La menace de l’érosion côtière en France

Les glaciers et la banquise fondent et la dilatation thermique des océans n’arrange rien. Au final, le réchauffement climatique entraîne une hausse rapide du niveau des océans. Elle est même parfois – comme en Nouvelle Zélande – plus rapide que le prévoyaient les scientifiques.

Le site web de la radio France Info explique qu’en France, le gouvernement a publié la liste des 126 communes (métropole et outre-mer) qui devront s’adapter en priorité à l’érosion du littoral. Les maires devront réaliser des cartes du risque de recul du littoral à 30 ans et 100 ans. Une telle carte servira de base à de nouvelles règles d’aménagement du territoire allant jusqu’à des interdictions de construire. La liste actuelle de 126 communes sera révisée au moins tous les neuf ans. La majorité des communes menacées sont situées sur les côtes de l’Atlantique et de la Manche.

Selon les chiffres officiels, 864 communes sont « plus particulièrement vulnérables » aux submersions marines, autrement dit à des phénomènes d’inondation temporaire des zones côtières par la mer. Ce type d’événements est amené à se multiplier, en particulier au moment des tempêtes conjuguées aux grandes marées. La hausse du niveau de la mer provoquée par le réchauffement climatique ne fera qu’exacerber ces événements. Les études montrent que 1,5 million d’habitants vivent dans ces zones inondables littorales.

Dans les zones exposées à l’horizon de 30 ans, les nouvelles constructions seront interdites, mais avec des exceptions pour l’extension de bâtiments existants ou l’installation de services publics et de nouvelles activités économiques nécessitant la proximité immédiate de la mer.

Les zones à l’horizon 100 ans restent constructibles, avec à terme une obligation de démolition quand la menace se rapprochera.

Certains responsables locaux s’interrogent sur les nouvelles contraintes imposées aux plans locaux d’urbanisme et pointent du doigt des questions de financement, sans oublier le problème de dépréciation des biens qui interviendra forcément dans la bande menacée.

La situation actuelle avec la rapidité de la hausse du niveau des océans montre, une fois de plus, la nécessité et de prévoir dès à présent le réaménagement de certaines zones, ce qui inclura forcément la relocalisation de certaines zones habitées. C’est un problème à l’ordre du jour dans la région de Lacanau (Gironde).

En cliquant sur ce lien, vous verrez un document très intéressant qui accompagne le reportage de France Info:

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/montee-des-eaux/en-france-la-crise-climatique-est-la-immersion-dans-ces-villes-menacees-par-la-monteedeseaux.html

 

Carte montrant les zones menacées par la montée des eaux

L’immeuble ‘Le Signal’ à Soulac-sur-Mer (Gironde) a dû être vidé de ses habitants (Photo: C. Grandpey)

Erosion de la falaise à Talmont -sur-Gironde (Photo: C. Grandpey)

Enrochements à Lacanau (Gironde) et Le Prêcheur (Martinique) : de fragiles remparts contre l’action des vagues (Photos: C. Grandpey)

Urgence climatique (suite)

Le dimanche 8 mai s’est ouverte à Tromsø (Norvège) la conférence annuelle « Artic Frontiers » qui permet à la communauté scientifique de se réunir, avec pour thème les enjeux arctiques. On le sait, cette région est menacée par le réchauffement climatique, avec une élévation des températures qui y est trois fois plus importante que dans le reste du monde ! Il y aussi une menace environnementale car les énergies fossiles continuent d’y être extraites. Le plus inquiétant, ce sont les perspectives de dérouter le commerce mondial et d’éviter Suez et Panama, en empruntant les Passages du Nord-Est et du Nord-Ouest qui deviennent accessibles aujourd’hui avec la fonte de la glace de mer. L’Arctique est également au coeur d’un enjeu politique, avec la Russie qui obtient 20% de son PIB par les hydrocarbures et les minerais, sans oublier l’OTAN et les Etats-Unis.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, le Conseil de l’Arctique, qui est une sorte de gouvernance des huit pays de l’Arctique, a suspendu tous ses travaux. Logique; c’est la Russie qui assure a présidence de ce conseil. Il y a pourtant urgence à agir. Le GIEC n’arrête pas de tirer la sonnette d’alarme. En 2100, il y aura au moins un mètre d’élévation du niveau de la mer. Près de 1 milliard de personnes auront les pieds et le corps dans l’eau. Ce que l’on dit moins, c’est qu’en Antarctique la fonte de la glace est aussi extrêmement inquiétante. Il y a un mois et demi, dans la station française de Concordia, la température était de 35 degrés Celsius supérieure à celle de 2021, à la même heure et au même jour. La fonte des glaciers de l’Antarctique s’annonce dramatique. Si les prévisions se confirment, on ne parlera plus d’un mètre d’élévation du niveau de la mer en 2100, mais de 2 mètres, avec 2-3 milliards de personnes impactées.

