L’érosion côtière à Reynisfjara (Islande) [suite] // Coastal erosion at Reynisfjara (Iceland) [continued]

L’érosion côtière continue sur la plage de sable noir de Reynisjjara. Au final, c’est une bonne chose pour la sécurité des visiteurs car il est actuellement impossible d’atteindre les colonnes de basalte. Les touristes sont obligés de rester sur le bord de la petite falaise construite par les assauts des vagues et les atteindre est devenu impossible. D’ailleurs, les propriétaires ont retiré les panneaux de mise en garde, de peur qu’ils se fassent emporter par les vagues et de nouveaux panneaux sont en préparation. Il faudra maintenant attendre le printemps pour voir si les grandes marées permettront de donner un nouvel aspect au rivage de Reynisfjara.

Source : Presse islandaise.

La photo de gauche a été prise le 24 février 2026, celle de droite le 7 février (Composite image/mbl.is / Jónas Erlendsson)

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Coastal erosion continues at Reynisfjara Black Sand Beach. Ultimately, this is good news for visitor safety, as it is currently impossible to reach the basalt columns. Tourists are forced to remain on the edge of the small cliff built by the assaults of the waves, and reaching them has become impossible. In fact, the landowners have removed the warning signs, fearing they might be swept away by the waves, and new signs are being prepared. Now, we will have to wait until spring to see if the spring tides will give Reynisfjara’s shoreline a new look.
Source: Icelandic news media

Climat : vers un affaiblissement de La Niña // Climate : towards a weakening of La Niña

Le phénomène La Niña, qui a considérablement affecté les conditions climatiques mondiales ces derniers mois, s’affaiblit rapidement au-dessus de l’océan Pacifique tropical. Les dernières données océaniques et atmosphériques montrent que les anomalies froides dans le Pacifique s’atténuent, notamment dans sa partie occidentale, ce qui indique que des changements importants du système météorologique mondial pourraient survenir en 2026,

Bien que l’influence de La Niña sur l’atmosphère se poursuive pendant l’hiver et le début du printemps, les modèles à long terme montrent de plus en plus clairement une transition vers une phase neutre et le phénomène El Niño pourrait ensuite commencer pendant l’été 2026 et être pleinement consolidée en automne. Ce changement aura donc des conséquences importantes pour l’Europe, notamment dans le contexte de l’hiver 2026-2027.

La Niña et El Niño font partie du système climatique connu sous le nom d’ENSO (El Niño Southern Oscillation) qui décrit l’alternance de phases froides et chaudes dans le Pacifique équatorial. Bien que ces processus se produisent loin de l’Europe, ils influencent fortement la répartition des zones de haute et de basse pression dans l’atmosphère, ainsi que la direction des principaux courants atmosphériques qui façonnent le climat de l’hémisphère Nord.

Pendant La Niña, les vents d’est persistants près de l’équateur se renforcent, poussant les eaux chaudes de surface vers le Pacifique occidental, tandis que les eaux plus froides des profondeurs remontent à la surface. Toutefois, ces dernières semaines, ce schéma a commencé à changer.

Un fort vent d’ouest se développe actuellement dans le Pacifique occidental et central, provoquant un réchauffement de la surface de l’océan et réduisant les effets de la couche d’eau froide caractéristique de La Niña.

Les analyses de température de la mer montrent que les anomalies froides se déplacent d’ouest en est, et ce phénomène se produit plus tôt que d’habitude. Parallèlement, sous la surface de l’océan, à des profondeurs d’environ 100 à 250 mètres, une vaste masse d’eau chaude est en train de se former. Ce réchauffement des eaux de subsurface est l’un des premiers et des plus fiables signes de l’arrivée du phénomène El Niño.

Cependant, les effets atmosphériques de La Niña ne disparaissent pas immédiatement. L’atmosphère réagit plus lentement que l’océan ; son impact peut donc se faire sentir des mois après le réchauffement de la surface de la mer. On passe par une phase neutre avant le retour d’El Niño. C’est pourquoi La Niña devrait persister au moins jusqu’au début du printemps 2026.

Durant cette période neutre, une tendance au réchauffement est observée en Europe, dans les parties occidentale et centre-ouest du continent. Ce phénomène est lié à une baisse de pression au-dessus de l’Atlantique Nord, ce qui renforce le flux d’ouest vers l’Europe. Ce type de circulation apporte généralement un air plus doux, des températures modérées et une moindre pénétration d’air froid continental venant de l’est. Ce sont les conditions météorologiques que nous connaissons actuellement.

Le principal changement est attendu au cours du second semestre 2026. Tous les modèles saisonniers s’accordent à dire que La Niña prendra fin relativement rapidement et que le phénomène El Niño pourrait débuter dès l’été 2026.

