Réchauffement climatique : la fonte du Groenland s’accélère // Global warming : Greenland is melting faster

Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, l’Arctique se réchauffe beaucoup plus rapidement que le reste du monde. Ainsi, il fait de plus en plus chaud au Groenland. À la mi-juillet, la température a suffisamment augmenté pour faire fondre 18 milliards de tonnes de glace sur une période de trois jours, à raison d’environ 6 milliards de tonnes par jour. Une grande partie de la fonte s’est produite dans le nord du Groenland, avec une arrivée d’air chaud de l’archipel arctique canadien. Il y a aussi la présence d’un dôme de hautes pressions au-dessus du Groenland. C’est l’ensemble de ces facteurs qui a provoqué un événement de fonte tout à fait remarquable et inhabituel.
Les scientifiques mettent en garde contre la fonte rapide de la calotte glaciaire du Groenland et affirment que ce qui s’est passé entre le 15 et le 17 juillet 2022 va de nouveau contribuer à une hausse du niveau des océans dans le monde.
Les températures varient au Groenland, mais les zones les plus froides se trouvent en haute altitude, vers le centre de la calotte glaciaire. Dès que les températures dépassent 0°C, la fonte commence. À la mi-juillet, les températures étaient d’environ 15°C, soit 5 degrés de plus que la normale pour cette période de l’année.
Un événement de fonte de ce type ne s’était jamais produit dans les années 1980 et 1990, mais à partir des années 2000 – surtout depuis 2010 – la fonte s’est accélérée. Elle est actuellement deux fois plus importante que la normale. Elle fait partie des deux plus grandes fontes de la calotte glaciaire après les événements de fonte de 2012 et 2019. En 2019, l’eau de fonte a atteint environ 527 milliards de tonnes. Jusqu’à présent, la fonte est bien inférieure aux niveaux de 2019. Malgré tout, la situation est plus importante sur les calottes glaciaires du Svalbard, au nord de la Norvège.
Source : USA Today, Yahoo Actualités.

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As I put it in previous posts, the Arctic is warming much faster that the rest of the world. It is getting hotter in GreenlandBy mid-July, temperatures rose enough to cause 18 billion tons of the ice sheet to melt over a three-day period, at a rate of about 6 billion tons per day. Much of the melting came from northern Greenland because warm air drifted over from the Canadian Arctic Archipelago.There is also a high-pressure dome over Greenland. Together, they created an unusually extensive melt event.

Scientists have warned about the impending fate of Greenland’s ice sheet and say what happened between July 15th and 17th, 2022 is the latest massive melting event contributing to an increase in the global sea level.

Temperatures vary over Greenland, but the coldest temperatures are in areas of high elevation, toward the center of the ice sheet. Once temperatures are above 0°C, the melting begins. By mid-July, temperatures were around 15°C, or 5 degrees warmer than normal for this time of year.

A melt event of this sort never occurred in the 1980s and 1990s, but starting in the 2000s – especially since 2010 – the melting has been more extensive. The melt is currently two times larger than normal. It is among two of the largest melts in the ice sheet history after the 2012 and 2019 melting events; in 2019, the runoff was about 527 billion tons. So far, the total melt is far below 2019 levels, however, the situation is more significant over the Svalbard ice caps at the North of Norway.

Source: USA Today, Yahoo News.

Photo: C. Grandpey

Les guides de Chamonix tirent la sonnette d’alarme

Au mois de septembre 2021, huit membres de la Compagnie des guides de Chamonix se sont rendus à l’Assemblée nationale où ils ont présenté à la commission Montagne un livret sur les conséquences du réchauffement climatique sur la vie en montagne. Le fascicule est intitulé Les guides de montagne et le changement climatique, une histoire d’adaptation. Le texte a pour but de documenter les conséquences du réchauffement sur les milieux naturels montagnards et sur les activités humaines. Il a été conçu par le Syndicat national des guides de montagne et des chercheurs du Centre de recherche sur les écosystèmes d’altitude (Crea), du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l’université de Grenoble. Les guides expliquent qu’ils ont un rôle de sentinelles et ils veulent rappeler que les glaciers ne sont pas que sportifs et décoratifs mais également des châteaux d’eau qui changent très vite sous l’effet du réchauffement climatique.

