La dernière zone de glace // The Last Ice Area

Le réchauffement climatique réduit de plus en plus la taille et la durée de la glace de mer pendant l’été dans l’Arctique. Les projections scientifiques montrent que c’est au nord du Canada et du Groenland qu’elle résistera le plus longtemps. C’est là que se trouve  « la dernière zone de glace ». Dans les années à venir, elle sera vitale pour les populations dont la vie en dépend. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo qui montre comment la glace de l’Arctique se déplace et change au fil du temps. Une grande partie de la glace la plus ancienne a déjà disparu et ce qui reste – la « dernière zone de glace » – se trouve le long des côtes septentrionales du Canada et du Groenland.
https://youtu.be/8auMIfF50Ng

Le dernier documentaire diffusé par le National Geographic, intitulé The Last Ice, montre à quel point les communautés Inuit du Canada et du Groenland sont touchées par la fonte de la glace de mer dans l’Arctique.
Le village de Pikialasorsuaq est entouré de la «dernière zone de glace», celle qui devrait subsister lorsque toutes les autres auront disparu pendant l’été. La protection de cette zone est essentielle pour les populations qui en dépendent et pour la faune dont la vie, ou plutôt la survie, est tributaire de la glace de mer.
Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète. Les Inuit sont le visage humain du réchauffement climatique. Le drame, c’est que les activités qui génèrent la pollution avec les gaz à effet de serre ne se trouvent pas dans l’Arctique, mais plus au sud, là même où nous vivons, mais les Inuit en subissent les conséquences. Cela démontre à quel point tout est connecté et que si l’on trafique la Nature ou le Climat dans une partie du monde, les conséquences sont universelles.
L’Arctique est également menacé par les ressources naturelles qui se cachent sous la glace, avec les gisements de pétrole et de gaz. La fonte de l’Arctique signifie aussi l’ouverture de voies maritimes plus rapides et l’arrivée du tourisme.

La réalisation du documentaire The Last Ice a débuté en 2015. Au départ, ce devait être un documentaire plus scientifique montrant la faune traditionnelle et la glace de mer, mais l’équipe de tournage s’est rapidement rendue compte que le sujet était beaucoup plus vaste, avec beaucoup d’histoires humaines à raconter.
Le documentaire montre diverses menaces qui pèsent sur la survie des habitants de ces régions, la vie des animaux, le maintien des traditions culturelles, et même l’interdépendance relativement inconnue des habitants du Groenland et du Canada.
Les familles qui vivent dans ces régions depuis plusieurs générations et qui ont assimilé les pratiques traditionnelles transmises par ‘les détenteurs du savoir’ doivent non seulement s’adapter au changement climatique, mais aussi, apprendre à déménager vers une autre région. Ne serait-ce qu’au Nunavut, sept Inuit sur dix sont en situation d’insécurité alimentaire en raison du coût élevé de la vie. En effet, la nourriture doit être expédiée par avion vers ces régions.
La COVID-19 secoue le monde au moment de la sortie de ce documentaire. La pandémie montre que nous avons plus pris à la planète que ce qu’elle est capable de nous fournir. Le film rappelle que nous ne pouvons pas continuer à exploiter ses ressources comme nous l’avons fait jusqu’à présent ; nous n’avons pas besoin du pétrole de l’Arctique, nous devons éliminer progressivement les combustibles fossiles et les remplacer par des énergies renouvelables si nous voulons éviter des catastrophes.

La diffusion du documentaire The Last Ice est prévue en octobre sur le site du National Geographic WILD. Voici la bande-annonce:
https://www.youtube.com/watch?v=qpZdevJEA7I

Source : National Geographic.

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As climate change reduces the size and duration of summer Arctic sea ice, scientific projections show it will last the longest above Canada and Greenland. This is the Last Ice Area. In the coming years, it will be essential as an enduring home for ice-dependent life. This video shows how the Arctic’s oldest ice is moving and changing over time. Much of the oldest ice has already disappeared, and that which remains is found along the northern shores of Canada and Greenland – the Last Ice Area.

https://youtu.be/8auMIfF50Ng

National Geographic’s latest documentary, The Last Ice, tells the harrowing story of how Inuit communities in Canada and Greenland are being impacted by the melting sea ice in the Arctic.

The village of Pikialasorsuaq is surrounded by “last ice area, » which is expected to remain when all other areas with significant summer ice will be gone. Protecting this area is essential for the surrounding communities and the sea ice dependant wildlife.