Au début de l’automne, la phase chaude de l’ENSO devrait être pleinement établie, avec un pic possible durant l’hiver 2026-2027 et des répercussions qui pourraient se prolonger.

En Europe, El Niño entraîne généralement des changements plus marqués dans la circulation atmosphérique au-dessus de l’Atlantique Nord. Les données historiques montrent que les hivers se caractérisent souvent par des conditions météorologiques instables, des cyclones plus puissants et des contrastes de température plus importants.

Un élément particulièrement important à prendre en compte est que, durant l’hiver avec El Niño, un couloir d’air froid se forme souvent, qui peut démarrer de la partie sud du Royaume-Uni, traverser l’Europe centrale, et atteindre le sud-est du continent européen. Le long de ce couloir d’air froid, le risque de chutes de neige augmente, y compris sur le centre de l’Europe. Ce phénomène peut également affecter ponctuellement l’Europe du Sud-Est, accroissant les risques de neige et d’importantes intrusions d’air froid vers les Balkans.

References:

EL NIÑO/SOUTHERN OSCILLATION (ENSO) DIAGNOSTIC DISCUSSION – Climate Prediction Center/NCEP/NWS – Issued February 12, 2026.

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The La Niña phenomenon, which has significantly impacted global weather patterns in recent months, is rapidly weakening over the tropical Pacific Ocean. The latest ocean and atmospheric data show that cold anomalies in the Pacific are weakening, particularly in its western part, indicating that significant changes to the global weather system could occur in 2026.
Although La Niña’s influence on the atmosphere will continue through winter and spring, long-term models are increasingly showing a transition to a neutral phase, and the El Niño phenomenon could then begin during the summer of 2026 and be fully established by autumn. This change will therefore have significant consequences for Europe, particularly in the winter of 2026-2027.

La Niña and El Niño are part of the climate system known as ENSO (El Niño Southern Oscillation), which describes the alternation of cold and warm phases in the equatorial Pacific. Although these processes occur far from Europe, they strongly influence the distribution of high- and low-pressure areas in the atmosphere, as well as the direction of the major atmospheric currents that shape the climate of the Northern Hemisphere.
During La Niña, persistent easterly winds near the equator strengthen, pushing warm surface waters toward the western Pacific, while colder waters from the depths rise to the surface. However, in recent weeks, this pattern has begun to change. A strong westerly wind is currently developing in the western and central Pacific, causing the ocean surface to warm and destroying the cold water layer characteristic of La Niña. Sea temperature analyses show that cold anomalies are moving from west to east, and this phenomenon is occurring earlier than usual. Simultaneously, beneath the ocean surface, at depths of approximately 100 to 250 meters, a vast mass of warm water is forming. This warming of subsurface water is one of the earliest and most reliable signs of the arrival of El Niño.
However, the atmospheric effects of La Niña do not disappear immediately. The atmosphere reacts more slowly than the ocean; its impact can therefore be felt months after the sea surface warms. A neutral phase occurs before the return of El Niño. This is why La Niña is expected to persist at least until early spring 2026.
During this neutral period, a warming trend is observed in Europe, in the western and west-central parts of the continent. This phenomenon is linked to a drop in pressure over the North Atlantic, which strengthens the westerly flow towards Europe. This type of circulation generally brings milder air, moderate temperatures, and less penetration of cold continental air from the east. These are te weather conditions that are currently observed in February 2026.
The main change is expected during the second half of 2026. All seasonal models agree that La Niña will end relatively quickly and that the El Niño phenomenon could begin as early as summer 2026. By early autumn, the warm phase of ENSO should be fully established, with a possible peak during the winter of 2026-2027 and potentially lasting repercussions.
In Europe, El Niño generally leads to more pronounced changes in atmospheric circulation over the North Atlantic. Historical data shows that these winters are often characterized by unstable weather conditions, more powerful cyclones, and greater temperature contrasts.
A particularly important factor is that, during El Niño winters, a corridor of cold air often forms, which can extend from the southern part of the United Kingdom, across Central Europe, to the southeast of the European continent. Along this cold air corridor, the risk of snowfall increases, including in Central Europe. This phenomenon can also occasionally affect Southeast Europe, increasing the risk of snow and significant intrusions.

References:

EL NIÑO/SOUTHERN OSCILLATION (ENSO) DIAGNOSTIC DISCUSSION – Climate Prediction Center/NCEP/NWS – Issued February 12, 2026

On vous avait prévenus !

Cela fait des années que je fais partie de ceux qui alertent sur le réchauffement climatique et mettent en garde sur ses conséquences. À titre personnel, c’est en survolant et visitant les zones glaciaires en Alaska que j’ai pris conscience de l’ampleur du phénomène. Comme je l’ai déjà écrit, l’Arctique se réchauffe 3 ou 4 fois plus vite que le reste de la planète.