À travers une approche historique de la vallée de Chamonix, le livret illustre l’accélération du changement climatique et ses conséquences sur les milieux et les métiers de la montagne. Dans le massif du Mont-Blanc, la Mer de Glace a perdu 200 mètres d’épaisseur depuis le siècle dernier, avec une très nette dégradation ces dix dernières années. Dans les Alpes du Nord, l’augmentation des températures est deux fois plus rapide que dans les plaines. Selon Météo France, en 2050, les stations situées à plus de 1 500 mètres d’altitude connaîtront des journées à plus de 25 °C.

Le réchauffement climatique observé dans les montagnes est en effet plus important que dans les zones de basse altitude. Cela est dû à l’albédo, qui varie selon la couleur des surfaces réfléchissantes. En montagne, les zones blanches couvertes de neige renvoient davantage le rayonnement solaire que les roches qui sont plus sombres. À cause de l’augmentation des températures, le manteau neigeux diminue progressivement, laissant de moins en moins de zones claires réfléchissantes. Le sol à nu absorbe alors davantage la chaleur, réchauffant ainsi le climat ambiant.

Selon Météo France, la quasi-totalité des domaines skiables des Alpes ne seront vraisemblablement plus opérationnels en 2100, même en prenant en compte l’enneigement artificiel. En 2022, on vient d’assister à la fermetures successive au ski d’été des glaciers de Tignes, Val d’Isère et des Deux-Alpes. Dès le début de l’été, les conditions ne sont plus réunies pour aller en montagne pour des courses de neige. En effet, le dégel du permafrost de roche rend la pratique de la montagne plus dangereuse causant des éboulis ou des décrochements de plaques rocheuses. Ainsi, la voie normale de la Tour Ronde (3793 m d’altitude) sur l’arête frontière entre la France et l’Italie devient très tôt dans l’été une zone de rochers instables.

Le livret mentionne également la nécessité pour les guides de changer de paradigme, c’est-à-dire de ne plus viser à tout prix l’ascension de certains sommets. Concrètement, 64% des accompagnateurs mettent déjà en place des actions pour diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre via le covoiturage, la réduction des déplacements et la sensibilisation des clients.

Les guides indiquent par ailleurs que les transformations des écosystèmes montagnards sont « trop rapides pour le vivant. » Afin de s’adapter au réchauffement climatique, les espèces migrent plus haut en altitude pour trouver des conditions climatiques favorables. Elles peuvent également s’acclimater en évoluant génétiquement, mais cette adaptation, lente, n’est pas assez rapide face au réchauffement. C’est par exemple le cas du lagopède alpin (Lagopus muta helveticus), qui monte d’année en année et qui ne pourra le faire indéfiniment. De plus, les paysages changent également et verdissent (voir ma note du 18 juin 2022) ce qui n’est pas sans conséquences sur les activités de montagnes, avec modification des itinéraires et les points de vue historiques.

Source: Reporterre.

La Mer de Glace en 1956 et en 2022. Le glacier est le symbole de la catastrophe climatique en montagne (Photo: C. Grandpey)

Effondrement glaciaire dans les Dolomites (dernières nouvelles)

