Fonte des petits glaciers (2): le Glacier de St Sorlin (Savoie)

Les petits glaciers des Alpes et des Pyrénées sont ceux qui souffrent le plus du réchauffement climatique. En octobre 2019, France Bleu a diffusé sur son site Web un intéressant reportage sur le Glacier de Sain-Sorlin d’Arves qui appartient à cette catégorie.

Situé dans dans les Grandes Rousses, le glacier de St Sorlin d’Arves est facilement accessible à partir du col de la Croix de Fer, un des grands cols alpins que j’ai grimpé à vélo quand mes jambes avaient quelques décennies de moins. Le problème avec ce glacier, aussi appelé Glacier de l’Etendard, c’est qu’il subit les assauts du réchauffement climatique et connaît une fonte inexorable.

Les glaciologues mesurent avec précision ce déclin depuis plus de 60 ans. Les premières mesures remontent à 1957. Saint-Sorlin fait partie des six glaciers des Alpes françaises placés sous étroite surveillance scientifique depuis plusieurs décennies. C’est le cas d’Argentière et de la Mer de Glace dans le massif du Mont-Blanc, de Gebroulaz en Vanoise, du Glacier Blanc dans les Écrins. Quant au Glacier de Sarenne, à l’Alpe d’Huez, il n’aura bientôt plus besoin d’être étudié. Sa mort est proche car il fond de 4 mètres par an.

Les glaciologues de l’Institut des géosciences de l’environnement de Grenoble (IGE) , sont en charge des mesures de quatre de ces 6 glaciers. Celui de Saint-Sorlin s’étend sur 2,8 km entre 2.600 et 3.400 mètres d’altitude.

Depuis 2003 le glacier de Saint-Sorlin perd en moyenne 2,20 mètres d’épaisseur par an. En octobre 2019, on recensait une ablation de 5,30 mètres en un an. vers 2.750 mètres d’altitude. Le bas du glacier fond plus vite que le haut, mais en moyenne, sur toute sa surface, le Saint-Sorlin perd en moyenne 2,20 mètres d’épaisseur par an depuis 2003. On  observe une accélération dans cette perte de masse depuis les années 2000.

Selon les glaciologues, ce déclin est à mettre en relation avec l’évolution du climat; la hausse des températures rabote peu à peu le glacier. La santé d’un glacier dépend de deux facteurs: l’accumulation de neige pendant l’hiver et le niveau du thermomètre pendant l’été. Or, la zone d’accumulation, là où l’accumulation de neige donne naissance au glacier, est de plus en plus haute avec la hausse des températures.

Selon les données de Météo France, la température à l’Alpe d’Huez à 1.860 mètres d’altitude n’avait jamais atteint les 25 degrés. En 2019, le thermomètre a dépassé cette valeur à 11 reprises! Les glaciers sont particulièrement sensibles à cet emballement. Comme le fait remarquer un glaciologue: « Quand en plaine on est en période de canicule avec des températures de 32 à 35 degrés Celsius, à 2 500 mètres d’altitude on a une fonte de 10 centimètres par jour. »

Il arrive que l’accumulation de neige au cours de l’hiver soit plus favorable pour les glaciers, mais si les températures estivales sont trop chaudes, cette accumulation de neige hivernale ne sert à rien et le glacier fond de plus belle. Au final, pour le glacier Saint-Sorlin, 2019 a été parmi les années les plus déficitaires après 2003 et 2015. À ce rythme, il ne lui reste plus que quelques décennies à vivre. On estime qu’en 2080 il n’y aura plus de glacier de Saint-Sorlin.

Source: France Bleu.

Le Glacier de St Sorlin en août 2019 (Crédit photo: Delphine Six)

Nouvelles alertes climatiques

Si vous avez encore des doutes sur l’existence du réchauffement climatique, voici quelques événements qui devraient vous faire réfléchir.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, des incendies gigantesques continuent à ravager la Californie. Le plus inquiétant en ce moment est le Caldor Fire. Il dévaste la région depuis plus de deux semaines. Le 30 août, les flammes menaçaient la rive sud du lac Tahoe – South Lake Tahoe – une zone très touristique, et des milliers de personnes ont reçu l’ordre d’évacuer. Le feu a déjà parcouru plus de 700 km2, détruisant plusieurs centaines de bâtiments et dégageant d’épaisses

Le Caldor Fire n’est qu’un incendie parmi des dizaines d’autres qui ravagent l’ouest des Etats Unis, en proie à une sécheresse aggravée par les effets du changement climatique. Plus de 7 000 km2 de végétation ont déjà brûlé. Des dizaines de milliers d’habitants ont dû fuir les flammes, souvent sans savoir quand ils pourront revenir ni même s’ils retrouveront leurs habitations.

