La cendre de la Voragine (Etna) empoisonne le trafic aérien en Sicile // Ash from the Voragine (Mount Etna) disrupts air traffic in Sicily

Comme je l’ai indiqué précédemment, une intense activité strombolienne a débuté le 26 juin dans la Voragine, le cratère central de l’Etna et se poursuit actuellement avec de volumineux panaches de cendres qui perturbent sérieusement le trafic aérien de l’aéroport international de Catane-Fontanarossa. La couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge le 4 juillet, contraignant la société de gestion SAC à mettre en œuvre une série de restrictions progressives : d’abord, la fermeture de l’espace aérien au sud, en direction du nuage de cendres, avec une limitation à cinq vols par heure ; puis l’arrêt total de tout trafic aérien à l’arrivée, à l’exception des départs des avions déjà au sol. L’espace aérien du secteur Sud-Ouest devait rester fermé jusqu’à 5 h du matin le 6 juillet. Au total, 154 vols ont été affectés, ce qui donne une idée de l’impact du nuage de cendres volcaniques sur le trafic aérien à destination et en provenance de Catane.
L’aéroport Falcone-Borsellino de Palerme, géré par Gesap, a annoncé avoir accueilli 23 vols déroutés de Catane le 5 juillet. Une assistance a été mise en place pour tous les passagers des vols déroutés de Catane, qui seront transférés à l’aéroport de Fontanarossa par des bus mis à disposition par les compagnies aériennes. Certains vols ont également été déroutés vers les aéroports de Comiso et de Trapani, entraînant d’importants retards pour les passagers. Des milliers de personnes à l’étranger sont également touchées par cette crise,car elles n’ont pu pu rejoindre la Sicile et leurs lieux de vacances.

Image webcam de l’Etna le 6 juillet 2026 au matin

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6 juillet 2026 – 10 heures : L’aéroport de Catane reste fermé, au moins jusqu’au 6 juillet à 12 heures. Le nuage de cendres reste dirigé vers le sud-est aujourd’hui, affectant ainsi l’aéroport de Catane. Les dernières données font état de 129 vols annulés (départs et arrivées confondus) et de 61 vols déroutés entre Palerme, Trapani et Comiso, lorsque cela était possible. Aujourd’hui 6 juillet, l’aéroport de Comiso est de nouveau opérationnel.

Le dernier rapport de l’INGV indique que, bien qu’en légère baisse par rapport à hier, l’amplitude moyenne du trémor volcanique demeure élevée, signe que l’activité volcanique reste intense.

Source : INGV, La Sicilia.

Selon les guides de l’Etna dans les réseaux sociaux, la lave de la Voragine se déversait le 6 juillet dans le Cratère Nord-Est.

À midi ce 6 juillet, le trémor volcanique semble avoir amorcé sa décrue. En parallèle, les webcams montrent que le panache de cendres est moins dense. On peut donc espérer que la situation du trafic aérien s’améliorera dans les prochaines heures. L’aéroport de Catane reste toutefois fermé au moins jusqu’à 20 heures ce 5 juillet.

Source: INGV

Ce n’est pas la première fois que l’Etna se racle la gorge. Dans les années 1990, je me trouvais au sommet au cours de l’une de ces phases de débourrage…

Photo: C. Grandpey

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As previously noted, intense Strombolian activity began on June 26 2026 in the Voragine—Mount Etna’s central crater—and is currently ongoing, producing massive ash plumes that are seriously disrupting air traffic at Catania-Fontanarossa International Airport. The aviation color code was raised from Orange to Red on July 4, forcing the airport operator, SAC, to implement a series of progressive restrictions: initially, closing the airspace to the south (towards the ash cloud) and limiting operations to five flights per hour, followed by a complete halt to all incoming air traffic, with departures permitted only for aircraft already on the ground. The airspace in the southwest sector was scheduled to remain closed until 5:00 a.m. on July 6. A total of 154 flights were affected, illustrating the significant impact of the volcanic ash cloud on air traffic to and from Catania.
Palermo’s Falcone-Borsellino Airport, managed by Gesap, reported receiving 23 flights diverted from Catania on July 5. Assistance was arranged for passengers on these diverted flights, who were to be transferred to Fontanarossa Airport via buses provided by the airlines. Some flights were also diverted to Comiso and Trapani airports, causing major delays for passengers. Thousands of travelers abroad have also been affected by the crisis, as they were unable to reach Sicily and their holiday destinations.

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July 6, 2026 – 10:00 AM: Catania Airport remains closed, at least until 12:00 PM on July 6. The ash cloud continues to drift southeast today, affecting Catania Airport. The latest data show 129 cancelled flights (combined departures and arrivals) and 61 flights diverted to Palermo, Trapani, and Comiso, when possible. As of today, July 6, Comiso Airport is operational again. The latest INGV report indicates that, although slightly lower than yesterday, the amplitude of the volcanic tremor remains high, a sign that volcanic activity continues to be intense.

Source: INGV, La Sicilia.