As I put it several times before, the Arctic is warming twice as fast as the rest of the world. The Inuit are really the human face of global warming, and all the activities that produce all the carbon pollution are not in the Arctic region, they are mostly in a world where we are or farther south, but the Inuit are suffering the consequences. This is one more example of how everything is connected, how everybody is connected and that if you tamper with nature, or the climate, on one part of the world, the consequences are going to be global.

The Arctic is also being threatened by industrial opportunities from oil and gas deposits, the desire for faster shipping routes and tourism through these melting areas of ice. Creating The Last Ice documentary began in 2015. It was initially set to be a more scientific “traditional wildlife and sea-ice” documentary but the team quickly realized that the story was much bigger, with so many interconnected human stories to tell.

The documentary shows a variety of threats to how people in these areas survive, including the lives of animals, maintaining and carrying forward cultural traditions, and even the relatively unknown interconnectedness of the people in Greenland and Canada.

Families who have lived in those regions for many generations and learning traditional practices from the knowledge keepers are having to not only adapt to a changing climate but also, essentially, having to relocate to a whole other area that impacts that knowledge transfer and ability to safely live in your homeland. In Nunavut alone, seven out of 10 Inuit are food insecure due to the high cost of living, because food needs to be shipped to the area by plane.

As COVID-19 sweeps across the globe, coinciding with the release of this documentary, the pandemic shows that “we have taken too much out that the planet is providing for us. The film is a reminder that we cannot continue exploiting the resources of the planet, like we have until now, we do not need oil from the Arctic, we need to phase out fossil fuels and replace them with renewable energies if we are to prevent future disasters.

The Last Ice is expected to broadcast on National Geographic WILD this October. Here is the trailer:

https://www.youtube.com/watch?v=qpZdevJEA7I

Source: National Geographic.

L’étendue de la glace de mer se réduit comme peau de chagrin. Voici la surface qu’elle occupait en septembre 2016. Elle a diminué encore davantage depuis cette date (Source : WWF)

Mike Pence a tout faux ! // Mike Pence was definitely wrong !

Au cours du débat avec Kamala Harris, le vice-président Mike Pence a minimisé et même nié le nombre grandissant d’ouragans et leur impact sur les Etats-Unis. Au vu des données de la NOAA, l’agence responsable du suivi des phénomènes climatiques, il a déclaré: «Il n’y a pas plus d’ouragans aujourd’hui qu’il y a 100 ans.»
Le problème est que la NOAA a un point de vue très différent et que Mike Pence a menti. Le dernier rapport de la National Oceanic and Atmospheric Administration montre que les ouragans qui s’abattent sur les États-Unis sont en passe d’établir un nouveau record en 2020, avec une augmentation significative de leur intensité et de la destruction qu’ils occasionnent
Selon la NOAA, non seulement les États-Unis vont dépasser le nombre annuel d’événements extrêmes enregistré depuis près d’un siècle, mais le total des catastrophes liées au climat cette année – il a causé plus d’un milliard de dollars de dégâts – est déjà en train d’égaler le record de 16 événements établi en 2011 et 2017, avec trois mois à venir en 2020.

Mike Pence a fait sa déclaration mensongère au moment où l’ouragan Delta était sur le point d’impacter la Louisiane. Il s’agit du 10ème ouragan ou cyclone tropical à frapper les États-Unis cette année, ce qui bat un record établi il y a près de 90 ans.
En conclusion, les affirmations de Mike Pence sont totalement fausses. Espérons que les Américains s’en rendront compte lorsqu’ils voteront, mais je n’en suis pas si sûr!
Source: médias américains

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During the debate with Kamala Harris, Vice President Mike Pence downplayed and denied the intensifying barrage of hurricanes pummeling the U.S., citing what he heard from NOAA, the agency responsible for tracking the data. He said: “There are no more hurricanes today than there were 100 years ago.”

The problem is that NOAA holds a very diffrent view and that Mike Pence lied. A new report from the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), shows that hurricanes making landfall in the U.S. are on track to set a new record in 2020, with a notable increase in intensity and destruction.

According to NOAA, not only the U.S. is pacing to pass the annual amount of storms set nearly 100 years ago, but the total of climate-related disasters this year causing more than $1 billion in damage is also already tied with the record of 16 events set in 2011 and 2017, despite three months still left to go in 2020.

