Ambae (Vanuatu)

L’automne dernier, Ambae a fait la une des journaux lorsque près de 13 000 personnes ont dû être évacuées suite à des éruptions de plus en plus violentes. J’ai écrit plusieurs articles entre septembre et novembre 2017 pour expliquer ce qui se passait au Vanuatu. L’activité s’est calmée au bout de quelques semaines et les gens ont pu retourner chez eux. Après le mois de novembre, l’activité éruptive s’est stabilisée, avec quelques panaches de vapeur et de cendre en provenance du Lac Voui dans la caldeira.
Dans le magazine Discover, Erik Klemetti, professeur de sciences de la Terre à l’Université Denison, indique qu’à partir de la mi-mars 2018, l’activité volcanique s’est de nouveau intensifiée. La cendre émise par les éruptions est retombée sur les zones habuitées et agricoles, contaminant l’eau et devenant un danger potentiel pour les personnes revenues vivre sur l’île.
Ces nouvelles éruptions ont également marqué un changement car elles est ont émis plus de cendre que celles de l’automne 2017. Il a de nouveau été conseillé à la population d’évacuer l’île en raison de cette nouvelle activité qui s’ajoutait à des inondations majeures causées par un cyclone.
Bien que les éruptions observées depuis la mi-mars 2018 n’aient pas fait l’objet d’articles de presse comme celles de l’automne 2017, elles ont pourtant eu des conséquences plus significatives. Un volumineux panache de dioxyde de soufre (SO2) émis par Ambae au début du mois d’avril était visible sur l’imagerie de l’OMI (Ozone Monitoring Instrument) embarqué sur le satellite Aura de la NASA. L’éruption survenue le 5 avril a probablement émis les plus grandes quantités de SO2 depuis l’éruption du Calbuco au Chili en 2015. L’événement n’a pas été relaté par les médias, probablement parce qu’il semble avoir eu lieu pendant la nuit, mais il a produit des quantités considérables de cendre chargées de SO2 qui ont atteint 6 kilomètres de hauteur. Le 8 avril, le panache de SO2 émis par l’éruption s’étendait depuis la côte orientale de l’Australie jusqu’à Tahiti.
C’est bien connu, le dioxyde de soufre est l’un des principaux gaz émis par les volcans. S’il atteint la stratosphère – à environ 15 000 mètres à la latitude du Vanuatu – il peut se propager rapidement et refroidir la basse atmosphère, niveau où le SO2 est converti en particules de sulfate qui réfléchissent ou absorbent le rayonnement solaire. Si elles se rapprochent du sol, elles peuvent provoquer des pluies acides qui endommagent les cultures, comme cela a été observé à Ambae lors de la nouvelle activité éruptive.
Le niveau d’alerte à Ambae est maintenu à 3, avec une zone d’exclusion de 3 kilomètres autour du lac dans la caldeira sommitale qui est le siège des éruptions.
Source: Discover Magazine.

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During the last autumn, Ambae made headlines after almost 13,000 people had to be evacuated due to the increasingly violent eruptions. I wrote several posts between September and November 2017 to explain what was happening in Vanuatu. The activity subsided after a few weeks and people were able to return to their homes. Since November of last year, the volcano settled down, producing minor steam-and-ash plumes from the summit caldera lake, Lake Voui.

In the Discover magazine, Erik Klemetti, a professor of Geosciences at Denison University, explains that, starting in mid-March 2018, the volcano became more restless again. Ash from eruptions fell on residential and agricultural regions, contaminating water and potentially becoming a real hazard for the people who had come back to live on the island again.

These new eruptions marked a change as they became more ash-rich, explosive events versus the types that occurred in the fall of 2017.  There were calls for renewed evacuations of the island’s residents due to this new bout of activity, along with some major flooding caused by a cyclone.

Although the eruptions that have been observed since mid-March 2018 have not made the news like the ones in the autumn 2017, they might be even more significant. A large sulphur dioxide (SO2) plume emitted from Ambae in early April could be seen on the imagery from the Ozone Monitoring Instrument (OMI) onboard NASA’s Aura satellite. The eruption that occurred on April 5th may have emitted the largest quantities of SO2 since the 2015 eruption at Calbuco in Chile. This event was not related by the media because it seems to have happened at night, but it produced significant ash during one of these eruptions. The SO2-laden ash columns earlier in the week reached as high as 6 kilometres. By April 8th, the SO2 plume from the eruption was spreading from the eastern coast of Australia to Tahiti.