As of noon on July 6, the volcanic tremor appears to be subsiding. At the same time, webcams show that the ash plume is less dense. There is therefore reason to hope that the air traffic situation will improve in the coming hours. However, Catania airport will remain closed until at least 8:00 PM tonight.

14 avril 2010, l’Eyjafjallajökull… !

C’est un anniversaire pour lequel l’Europe ne va pas sabrer le champagne. La presse islandaise nous rappelait ces derniers jours que le 14 avril 2025 marquait les 15 ans de l’éruption de l’Eyjafjallajokull dans le sud du pays. On se souvient que l’éruption a projeté un énorme nuage de cendres dans l’atmosphère, paralysant une grande partie du trafic aérien européen.

Crédit photo: Wikipedia

Les scientifiques nous expliquent aujourd’hui que le magma dans le conduit éruptif s’est solidifié et a formé une sorte de bouchon, qui a interrompu l’activité pendant un certain temps. Puis l’éruption a de nouveau repris. De nouveaux bouchons se formaient constamment, ce qui a donné lieu à une activité pulsée, parfaitement visible dans son déroulement.

L’éruption de 2010 a projeté des cendres volcaniques à plus de 9 kilomètres dans le ciel et plus de 100,000 vols ont été annulés, affectant des millions de passagers à travers le monde. En réalité, l’éruption était relativement mineure d’un point de vue volcanique, mais son impact fut considérable en raison des fines cendres et de leur risque d’interaction avec les réacteurs des aéronefs. Elle fut l’un des premiers événements majeurs de l’ère moderne à mettre en évidence la vulnérabilité des infrastructures islandaises face aux catastrophes naturelles et à susciter une révision en profondeur des protocoles aéronautiques.

En Islande, l’éruption est restée également dans les mémoires pour son impact local. Par exemple, les fermes proches du volcan ont été recouvertes de cendres, mais heureusement, aucune victime n’a été à déplorer.

Source : Iceland Review.

Dans les semaines qui ont suivi l’éruption, il s’est dit que l’événement allait servir de leçon et que des systèmes de détection de cendre volcanique seraient installés à bord des avions. Mais ce ne fut qu’un feu de paille et aujourd’hui aucun tel dispositif n’équipe les aéronefs. Les dernières éruptions de volcans émetteurs de cendres en Indonésie, par exemple, ont cloué les avions au sol. Certes, les Volcanic Ash Advisory Centers (VAAC) se sont dotés d’équipements plus performants pour analyser la trajectoire des panaches de cendres, mais ce n’est pas suffisant pour résoudre le problème.

Des volcans sous-glaciaires islandais comme le Grimsvötn et surtout le Katla sont susceptibles de se réveiller et d’entrer en éruption en émettant de volumineux panaches de cendres. Il est fort à craindre que les conséquences seront les mêmes qu’en 2010…

Le jour où le Katla se réveillera… (Google Maps)

L’Etna perturbe le trafic aérien // Mt Etna disrupts air traffic

L’éruption de l’Etna continue et les panaches de cendres émis par le Cratère SE perturbent toujours le trafic aérien à l’aéroport de Catane. Aujourd’hui 16 février 2025, comme au cours des derniers jours, les nuages de cendres ont entraîné la fermeture d’ espaces aériens au Sud et au Sud-Ouest du volcan (secteurs C1 et C2) jusqu’à 13h00 puis jusqu’à 20h30.Les opérations aériennes à destination de l’aéroport de Catane ont été interrompues d’abord jusqu’à 19h00 puis jusqu’à 22h30. Pas d’atterrissage jusqu’à cette dernière heure. Seuls les départs d’avions déjà présents à l’aéroport sont actuellement autorisés. Comme précédemment, il est demandé aux passagers de ne pas se rendre à l’aéroport avant d’avoir vérifié le statut de leur vol auprès de la compagnie aérienne.
La situation sur l’Etna a contraint les compagnies aériennes à détourner, reporter, voire annuler leurs vols. La plupart des vols ont été détournés vers Palerme, à l’exception de l’escale de Comiso près de Raguse, en raison de vents forts. Dans la soirée, le vent s’est calmé et quelques avions ont également pu atterrir dans cet aéroport.

Source : presse sicilienne.

Panaches de cendres sur l’Etna (Photo: C. Grandpey)

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The eruption of Mt Etna continues and the ash plumes emitted by the SE Crater continue to disrupt air traffic at Catania airport. Today, February 16, 2025, as in the past few days, the ash clouds have caused the closure of airspaces to the South and Southwest of the volcano (sectors C1 and C2) until 13:00 and then until 20:30. Flight operations to Catania airport have been interrupted first until 19:00 and then until 22:30. No landings were allowed until this last hour. Only departures of aircraft already present at the airport are currently authorized. As before, passengers are asked not to go to the airport before checking the status of their flight with the airline. The situation on Mt Etna has forced airlines to divert, postpone or even cancel their flights. Most flights were diverted to Palermo, except for the stopover in Comiso near Ragusa, due to strong winds. In the evening, the wind calmed down and some planes were also able to land at this airport.
Source: Sicilian press.