Les autorités californiennes viennent d’informer le public que toutes les forêts nationales de l’État seront fermées à partir du 1er septembre 2021. Les fermetures resteront en place jusqu’au 17 septembre 2021. Les autorités expliquent qu’elles veulent réduire le nombre de visiteurs de ces forêts pour empêcher quiconque d’être piégé dans un incendie. Le fait d’avoir moins de personnes dans ces lieux diminuera la probabilité de nouveaux incendies et contribuera à assurer la sécurité des pompiers et de la société en général en limitant l’exposition au COVID-19.

L’été 2021 aura été marqué une nouvelle fois par des vagues de chaleur, notamment dans le nord de l’Europe et en Scandinavie où les températures ont flirté avec 35 degrés. En Europe, le record de température a été battu par l’Italie et plus précisément par la Sicile, dans la petite ville de Floridia, à une dizaine de kilomètres de Syracuse, où le mercure a atteint 48,8°C le 11 août 2021. Le record vient d’être officiellement homologué.

Au-delà de cette température extrême, ce qui inquiète les agriculteurs, c’est l’impact de cette chaleur sur les agrumes. Cette partie de la Sicile est une terre d’orangers et de citronniers. Pour que les récoltes soient bonnes, il faut de temps en temps de la pluie et une chaleur qui n’atteint pas un tel niveau. Cette année, les récoltes sont quasiment anéanties.

Ces événements devraient alerter gouvernements et populations, mais on a vraiment l’impression que tout le monde s’en fiche. Ah, j’oubliais, Messi est arrivé au Paris St Germain. Il y a des priorités dans la vie….

Carte montant l’étendue du Caldor Fire en Californie, avec au nord la rive sud du lac Tahoe

Réchauffement climatique aux Etats Unis: Californie et Louisiane

Le réchauffement climatique continue à faire des ravages aux Etats Unis. Alors que la température est relativement fraîche en France pour une fin août, la Californie continue de connaître une sévère vague de chaleur et de sécheresse, avec de gigantesques incendies. Au total 90 sont recensés à travers les Etats Unis,,mais ceux de Californie sont les plus ravageurs. Dans cet Etat, les flammes ont détruit 2000 structures et entraîné l’évacuation de milliers de personnes. Plus de 15 000 pompiers sont actuellement mobilisés pour essayer de freiner des incendies de végétation comme le Dixie Fire, le French Fire ou le Calfor Fire près du lac Tahoe qui sont encore loin d’être contenus.

En Louisiane, c’est l’ouragan Ida qui fait peur. Comme l’expliquait un météorologue hier sur France Info, son intensité et sa violence sont exacerbées par la température de plus en plus élevée des eaux de surface dans le Golfe du Mexique où il pompe son énergie. Il est encore trop tôt pour dresser un bilan, mais on sait que la Nouvelle Orléans a été privée de courant et que de nombreuses zones ont été inondées, malgré les infrastructures mises en place depuis le passage de l’ouragan Katrina. Ida a provoqué un phénomène incroyable: les vents d’une extrême violence ont fait reculer les eaux du Mississipi comme on peut le voir sur ce marégraphe.

Source: USGS

Ida vu depuis l’ISS

Réchauffement climatique: la cause de la sécheresse au Chili // Global warming: the cause of the drought in Chile

Une note publiée sur ce blog le 13 août 2021 s’accompagnait de deux images satellites montrant le déficit de neige sur la Cordillère Andes en 2021. De nombreux sommets de la célèbre chaîne de montagne qui longe la bordure occidentale du continent sud-américain, ont peu de neige ou pas du tout. Les niveaux de précipitations actuels pour l’ensemble de la Cordillère des Andes confirment qu’il n’a pas neigé du tout ou très peu. Comme c’est en ce moment l’hiver dans l’hémisphère sud; les Andes devraient connaître des chutes de neige abondantes, mais ce n’est pas le cas.

