Retour sur le séisme de M8,8 au Kamchatka // A look back at the M8.8 earthquake in Kamchatka

Le séisme de magnitude M8,8 au large de la Russie, avec des alertes tsunami dans le Pacifique, n’a pas vraiment surpris les sismologues. En effet, la zone, qui comprend également les Aléoutiennes, est sismiquement active et peut être secouée par de puissants événements.

Celui du 29 juillet s’est produit sur une « faille de méga-chevauchement », où la plaque Pacifique, plus dense,s’enfonce sous la plaque nord-américaine plus légère. La plaque Pacifique est en mouvement, ce qui rend la péninsule du Kamtchatka particulièrement vulnérable à de telles secousses, et de fortes répliques ne sont pas à exclure. L’épicentre a été localisé près de la ville de Petropavlovsk-Kamtchatski. Il s’agit du séisme le plus puissant depuis celui de Tohuku (Japon) en 2011.

Illustration du phénomène de subduction

Suite au séisme du 29 juillet, les scientifiques expliquent que les phénomènes de subduction, où une plaque s’enfonce sous une autre, sont susceptibles de générer des séismes bien plus puissants que sur les failles de décrochement, comme celui qui a frappé la Birmanie en mars 2025, où les plaques coulissent horizontalement à des vitesses différentes. La région du Kamtchatka est particulièrement vulnérable et a connu un événement de magnitude M9,0 en novembre 1952, avec des dégâts dans la ville de Severo-Kurilsk et jusqu’à Hawaï.
Les phénomènes de « méga-chevauchement » à faible profondeur sont plus susceptibles de provoquer des tsunamis, car ils déplacent d’énormes volumes d’eau. Avec une profondeur de 20,7 km, le dernier séisme était très susceptible de générer un puissant tsunami.

Illustration du déplacement des vagues de tsunami (Source: USGS)

Des vagues d’environ 1,70 mètre ont atteint Hawaï, moins hautes que prévu initialement, mais les scientifiques expliquent que de telles vagues n’ont pas besoin d’être particulièrement fortes pour endommager les côtes basses des nations insulaires du Pacifique. Certaines régions de Polynésie française ont été invitées à se préparer à des vagues pouvant atteindre 4 mètres de hauteur. Heureusement, des vagues mineures ont été observées et n’ont pas eu d’impact destructeur. L’impact d’un tsunami dépend de la morphologie des fonds marins à l’approche des côtes. Si la montée vers la côte est très longue et peu profonde, une grande partie de l’énergie se dissipe sur cette montée lente, mais si la pente est très raide avant que le tsunami n’atteigne la côte, la hauteur des vagues peut être plus élevée.

Source: IPGP

Le séisme du 29 juillet a déjà déclenché au moins dix répliques supérieures à M5,0, et celles-ci pourraient se poursuivre pendant des mois. En effet, les séismes de forte magnitude génèrent des séquences de répliques qui commencent immédiatement après l’événement, et certaines peuvent être dévastatrices. Cependant, en général, leur magnitude et leur fréquence ont généralement tendance à diminuer avec le temps. Un événement plus important est toujours possible, mais il se produit généralement relativement rapidement, dans les jours ou les semaines qui suivent. L’événement de magnitude M8,8 est survenu moins de deux semaines après un séisme de magnitude M7,4 dans la même zone ; il a été identifié comme un « précurseur » par les sismologues. Cer derniers confirment que les séismes sont imprévisibles. Il n’existe pas de précurseurs scientifiquement cohérents dans les séquences sismiques. Les zones où les puissants séismes risquent de se produire sont assez bien identifiées sur Terre, mais la prévision s’arrête là.

La NOAA a mis en ligne une vidéo illustrant la propagation du tsunami du 29 juillet dans l’océan Pacifique :

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The M8.8 earthquake off Russia that triggered tsunami warnings across the Pacific did not really come as a surprise to seismologists. Indeed the area that also includes the Aleutians is seismically active and can be rocked by powerful earthquakes.