Glacier Columbia en Alaska (Photo: C. Grandpey)

J’ai eu confirmation de la fonte des glaciers dans les Alpes où je me rends régulièrement depuis ma tendre enfance. Les photos du glacier des Bossons et de la Mer de Glace devraient alerter l’ensemble de la population et clouer le bec aux climatosceptiques.

La Mer de glace, une mer morte (Photo: C. Grandpey)

Les effets du réchauffement climatique se font véritablement sentir depuis les années 1970. Le nombre de catastrophes ne fait que s’amplifier et va de pair avec l’accroissement phénoménal des émissions et concentrations de CO2 dans l’atmosphère. La Courbe de Keeling à laquelle je fais souvent référence devrait, elle aussi, alerter ceux qui nous gouvernent.

Les concentrations de CO2 dépassent actuellement les 429 ppm, ce qui est énorme (Source: Scripps Institution of Oceanophaphy)

Mais non ; les politiques (ceux à la tête des États) se plaisent à pratiquer la politique de l’autruche et se passent la patate chaude du réchauffement climatique sans vraiment prendre les mesures qui s’imposent. D’ailleurs, on ne parle plus aujourd’hui de mesures préventives, mais de mesures d’adaptation aux conséquences du réchauffement climatique. Pourtant, nous en prenons régulièrement plein la figure. Les inondations catastrophiques qui ravagent plusieurs régions de France nous montrent l’ampleur de la crise climatique. L’expression à la mode est « Du jamais vu ! ». mais que, malheureusement, on reverra.

Certains disent que ces inondations sont une bonne chose pour lutter contre la sécheresse. Sauf que les sols inondés n’absorbent plus l’eau de pluie qui va directement dans l’océan. Comme l’a indiqué sur France Info, Esther Crauser-Delbourg, économiste de l’eau et fondatrice de Water Wiser, cette pluie abondante « ne nous assure pas d’avoir un été tranquille », sans sécheresse. « Si jamais en mars ou en avril il y avait une forme de sécheresse et si l’été devient caniculaire, on pourrait à nouveau parler d’enjeux de sécheresse. »

Source : presse régionale

Le mois de février a été doux et humide en France, ce qui a favorisé d’abondantes chutes de neige en montagne, avec des avalanches à la clé, mais il ne faut pas se tromper. Cela ne met pas à l’abri les stations de basse et moyenne montagne de difficultés dans les prochaines années. La limite pluie-neige s’élevant régulièrement, l’or blanc ne durera pas éternellement. Même chose pour les glaciers dont la zone d’alimentation ne parvient plus à générer la glace nécessaire à leur survie.

Dernier point à ne pas oublier, les catastrophes climatiques auxquelles nous sommes confrontés vont nous coûter un argent fou. S’agissant des inondations, une fois l’eau retirée, il va falloir panser les plaies et les compagnies d’assurance vont devoir débourser des sommes colossales. Comme l’a indiqué Esther Crauser-Delbourg, la facture de ces intempéries sera extrêmement chère et s’élèvera à plusieurs milliards d’euros. « Le problème, c’est que les fonds de subvention de l’État ne se comptent qu’en millions donc on n’a pas assez d’argent pour couvrir ». L’économiste recommande d’« investir encore plus d’argent sur l’adaptation pour ne pas que cela se reproduise ». Pas évident au vu de l’état des finances françaises en ce moment. Les primes d’assurances vont sérieusement augmenter ; cela ne fait guère de doute !

Les Hawaïens et la hausse de niveau de l’océan // Hawaiians and ocean level rise

Dans la mesure où ils vivent dans un archipel entouré par l’océan Pacifique, les Hawaïens sont de plus en plus préoccupés par la montée des eaux. Ils se sentent impuissants lors des tempêtes, lorsqu’ils voient les vagues s’écraser sur leurs côtes et envahir leur territoire. La hausse de niveau de l’océan à Hawaï est estimée à 10 pouces (environ 25 centimètres) depuis 1950.
Une nouvelle étude menée par l’Organisation de recherche économique de l’Université d’Hawaï (University of Hawaiʻi Economic Research Organization) révèle que les Hawaïens sont inquiets de la montée des eaux et de ses impacts actuels et futurs sur le 50ème État américain. Il s’agit de la première étude représentative mesurant les opinions, la perception des risques et les préférences politiques du public concernant la montée des eaux dans les quatre comtés de l’archipel.

