glacier. The temperature in the morning reached minus 47 degrees Celsius.

They filmed the eruption of the new cone from close range on March 7th and 8th. They tried to fly a drone but it was too cold and it only worked for two minutes in this hostile environment. A volcanic bomb almost hit it.

They explain that the lava breakthrough is in two parallel cracks spaced about 250 metres apart. At the time of the visit, the height of the cinder cone at its source  had reached almost 60 metres in height, with a base diameter of 101 metres. The Russian team returned to Klyuchi village on March 9th.

The travellers warn that access to Klyuchevskoy’s new side cone is life-threatening. The route passes across Erman Glacier which is dotted with deep cracks masked by snow. The latest eruption of the volcano may erode the road between the villages of Klyuchi and Kozyrevsk, as well as disrupt the ecological balance of nearby rivers. It threatens to wash away part of a glacier.

The travellers are considering two scenarios. On the one hand, the lava flow from the eruption runs parallel to the Erman Glacier, without crossing it. In this case, the mud-stone flow passes several kilometres from the village of Klyuchi through agricultural fields. With the second option, lava crosses Erman glacier. Should it happen, a stream of highly heated water with large fragments of rock would form and wash out the Kozyrevsk-Klyuchi road.

Source : The Siberian Times.

Vue du nouveau cône du Klyuchevskoy

(Crédit photo: Artem Gromov, Boris Smirnov, Alexey Kulayev)

Dernières nouvelles de la Péninsule de Reykjanes (Islande) // Latest news about the Reykjanes Peninsule (Iceland)

Comme je l’ai écrit précédemment, un séisme de magnitude M 5.1 a été enregistré à 3h14 le 10 mars 2021. C’est l’un des quelque 700 événements enregistrés sur la Péninsule de Reykjanes entre minuit et 8h00 le 10 mars. La majeure partie de l’activité sismique se produit au niveau de la montagne de Fagradalsfjall, à l’extrémité sud d’une intrusion magmatique qui s’est formée à une profondeur comprise entre 1 et 2 kilomètres. Selon le Met Office, l’activité sismique du 10 mars indique probablement que l’intrusion magmatique continue et qu’une éruption dans la région reste une possibilité.

Selon les volcanologues islandais, l’intrusion magmatique a la forme d’un couloir horizontal qui s’étire sur environ 7 kilomètres entre les montagnes de Fagradalsfjall et Keilir. Le couloir se trouve à environ 2 km sous la surface près du Keilir mais à seulement 1 km sous la surface au niveau du Fagradalsfjall. Le magma est également plus chaud à hauteur du Fagradalsfjall qui est donc le site le plus probable pour une éventuelle éruption.

Les dernières observations tendent à montrer qu’une éruption sur la Péninsule de Reykjanes est de plus en plus probable. Cependant, il est difficile de prévoir quand elle se produira.

Source: Iceland Review.

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As I put it before, an M 5.1 earthquake was recorded at 3.14 am on March 10th, 2021. It was one of over 700 earthquakes registered on the Reykjanes peninsula between midnight and 8.00am on March 10th. Most of the seismic activity is occurring by Fagradalsfjall mountain, at the southern end of a magma intrusion that has formed at a depth between 1-2 kilometres. According to the Met Office, the March 10th seismic activity likely indicates the magma intrusion is growing, and an eruption in the area continues to be a possibility.

According to Icelandic volcanologists, the magma intrusion has the shape of a horizontal corridor stretching some 7 kilometres between Fagradalsfjall and Keilir mountains. The corridor is around 2 km below the surface by Keilir but 1 km below the surface at Fagradalsfjall. The magma is also hotter by Fagradalsfjall, making it the more likely site for a possible eruption.

The latest observations tend to reveal that an eruption on the Reykjanes Peninsula is more and more likely. However, it is difficult to predict when it will occur.

Source: Iceland Review.

Source : Icelandic Met Office

Belle photo de l’Öræfajökull (Islande) // Nice photo of Öræfajökull (Iceland)

On peut voir sur le site web Iceland Monitor une superbe photo satellitaire de l’Öræfajökull qui, comme son nom l’indique se cache sous la glace dans la partie méridionale du Vatnajökull. Le cliché a été réalisé le 22 février 2021 par le satellite Landsat-8 alors que le ciel était parfaitement dégagé.

On discerne la forme ovale du cratère sous la glace. Il mesure 3 x 4 km de diamètre. Le volcan présente un diamètre de 20 km. Sa partie la plus haute, Hvannadalshnúkur, est également le point culminant d’Islande à 2 110 m.

L’Öræfajökull est un stratovolcan dont les éruptions se sont accompagnées de jökulhlaups. Elles ne sont pas fréquentes; deux d’entre elles seulement se sont produites au cours des 1 100 dernières années, en 1362 et en 1727. L’éruption de 1362 a été particulièrement explosive et a produit 10 km3 de tephra. Les jökulhlaups et les coulées pyroclastiques ont tout détruit dans un rayon de 20 km du volcan qui a aussi produit d’énormes nuages de cendres qui se sont déposées jusqu’au Groenland, en Norvège et en Irlande.

