La fraîcheur de la Vallée de la Mort…

Dans une note précédente, j’évoquais le coup de chaleur subi les 10 et 11 juillet 2020 par la Vallée de la Mort, ainsi que la fournaise que j’avais dû affronter lors de ma première visite dans le parc national en 2013.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est dans la Vallée de la Mort que j’ai rencontré les températures les plus « fraîches » en 2017, lors de mon dernier voyage dans le sud-ouest des Etats-Unis où je voulais visiter les zones désertiques avec leurs cactus qui, tels des candélabres, dressent leurs branches vers le ciel.

Il faisait très chaud dans l’Arizona et le thermomètre oscillait entre une quarantaine de degrés la journée et 35°C pendant la nuit. Je me disais que la Vallée de la Mort allait de nouveau être une sacrée épreuve, comme en 2013. Que nenni ! A Badwater, le point le plus bas de la Vallée, le thermomètre de la voiture montrait 24°C, avec une légère brise fort agréable. J’ai profité de cette température très agréable pour aller parcourir tranquillement ce lieu hors du commun, avec une longue halte dans la zone volcanique de l’Ubehebe dans le nord du Parc…

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Des cactus de l’Arizona aux volcans de la Vallée de la Mort…

Photos : C. Grandpey

 

Meteor Crater (Arizona)

Situé à environ 60 km à l’est de Flagstaff en Arizona, « Meteor Crater » est le cratère d’impact laissé par une météorite. Le nom lui a été donné en référence au bureau de poste de Meteor situé à proximité. Le site était autrefois connu sous le nom de « Canyon Diablo Crater » et des fragments de la météorite sont officiellement appelés  « Canyon Diablo Meteorite ». Les scientifiques préfèrent l’appeler « Cratère Barringer » en l’honneur de Daniel Barringer, qui a été le premier à affirmer qu’il avait été créé par la chute d’une météorite. Aujourd’hui, le cratère est la propriété privée de la famille Barringer qui le gère via la Barringer Crater Company. Malgré son importance géologique, le cratère n’est pas un Monument National et il faut payer pour le visiter.

Meteor Crater se trouve à 1 740 mètres d’altitude. Il a environ 1 200 mètres de diamètre, 170 mètres de profondeur, et est entouré d’un rebord qui s’élève à 45 mètres au-dessus des plaines environnantes et qui est parfaitement visible depuis la route d’accès au site.
L’âge de Meteor Crater a été estimé à environ 50 000 ans, époque du Pléistocène où le climat sur le Plateau du Colorado était beaucoup plus frais et plus humide qu’aujourd’hui.
Depuis la formation du cratère, on pense que son rebord a perdu 15-20 mètres de hauteur en raison de l’érosion naturelle. De même, on pense que le fond du cratère a reçu une trentaine de mètres d’épaisseur de sédiments lacustres et autres alluvions. Ces processus d’érosion sont la raison pour laquelle très peu de cratères d’impact de météorites sont visibles sur Terre car beaucoup ont été effacés par ces processus géologiques. L’âge relativement jeune de Meteor Crater, s’ajoutant au climat sec de l’Arizona, a permis à ce cratère de rester presque intact depuis sa formation.
Meteor Crater a été formé par l’impact d’une météorite composée de nickel et de fer d’environ 50 mètres de diamètre. La vitesse au moment de l’impact a fait l’objet d’un débat. La modélisation a initialement suggéré que la météorite était arrivée à une vitesse de 20 kilomètres par seconde, mais des recherches plus récentes laissent supposer que la vitesse d’impact a été plus lente, à 12,8 kilomètres par seconde. L’énergie émise a été estimée à environ 10 mégatonnes.

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S’agissant des impacts de météorites, le site le plus célèbre en France se trouve à Rochechouart, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Limoges (Haute Vienne). L’astroblème de Rochechouart-Chassenon, aussi surnommé « la météorite de Rochechouart », est un ensemble de marques laissées par l’impact d’un astéroïde tombé il y a environ 200 millions d’années.

À cette époque, un astéroïde d’un kilomètre et demi de diamètre percuta la Terre à une vitesse d’environ vingt kilomètres par seconde, au lieu-dit de la Judie, dans la commune de Pressignac en Charente. Il laissa un cratère d’au moins 21 kilomètres de diamètre, et détruisit tout à plus de 100 kilomètres à la ronde. L’impact a modifié les roches du sous-sol sur plus de 5 kilomètres de profondeur.

