La Montagne Pelée, volcan magnifique et capricieux…

Sur son site web, la chaîne France Info a consacré le 8 janvier 2021 une rubrique à la Montagne Pelée, le tristement célèbre volcan de  la Martinique.

Le titre de l’article annonce la couleur : « La Montagne Pelée, volcan magnifique et capricieux. » C’est vrai que la Pelée est souvent emmitouflée dans les nuages et ne se laisse deviner que par intermittence. Elle semble faire preuve d’une certaine pudeur.

Il faut donc viser et consulter les prévisions météorologiques avant d’emprunter l’un des trois sentiers qui permettent d’accéder au sommet. Le plus facile est celui qui part du parking de l’Aileron (Ajoupa Bouillon, Morne Rouge). Après avoir atteint le dôme de l’Aileron, le sentier se poursuit jusqu’à la Caldeira, avant d’atteindre le Chinois qui n’est autre que le sommet du cône de 1929. La montée n’a rien de vraiment technique mais les pierres et les marches sont souvent glissantes et il faut donc faire preuve de prudence.

Aujourd’hui, aucune manifestation éruptive n’est visible sur la Pelée, mais l’Observatoire volcanologique et sismologique de Martinique (OVSM) a conseillé le 3 décembre 2020 le passage du volcan au niveau d’alerte Jaune (2ème niveau d’alerte sur une échelle qui en comporte 4). Cette préconisation fait suite à la détection de l’évolution de signaux sismiques.

Les chercheurs ont dressé le 8 janvier 2021 un bilan hebdomadaire très précis de la situation. Ils expliquent que « entre le 1er janvier 2021, 16 heures et le 8 janvier 2021, 16 heures, l’OVSM a enregistré́ au moins 65 séismes de type volcano-tectonique de magnitude inférieure ou égale à 1″. Cette hausse de la sismicité serait due à des signaux haute fréquence auxquels s’ajoutent des micros-fracturations.

Depuis le début de l’année, l’OVSM a relevé 249 signaux sismiques longue période (LP) qui ont surtout eu lieu à deux moments, entre minuit et 2 heures le 3 janvier et entre 21h le 3 janvier et 2h le 4 janvier. Les chercheurs ont également enregistré 2 séismes LP isolés. Toutefois, aucune secousse n’a été ressentie par la population.

Selon l’OVSM, cette hausse de la sismicité est normale quand le volcan entre en « phase de réactivation volcanique ». La Montagne Pelée est entrée dans cette phase en avril 2019. L’auteur du dernier rapport précise qu’il s’agit « clairement d’une perturbation du système hydrothermal, probablement engendrée par la circulation de fluides chauds et pressurisés d’origine hydrothermale et/ou magmatique ».

Si la Montagne Pelée présente ces signes d’activité, les scientifiques écartent cependant la possibilité d’une éruption à court terme.

Le reportage de France Info souligne la beauté de la Montagne Pelée qui pourrait figurer prochainement au Patrimoine mondial de l’Unesco. Le volcan dispose de plusieurs atouts pour cela. Outre son intérêt volcanologique, la montagne est très intéressante du point de vue de la biodiversité, avec un fort taux d’endémisme. Certains Martiniquais se demandent pourquoi la Pelée n’appartient toujours pas au Patrimoine de l’Unesco alors que la Chaîne des Puys (Auvergne) au passé éruptif moins glorieux l’a intégré, après plusieurs tentatives, il est vrai…

Si les nuages de la Montagne Pelée vous contraignent à une attente prolongée pour entreprendre l’ascension, vous pourrez patienter en lisant l’ouvrage « Quatre-vingt-dix secondes «  de Daniel Picouly, paru chez Albin Michel en 2018.

Photos : C. Grandpey

Les Philippines et le Mayon

Avec le confinement, les activités sont réduites et je consacre plus de temps à la lecture – même si les librairies sont fermées – et je passe davantage de temps devant la télévision à regarder des émissions enregistrées, ou devant mon ordinateur à visionner des documentaires en rediffusion.

C’est ainsi que j’ai voyagé en train dans plusieurs pays en compagnie de Philippe Gougler dans le cadre de l’émission « Des trains pas comme les autres. » Le dernier périple m’a conduit aux Philippines, un archipel de 7 000 îles où je me suis régalé en retrouvant l’ambiance du sud-est asiatique, avec ses couleurs, sa simplicité et ses sourires.