Sulphur dioxide is one of the major gases emitted by volcanoes. If it reaches the stratosphere, about 15,000 metres at the latitude of Vanuatu, then it can be spread rapidly and has the potential for cooling the lower atmosphere as SO2 is converted to sulphate particles that reflect or absorb solar radiation. If it gets closer to the ground, it may cause acid rain which is damaging to crops, as has been reported at Ambae during the new eruptive activity.

The alert level at Ambae is kept at 3, with a 3-kilometre exclusion zone around the summit caldera lake, where the eruptions are located.

Source: Discover Magazine.

Vue satellitaire du panache de cendre d’Ambae le 27 mars 2018 (Source : NASA)

 

Mayon (Philippines): Baisse du niveau d’alerte // The alert level has been lowered

Le jeudi 29 mars 2018, le PHIVOLCS a abaissé le niveau d’alerte du Mayon de 3 à 2, car le volcan a montré une nette baisse d’activité au cours des dernières semaines. Ainsi, au cours des deux dernières semaines, l’activité sismique provoquée par des effondrements est passée de 82 événements à moins de 10. Les séismes basse fréquence associés au dégazage du magma et aux panaches de cendres ont été enregistrés pour la dernière fois le 15 mars. L’effusion de lave à partir du cratère a été détectée jusqu’au 18 mars. La baisse globale de la sismicité indique qu’il n’y a actuellement aucune ascension de magma jusqu’au niveau superficiel de l’édifice volcanique. De plus, depuis le 20 février 2018, une déflation moyenne du Mayon a été enregistrée, malgré quelques épisodes d’inflation de courte durée sur les pentes inférieures et moyennes. Les émissions de SO2 ont également diminué.
S’il y a un retour significatif au niveau normal de déformation du sol et si les autres paramètres continuent à montrer une baisse, le niveau d’alerte pourra être diminué encore davantage.
Il est rappelé au public qu’il est interdit de pénétrer dans la zone de danger permanent de six kilomètres «en raison des risques de chutes de pierres, d’avalanches, d’émissions de cendre et d’éruptions phréatiques soudaines». De même, les personnes vivant dans les vallées et les ravines sont doivent rester vigilantes devant le risque de lahars en cas de longues périodes de fortes pluies.

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PHIVOLCS on Thursday, March 29th, 2018 lowered Mayon Volcano’s alert status from 3 to 2, as the volcano showed a “general decline in unrest” in the past weeks. Over the past two weeks, seismic activity has waned from a peak of 82 to less than 10 rockfall events. Low frequency earthquakes associated with magma degassing and short ash plumes were last recorded on March 15th, although lava flow effusion from the crater was detected until March 18th. The overall decline in seismicity indicates that there is currently no active ascent of magma to the shallow levels of the volcano’s edifice. In addition, since February 20th, 2018, an average deflation of Mayon’s edifice has been recorded despite short-term episodes of inflation of its lower and middle slopes. SO2 emissions have alsio declined during the past weeks.

If there is a noticeable return to baseline levels of ground deformation and sustained low levels of other parameters, then the alert level may further step down.

The public is reminded to avoid entry into the six-kilometer permanent danger zone “due to hazards of rockfalls, avalanche, ash puffs and sudden steam-driven or phreatic eruptions”. Likewise, people living in valleys and active river channels are cautioned to remain vigilant against lahars in the event of prolonged and heavy rainfall.

Source: PHIVOLCS.

Source: Wikipedia

Sabancaya (Pérou / Peru)

L’activité du Sabanvaya est relativement stable en ce moment, comme le montrent les différents paramètres ci-dessous. Selon le dernier bulletin de l’IGP, on observe quotidiennement une vingtaine d’explosions qui produisent des panaches de cendre d’une hauteur maximale de 2500 mètres au-dessus du cratère. L’édifice volcanique montre une tendance à la déflation. Les  émissions de SO2 atteignaient une moyenne de 9270 tonnes par jour le 15 février 2018.