Depuis, l’érosion a complètement effacé toute trace dans le relief. Par contre, le sous-sol conserve de nombreuses brèches. Elles ont été utilisées pour la construction des monuments gallo-romains, comme les thermes de Chassenon, ainsi que des habitations dans toute la région. Il suffit de regarder les murs des maisons de Rochecouart et des villages environnants pour s’en rendre compte. Ces roches vacuolées ressemblent à celles que l’on peut observer sur les parois internes de Meteor Crater.

L’astroblème de Rochechouart est la première structure d’impact terrestre à avoir été découverte uniquement par l’observation des effets du choc sur les roches alors qu’aucune structure topographique circulaire n’est identifiable.

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Located about 60 km est of Flagstaff in Arizona, Meteor Crater is a meteorite impact crater. It acquired the name of « Meteor Crater » from the nearby post office named Meteor. The site was formerly known as the Canyon Diablo Crater and fragments of the meteorite are officially called the Canyon Diablo Meteorite. Scientists refer to the crater as Barringer Crater in honour of Daniel Barringer, who was first to suggest that it was produced by meteorite impact. The crater is privately owned by the Barringer family through their Barringer Crater Company. Despite its importance as a geological site, the crater is not protected as a national monument, a status that would require federal ownership.

Meteor Crater lies at an elevation of about 1,740 metres above sea level. It is about 1,200 metres in diameter, some 170 metres deep, and is surrounded by a rim that rises 45 metres above the surrounding plains.

Meteor Crater was created about 50,000 years ago during the Pleistocene epoch, when the local climate on the Colorado Plateau was much cooler and damper than today.

Since the crater’s formation, the rim is thought to have lost 15–20 metres of height at the rim crest due to natural erosion. Similarly, the basin of the crater is thought to have approximately 30 metres of additional post-impact sedimentation from lake sediments and of alluvium. These erosion processes are the reason why very few remaining craters are visible on Earth, since many have been erased by these geological processes. The relatively young age of Meteor Crater, paired with the Arizona climate, have allowed this crater to remain almost unchanged since its formation.

The object that excavated the crater was a nickel-iron meteorite about 50 metres across. The speed of the impact has been a subject of some debate. Modeling initially suggested that the meteorite struck at up to 20 kilometres per second but more recent research suggests the impact was substantially slower, at 12.8 kilometres per second. Impact energy has been estimated at about 10 megatons. The meteorite was mostly vaporized upon impact, leaving little remains in the crater.

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As far as the impacts of meteorites are concerned, the most famous site in France is in Rochechouart, about fifty kilometres west of Limoges (Haute Vienne). The Rochechouart-Chassenon astrobleme, also known as the Rochechouart meteorite, is a set of marks left by the impact of an asteroid fallen some 200 million years ago.
By that time, an asteroid a kilometre and a half in diameter struck the Earth at a speed of about twenty kilometres per second at Judie, in the commune of Pressignac in the Charente. It left a crater at least 21 kilometres in diameter, and destroyed everything more than 100 kilometres around. The impact modified the rocks of the subsoil over more than 5 kilometres deep.
Since then, erosion has completely erased all trace in the relief. However, the subsoil retains many breccias which are fractured rocks. They have  been used for the construction of Gallo-Roman monuments, such as the Chassenon thermal baths, as well as dwellings and monuments throughout the region. Just look at the walls of the houses of Rochecouart and the surrounding villages to realize it! These vacuolated rocks resemble those seen on the internal walls of Meteor Crater.
Rochechouart’s astrobleme is the first land impact structure to have been discovered solely by observing the effects of shock on rocks, while no circular topographic structure is identifiable.

Photos: C. Grandpey

Le sud de l’Arizona / South Arizona : 2) Or, argent et cuivre / Gold, silver and copper

Durant environ 30 millions d’années, les roches du sud de l’Arizona se sont soulevées suite à la collision entre la plaque nord-américaine et une plaque tectonique océanique. À cette époque, la zone de Tucson fut sujette à des éruptions volcaniques. C’est aussi à cette époque que se sont déposés les minerais de cuivre, d’argent et d’or. En voyageant entre Tucson et la frontière avec le Mexique, la route traverse Bisbee où j’ai pu observer les impressionnantes carrières de cuivre à ciel ouvert.

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For about 30 million years, the rocks of South Arizona were uplifted as a result of the collision between the North American plate and an oceanic tectonic plate. At that time, the Tucson area was subject to volcanic eruptions. It was also at that time that ores of copper, silver, and gold were deposited. Travelling between Tucson and the border with Mexico, the road passes through Bisbee where I could see the impressive open-air copper quarries.

Photos: C. Grandpey

 

Antelope Canyon (Arizona) : Mon cher canyon ! // Antelope, my dear canyon !