The 29 July event occurred on a « megathrust fault », where the denser Pacific Plate is sliding underneath the lighter North American Plate. The Pacific Plate has been on the move, making the Kamchatka Peninsula especially vulnerable to such tremors, and bigger aftershocks cannot be ruled out. With its epicentre near the city of Petropavlovsk-Kamchatsky, it was the biggest earthquake since the Tohuku event (Japan) in 2011.

Following the 29 July quake, scientists explain that subduction events, in which one plate pushes under another, are capable of generating far stronger earthquakes than « strike slips », such as the one that hit Myanmar in March 2025, where plates brush horizontally against one another at different speeds. The Kamchatka area is particularly vulnerable and experienced an M9.0 event in November 1952, severely damaging the town of Severo-Kurilsk and causing extensive damage as far away as Hawaii.

Shallow « megathrust » events are more likely to cause tsunamis because they burst through the sea floor and displace huge volumes of water. With a relatively shallow depth of 20.7 km, the latest earthquake was highly likely to create such tsunami risks.

Tsunami waves of around 1.7 metres reached as far as Hawaii, less high than originally expected, but scientists warned that such waves do not have to be especially big to do damage to the relatively low-lying coastlines of Pacific island nations.

Parts of French Polynesia were told to brace for waves as high as 4 metres. Fortunately, minor waves were observed and they did not have a destructive impact. The impact of a tsunami depends on its « run-up » as it approaches coastlines. If there is a very long, shallow run-up to the coast, a lot of the energy can be dissipated over that run-up, but if it is a very steep shelf before the tsunami gets to the coast, the wave height can be higher.

The July 29 earthquake has already triggered at least 10 aftershocks above magnitude M5.0, and they could continue for months. Indeed, large-magnitude earthquakes generate aftershock sequences that start immediately, and some of these can be damaging in their own right. However, their magnitude and frequency normally tend to decrease over time.There is always a chance of a larger event, but that larger event will usually occur relatively soon after, within days or weeks.

The M8.8 event came less than two weeks after an M7.4 earthquake in the same area, which has now been identified as a « foreshock ».

Seismologists confirm that earthquakes are unpredictable. There are no precursors that are scientifically consistent in earthquake sequences. The areas where powerful earthquakes may occur are fairly well identified on Earth, but predictions do not go any further.

Subduction et séismes en Alaska // Subduction and earthquakes in Alaska

Un puissant séisme de magnitude M7,3 a été enregistré sur la péninsule d’Alaska le 16 juillet 2025. Largement ressenti dans l’État, le séisme a déclenché une alerte tsunami et des évacuations d’urgence dans de nombreuses localités côtières.
La réaction humaine à ce séisme a été rapide et coordonnée. Quelques minutes après l’événement, le Centre d’alerte aux tsunamis a émis une alerte couvrant une zone de 1 100 kilomètres le long de la côte sud de l’Alaska. Les zones habitées entre Sand Point et Unalaska, ont rapidement activé les procédures d’évacuation et les habitants se sont dirigés vers des zones plus élevées par mesure de précaution.

 

Photos : C. Grandpey

Heureusement, ce séisme n’a entraîné que des variations infimes du niveau de l’eau et les dégâts signalés sont restés minimes. Le système d’alerte tsunami a fonctionné comme prévu : les autorités ont réduit l’alerte moins d’une heure après le séisme, avant de l’annuler quelques heures plus tard. Toutefois, les voyageurs et la population doivent s’attendre à une poursuite de l’activité sismique dans la région. L’USGS indique qu’au moins un séisme de magnitude M6,0 ou plus est possible au cours des prochains jours, ainsi que des séismes de moindre ampleur.

Ce séisme en Alaska rappelle la position de l’État dans l’une des régions les plus sismiques du monde. L’Alaska subit les effets de la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine. Comme je l’ai écrit dans une note publiée le 26 janvier 2016, l’arc des Aléoutiennes en est la parfaite illustration. Il s’étend sur environ 3 000 km, depuis le golfe d’Alaska à l’est jusqu’à la péninsule du Kamtchatka à l’ouest. La subduction est responsable de la naissance des îles Aléoutiennes et, au large, de la fosse des Aléoutiennes dont la profondeur peut dépasser 7 800 mètres.

