Les volcans à Libourne (Gironde) le 9 février!

Je présenterai le vendredi 9 février 2018 une conférence intitulée « Volcans et risques volcaniques » dans le cadre de l’UTL de Libourne (Gironde). Elle aura lieu à 15h45 à la Salle du Verdet, 12 rue de Toussaint. (Entrée: 4 € pour les non-adhérents).
Le but de cette conférence est de faire le point sur la situation en volcanologie. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé. Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu ? Sommes-nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent ? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaierai de répondre.

Mon exposé se poursuivra avec deux diaporamas (une vingtaine de minutes chacun) en fondu-enchaîné sonorisé destinés à illustrer deux grands types de volcans. « La Java des Volcans » conduira le public auprès des volcans gris d’Indonésie tandis que « Hawaii le Feu de la Terre » fera côtoyer les coulées de lave rouge du Kilauea.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer les ouvrages Terres de Feu et Mémoires Volcaniques. Pour rappel, Volcanecdotes et Killer Volcanoes sont épuisés.

Lave hawaiienne

Séquence éruptive sur le Krakatau

(Photos: C. Grandpey)

Ambae (Vanuatu): Les risques liés à l’éruption // The risks related to the eruption

Un article paru dans le Vanuatu Daily Post explique les dangers liés à l’éruption en cours à Ambae. L’activité volcanique se poursuit avec le niveau d’alerte à 3. Il s’agit de petites explosions continues et de projections de matériaux à haute température, comme cela se produit sur le Yasur, sur l’île de Tanna.
La cendre et les gaz émis par le volcan sont un premier danger pour la population d’Ambae, en particulier pour les habitants exposés aux alizés car ce sont eux qui subiront le plus souvent les retombées de cendre.
Avec la saison des pluies (de novembre 2017 à avril 2018), la cendre volcanique tombée au sol sera emportée par l’eau sur les flancs du volcan, ce qui peut provoquer des lahars. Ils peuvent endommager les lieux de franchissement des rivières tels que les ponts et les gués. C’est un nouveau problème pour Ambae, mais il a été observé à Gaua après les éruptions de 2009-2010. Il n’est pas possible d’arrêter les coulées de boue, donc les gens doivent être vigilants. Pour minimiser leur impact, les personnes vivant à proximité des ruisseaux et des rivières ont intérêt à dégager les débris tels que les branches ou les pierres qui obstruent les cours d’eau, afin que l’eau de crue puisse s’évacuer plus facilement.
Le mélange de gaz volcanique et de pluie peut provoquer des pluies acides. On les détecte par un goût inhabituel de l’eau et l’irritation de la gorge. Ces pluies acides peuvent endommager les cultures et affecter les réserves d’eau douce qui peuvent être polluées et changer d’apparence et de goût. Les animaux élevés en eau douce tels que les crevettes peuvent également être affectés. Pendant les pluies acides, les gens doivent fermer les accès d’eau de leurs réservoirs et de leurs puits afin d’éviter de recueillir cette eau impropre à la consommation.

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An article in the Vanuatu Daily Post explains the dangers related to the ongoing eruption at Ambae. Volcanic activity is continuing with the alert level at 3. It consists of ongoing small explosions and ejection of hot rocks, similar to what is seen and experienced at Yasur on Tanna Island.

The ash and gas emitted by the volcano are the first danger to the Ambae population, mainly those exposed to trade wind direction as they will undergo ashfall more often.

With the wet season (November 2017 to April 2018), volcanic ash that has fallen to the ground will be washed off the volcano, causing muddy floods. These can damage river crossing locations such as bridges and fords. This is a new problem for Ambae, but has been seen at Gaua after the eruptions in 2009-2010. It is not possible to stop muddy floods, so people need to be aware. To minimise their impact, people living near creeks and streams should clear the channels of debris such as branches, stones, etc. so that flood water can pass easily.

Volcanic gas mixing with rain may cause acid rain. It is detected by unusual taste and irritating eyesA lot of acid rain may damage crops and affect water reservoirs. Fresh water supplies may be polluted and change appearance and taste. Fresh water animals such as prawns may also be affected. During acid rain, people should make sure to remove the water spout from their tanks and wells and avoid collecting this water into the tanks.