Mike Pence made his statement at the moment when Hurricane Delta was about to make landfall in Louisiana. This is the 10th hurricane or tropical cyclone to hit the U.S. this year which breaks a record previously set almost 90 years ago.

In conclusion, Mike Pence was definitely wrong in his assertions. Let’s hope Americans will realise it when they are voting, but I am not so sure!

Source: US news media.

Image satellite montrant l’arrivée de l’ouragan Delta en Louisiane (Source : NOAA)

Venise : le système Mose enfin opérationnel // Venice : Mose system operational, at last

C’est un projet que les Vénitiens n’attendaient plus. Le système Mose (« Moïse » en italien), un vaste ensemble de digues mobiles, a été activé pour la première fois le week-end dernier à Venise. Il a permis d’éviter que la ville et sa célèbre place Saint-Marc soient inondées par l’acqua alta, phénomène de crue rapide qui se produit en cas de fortes intempéries.

L’activation des digues mobiles a eu lieu à 8 h 35 et s’est achevé à 9 h 52. Le résultat de l’opération a été parfaitement visible sur la Place Saint-Marc, qui est restée sèche alors que l’eau de la mer atteignait les 125 centimètres prévus par le Centre des Marées. La montée de la mer vers la lagune a été interrompue avec succès. Ainsi, à Punta della Salute, le niveau de la marée est resté stable entre 70 et 75 centimètres. Autrement dit, l’activation des digues a permis de gagner une cinquantaine de 50 centimètres. Normalement, l’eau serait arrivée à hauteur des genoux sur la Place Saint Marc.

Conçu en 1984 par l’Italien Alberto Scotti, le projet Mose n’a été lancé officiellement qu’en 2003 suite à retards de chantier, des défauts de conception et un scandale de pots-de-vin impliquant le maire de Venise. Surnommé le « barrage maudit », le système a finalement été livré avec dix ans de retard, et un coût total de 5,5 milliards d’euros, soit trois fois plus que le budget initialement prévu.

Ses 58 parois mobiles, réparties sur quatre immenses barrières, doivent permettre de résister à une crue maximale de trois mètres. L’acqua alta est de plus en plus sévère à Venise avec l’accélération du réchauffement climatique et la hausse du niveau des océans. D’après ses concepteurs, le barrage devrait tenir 100 ans s’il est entretenu correctement.

Source : France Info et la presse italienne.

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It is a project that the Venetians no longer expected. The Mose system (« Moses » in Italian), a large set of movable dikes, was first activated last weekend in Venice. It made it possible to prevent the city and its famous Saint Mark’s Square from being flooded by the acqua alta, a phenomenon of rapid flooding which occurs in the event of severe weather.
The activation of the mobile dikes took place at 8:35 am and was completed at 9:52 am The result of the operation was perfectly visible in St. Mark’s Square, which remained dry while the water from the sea reached the 125 centimetres predicted by the Tide Center. The rise of the sea towards the lagoon was successfully interrupted. Thus, in Punta della Salute, the tidal level has remained stable between 70 and 75 centimetres. In other words, the activation of the dikes made it possible to gain about 50 centimetres. Normally, the water would have reached knee height in St. Mark’s Square.
Designed in 1984 by Italian Alberto Scotti, the Mose project was not officially launched until 2003 following construction delays, design flaws and a bribe scandal involving the mayor of Venice. Dubbed the « damn dam », the system was finally delivered ten years late, and a total cost of 5.5 billion euros, three times the budget initially planned.
Its 58 movable walls, spread over four huge barriers, are supposed to be able to withstand a maximum flood of three metres. Acqua alta is getting more and more severe in Venice because of global warming and the rising level of oceans. According to its designers, the dam is expected to last 100 years if maintained properly.
Source: France Info and the Italian press.

Le système Mose et son principe de fonctionnement (Source ; Wikipedia)

Les glaciers à Limoges le 13 octobre 2020 !

Je présenterai le mardi 13 octore 2020 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du changement climatique » dans le cadre de l’UTA de Limoges ( Haute-Vienne. Elle aura lieu à 15 heures à l‘Espace Simone Veil, 7 rue de la Providence.

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont souvent la conséquence du changement climatique.
Lors de ses voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer mon dernier ouvrage « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », avec un CD de 160 photos. Prix de vente : 10 euros.

Photo : C. Grandpey