Accès à l’Etna (Sicile)

A l’approche de la saison estivale et suite à ma note du 29 avril 2022 concernant les Iles Eoliennes (Vulcano et Stromboli en particulier), plusieurs visiteurs de mon blog m’ont demandé quelles sont les conditions et restrictions d’accès au sommet de l’Etna.

Depuis le Refuge Sapienza, il y a deux solutions: 1) faire l’ascension à pied et compter 4 heures environ pour les 600 mètres de dénivelé; 2) monter en téléphérique en 15 minutes (30€ par personne)..

Une fois arrivé à la station supérieure du téléphérique (2500 mètres d’altitude) vous avez à nouveau 2 possibilités pour monter jusqu’à la Torre del Filosofo, à 2920 mètres d’altitude: 1) à pied (compter 2 heures de marche) ou 2) en bus tout terrain (27€ par personne).

Les cratères sommitaux sont toujours interdits. Concrètement, sur le versant ouest du mont Barbagallo-Tazieff (cône de 2002-2003) – territoire de la commune de Belpasso – les groupes accompagnés par les guides peuvent grimper jusqu’à environ 2920 m. Par contre, sur la commune de Nicolosi, une ordonnance interdit d’aller au-delà de 2750 m.

Sur le versant nord de l’Etna, la piste est ouverte jusqu’aux Pizzi Deneri (Observatoire). A l’heure actuelle, on ne sait pas si l’accès aux cratères sera ouvert pendant l’été sur ce versant du volcan, mais cela semble compliqué pour diverses raisons, notamment l’hostilité entre le personnel qui travaille sur le flanc sud et celui qui travaille sur le côté nord. Ouvrir le nord et pas le sud? Mamma mia!

Comme Vulcano et le Stromboli, l’Etna m’a offert tellement de merveilleux souvenirs dans les années 1990-2000 que je n’ai guère envie d’y retourner et de me retrouver confronté à des restrictions d’accès de tous les côtés.

Photo souvenir d’un temps où je confectionnais les cendriers de lave avec les guides… (Photo:Pietro La Rosa)

L’île de Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile) à nouveau accessible aux touristes

La nouvelle n’est pas vraiment surprenante. A l’approche de la saison touristique et sous la pression des commerces et hôtels locaux, le maire de Lipari a publié une ordonnance rouvrant l’accès à Vulcano aux non-résidents. Suite à une hausse de l’activité volcanique dans le cratère de La Fossa et à des émissions significatives de CO2 sur l’île proprement dite, les touristes n’étaient plus autorisés à débarquer à Vulcano.

La nouvelle ordonnance publiée le 1er février 2022 précise qu' »à la suite des valeurs de gaz enregistrées au cours des 15 derniers jours qui n’ont pas dépassé les niveaux d’alerte (tout en restant élevées) l’interdiction d’accès aux non-résidents est levée, mais certaines restrictions de précaution resteront en vigueur pour les personnes souffrant de maladies respiratoires auxquelles il est conseillé de ne pas séjourner dans la zone Rouge. Dans les maisons qui n’en disposent pas, des bouches d’aération devront être créées dans un délai d’un mois en raison de la nécessité de soumettre le territoire à des contrôles ultérieurs « Au cours d’une réunion, les insulaires ont également demandé l’organisation d’un plan d’évacuation simulé pour être bien préparés en cas de hausse brutale de l’activité au niveau du cratère.

Source: Giornale delle Eolie.

Remarque : Si le débarquement à Vulcano est autorisé, l’ordonnance ne précise pas les conditions d’accès au cratère qui reste probablement interdit. Rien n’est dit, non plus à propos de la zone Rouge autour de Porto Levante.

Par ailleurs, l’accès au Stromboli semble toujours limité à l’altitude 400 mètres. Le volcan n’est pas suffisamment stable pour pouvoir aller plus haut.