Carte à risques d’Ambae (Source: Geohazards)

Cartes à risques du Mauna Loa (Hawaii) // Risk maps of Mauna Loa Volcano (Hawaii)

Les  scientifiques du HVO ont publié des cartes du Mauna Loa qui aideront les responsables de la Protection Civile et d’autres gestionnaires de services d’urgence à identifier les personnes, les biens et les installations à risque lors de futures éruptions de ce volcan.
La plupart des fractures et bouches éruptives du Mauna Loa se trouvent au sommet du volcan et le long de deux zones de rift qui s’étendent au nord-est et au sud-ouest de Mokuaweoweo, la caldeira sommitale. Cependant, des émissions de lave se produisent parfois le long des fractures radiales qui s’étendent principalement au nord et à l’ouest du sommet.
Les parois du Mokuaweoweo forment des barrières naturelles qui devraient protéger les zones situées au sud-est et à l’ouest de la caldeira contre les coulées de lave provenant de l’intérieur de la caldeira. Toutefois, la paroi du côté ouest est rendue inefficace par les bouches susceptibles de s’ouvrir sur les flancs du volcan.
Grâce à une cartographie géologique détaillée et une modélisation du comportement de la lave en fonction de la topographie, l’USGS-HVO a mis au point neuf cartes représentant 18 zones susceptibles d’être recouvertes par la lave du Mauna Loa. Chaque zone identifie un segment du volcan où la lave pourrait sortir et donner naissance à des coulées vers l’aval.
Les zones en couleur sont celles qui pourraient potentiellement être recouvertes par les coulées produites par les futures éruptions du Mauna Loa. Ces éruptions pourraient provenir du sommet du volcan, des zones de rift, ou des bouches radiales. Il est probable, cependant, que seule une partie d’une zone soit affectée par chaque éruption.
Lorsqu’une éruption commencera sur le Mauna Loa, les cartes aideront les décideurs à identifier rapidement les localités, les infrastructures et les routes situées entre les bouches éruptives éventuelles et la côte, ce qui facilitera les interventions des secours. Le public pourra également utiliser les cartes pour déterminer la direction des coulées de lave une fois que l’éruption aura commencé.
L’ensemble de cartes “Lava inundation zone maps for Mauna Loa, Island of Hawaii,” publié par l’USGS sous l’appellation Scientific Investigations Map 3387, comprend 10 feuilles (cartes) et une brochure explicative. La carte 1 (voir ci-dessous) est une carte de l’ensemble de l’île d’Hawaï avec des contours montrant les zones englobées par les neuf autres cartes. Ces neuf cartes représentent les 18 zones sous la menace de la lave du Mauna Loa. Des instructions sur la façon d’interpréter les cartes sont fournies dans la brochure d’accompagnement.
Les zones menacées sur les cartes sont: Kaumana, Waiakea et Volcano-Mountain View (feuille 2); Kapapala (feuille 3); Pahala, Punaluu et Wood Valley (feuille 4); Naalehu (feuille 5); Kalae (feuille 6); Hawaiian Ocean View Estates, Kapua et Milolii (feuille 7); Hookena, Kaohe et Kaapuna (feuille 8); Honaunau et Kealakekua (feuille 9); et Puako (feuille 10). Les échelles cartographiques varient de 1: 45 000 à 1: 85 000.
Toutes ces cartes ainsi que les fichiers connexes sont disponibles en ligne :

https://doi.org/10.3133/sim3387

Le HVO prévoit également de distribuer des copies papier des cartes aux bibliothèques de l’île d’Hawaii au cours du mois prochain.
Source: USGS / HVO.

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Researchers at HVO have produced maps that will help Hawaii County Civil Defence and other emergency managers identify people, property, and facilities at risk during future eruptions.

Most of Mauna Loa’s eruptive fissures and vents are located at the summit of the volcano and along two rift zones that extend northeast and southwest from Mokuaweoweo, the volcano’s summit caldera. A few vents, however, occur along radial fissures that extend primarily north and west from the summit.

The bounding walls of Mokuaweoweo create topographic barriers that should protect areas southeast and west of the caldera from lava flows erupted from within the caldera. But the barrier on the west side is rendered ineffective by the radial vents on the flanks of the volcano.

Using detailed geologic mapping and modeling of how lava responds to surface topography, USGS-HVO have constructed nine maps depicting 18 inundation zones on Mauna Loa. Each zone identifies a segment of the volcano where lava could erupt and send flows downslope.

Coloured regions on these maps show areas on the volcano’s flank that could potentially be covered by flows from future Mauna Loa eruptions. These eruptions could originate from the volcano’s summit, rift zones, or radial vents. It’s likely, however, that only part of a zone would be covered in a single eruption.

When a Mauna Loa eruption starts, the maps can help decision makers quickly identify communities, infrastructure, and roads between possible vent locations and the coast, facilitating more efficient and effective allocation of response resources. The public can also use the maps to consider where lava flows might go once an eruption starts.