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On the Iceland Monitor website one can see a superb satellite photo of Öræfajökull which, as its name suggests, hides under the ice in the southern part of Vatnajökull. The snapshot was taken on February 22nd, 2021 by the Landsat-8 satellite when the sky was perfectly clear.

The oval shape of the crater is clearly visible under the ice. It measures 3×4 km in diameter. The volcano is covered in ice and measures 20 km in diameter. The mountain’s highest peak is also Iceland’s highest, Hvannadalshnúkur, at 2,110 m.

Öræfajökull is a stratovolcano whose eruptions have been accompanied by jökulhlaups. Its eruptions are not frequent ; only two of them have occurred during the past 1,100 years, in 1362 and in 1727.The 1362 eruption was highly explosive and produced 10km3 of tephra. The jökulhlaups and pyroclastic flows caused total devastation within a 20-km radius of the volcano which produced huge ash clouds. The ash was deposited as far away as Greenland, Norway and Ireland.

La Montagne Pelée, volcan magnifique et capricieux…

Sur son site web, la chaîne France Info a consacré le 8 janvier 2021 une rubrique à la Montagne Pelée, le tristement célèbre volcan de  la Martinique.

Le titre de l’article annonce la couleur : « La Montagne Pelée, volcan magnifique et capricieux. » C’est vrai que la Pelée est souvent emmitouflée dans les nuages et ne se laisse deviner que par intermittence. Elle semble faire preuve d’une certaine pudeur.

Il faut donc viser et consulter les prévisions météorologiques avant d’emprunter l’un des trois sentiers qui permettent d’accéder au sommet. Le plus facile est celui qui part du parking de l’Aileron (Ajoupa Bouillon, Morne Rouge). Après avoir atteint le dôme de l’Aileron, le sentier se poursuit jusqu’à la Caldeira, avant d’atteindre le Chinois qui n’est autre que le sommet du cône de 1929. La montée n’a rien de vraiment technique mais les pierres et les marches sont souvent glissantes et il faut donc faire preuve de prudence.

Aujourd’hui, aucune manifestation éruptive n’est visible sur la Pelée, mais l’Observatoire volcanologique et sismologique de Martinique (OVSM) a conseillé le 3 décembre 2020 le passage du volcan au niveau d’alerte Jaune (2ème niveau d’alerte sur une échelle qui en comporte 4). Cette préconisation fait suite à la détection de l’évolution de signaux sismiques.

Les chercheurs ont dressé le 8 janvier 2021 un bilan hebdomadaire très précis de la situation. Ils expliquent que « entre le 1er janvier 2021, 16 heures et le 8 janvier 2021, 16 heures, l’OVSM a enregistré́ au moins 65 séismes de type volcano-tectonique de magnitude inférieure ou égale à 1″. Cette hausse de la sismicité serait due à des signaux haute fréquence auxquels s’ajoutent des micros-fracturations.

Depuis le début de l’année, l’OVSM a relevé 249 signaux sismiques longue période (LP) qui ont surtout eu lieu à deux moments, entre minuit et 2 heures le 3 janvier et entre 21h le 3 janvier et 2h le 4 janvier. Les chercheurs ont également enregistré 2 séismes LP isolés. Toutefois, aucune secousse n’a été ressentie par la population.

Selon l’OVSM, cette hausse de la sismicité est normale quand le volcan entre en « phase de réactivation volcanique ». La Montagne Pelée est entrée dans cette phase en avril 2019. L’auteur du dernier rapport précise qu’il s’agit « clairement d’une perturbation du système hydrothermal, probablement engendrée par la circulation de fluides chauds et pressurisés d’origine hydrothermale et/ou magmatique ».

Si la Montagne Pelée présente ces signes d’activité, les scientifiques écartent cependant la possibilité d’une éruption à court terme.

Le reportage de France Info souligne la beauté de la Montagne Pelée qui pourrait figurer prochainement au Patrimoine mondial de l’Unesco. Le volcan dispose de plusieurs atouts pour cela. Outre son intérêt volcanologique, la montagne est très intéressante du point de vue de la biodiversité, avec un fort taux d’endémisme. Certains Martiniquais se demandent pourquoi la Pelée n’appartient toujours pas au Patrimoine de l’Unesco alors que la Chaîne des Puys (Auvergne) au passé éruptif moins glorieux l’a intégré, après plusieurs tentatives, il est vrai…

Si les nuages de la Montagne Pelée vous contraignent à une attente prolongée pour entreprendre l’ascension, vous pourrez patienter en lisant l’ouvrage « Quatre-vingt-dix secondes «  de Daniel Picouly, paru chez Albin Michel en 2018.

Photos : C. Grandpey