Vue de l’ensemble des volcans le long de la zone de subduction entre l’Alaska et le Kamchatka (Source : Alaska Volcano Observatory)

L’histoire sismique de l’Alaska est particulièrement riche. Le premier événement très puissant survenu le long de l’arc au 20ème siècle fut un séisme de magnitude M8,6 sur l’île Shumagin le 10 novembre 1938. Cet événement a été provoqué par la rupture d’une portion de l’arc d’environ 300 km et provoqué un petit tsunami enregistré jusqu’à Hawaï.
Le séisme de magnitude M8,6 sur l’île Unimak le 1er avril 1946, dans la partie centrale de l’arc des Aléoutiennes, s’est caractérisé par une rupture lente suivie d’un tsunami dévastateur à grande échelle dans le Pacifique, jusqu’aux côtes de l’Antarctique. Bien que les dégâts causés par les secousses sismiques aient été localement peu importants, la vague du tsunami est montée jusqu’à 42 mètres sur l’Ile Unimak et des vagues ont fait des victimes à Hilo (Hawaï). [Voir ma note du 1er avril 2015 à propos de cet événement]
Le puissant séisme suivant a eu lieu dans la partie centrale de l’arc des Aléoutiennes, près des Iles Andreanof le 9 mars 1957, avec une magnitude de M 8.6. La longueur de la rupture a été d’environ 1200 km, ce qui en fait la plus longue zone de répliques jamais observée le long de l’arc. D’importants dégâts ainsi que des tsunamis ont été observées sur les îles Adak et Unimak, avec des vagues d’environ 13 mètres de hauteur.
Le séisme le plus puissant a été enregistré le 27 mars 1964 dans le Prince William Sound avec une magnitude de M 9.2. C’est actuellement le deuxième plus puissant séisme enregistré dans le monde après celui de M 9,5 au Chili en mai 1960. Il a été généré par une rupture d’environ 700 km entre le Prince William Sound au nord-est et l’extrémité sud de l’île Kodiak au sud-ouest. La secousse principale a été ressentie dans une grande partie de l’Alaska, ainsi que dans certaines parties du Territoire du Yukon et de la Colombie Britannique au Canada. Des dégâts très importants ont été observés à Anchorage avec les glissements de terrain qui ont suivi. Le séisme a également déclenché un tsunami dévastateur qui a causé des dégâts le long du Golfe d’Alaska, de la côte Ouest des États-Unis, et à HawaÏ. Plus de 250 personnes ont été tuées.
Source : USGS.

Aujourd’hui, personne n’a oublié la catastrophe du Vendredi Saint 1964 (Photo : C. Grandpey)

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A powerful M 7.3 earthquake struck offshore of Alaska’s Peninsula on July 16th, 2025 ; The quake was felt widely, prompting immediate tsunami warnings and evacuations across multiple coastal communities.

The human response was swift and coordinated. Within minutes of the earthquake, the National Tsunami Warning Center issued a tsunami warning covering a 1,100-kilometer stretch of Alaska’s southern coast. Communities from Sand Point to Unalaska quickly activated evacuation procedures, with residents moving to higher ground as a precautionary measure. Fortunately, this Alaska earthquake generated only minimal water level changes and damage reports remained minimal. The warning system worked as designed ; officials downgraded the tsunami warning to an advisory within an hour, and completely canceled all alerts a few hours later. Naturally, travelers and residents should prepare for continued seismic activity in the region. The USGS indicates that at least one magnitude 6 or greater earthquake is possible in the foreseeable future , as well as smaller earthquakes.