Le détachement de sérac sur le glacier de la Marmolada au coeur des Dolomites (Italie) a eu lieu en début d’après-midi le dimanche 3 juillet, vers 13h45.
Les alpinistes impliqués étaient divisés en plusieurs cordées. Le bilan n’est malheureusement que provisoire car des randonneurs manquent à l’appel. La vidéo accessible par le lien ci-dessous montre l’ampleur de la coulée de matériaux qui s’est détachée du glacier et a dévalé la pente. Les sauveteurs travaillent dans des hélicoptères équipés de la technologie ARTVA pour localiser les disparus. Les blessés ont été hospitalisés dans plusieurs hôpitaux, à Belluno, Treviso, Trento et Bolzano.
Comme indiqué précédemment, la cause principale de l’effondrement du glacier de la Marmolada est la chaleur de ces jours. La veille du drame, on avait enregistré un record de température d’environ 10 degrés au sommet de la montagne qui culmine à 3443 mètres d(‘altitude. C’est également la température enregistrée au sommet du Mont Blanc il y a quelques jours.
Les six victimes sont trois Italiens, un Tchèque, plus un homme et une femme non encore identifiés. Dix-huit personnes qui se trouvaient dans la partie haute de Punta Rocca ont pu être évacuées et toutes celles qui se trouvaient en aval ont été priées de faire demi tour.

Les activités des sauveteurs se sont poursuivies pendant la nuit avec l’aide de drones équipés de caméras thermiques capables d’identifier la source de chaleur émise par une personne. La situation est dangereuse car il y a un risque de nouveaux effondrements.
Les témoins expliquent avoir entendu un grand bruit, typique d’un glissement de terrain, suivi d' »une sorte d’avalanche composée de neige et de glace qui est descendue à grande vitesse ».
On ne peut que renouveler les consignes de prudence à l’attention des personnes qui vont s’adonner à l’alpinisme et à la randonnée en haute montagne. La chaleur de ces derniers temps risque fort d’avoir déstabilisé glaciers et parois rocheuses. Avec le dégel du permafrost de roche qui assure leur stabilité, certaines parois rocheuses risquent de s’effondrer. De même, les glaciers qui s’accrochent aux versants pentus des montagnes – comme celui de la Marmolada – peuvent se rompre au niveau de leur front, avec des avalanches de séracs pouvant devenir meurtrières.

Une période de fortes chaleurs est à nouveau prévue dans les Alpes dans les prochains jours, alors PRUDENCE !

Source: 24 Ore.

https://www.ilsole24ore.com/art/marmolada-crolla-seracco-via-vetta-almeno-15-coinvolti-e-7-feriti-AELDvyjB?refresh_ce=1

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Dernière minute : Le bilan de l’effondrement du glacier de la Marmolada risque d’être très lourd. En effet, outre les six morts et huit blessés déjà recensés, une vingtaine de personnes sont portées disparues. Les sauveteurs sont sur place mais leur mission est périlleuse car une énorme quantité de glace non stabilisée est restée sur la montagne. Les conditions météorologiques seront déterminantes pour évaluer l’intervention directe des sauveteurs. En effet, le froid et les basses températures sont indispensables pour garantir un minimum de sécurité.

Aujourd’hui 4 juillet à 14 heures, le bilan s’élève à 8 morts et 15 disparus. Les sauveteurs indiquent que ce sera probablement le bilan définitif car il est peu probable que des survivants soient découverts. La couche de matériaux (glace, terre et rochers)  est très importante. Les recherches ont été interrompues dans la matinée à cause du mauvais temps.

Le Premier Ministre italien Mario Draghi s’est rendu sur place et a été très choqué par ce qu’il a vu. Il est vrai que les corps de certaines victimes ont été broyés, « torturés »par l’avalanche de matériaux et il faudra probablement avoir recours à l’ADN pour les identifier.