Une étude publiée le 26 août 2021 dans le Journal of Climate explique qu’une poche d’eau chaude dans le Pacifique sud provoque depuis une dizaine d’années une mégasécheresse au Chili, et que le réchauffement climatique est en grande partie responsable de cette situation.
Cette poche d’eau chaude – le « Southern Blob » comme l’appellent les Anglo-saxons – se trouve à l’est de la Nouvelle-Zélande et génère des conditions climatiques chaudes et sèches au Chili, avec la fonte des calottes de neige et de glace sur les Andes, l’assèchement des réservoirs d’eau et la triste transformation de paysages autrefois luxuriants. En 2021, les autorités chiliennes ont été contraintes de transporter de l’eau par camion pour alimenter quelque 400 000 personnes vivant dans les zones rurales.
Les chercheurs ont découvert que le changement climatique d’origine anthropique est en grande partie responsable de la poche d’eau chaude dans le Pacifique et de la sécheresse qui s’ensuit. La variabilité naturelle des températures océaniques et atmosphériques a probablement joué un rôle elle aussi.
Cette gigantesque poche d’eau chaude – plus vaste que la zone continentale des États-Unis – présente actuellement une température supérieure de 1,5°C à ce qu’elle était il y a 40 ans. Il faut tout de même remarquer que les zones de l’océan situées à proximité se sont réchauffées beaucoup plus lentement pendant la même période, de seulement 0,2°C à 1°C.
La chaleur de cette poche d’eau réchauffe l’air directement au-dessus d’elle et les vents transportent l’air chaud vers le Chili. Cela a un impact sur la pression atmosphérique , affecte les précipitations et entraîne des conditions sèches au Chili.
La mégasécheresse actuelle persiste au Chili depuis 2010. Certains scientifiques et hommes politiques ont commencé à mettre en garde contre de possibles pénuries d’eau à long terme dans le centre du pays, région de vignobles et de fermes.
On sait que les poches d’eau chaude dans l’océan apparaissent régulièrement, puis se dissipent en quelques années. Toutefois, la durée et l’intensité de réchauffement de la poche d’eau dans le Pacifique sud dépassent largement ce qui pourrait se produire naturellement. Les scientifiques expliquent que des recherches supplémentaires seront nécessaires pour déterminer exactement le rôle joué par le réchauffement climatique dans ce phénomène, mais les résultats sont préoccupants.
Le fait qu’une bande d’eau chaude qui ‘étend sur plus de 8 millions de kilomètres puisse avoir un impact sur des conditions climatiques au Chili, donc à des milliers de kilomètres, montre à quel point le réchauffement climatique affectera notre planète.
Source : Yahoo News.

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A post released on August 13th, 2021 was illustrated by two satellite images showing the lack of snow in the Andes in 2021 compared with 2020. Many peaks in the famed range, which runs along the South American continent’s western edge, have either sparse snow or totally bare ground. The current precipitation levels for the entire Cordillera Andes range show that it has either not snowed at all or has snowed very little. Because it’s winter in the Southern Hemisphere, the mountain range should be seeing peak snowfall.

A study published on August 26th, 2021 in the Journal of Climate explains that a blob of warm water in the southern Pacific is fueling a decade-long megadrought in Chile, and climate change is largely to blame.

The « Southern Blob » east of New Zealand is driving hot and dry conditions in Chile, with snow caps melting on the Andes, reservoirs running low and once-lush landscapes withered. Chilean authorities in 2021 were forced to truck water to some 400,000 people living in rural areas.

Researchers have found that human-driven climate change is largely behind the blob, and the ensuing drought. Natural variability in ocean and atmospheric temperatures also played a role.

That massive blob – wider than the continental United States – is now 1.5°C warmer than it was 40 years ago. Areas of nearby ocean, however, have warmed much more slowly during that time, and are just 0.2°C to 1°C warmer.

The heat from the blob warms the air directly above it and winds carry the heated air toward Chile. This impacts pressure trends, affecting rainfall and resulting in dry conditions in Chile.

The current megadrought has persisted in Chile since 2010. Some scientists and politicians have begun warning of possible long-term water shortages in the central region, home to vineyards and farms.

Ocean blobs are known to regularly occur, dissipating within a couple of years. But the Southern blob’s prolonged and pronounced rate of warming is beyond what might occur naturally.The scientists say more research is needed to determine exactly how much of a role climate change is playing in this phenomenon, but the findings are cause for worry.

The fact that a swathe of warm water, even one spanning more than 8 million kilometres, could impact conditions thousands of kilometres away in Chile shows how broadly climate change will affect the planet.

Source: Yahoo News.

Enneigement de la Cordillère des Andes au ceur de l’hiver austral 2020 et 2021 (Source: Copernicus)