This Alaska earthquake serves as a reminder of the state’s position in one of the world’s most seismically active regions. Alaska undergoes the subduction of the Pacific plate beneath the North American plate. The Aleutian arc is the perfect evidence of this phenomenon. It extends approximately 3,000 km from the Gulf of Alaska in the east to the Kamchatka Peninsula in the west. The subduction is responsible for the generation of the Aleutian Islands and the offshore Aleutian Trench which can be more than 7800 metres deep.
The seismic story of Alaska is particularly rich. The first very powerful event along the arc during the 20th century was the November 10th 1938 M8.6 Shumagin Island earthquake. This event ruptured an approximately 300 km long stretch of the arc and generated a small tsunami that was recorded as far south as Hawaii.
The April 1st, 1946 M8.6 Unimak Island earthquake, located in the central Aleutian arc, was characterized by slow rupture followed by a devastating Pacific-wide tsunami that was observed as far south as the shores of Antarctica. Although damage from earthquake shaking was not severe locally, tsunami run-up heights were recorded as high as 42 metres on Unimak Island and tsunami waves in Hilo (Hawaii) also resulted in casualties. [See my note of April 1st 2015 about this event]
The next powerful earthquake occurred along the central portion of the Aleutian arc near the Andreanof Islands on March 9th 1957, with a magnitude of M8.6. The rupture length of this event was approximately 1200 km, making it the longest observed aftershock zone of all the historic Aleutian arc events. Significant damage and tsunamis were observed on the islands of Adak and Unimak with tsunami heights of approximately 13 metres.
The most powerful earthquake was the March 27th 1964 M9.2 Prince William Sound earthquake, currently the second largest recorded earthquake in the world. The event had a rupture length of roughly 700 km extending from Prince William Sound in the northeast to the southern end of Kodiak Island in the southwest. Significant shaking was felt over a large region of Alaska, as well as in parts of western Yukon Territory, and British Columbia in Canada. Property damage was the largest in Anchorage with the ensuing landslides. The earthquake also triggered a devastating tsunami that caused damage along the Gulf of Alaska, the West Coast of the United States, and in Hawaii. More than 250 people got killed.
Source : USGS.

L’Islande et la prévision éruptive // Iceland and eruptive prediction

Aucune nouvelle éruption n’a eu lieu pour le moment sur la péninsule de Reykjanes. Le Met Office islandais avait prévu la 8ème éruption de la série pour fin janvier 2025. L’événement semble donc en retard…. En ce qui me concerne, j’ai pensé que cette prévision du Met Office était trop optimiste. Au départ, j’avais prévu la prochaine éruption pour le mois de mars 2025 – mais sûrement pas la fin janvier – avant de corriger ma prévision et d’écrire qu’elle était plutôt susceptible de se produire vers le 15 février, jour de la St Claude ! Les prochains jours diront si j’avais raison, comme ce fut le cas lorsque j’ai écrit que l’éruption précédente commencerait le 20 novembre 2024.
Il semble que les scientifiques du Met Office islandais fassent leurs prévisions éruptives en partant du principe que l’ascension du magma suit un mouvement linéaire régulier, ce qui est inexact. Un jour, à l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO), le regretté Jim Kauahikaua m’a expliqué que la remontée de magma à Hawaï sous la croûte terrestre suivait un processus irrégulier avec des pauses, ce qui rendait la prévision éruptive difficile. Il semble que ce soit la même chose en Islande.
Dans sa dernière mise à jour (4 février 2025), le Met Office explique que « les mesures de déformation continuent de montrer un soulèvement continu du sol et une accumulation de magma sous Svartsengi. La quantité de magma en train de s’accumuler se rapproche maintenant du seuil inférieur considéré comme nécessaire pour que se déclenche la prochaine intrusion magmatique. Si l’on regarde les récentes éruptions le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, elles se sont produites entre trois jours et quatre semaines après avoir atteint ce seuil inférieur. Cependant, cela ne signifie pas que le prochain événement se produira dans un mois, mais l’expérience montre que c’est le scénario le plus probable. » Il ne nous reste plus qu’à attendre et voir si ma prévision est à nouveau exacte cette fois-ci !

Il ressort de ce que je viens d’écrire que la prévision éruptive en Islande n’a pas une importance majeure. On pourrait presque organiser des concours de pronostics autour du jour possible d’une éruption. Il y a peut-être une fenêtre pour les bookmakers anglais ! En Islande, nous sommes face à un volcanisme d’accrétion avec un dynamisme effusif. Une éruption ne cause pas de pertes humaines ; au pire, elle provoque des pertes matérielles comme ce fut le cas à Grindavik.