La guerre en Ukraine et la Présidentielle l’ont occulté, mais la France a présenté début avril sa stratégie polaire à horizon 2030. Le Premier ministre l’a validée avec 700 millions d’euros de financement alloués jusqu’en 2030. Par le biais d’un conseil interministériel, présidé par le Premier ministre, la France va financer la restauration de nos stations en Antarctique, mais aussi le développement en Arctique d’une station au Groenland. Le gouvernement va aussi financer le projet Polar Pod de Jean-Louis Etienne dans l’océan Austral, ainsi que Tara en Arctique, qui va devenir une station dérivante pendant dix ans. De plus, la France va mettre en place des moyens pour financer un brise-glace.

Source: France Info.

C’est bien, mais il ne faudrait pas que nous soyons le seul pays à prendre de telles mesures. Je ne cesse de le répéter, le réchauffement climatique est un enjeu global et seules des mesures prises à l’échelle de la planète permettront d’éviter la catastrophe qui se profile à l’horizon.

°°°°°°°°°°

Un nouvel événement inquiétant montre l’urgence climatique et la nécessité de ralentir la fonte de la banquise et des glaciers. Le 7 mai 2022, la fonte du glacier Shishaper au Pakistan a provoqué une crue glaciaire qui a emporté le pont Hassanabad à Hunza sur l’autoroute qui relie le Pakistan et la Chine. La fonte du glacier a été provoquée par la vague de chaleur qui affecte actuellement la région. La crue glaciaire a endommagea le pont et rendu la circulation impossible. Les touristes et les riverains ont toutefois pu emprunter des itinéraires alternatifs. L’approvisionnement en vivres et en carburant a également été assuré ainsi que l’acheminement des vivres pour les familles sinistrées.
Deux centrales électriques à Hassanabad ont également été emportées par les torrents de boue.

Source : presse internationale.

Photo : C. Grandpey

Le Passage du Nord-Est et ses avantages évidents

Réchauffement climatique et incendies dans le Sud-Ouest des États Unis // Global warming and wildfires in the U.S. Southwest

Le Nouveau-Mexique et l’Arizona font face à une saison d’ incendies de végétation particulièrement précoce. Des villages ont été réduits en cendres et les conséquences sont si catastrophiques que le président Joe Biden a publié une déclaration de catastrophe naturelle pour le Nouveau-Mexique. Plus de 600 incendies se sont déclarés dans les deux États début mai. Ils ont ravagé des centaines de maisons près de Ruidoso et de Las Vegas au Nouveau-Mexique, et près de Flagstaff dans l’Arizona.
Historiquement, la saison des incendies dans le Sud-Ouest des Etats Unis ne s’accélère pas avant la fin mai ou juin, car les combustibles qui les provoquent ne se sont pas encore complètement asséchés. Le réchauffement climatique est largement responsable de la précocité des incendies en 2022. À mesure que les températures augmentent, la neige fond plus rapidement, plus d’eau s’évapore dans l’atmosphère et la végétation se dessèche plus tôt dans la saison. Malheureusement, cette précocité de la saison des incendies coïncide également avec l’arrivée des vents forts qui peuvent entraîner leur développement rapide.
En 2022, il y a beaucoup de végétation susceptible d’alimenter les incendies. Au cours de l’été 2021, le Sud-Ouest a connu une saison de mousson exceptionnelle qui a laissé derrière elle des collines verdoyantes et beaucoup de végétation. À présent, cette végétation s’est desséchée, laissant beaucoup de biomasse en mesure des déclencher un incendie.
Comme indiqué précédemment, le réchauffement climatique est en grande partie responsable des incendies de forêt dans le Sud-Ouest où il a entraîné des conditions plus chaudes et plus sèches. Un effet immédiat est l’allongement de la saison des incendies. Ils commencent maintenant en mars et avril. De plus, si le Sud-Ouest ne connaît pas une bonne mousson d’été, la saison des incendies ne s’arrêtera pas vraiment tant que la région ne recevra pas d’importantes précipitations sous forme de pluie ou de neige en automne et en hiver. Cela signifie plus de stress sur les services de lutte contre les incendies et plus de stress sur les zones habitées confrontées au feu, à la fumée et aux évacuations.
À mesure que la saison des incendies s’allonge, les États sont également confrontés à de plus en plus de foyers causés par des activités humaines, telles que des feux d’artifice, des étincelles provenant de véhicules ou d’équipements et des lignes électriques.
Une autre conséquence de ces incendies de végétation de plus en plus fréquents doit être prise en compte. En effet, ils peuvent transformer les écosystèmes à mesure qu’ils se propagent et atteignent d’autres écosystèmes. Une partie du problème réside dans les graminées envahissantes qui se propagent rapidement et brûlent facilement. De plus en plus d’herbes invasives poussent maintenant dans les zones désertiques, ce qui les rend plus sujettes aux incendies de végétation.
S’agissant des mesures à prendre pour éviter que des incendies de grande ampleur se reproduisent à l’avenir, les experts disent que les gens devront accepter leur inévitabilité. Provoquer davantage de feux sous contrôle pour éliminer leur source potentielle est un moyen efficace de réduire la probabilité de très gros incendies destructeurs. Les propriétaires peuvent également être mieux préparés à vivre avec les incendies. Cela signifie entretenir les abords des maisons afin qu’ils soient moins susceptibles de brûler. Cela signifie aussi être prêt à évacuer en cas d’urgence.
Source : The Conversation, Yahoo Actualités.