Cratère de La Fossa (Photo: C. Grandpey)

Encore un mort sur la plage de Reynisfjara (Islande) // Another dead person on Reynisfjara beach (Iceland)

Les autorités islandaises ont beau mettre en garde en permanence contre les dangers de la plage de Reynisfjara ; elles ont beau installer des panneaux explicatifs rappelant le danger des vagues, des courants et autres lames de fond, rien n’y fait et des touristes perdent la vie chaque année sur cette plage de la côte sud de l’Islande.
Une jeune Chinoise a été emportée par les vagues de Reynisfjara le 10 novembre 2021. Son corps a été retrouvé plus tard dans l’après-midi. Trois autres femmes ont également été emportées par les vagues mais ont réussi à atteindre la terre ferme. L’hélicoptère des garde-côtes islandais a découvert le corps de la femme dans la mer au large de la côte de Reynisfjara.
Un guide local qui a été témoin du drame a déclaré qu’environ 150 à 200 personnes se trouvaient sur la plage de sable noir et que plusieurs d’entre elles se tenaient près de l’eau.
Ce n’est pas le premier accident mortel à Reynisfjara. Les autorités ont pris des mesures pour essayer d’empêcher de tels incidents. Le 17 février 2020, j’ai écrit une note intitulée « Reynisfjara (Islande) : La plage de tous les dangers « :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/02/17/reynisfjara-islande-la-plage-de-tous-les-dangers-the-beach-of-all-dangers/

Des secouristes avaient déjà été appelés le 5 novembre 2021 après qu’un touriste, qui voyageait seul, s’était retrouvé coincé dans une grotte sur la plage de Reynisfjara. C’était la marée haute et le temps s’était détérioré depuis que l’homme avait commencé son voyage. Les conditions météorologiques étaient mauvaises lorsque les sauveteurs sont intervenus. Ils ont réussi à le localiser, et ont pu le contacté. Il était habillé chaudement et s’était réfugié dans un endroit sûr. Les sauveteurs ont décidé d’attendre le moment opportun qui s’est présenté peu avant 22 heures. Un secouriste a alors pu atteindre l’homme et le conduire dans un endroit plus sûr. L’homme a été piégé pendant cinq heures au total, mais il s’en est sorti indemne.
Source : Médias islandais.

La plage de Reynisfjara est un site superbe et très intéressant d’un point de vue géologique avec ses superbes colonnes de basalte. Il est fréquenté quotidiennement par des centaines de touristes, mais il suffit de regarder les vagues déferler sur la plage pour se rendre compte du danger. En juillet 2021, pendant que le photographiais le site, je gardais en permanence un oeil sur la mer et il n’était pas question pour moi d’aller tutoyer les vagues. Plusieurs panneaux mettent en garde et expliquent le danger des « rip currents » qui, si vous vous approchez trop près du littoral, risquent de vous attirer vers le large sans que vous puissiez leur résister. C’est comme si les trolls de Reynisfjara vous attiraient à jamais dans leur demeure…

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Even though Icelandic authorities publish warning after warning, even though they set up signposts warning about the danger of waves and rip currents, tourists die every year on this beach on Iceland’s south coast.

A young Chinese woman was swept out to sea by waves at Reynisfjara beach on November 10th, 2021 and was found dead later in the afternoon. Three other women were also swept off their feet by the waves but managed to reach land. The Icelandic Coast Guard’s helicopter discovered the woman’s body in the sea off the Reynisfjara coast.

A guide in Reynisfjara who witnessed the accident said that around 150-200 people were at the black sand beach, and that several people were standing close to the water.

This is not the first fatal accident at Reynisfjara, and authorities have taken steps to try to prevent such incidents. On Fevrier 17th, 2020, I wrote a post entitled « Reynisfjara (Iceland): The beach of all dangers: »

Reynisfjara (Islande): la plage de tous les dangers // The beach of all dangers

Rescue workers had already been called on November 5th, 2021 after a tourist, who was travelling alone, had become trapped in a cave on Reynisfjara beach. It was high tide, and the weather had worsened since the man began his trip. The weather conditions were poor when the rescuers intervened. They succeeded in locating him, and soon they contacted him. He was warmly dressed and in a safe place, so they decided to wait for a chance to get to where he was.” That opportunity suddenly presented itself shortly before 10 pm, when a rescue worker was able to reach his location and get him to a safe location. The man was trapped for a total of five hours, but escaped unharmed.