Lava inundation zone maps for Mauna Loa, Island of Hawaii,” published by the U.S. Geological Survey as Scientific Investigations Map 3387, comprises 10 sheets and an explanatory pamphlet. Sheet 1 is a map of the entire Island of Hawaii with outlines showing the areas encompassed by the nine other maps. These nine sheets depict the 18 inundation zones for Mauna Loa. Guidelines on how to interpret the maps are provided in the accompanying pamphlet.

The inundation zones identified on the maps are: Kaumana, Waiakea and Volcano-Mountain View (Sheet 2); Kapapala (Sheet 3); Pahala, Punaluu and Wood Valley (Sheet 4); Naalehu (Sheet 5); Kalae (Sheet 6); Hawaiian Ocean View Estates, Kapua and Milolii (Sheet 7); Hookena, Kaohe and Kaapuna (Sheet 8); Honaunau and Kealakekua (Sheet 9); and Puako (Sheet 10). Map scales vary from 1:45,000 to 1:85,000.

The Mauna Loa lava flow inundation maps and related GIS files are also available online:

https://doi.org/10.3133/sim3387

HVO also plans to distribute paper copies of the maps to public libraries around the island in the next month or so.

Source: USGS / HVO.

Vue de la carte n°1 montrant l’ensemble des zones susceptibles d’être menacées par la lave du Mauna Loa (Source: USGS)

Volcans et risques volcaniques // Volcanoes and volcanic risks

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Bristol et publiée récemment dans le Journal of Applied Volcanology, permet de mieux comprendre les risques volcaniques et la menace des volcans pour ceux qui les fréquentent. L’étude est intitulée: “Volcanic fatalities database: analysis of volcanic threat with distance and victim classification.” – «Base de données sur les accidents mortels sur les volcans: analyse de la menace volcanique en fonction de la distance et classification des victimes».
Un dixième de la population mondiale vit dans des zones potentiellement exposées aux risques volcaniques et plus de 800 millions de personnes vivent à moins de 100 km de volcans actifs.
Entre 1500 et 2017, plus de 278 000 personnes sont mortes sur ou autour des volcans, ce qui correspond à une moyenne d’environ 540 personnes par an.
Les volcans sont source de danger en fonction de la distance, que ce soit en période d’éruption ou lorsque le volcan est calme. Les chercheurs de Bristol ont mis à jour d’anciennes bases de données concernant les décès causés par les volcans. Pour ce faire, ils ont ajouté des événements et inclus des informations sur le lieu des décès en fonction de la distance par rapport au volcan. Le lieu des accidents mortels a été déterminé à partir de rapports officiels, bulletins d’activité volcanique, rapports scientifiques et de récits dans les médias.

On aboutit aux statistiques suivantes :
– Près de la moitié de tous les accidents mortels ont été enregistrés dans un rayon de10 km des volcans, mais il faut aussi noter que certaines victimes se trouvaient jusqu’à 170 km de distance.
– À proximité des volcans (à moins de 5 km), les projections de matériaux comme les bombes volcaniques sont les principales causes de mortalité.
– Les coulées pyroclastiques sont la cause principale de décès à des distances moyennes, de l’ordre de 5 à 15 km.
– Les coulées de boue (lahars), les tsunamis et les retombées de cendre sont les principales causes de décès à de plus grandes distances.
En plus des distances, les chercheurs ont également fourni un classement plus détaillé des victimes que les études précédentes. Alors que la plupart d’entre elles sont des personnes qui vivent sur ou à proximité d’un volcan, plusieurs groupes ont été identifiés comme n’appartenant pas à des régions volcaniques. Il s’agit de touristes, de médias, de personnel d’intervention d’urgence et de scientifiques (principalement des volcanologues).
– 561 accidents mortels ont été enregistrés, principalement lors de petites éruptions ou en période de repos lorsque le volcan n’était pas vraiment en éruption. La plupart de ces décès ont eu lieu près du volcan (à moins de 5 km) ; dans ce cas, les projections de matériaux sont la cause la plus fréquente des décès.
Un exemple récent de décès parmi des touristes a été l’éruption de l’Ontake en 2014 au Japon, lorsque des randonneurs ont été surpris par une éruption soudaine qui a tué 57 d’entre eux.
Il y a quelques semaines, un enfant et ses parents sont morts dans les Champs Phlégréens en Italie, probablement asphyxiés par des gaz mortels lorsque le sol s’est effondré sous leur poids dans une zone interdite d’accès.
– 67 scientifiques (principalement des volcanologues et des personnes qui leur viennent en aide) sont morts, avec plus de 70% d’entre eux à moins de 1 km du sommet du volcan. Cette statistique met en évidence le danger auquel sont confrontés les scientifiques de terrain qui visitent le sommet des volcans actifs.
– Les personnels de prévention et d’intervention en cas de catastrophe, les services militaires et d’urgence venus évacuer, sauver ou retrouver les victimes d’éruptions volcaniques ont malheureusement également perdu la vie, avec 57 décès recensés.
– On enregistre également les décès de 30 journalistes. Ils relataient des éruptions et se trouvaient souvent dans les zones de danger.
Les chercheurs font remarquer que, alors que les volcanologues et le personnel d’intervention d’urgence ont des raisons valables de se trouver dans des zones dangereuses, les risques concernant les autres catégories doivent être soigneusement évalués. Les médias et les touristes auraient intérêt à respecter les zones d’exclusion et suivre les directives des autorités et des observatoires volcanologiques. Les accidents mortels pourraient également être réduits avec des restrictions d’accès appropriées, des mises en garde et une meilleure éducation.
Source: Université de Bristol.