Éruption islandaise : pas de risque pour le trafic aérien // Eruption in Iceland : no risk for air traffic

A l’approche des vacances de Noël, certains se demandent si l’éruption en cours sur la péninsule islandaise de Reykjanes ne risque pas de perturber le trafic aérien comme en 2010 avec l’éruption de l’Eyjafjallajokull. Ces personnes n’ont pas à s’inquiéter car les deux éruptions sont très différentes.
Aucune des récentes éruptions sur la péninsule de Reykjanes n’a perturbé le trafic aérien, malgré la proximité de l’aéroport de Keflavik. Dans sa phase initiale, l’éruption actuelle a semblé plus importante et plus puissante que celles des dernières années, mais il est peu probable maintenant qu’elle ait un impact sur le trafic aérien.
Personne ne peut oublier les énormes perturbations survenues en 2010 lorsque l’Eyjafjallajokull a vomi de volumineux panaches de cendres qui ont transité au-dessus de l’Europe. Quelque 100 000 vols ont été cloués au sol, des millions de voyageurs ont été bloqués et le trafic aérien a été interrompu pendant plusieurs jours car on craignait que les fines particules de cendre endommagent les moteurs des aéronefs.

Nuage éruptif de l’Eyjafjoll en 2010 (Source: Wikipedia)

Aujourd’hui, les volcanologues expliquent que l’éruption à 3 km au nord de Grindavik ne devrait pas produire beaucoup de cendres ni provoquer une perturbation d’une ampleur similaire.
Contrairement à ce qui avait été promis en 2010, aucun effort n’a été fait et aucune mesure n’a été prise pour installer des détecteurs de cendre à bord des avions. En 2014, alors que j’allais en Alaska à bord d’un Boeing 727 de British Airways, et que, passant à proximité de l’Islande, on pouvait voir le nuage éruptif planer au-dessus de l’île, le pilote m’a dit que son avion n’était pas équipé d’un tel instrument et qu’il n’avait jamais été informé de l’éruption !
Les scientifiques affirment qu’il n’y a actuellement aucun risque que la lave atteigne la ville de Grindavik ou des structures comme la centrale électrique de Svartsengi. Les habitants de la zone ont été évacués et la plupart des routes environnantes restent fermées.

Grindavik sous la menace de l’éruption? (Crédit photo: Iceland Monitor)

Cependant, les scientifiques préviennent que la situation pourrait changer et qu’il est trop tôt pour dire combien de temps durera l’éruption. On ne sait pas, non plus, quand les habitants de Grindavik pourront réintégrer leurs maisons. Même si la lave n’est pas sortie dans la bourgade, ni dans la centrale de Svartsengi, ni dans le Blue Lagoon, les coulées de lave ne sont qu’à quelques kilomètres et on craint toujours qu’elles atteignent ces sites sensibles.
Les gaz émis par l ‘éruption peuvent également accroître le risque de mauvaise qualité de l’air dans la région en raison de la présence de SO2. Le Met Office explique qu’une pollution gazeuse pourrait être détectée dans la région de Reykjavik dans les prochains jours.

L’éruption le 19 décembre (image webcam)

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As the Christmas holidays approach, some people are wondering whether the current eruption on the Reykjanes Peninsula in Iceland might dirupt air trafic like in 2010 with the eruption of Eyjafjallajokull. These people do net need to worry as the two eruptions are very different.

None of the recent eruptions on the Reykjanes Peninsula caused damage or disruptions to flights, despite the area’s proximity to Keflavik Airport. Though the current eruption appeared to be larger and more powerful than those in recent years at the beginning, it is unlikely to impact air travel.

Nobody can forget the huge disruptions to international aviation in 2010, when Eyjafjallajokull, spewed giant clouds of ash high into the atmosphere over Europe. Some 100,000 flights were grounded, millions of international travelers stranded and air travel was halted for days because of concerns the fine ash could damage jet engines.

Experts say the location and features of the current eruption mean it is not expected to produce much ash or cause a similar scale of disruption.

Contrary to what had been promised in 2010, no efforts or measures have been taken to install ash detecting instruments on board aircraft. In 2014, while I was travelling to Alaska onboard a British Airways Boeing 727, and one could see the eruption cloud hovering above Iceland, the pilot told me his plane was not equipped with such equipment and he had never been told about the eruption !

Scientists say that there is no current threat that the lava will reach the town of Grindavik or key structures like nearby power plants. The residents from the area have been evacuated and most surrounding roads remain closed.

However, the scientists warn the situation could change and that it’s too early to say how long the eruption will last or when local residents could move back into their homes. Even though the lava did not erupt into the town of Grindavik, or at the nearby power plant, or at the Blue Lagoon, the lava flows are still only a few kilometers away and there is still concern of lavas reaching these key locations.

The eruptive gases can also heighten the risk of poor air quality in the region because of the increased SO2 content in the air. The Met Office explains that gas pollution may be detected in the area of Reykjavik in the next few days.