Source : INGEMMET / IGP.

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Activity at Sabanvaya Volcano is relatively stable at the moment, as shown by the different parameters below. According to the latest IGP update, about 20 explosions are recorded daily; they produce ash plumes with a maximum height of 2500 metres above the crater. The volcanic edifice tends to deflate. SO2 emissions averaged 9,270 tonnes per day on February 15th, 2018.
Source: INGEMMET / IGP.

Source: INGEMMET / IGP

Kadovar (Papouasie-Nouvelle-Guinée / Papua-New-Guinea) et Tenorio (Costa Rica)

On peut lire sur le site web The Watchers (https://watchers.news/) – l’information est confirmée par le Rabaul Volcano Observatory (RVO – que l’île de Kadovar subit d’importantes retombées de cendre. De plus, des nuages ​​de SO2 sont observés sur et autour de l’île. Le gaz a contaminé la partie ouest de l’île voisine de Ruprup où les habitants de Kadovar ont été transférés, et la température des sources chaudes de Ruprup est en hausse constante.

LeRVO indique que « la fracture qui part du dôme sommital et se dirige vers la côte semble s’être élargie, et de la vapeur sous pression s’en échappe ». Au début de cette semaine, l’Observatoire a déclaré que l’éruption pourrait devenir explosive, avec un risque de glissements de terrain et de tsunamis.
Les autorités ont déclaré que les habitants de Kadovar qui ont été évacués vers l’île voisine de Ruprup seront transférés sur le continent.

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Au Costa Rica, plus de 40 séismes ont été enregistrés sous le volcan Tenorio à Guanacaste, depuis un séisme majeur de magnitude M 7,6 dans la mer des Caraïbes le 10 janvier 2018. L’événement a contraint les autorités à fermer temporairement le parc national du Volcan Tenorio. C’est le premier essaim sismique connu sous ce volcan.
Le Réseau National de Sismologie (RSN) a enregistré au total 42 secousses au cours des 2 derniers jours, avec des amplitudes comprises entre M 2,2 et M 5,3 (voir ci-dessous). Les hypocentres des séismes avaient des profondeurs comprises entre 2 et 15 km et leurs épicentres se trouvent à proximité des failles Caño Negro et Chiquero, situées à proximité du volcan Tenorio.
Suite à ces séismes, on a observé un changement de coloration dans l’eau de certaines rivières situées sur les pentes du volcan Tenorio.
Sources: The Watchers et RSN.

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One can read on the website The Watchers (https://watchers.news/) – the information is confirmed by the Rabaul Volcano Observatory (RVO – that Kadovar Island is affected by significant ashfall. Moreover, SO2 clouds are observed in and around the island. The gas has contaminated the western part of the nearby island of Ruprup where Kadovar residents have been transferred. In addition, Ruprup’s hot springs are continually heating up.

RVO indicates that « the fracture running down the summit dome to the coast has apparently widened, with vigorous steam occurring from it. » Earlier this week, the Observatory said it believed the eruption could become explosive, posing a risk of landslides and tsunamis.

Authorities said that the people of Kadovar who have been evacuated to nearby Ruprup Island will be relocated to the mainland.

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In Costa Rica, more than 40 earthquakes have been recorded under the dormant Tenorio volcano in Guanacaste, after a major M 7.6 earthquake in the Caribbean Sea on January 10th, 2018. The event forced authorities to temporarily close the Tenorio Volcano National Park. This is the first known earthquake swarm under this volcano.

The National Seismology Network (RSN) registered a total 42 earthquakes over the past 2 days, with magnitudes ranging from M 2.2 to M 5.3 (see below). The hypocenters of the earthquakes have depths between 2 and 15 km and their epicentres are in the vicinity of the Caño Negro and Chiquero faults, located in the surroundings of the Tenorio volcano.

A notable effect of the earthquakes is the change of coloration in the water of some rivers located on the slopes of the Tenorio volcano.

Sources : The Watchers & RSN.

Vue de l’éruption du Kadovar depuis l’espace le 7 janvier 2018 (Source: NASA)

Activité sismique sur le Tenorio (Source: RSN)