——————————————

New Mexico and Arizona are facing a dangerously early fire season. It has left neighbourhoods in ashes and is having such devastating effects that President Joe Biden issued a disaster declaration for New Mexico. Over 600 fires had broken out in the two states by early May, and large wildfires had burned through hundreds of homes near Ruidoso and Las Vegas, New Mexico, and Flagstaff, Arizona.

Historically, the fire season in the Southwest didn’t ramp up until late May or June, because fuels that carry fires didn’t fully dry out until then. The earlier fire season in 2022 is partly due to the warming climate. As temperatures rise, the snow melts more rapidly, more water evaporates into the atmosphere and the grasses and other fuels dry out earlier in the season. Unfortunately, the earlier timing also coincides with the region experiencing strong winds that can drive rapid fire growth.

In 2022, there is a lot of fuel to burn. In the summer 2021, the Southwest had an exceptional monsoon season that left green hillsides and lots of vegetation. By now the vegetation that established during the monsoon have dried out, leaving a lot of biomass that can carry a fire.

Global warming is largely responsible for the wildfires in the Southwest where it has meant warmer, drier conditions. One immediate effect is the lengthening of the fire season. Fires are now starting in March and April. And if the Southwest doesn’t get a good summer monsoon, fire season won’t really stop until the region gets significant rainfall or snowfall in fall and winter. That means more stress on firefighting resources, and more stress on communities facing fire, smoke and evacuations.

As fire season lengthens, states are also seeing more fires caused by human activities, such as fireworks, sparks from vehicles or equipment, and power lines.

The wildfires can also transform ecosystems as they are spreading farther, and into different ecosystems. Part of the problem is invasive grasses that spread quickly and burn easily. A lot of grass is now growing in those desert systems, making them more prone to wildfire.

Concerning what can be done to avoid high fire risk in the future, experts say that people will have to recognize that fire is inevitable. Conducting more prescribed fires to clear out potential fuel is one important way to lessen the probability of really big, destructive blazes. Homeowners can also be better prepared to live with fires. That means maintaining yards and homes by removing debris so they’re less likely to burn. It also means being prepared to evacuate.

Source: The Conversation, Yahoo News.

Incendies de végétation au Nouveau-Mexique début mai 2022 (Source; NASA)

La crise de l’eau dans l’Ouest des Etats-Unis // The water crisis in Western U.S.