Après s’être attardé dans les magnifiques rizières du nord du pays, et à Manille, la capitale , Philippe a pris le train pour Legazpi, une ville de 180 000 habitants à proximité du Mayon, un volcan  dont le cône serait, géométriquement parlant, le plus parfait au monde. C’est un beau volcan aux éruptions fréquentes, dont celle de 1993 qui a tué plus de 70 paysans en train de travailler sur ses pentes fertiles. Le Mayon inspire donc à la fois respect et crainte.

Au cours du trajet entre Manille et Legazpi, Philippe Gougler rencontre un passager du train qui lui explique ce que le Mayon représente pour lui Voici l’intégralité de ses propos : «  Dans le train, on a une vue sur le Mont Mayon que l’on n’a pas en avion. Vu du ciel, le volcan est masculin, dur. Mais vu du train, c’est une dame ; elle est belle, beaucoup plus sensuelle, féminine ; elle représente les Philippines. Elle est le monument naturel unique qui représente les Philippines. Quand tu penses Philippines, tu penses Mont Mayon, et quand tu penses Mont Mayon, tu penses Philippines. Surtout, c’est un cadeau. Quand Dieu a créé les montagnes, il a piétiné la terre ; il a créé les montagnes, mais celle-ci, il l’a soignée. Ce volcan, c’est comme la fille de Dieu, et Dieu crée de belles choses. »

J’adore ces témoignages spontanés venant de la population locale. Ils sont souvent pleins de sincérité, d’amour et d’authenticité.

Vous pourrez regarder le documentaire en cliquant sur ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=abc4XpyVFKA

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Ayons une pensée pour les Philippins qui viennent de subir les assauts du super typhon « Goni », avec des vents de 225 km/h et des rafales à 280 km/h. On déplore une vingtaine de morts. Les dégâts sont estimés à 230 millions de dollars. La région du Mayon a dû faire face à des lahars qui ont bloqué les routes. Le site touristique des Ruines de Cagsawa est sous les eaux. L’aéroport de Legazpi a été fortement endommagé.

Le Mayon : un volcan au cône parfait, mais aux redoutables coulées pyroclastiques (Crédit photo : Wikipedia)

Baptême du nouveau volcan de Mayotte : il va falloir attendre…

Depuis la découverte du volcan sous-marin de Mayotte, de nombreuses structures, notamment associatives, demandaient la tenue de rencontres pour expliquer et informer la population sur ce phénomène qui attire les scientifiques du monde entier.

Ces rencontres entre scientifiques et population mahoraise ont finalement eu lieu le 30 octobre 2020 au lycée de Kawéni. Elles étaient organisées par la préfecture et le rectorat de Mayotte.

Elles se sont faites en présence de scientifiques venus de l’hexagone et qui ont étudié l’activité sismique et volcanique. Ils ont fait part à la population des connaissances actuelles sur le volcan et surtout les conséquences du phénomène en cours.
Ces rencontres entre scientifiques et la population devaient être l’occasion de baptiser le nouveau volcan sous-marin. C’est du moins ce qu’avait indiqué la directrice du BRGM. Le nom du nouveau volcan sous-marin devait être dévoilé le 30 octobre lors de la journée spéciale au Lycée de Mamoudzou Nord. Ce nom a fait l’objet d’une consultation depuis 2019, lancée par la préfecture auprès des élèves mahorais.

Hier soir, patatras ! On apprenait qu’il y a des divergences sur la liste de 10 noms présélectionnés. Il n’y a pas de consensus et il va falloir relancer un nouveau processus de consultation. Voici les 10 noms sélectionnés pour le moment :

Bagugu (le monstre imaginaire)

Chisiwa Pya (le nouvelle île)

Mfaloume Wah Bahari (le roi des mers)

Adzalwa (il est né)

Mcombe (le puissant)

Maydzaha (lae volcan de Mayotte)

Andrianavi (le retour du roi)

Tsiyo (Le voilà)

Dzaha Latru (Notre volcan)

Shize Ya Trumbo (le dernier né)

Source : Mayotte la 1ère.

Un nouveau volcan actif en Chine? // New active volcano in China ?