Source: Icelandic news media.

Reynisfjara beach is a superb site and very interesting from a geological point of view with its superb basalt columns. It is visited daily by hundreds of tourists, but you only have to look at the waves crashing on the beach to realize the danger. In July 2021, while photographing the site, I was constantly keeping an eye on the sea and there was no question for me to go familiar with the waves. Several signs warn and explain the danger of « rip currents » which, if you get too close to the coast, may draw you out to sea without you being able to resist them. It is as if the trolls of Reynisfjara pulled you to their home forever …

 
 
 

Photos : C. Grandpey

Voilà pourquoi je ne suis pas allé à La Palma….

Dans les instants qui ont précédé mon intervention sur France 3 Limousin le 30 octobre 2021, Jérôme Piperaud, préposé à la présentation du 12/13, m’a demandé pourquoi je ne me rendais pas à La Palma pour assister à l’éruption. Je lui ai expliqué que ma décision était motivée par plusieurs raisons.

Dès le début de l’événement, j’ai vite compris que la lave vomie par le Cumbre Vieja allait causer de gros dégâts aux zones habitées. En constatant l’ampleur de l’évacuation de la population (plus de 6000 personnes ont dû quitter leur domicile), j’ai également vite compris qu’un périmètre de sécurité serait mis en place, avec interdiction d’accès, afin de protéger les biens des personnes évacuées, et éviter vandalisme et autre pillage. Il faudrait donc que je me contente d’observer l’éruption depuis un belvédère situé à 2 ou 3 km du volcan. Très peu pour moi qui suis habitué à aller sur le terrain volcanique.

Suite à cette évacuation en masse, de nombreux établissements (hôtels et appartements) étaient réquisitionnés pour héberger les victimes de l’éruption et ne ne voulais pas occuper une chambre d’hôtel dans ces circonstances. J’ai considéré que je ne faisais pas partie des priorités d’hébergement.

Il n’était pas question pour moi, non plus, d’essayer de tromper la vigilance de la police espagnole pour essayer de m’approcher ‘en douce’ des coulées de lave. En présentant les travaux que j’ai déjà effectués sur les volcans (voir les résumés sur ce blog), j’aurais peut-être obtenu l’autorisation de pénétrer dans la zone d’exclusion, en sachant que l’approche du cône éruptif était beaucoup trop dangereuse. J’ai effectué une telle démarche avec succès à Hawaii et à Stromboli, mais ma flamme volcanique a perdu de sa vigueur depuis cette époque et je n’ai pas eu le courage de me lancer dans une telle démarche.

Une fois auprès des coulées, je n’aurais pas eu grand-chose à faire, si ce n’est les voir progresser et poursuivre leur travail de destruction. Quant à la prise de vue des maisons en train de se faire détruire par la lave, je laisse ces clichés aux magazines en mal de sensations. Ce genre de voyeurisme morbide ne fait pas partie de mon approche d’une éruption volcanique.

Les scientifiques espagnols ont procédé aux analyses nécessaires et celle des échantillons de lave récoltés à plusieurs kilomètres de la source n’apporte rien en matière de prévision, et donc de prévention.

Tout comme en Islande ces derniers mois, les webcams dirigées vers le Cumbre Vieja ont permis de faire de bonnes observations sans avoir besoin d’être à La Palma. Leurs puissants zooms ont fourni une meilleure vue des fontaines de lave que celle que pouvaient avoir les touristes depuis les différentes terrasses d’observation. De plus, les organismes scientifiques espagnols (IGN, INVOLCAN, Pevolca) n’ont pas été avares d’informations, bien relayées par la presse ibérique.

C’est pour cela que j’ai suivi attentivement le déroulement de cette éruption depuis mon fauteuil…

Quelques captures d’écran des webcams