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A new study by University of Bristol researchers, published recently in the Journal of Applied Volcanology, will help increase our understanding of volcanic hazards and the subsequent threat to life. The study is entitled “Volcanic fatalities database: analysis of volcanic threat with distance and victim classification.”

A tenth of the world’s population lives within areas of potential volcanic hazards, and more than 800 million people are living within 100 km of active volcanoes.

Between 1500 and 2017 more than 278,000 people died as a result of volcanic hazards, which corresponds to an average of about 540 people per year.

Volcanoes produce numerous hazards which affect different distances, in both times of eruption and when the volcano is quiet. The Bristol researchers updated previous databases of volcanic fatalities by correcting data, adding events and including information on the location of the fatalities in terms of distance from the volcano. The location of fatal incidents was identified from official reports, volcano activity bulletins, scientific reports and media stories.

– Nearly half of all fatal incidents were recorded within 10 km of volcanoes but fatalities are recorded as far away as 170 km.

– Close to volcanoes (within 5 km) ballistics or volcanic bombs dominate the fatality record.

– Pyroclastic flows are the dominant cause of death at more medial distances (5-15 km).

– Volcanic mudflows (lahars), tsunami and ashfall are the main cause of death at greater distances.

As well as the distances, the researchers were also able to classify the victims in more detail than any previous studies. While most victims were people who live on or near the volcano, several groups were identified as common victims. These were tourists, media, emergency response personnel and scientists (mostly volcanologists).

– 561 tourist fatalities were recorded, mostly during small eruptions or in times of quiescence when the volcano was not actively erupting. Most of these fatalities occurred close to the volcano (within 5 km), with ballistics being the most common cause of death in eruptions.

A recent example of tourist fatalities was the 2014 Ontake eruption in Japan when hikers on the volcano were caught out by a sudden eruption which tragically killed 57 people.

And, just a few weeks ago, a child and his parents died in Campi Flegri in Italy, likely overcome by deadly gases when the ground collapsed beneath them in a restricted area.

– The fatalities of 67 scientists (mostly volcanologists and those supporting their work) were recorded with more than 70 per cent of these within 1 km of the volcano summit, highlighting the danger to field scientists visiting the summit of active volcanoes.

– Disaster prevention and response personnel, military and emergency services working to evacuate, rescue or recover victims of volcanic eruptions have unfortunately also lost their lives, with 57 fatalities of emergency response personnel.

– The deaths of 30 media employees are also recorded; they were reporting on eruptions and were often within the declared danger zones.

The researchers indicate that while volcanologists and emergency response personnel might have valid reasons for their approach into hazardous zones, the benefits and risks must be carefully weighed. The media and tourists should observe exclusion zones and follow direction from the authorities and volcano observatories. Tourist fatalities could be reduced with appropriate access restrictions, warnings and education.

Source : University of Bristol.

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« Volcans et risques volcaniques » est le titre de l’une de mes conférences. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé. Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu ? Sommes-nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent ? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaye de répondre.

Comme indiqué dans la colonne de gauche de ce blog, mon exposé se poursuit avec deux diaporamas (une vingtaine de minutes chacun) en fondu-enchaîné sonorisé destinés à illustrer les deux grands types de volcans. La Java des Volcans conduit le public auprès des volcans gris d’Indonésie tandis que Hawaii le Feu de la Terre fait côtoyer les coulées de lave rouge du Kilauea.

Si votre commune ou votre comité d’entreprise est intéressé, merci de me contacter par courrier électronique (grandpeyc@club-internet.fr) pour définir les modalités de mon intervention.

Vue du Mont Ontake (Japon) dont l’éruption soudaine en 2014 a tué 57 randonneurs (Crédit photo: JMA)