On a une situation bien différente des volcans situés en zone de subduction, le long de la Ceinture de Feu du Pacifique. En Indonésie ou aux Philippines, on a affaire à un dynamisme explosif, avec des phénomènes éruptifs (explosions, coulées pyroclastiques) qui peuvent causer des pertes matérielles, et surtout humaines, considérables.

Le problème, c’est que nous ne savons pas prévoir ces éruptions. À cause de cette incapacité à prévoir, on a recours au principe de précaution : il vaut mieux évacuer les populations plutôt que de risquer les envoyer à une mort certaine. Certes, la vie dans les centres d’hébergement provisoires pose des problèmes sanitaires et de promiscuité, mais c’est mieux qu’une fin tragique. Parfois, on évacue à tort car aucune éruption majeure ne se produit. C’est ce qui s’est passé sur le Mont Agung à Bali, il y a quelques années, quand le volcan s’est contenté d’émettre de volumineux panaches de cendres, mais il vaut mieux protéger des dizaines de milliers de gens plutôt que de les envoyer au casse-pipe.

Évolution de la déformation en Islande. Situation le 10 février 2025 (Source: Met Office)

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No new eruption has occurred yet on the Reykjanes Peninsula. The Icelandic Met Office had predicted the 8th eruption of the series for the end of January 2025. It looks as if it is overdue.As fas as I’m concerned, I thought this was much too soon. Initially, I predicted the next eruption for March 2025 – but not the end of January – then corrected my prediction and wrote it was rather likely to happen around February 15th. The next days will tell us if I was right, like when I said the previous eruption would start on November 20th, 2024.

It seems the scientists at the Icelandic Met Office make their eruptive predictions with the notion that the ascent of magma follows a regular linear movement, which is not true. One day at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO), the late Jim Kauahikaua explained me that the ascent of magma in Hawaii beneath Earth’s crust was irregular, with pauses, which made eruptive prediction difficult. It seems to be the same in Iceland.

In its latest update (February 4th, 2025) , the Met Office explains that « deformation measurements continue to show ongoing land uplift and magma accumulation beneath Svartsengi. The amount of magma accumulating beneath Svartsengi is now approaching the lower threshold, believed to be necessary to trigger the next magma intrusion. If we look at the recent eruptions on the Sundhnúkur crater row, they have occurred anywhere between three days and four weeks after reaching this lower threshold. However, this does not mean that the next event will occur within a month, but rather that experience suggests this as the most likely scenario. » We just need to wait and see whhether my prediction is again right this time !

It is clear from what I have just written that eruptive prediction in Iceland is not of major importance. One could almost organize prediction contests around the possible day of an eruption. There may be a window for English bookmakers! In Iceland, we are faced with accretionary volcanism with effusive dynamism. An eruption does not cause human losses; at worst, it causes material losses as was the case in Grindavik.
We have a very different situation from the volcanoes located in the subduction zones, along the Pacific Ring of Fire. In Indonesia or the Philippines, we are dealing with an explosive dynamism, with eruptive phenomena (explosions, pyroclastic flows) that can cause considerable material damage and human losses.
The problem is that we do not know how to predict these eruptions. Because of this inability, one resorts to the precautionary principle : it is better to evacuate people than to risk sending them to certain death. Of course, life in temporary shelters poses health and overcrowding problems, but it is better than a tragic end. Sometimes, evacuations are wrong because no major eruption occurs. This is what happened on Mount Agung in Bali a few years ago, when the volcano simply emitted voluminous ash plumes, but it is better to protect tens of thousands of people than to send them to a certain death.