Pour qui visite l’ouest des Etats-Unis, Antelope Canyon figure inévitablement sur la liste des priorités. Situé dans le nord de l’Arizona, à côté de la petite ville de Page et du Lac Powell, dans la réserve de navajo, le site est constitué de deux gorges séparées, l’Upper Antelope Canyon et le Lower Antelope Canyon.

L’histoire dit que c’est une jeune indienne navajo, partie à la recherche d’un de ses moutons, qui découvrit cette gorge. L’Antelope Canyon peut seulement être visité en excursions guidées, officiellement parce que des pluies soudaines peuvent rapidement l’inonder (des Français y ont perdu la vie il y a quelques années), mais surtout parce que la visite représente une entrée d’argent considérables pour les Navajos.

Quand j’ai visité Antelope Canyon en 2002, le prix d’entrée était acceptable, le nombre de visiteurs raisonnable, et on pouvait prendre des photos librement en utilisant un trépied. Aujourd’hui, les choses ont bien changé. Internet a contribué à la popularité du site, les touristes se précipitent…et les prix grimpent. Il faut arriver assez longtemps à l’avance pour réserver sa place (on peut le faire aussi sur Internet). Il faut débourser 48 dollars par personne pour effectuer la visite entre 11 heures et 13 heures, au moment où le soleil est au zénith et où la lumière est la plus belle à l’intérieur du canyon. C’est un peu moins cher le reste du temps. Pas de problème, les Navajos ont le sens du commerce ! J’ai eu une bonne discussion avec mon guide à l’issue de la visite et je lui ai fait remarquer que les tarifs pour les tours photographiques (90 dollars) frisaient l’arnaque, ce qu’il n’a guère apprécié. Le Navajo est susceptible, semble-t-il….

C’est vrai que la visite d’Antelope Canyon à l’heure du déjeuner est somptueuse, avec des lumières (incidentes surtout) d’une grande beauté. S’agissant de la photo, la gamme de sensibilités offerte par les derniers reflex numériques permet de se passer d’un trépied qui était obligatoire à l’époque où seule existait la photo argentique.

S’agissant de la visite, on vous conduit en 4×4 en suivant le lit d’une ancienne rivière jusqu’à l’entrée du canyon. La visite suit  ce dernier sur environ un kilomètre, avec des explications fort intéressantes.

La partie la plus fréquentée est l’Upper Antelope Canyon, plus grande et d’un accès facile. Par contre, pour le Lower Antelope Canyon, plus petit, l’entrée dans la faille est plus sportive et s’effectue avec des escaliers métalliques mis en place par les Navajos. Les visiteurs sont donc moins nombreux. Les deux failles présentent une qualité esthétique similaire, même si je préfère personnellement l’Upper Antelope Canyon.

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For those visiting western United States, Antelope Canyon is inevitably on the list of priorities. Located in northern Arizona, adjacent to the small town of Page and Powell Lake in the Navajo Reserve, the site consists of two separate gorges, the Upper Antelope Canyon and the Lower Antelope Canyon.
The story says that a young Indian Navajo, in search of one of her sheep, discovered this slot canyon. Antelope Canyon can only be visited on guided excursions, officially because sudden rains can quickly flood it (French people lost their lives a few years ago), but mainly because the visit is a onsiderable source of money for the Navajos.
When I visited Antelope Canyon in 2002, the entrance fee was acceptable, the number of visitors reasonable, and you could take pictures freely using a tripod. Today things have changed. Internet has contributed to the popularity of the site, tourists are rushing … and prices are climbing. You need to arrive early to reserve your visit (you can also do it on the Internet). You have to pay $ 48 per person for a visit between 11 am and 1 pm, when the sun is at the zenith and the light is the most beautiful inside the canyon. It’s a bit cheaper the rest of the time. No problem, the Navajos have a sense of commerce! I had a good talk with my guide at the end of the visit and I pointed out to him that the rates for the photo tours (90 dollars per person) are close to a scam, which he did not appreciate. It looks as if the Navajo is touchy….
It is true that the visit of Antelope Canyon at lunch time is sumptuous, with lights (especially indirect lights) of great beauty. As for the photo, the range of ISOs offered by the latest digital cameras makes it possible to dispense with a tripod which was absolutely necessary at the time of analog photography.
As for the visit, you are driven in a 4×4 vehicle along the bed of an old river up to the entrance of the canyon. The visit goes along the canyon over about one kilometer, with very interesting explanations.
The most popular site is the Upper Antelope Canyon, larger whose access is easier. The Lower Antelope Canyon is, smaller and getting into it is more sporty, with metal ladders set up by the Navajos. Visitors are therefore less numerous. Both faults have a similar aesthetic quality, although I personally prefer the Upper Antelope Canyon.

Photos: C. Grandpey