Dans une note rédigée le 20 août 2021, j’écrivais que l’Ouest des États-Unis traversait une sécheresse très sévère, avec la crise de l’eau la plus intense de son histoire. Le plus grand réservoir du pays se vidait rapidement. Le lac Mead enregistrait son niveau le plus bas depuis son remplissage dans les années 1930. J’ajoutais que des dizaines de millions de personnes seraient affectées dans les années et décennies à venir par le manque d’eau du fleuve Colorado. Certaines zones habitées seraient obligées de subir de douloureuses coupures d’eau. J’expliquais que même sans le réchauffement climatique, la région serait confrontée à des problèmes car elle prélève plus d’eau que la rivière ne peut en fournir, mais le changement climatique a aggravé le problème en réduisant considérablement le débit du fleuve.
Malheureusement, la situation n’a pas changé en 2022 et les médias américains rappellent que le niveau d’eau du la Powell et du lac Mead, le plus grand réservoir artificiel des États-Unis, est au plus bas depuis la construction du barrage Hoover dans les années 1930. Les deux lacs fonctionnent en relation l’un avec l’autre; ce qui se passe sur l’un a des effets sur l’autre.
En avril 2022, le niveau du lac Mead a continué de chuter. il se trouve à environ 30% de sa capacité et une ancienne vanne de captage se trouve désormais à l’air libre. À capacité maximale, le lac se situe à 390 m d’altitude. Le 27 avril, il se trouvait à 317 m d’altitude. Le même jour, en raison de la baisse du niveau d’eau du lac, la Southern Nevada Water Authority a activé une nouvelle station de pompage construite en avril afin que l’État puisse continuer à approvisionner la population. Le danger est que si le niveau du lac tombe en dessous de 269 m d'(altitude, le barrage Hoover ne pourra plus envoyer d’eau en aval vers la Californie, l’Arizona et le Mexique.
Le Metropolitan Water District de Californie du Sud vient d’imposer des restrictions à environ 6 millions de clients à partir du 1er juin 2022 en raison du manque d’eau dans le lac Mead et le fleuve Colorado. Les restrictions interdisent aux habitants d’arroser les pelouses et les plantes plus d’un jour par semaine.
À la mi-avril, sept États de l’Ouest des Etats-Unis qui dépendent du fleuve Colorado pour leur alimentation en eau ont accepté une recommandation du ministère de l’Intérieur leur demandant de mettre en œuvre des mesures de conservation comme celles mises en place dans le sud de la Californie. Alors que des États comme celui de Washington ont enregistré suffisamment de précipitations cet hiver pour atténuer les conditions de sécheresse, des régions comme l’Arizona, la Californie, le Nevada, le Nouveau-Mexique et le Colorado continuent de connaître une sécheresse extrême. Et nous ne sommes qu’au mois d’avril. L’été risque d’être difficile dans l’Ouest des Etats Unis.
Source : médias d’information américains.

——————————————

In a post written on August 20th, 2021, I wrote that western U.S.A. was going through a very severe drought and the most intense water crisis of its history. The nation’s largest reservoir was draining rapidly. Lake Mead was registering its lowest level since the reservoir was filled in the 1930s. I added that tens of millions of people would be affected in the coming years and decades by the Colorado River shortage alone, with some being forced to make painful water cuts. I also explained that even without climate change, the region would have a problem because it is taking more water out than the river could provide, but climate change has made the problem much worse by substantially reducing the flow in the river.

Unfortunately, the situation has not changed in 2022 and U.S. news media warn that water levels in Lake Powell and Lake Mead, the largest man-made reservoir in the U.S. are at their lowest since the construction of the Hoover Dam in the 1930s. It should be known that both lakes operate “conjunctively,” which means that the operations of one affect the other.

In April 2022, the water level in Lake Mead has continued to plummet, leaving it at roughly 30% of capacity and exposing the top of an old intake valve. At maximum capacity, the lake sits at 390 m above sea level. On April 27th it was measured at 317 m above sea level. On the same day, as a result of the lake’s falling water level, the Southern Nevada Water Authority activated a new low-lake-level pumping station completed in April so the state will continue to be able to supply residents with water. The danger is that if the lake’s elevation falls below 269 m, the Hoover Dam will no longer be able to release water downstream to California, Arizona, and Mexico.

The Metropolitan Water District of Southern California has just issued restrictions on roughly 6 million customers that are set to begin on June 1st due to water shortages in Lake Mead and the Colorado River. The restrictions prohibit residents from watering lawns and plants more than one day per week.

By mid-April, seven Western states that rely on the Colorado River for water agreed with a recommendation by the Department of the Interior requesting that they implement conservation measures like the ones put in place in Southern California. While states like Washington saw sufficient rainfall this winter to alleviate drought conditions, portions of states like Arizona, California, Nevada, New Mexico and Colorado continue to experience extreme drought. We are only in April. Summer is likely to be difficult in Western U.S.

Source: U.S. news media.

Photos : C. Grandpey