Séisme lent en Nouvelle Zélande // Slow slip event (SSE) in New Zealand

J’ai mentionné à plusieurs reprises sur ce blog l’existence de séismes lents – slow slip events, SSE, en anglais – en Nouvelle-Zélande (note du 29 janvier 2023) et à Hawaï (note du 28 mars 2018). Un séisme lent est un événement discontinu qui libère de l’énergie sur une période de quelques heures à quelques mois, et non pas quelques secondes ou quelques minutes comme un séisme classique. Lors d’un SSE, le sol ne présente pas les secousses associées à l’activité sismique conventionnelle. Les SSE soulagent les contraintes qui s’exercent dans certains secteurs d’une zone de subduction, mais peuvent aussi augmenter les contraintes dans les régions adjacentes. L’interaction peut déclencher des séismes de faible intensité et peu profonds. Plusieurs événements avec des magnitudes M2,0 et M4,0 ont déjà été enregistrés près de la péninsule de Mahia, en corrélation avec le SSE qui se déroule actuellement.

Processus de subduction au niveau de l’Île du Nord en Nouvelle-Zélande (Source : Te Ara, l’Encyclopédie de la Nouvelle-Zélande)

Un séisme lent est observé depuis début décembre 2024 dans la zone de subduction de Hikurangi, une frontière tectonique entre les plaques australienne et pacifique, qui longe la côte est de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. La zone de subduction constitue la plus grande faille de Nouvelle-Zélande et la plaque pacifique se déplace à raison de 2 à 6 cm par an. Les premiers SSE ont été détectés dans la région en 2002 après que GeoNet ait déployé des stations GNSS permanentes le long de la côte.
Les stations GNSS (Global Navigation Satellite System) situées au nord de Hawke’s Bay ont enregistré des déplacements du sol d’environ 4 cm vers l’est et 1 cm vers le sud, au cours des 3 dernières semaines de décembre. Les stations entre Wairoa et Tolaga Bay ont montré des mouvements similaires; certains sites se se sont déplacés parfois de 5 à 8 cm. Cela représente jusqu’à 2 ans de mouvement de plaques tectoniques en seulement 3 semaines.
Le dernier séisme lent enregistré dans la région s’est produit en juin 2023, ce qui montre le caractère récurrent de ces phénomènes dans le secteur nord de Hawke’s Bay et de Mahia.

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez voir une excellente vidéo de 3 »41 » (en anglais) qui explique clairement, en plusieurs chapitres, ce qu’est un séisme lent et pourquoi il se produit en Nouvelle-Zélande ; quelles en sont les conséquences sismiques et quelles sont les recherches menées pour comprendre cette situation.
https://youtu.be/xgk2zBvdOgw

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I have mentioned several times on this blog the existence of slow-slip earthquake events (SSE) about New Zealand (29 January 2023). and Hawaii (28 March 2018). A slow earthquake is a discontinuous, earthquake-like event that releases energy over a period of hours to months, rather than the seconds to minutes characteristic of a typical earthquake. As a consequence, during a SSE, the ground does not show the shaking associated with conventional seismic activity. SSEs relieve stress in some areas of a subduction zone but may increase stress in adjacent regions. The interaction can trigger smaller, shallow earthquakes. Multiple earthquakes between magnitudes M2.0 and M4.0 have already been recorded near the Mahia Peninsula, correlated with the current SSE.

A slow-slip earthquake event has been taking place since early December in the Hikurangi Subduction Zone, a tectonic boundary between the Australian and Pacific plates. This zone runs along the east coast of New Zealand’s North Island. The Subduction Zone is the largest fault in New Zealand and experiences Pacific Plate movement at rates of 2 to 6 cm per year. SSEs were first detected here in 2002 after GeoNet deployed permanent GNSS stations along the coast.

Global Navigation Satellite System (GNSS) stations located north of Hawke’s Bay, recorded land displacements of approximately 4 cm eastward and 1 cm southward, within the last 3 weeks of December. Stations between Wairoa and Tolaga Bay exhibited similar movements with some sites moving up to 5 to 8 cm. It represents up to 2 years’ worth of tectonic plate motion occurring in just 3 weeks

The last recorded slow-slip earthquake in the area occurred in June 2023, showing the recurring nature of these phenomena in the Northern Hawke’s Bay and Mahia regions.

Here is an excellent video (3 »41 ») that explains in several chapters what a slow-slip event is and why it is occurring in New Zealand ; what the seismic consequences are, and the research made to understand the situation.

https://youtu.be/xgk2zBvdOgw