Photo: C. Grandpey

Réchauffement climatique : hécatombe chez les petits manchots bleus // Global warming : mass die-offs among little blue penguins

En raison du réchauffement climatique, des centaines de kororā bleus – ou manchots pygmées – qui sont parmi les plus petits manchots au monde, ont été retrouvés morts sur les côtes néo-zélandaises ces dernières semaines. 183 petits manchots ont été découverts à Ninety Mile Beach début juin 2022, quelques jours seulement après la découverte de plus de 100 cadavres à Cable Bay, à proximité. En mai 2022, plus de 160 manchots ont été retrouvés morts sur différentes plages néo-zélandaises. Au total, ce sont près de 1 000 oiseaux qui ont péri depuis le début du mois de mai. Originaires de Nouvelle Zélande, les kororā bleus sont les plus petits manchots au monde; ils pèsent environ 1 kg pour une taille d’ un peu plus de 25 cm.
Selon les biologistes marins, de nombreux manchots semblent être morts de faim à cause des effets du réchauffement climatique. En effet, la température de l’océan l’année dernière a été la plus élevée jamais enregistrée et elle était trop chaude pour les poissons dont se nourrissent les manchots. Au fur et à mesure que la température de l’eau se réchauffe, les poissons quittent leur zone de nourrissage ou s’enfoncent plus profondément à la recherche d’eaux plus fraîches. Cela les met hors de portée des manchots. Le kororā bleu peut plonger jusqu’à 20 ou 30 mètres de profondeur, mais il n’est pas prévu pour plonger beaucoup plus profondément.
Bien que les hécatombes de manchots ne soient pas vraiment inhabituelles, la fréquence à laquelle elles se produisent actuellement n’a jamais été observée. Les mortalités massives incluant plus de 1 000 individus se produisaient une fois par décennie, quand les oiseaux mouraient des suites d’une maladie ou d’une blessure. Toutefois, au cours des seules 10 dernières années, les scientifiques ont enregistré au moins trois « années de mortalité massive ».
Les scientifiques préviennent que ce nombre pourrait encore augmenter. À mesure que les effets du réchauffement climatique se poursuivront, les vagues de chaleur et d’autres événements météorologiques défavorables tels que les tempêtes deviendront plus violents et plus fréquents. On peut donc s’attendre à voir une augmentation du nombre d’hécatombes de manchots et d’autres créatures marines.
Médias néo-zélandais.

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Because of climate change, hundreds of the world’s smallest penguins have turned up dead on New Zealand’s shores in recent weeks. 183 blue kororā, also known as little blue penguins, were found at Ninety Mile Beach in early June 2022, just days after more than 100 were found at nearby Cable Bay. And last month, more than 160 penguins were found dead on various New Zealand beaches.

In total, close to 1,000 birds have been found dead since the start of May. Native to the country, the blue kororā are the world’s smallest penguins, weighing about 1kg and measuring just over 25cms.

According to marine biologists, many of the penguins appeared to have died of starvation, and they are starving because of the effects of climate change. Indeed, ocean temperatures were the warmest on record last year; they were too hot for the fish the penguins feed on. As the water temperature heats up, the fish either leave the area or go deeper in search of cooler waters. That makes them out of reach for the penguins to feed on. The blue kororā can dive down to 20 or 30 metres routinely, but its is not that good at diving a lot deeper than that.

While mass die-offs of the creatures are not entirely unusual, the frequency at which they are happening has never been observed. Mass die-offs with more than 1,000 dead penguins used to be a once in a decade event, with birds dying due to illness or injury. But in the past 10 years alone, scientists have recorded at least three « mass-death years. »

Scientists warn that this number could still rise. As climate change effects continue, heatwaves, and other adverse weather events such as storms, will become stronger and more frequent. One may expect to see a corresponding increase in the amount of mass die-offs of penguin and other sea creatures.

New Zealand news media.

Crédit photo : Wikipedia

Les manchots pygmées reviennent à leur nid seulement au coucher du soleil. Bien souvent, il s’agit d’une cavité creusée dans la terre ou le sable, ou sous un bâtiment. On peut assister au retour des manchots pygmées à Oamaru, une petite ville 115km au nord de Dunedin. L’entrée est payante mais le spectacle est intéressant (Attention: photos interdites).