Il existe des volcans et des champs volcaniques en Chine, bien qu’ils soient moins connus que leurs homologues aux États-Unis ou en Europe. Entre 2014 et 2018, j’ai écrit plusieurs notes à propos du Mont Paektu (également appelé Baekdu ou Changbai), un volcan considéré comme sacré, qui se trouve près de la frontière nord-coréenne avec la Chine et qui est entré en éruption pour la dernière fois en 1903. Cependant, une explosion en 946 après JC a été l’un des événements volcaniques les plus puissants de l’histoire.
Un article paru dans le South China Morning Post nous informe qu’une équipe de géophysiciens de l’Université chinoise des sciences et technologies a étudié le volcan Weishan qui se trouve dans le champ volcanique de Wudalianchi au nord-est de la Chine, près de la frontière avec la Corée du Nord et la Russie. Ils précisent que le volcan Wei pourrait entrer prochainement en éruption suite à la découverte de deux énormes chambres magmatiques sous le volcan qui s’est manifesté pour la dernière fois il y a plus de cinq cent mille ans et était considéré comme éteint jusqu’à présent. .
Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont étudié près de 100 sites sur le massif du Wei. Ils ont utilisé des capteurs pour détecter les anomalies électromagnétiques sous terre. Ils ont ainsi découvert une première chambre magmatique à 15 km de profondeur et une autre à 8 km. Les chambres font partie d’un système plus vaste qui pourrait également appartenir au volcan Paektu par convection mantellique. Les modèles indiquent que les chambres éclipsent le volcan par leur taille ; en effet l’édifice ne mesure qu’une centaine de mètres de hauteur et 5 kilomètres de diamètre.
L’équipe scientifique chinoise a remarqué que l’activité sismique avait augmenté sur le Mt Paektu de 2002 à 2005, signe que l’activité magmatique sous le volcan avait augmenté elle aussi. Ils ont également indiqué que l’activité volcanique dans le nord-est de la Chine se trouvait probablement à un stade actif, et qu’une surveillance était nécessaire pour mieux comprendre les systèmes magmatiques dans cette région. La dernière éruption dans le champ volcanique de Wudalianchi a eu lieu au début du 18ème siècle; elle a donné naissance à deux volcans, le Laohei et le Huoshao. Les chercheurs n’ont détecté aucune présence de chambres magmatiques actives sous ces deux volcans.
Les chercheurs sont un peu déconcertés par les résultats de l’étude du volcan Wei. L’un d’eux a déclaré: « S’il y a vraiment de volumineuses chambres magmatiques dans la région, nous aurions dû détecter des signes activité sismique en relation avec elles, en particulier lorsque la chambre inférieure recharge celle qui la surmonte ; dans ce cas, on devrait détecter des mouvements. » Pourtant, après des décennies de surveillance du site, aucune activité significative n’a été détectée. Les signaux anormaux détectés par les chercheurs semblaient être provoqués par des chambres magmatiques, mais il se pourrait qu’ils aient été causés par d’autres matériaux à haute conductivité, comme l’eau ou des roches.
Source: The Watchers et The South China Morning Post.

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There are volcanoes and volcanic fields in China, although they are less popular than their counterparts in the U.S. or in Europe. Between 2014 and 2018, I wrote several posts about Mount Paektu (also called Baekdu or Changbai), a volcano considered  sacred, that stands close to the North Korean border with China and which last erupted in 1903. However, an explosion in 946 A.D. was one of the strongest volcanic events in history.

An article in the South China Morning Post informs us that a team of geophysicists from the University of Science and Technology of China has studied the Weishan volcano in the Wudalianchi volcanic field in northeast China, near the border with North Korea and Russia. They have warned that Wei Mountain could be ready for an eruption after two huge magma chambers were discovered under the volcano, which last erupted more than five hundred thousand years ago and was considered extinct up to now. .

For the study, the researchers studied almost 100 sites across Wei Mountain. They used sensors to spot electromagnetic abnormalities underground. They discovered a first magma chamber 15 km underground, and another one 8 km deep. The chambers are part of a larger system that could be linked with the neighbouring Paektu volcano by secondary mantle convection. The models indicate the chambers dwarf the volcano, which is about 100 metres high and 5 kilometres wide.

The Chinese scientific team remarked that seismic activity had increased at Paektu from 2002 to 2005, indicating that magmatic activity beneath the volcano had increased. They also indicated that volcanic activity in northeast China was probably in an active stage, and active volcanic monitoring is needed to further understand the magmatic systems in this region. The last eruption at the Wudalianchi field was in the early 18th century; it formed two volcanic mountains, Laohei and Huoshao.The researchers have not detected any sign of active magma chambers under these two volcanoes.

The researchers are a little disconcerted by the results of the Wei study One of them said: « If there really are huge magma chambers in the area, we should have detected some related seismic activities – when the lower chamber recharges the upper one, there should be some movement. » However, after decades of monitoring on the site, no significant activity has been detected. While the abnormal signals detected by the researchers appeared to be magma chambers, they could have been caused by other substances with high conductivity, like water or rocks.

Source : The Watchers and The South China Morning Post.

Carte montrant les volcans Paektu (ou Changbai) et Wei  (Source : South China Morning Post)

Volcan Wei (Source : South China Morning Post)