Le rapport, intitulé « Opinions du public sur la montée des eaux à Hawaï », compile les réponses de 1 314 adultes interrogés durant l’été 2025 et offre l’aperçu le plus complet à ce jour de la façon dont les habitants perçoivent la montée des eaux et les choix politiques qu’elle soulève.
Les résultats de l’enquête montrent que la grande majorité des Hawaïens sont conscients de la réalité de la montée des eaux. Un large consensus se dégage quant à la nécessité d’agir. La question la plus complexe n’est pas de savoir s’il faut agir, mais comment structurer l’adaptation de manière crédible, équitable et durable. Voici les principaux résultats de l’étude :

– 89 % des habitants estiment que la montée du niveau de la mer est une réalité, notamment une large majorité de démocrates (97 %), d’indépendants (90 %) et de républicains (80 %).

– Près de la moitié affirment que la montée du niveau de la mer affecte déjà la population d’Hawaï, et plus de 80 % s’attendent à des impacts dans les 25 prochaines années.

– 83 % pensent que la montée du niveau de la mer aura des conséquences catastrophiques pour l’État d’ici 50 ans.

– Environ 90 % sont favorables à la limitation de l’aménagement dans les zones inondables, et plus de 80 % privilégient le développement à l’intérieur des terres plutôt que la poursuite de expansion côtière.

– 81 % seraient prêts à quitter les zones à haut risque si une juste compensation leur était offerte.

– Seuls 45 % se disent prêts à payer des impôts ou des taxes plus élevés pour financer des projets de protection au niveau de leur zone d’habitation.

La population est clairement consciente des risques et soutient une nouvelle politique côtière, avec notamment des limitations de l’aménagement, et une aide publique au relogement. Dans le même temps, de nombreux habitants se disent mal informés sur la montée du niveau de la mer et doutent que les agences gouvernementales soient pleinement préparées.

L’enquête révèle également un fort soutien à l’aide gouvernementale aux propriétaires fonciers dans les zones vulnérables, notamment un accès élargi à l’assurance inondation, des incitations à surélever ou à protéger les bâtiments contre les inondations, et un financement public pour soutenir le relogement volontaire.

Les avis sont plus partagés concernant la protection du littoral : une courte majorité se prononce en faveur des digues privées, tandis qu’un soutien beaucoup plus important est apporté aux digues protégeant les infrastructures publiques telles que les routes et les réseaux d’eau et d’électricité.
Le rapport complet est disponible sur le site web de l’UHERO : https://uhero.hawaii.edu/

Source : Big Island Now.

 

Les vagues de l’océan Pacifique viennent frapper le côtes hawaïennes (Photo : C. Grandpey)

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Because they are living in an archipelago surrounded by the Pacific Ocean, Hawaiians feel more and more concerned by ocean level rise. They feel powerless during the storms when the see the waves crash on the shores and invade their territory. The rise in ocean level in Hawaii is estimated at 10 inches (about 25 centimeters) since 1950.

A new study by the by the University of Hawaiʻi Economic Research Organization shows that Hawaii residents are concerned over sea level rise and its current and future impacts on the 50th State of the Union. It is the first representative study to measure public beliefs, risk perceptions and policy preferences related to sea level rise across all four counties.

The report – Public Views on Sea Level Rise in Hawaii – includes the responses from 1,314 adults surveyed in summer 2025, and provides the most comprehensive snapshot to date of how residents view sea level rise and the policy choices it raises.

The results of the survey show that Hawaii residents overwhelmingly accept that sea level rise is happening. There is broad agreement that action is needed. The harder question is not whether to act, but how to structure adaptation in a way that is credible, fair and sustainable over time.

Here are the study’s key findings :

– 89% of residents believe sea level rise is happening, including large majorities of Democrats (97%), Independents (90%) and Republicans (80%).

– Nearly half say sea level rise is already affecting people in Hawaiʻi, and more than 80% expect impacts within the next 25 years.

– 83% believe sea level rise will have catastrophic consequences for the state within 50 years.

– About 90% support restricting development in flood-prone areas, and more than 80% favor prioritizing inland development over continued coastal expansion.

– 81% would be willing to relocate from high-risk areas if offered fair compensation.

– Only 45% say they would be willing to pay higher taxes or fees to fund neighborhood-level protection projects.

People clearly recognize the risks and support major shifts in coastal policy, including limits on development and public assistance for relocation. At the same time, many residents report feeling poorly informed about sea level rise and doubt that government agencies are fully prepared.

The survey also finds strong support for government assistance to property owners in vulnerable areas, including expanded access to flood insurance, incentives to elevate or flood-proof buildings, and public funding to support voluntary relocation. Residents are more divided on shoreline armoring, with narrow majority support for private seawalls but much stronger backing for seawalls protecting public infrastructure such as roads and utilities.

The full report is available on the UHERO website : https://uhero.hawaii.edu/

Source : Big Island Now.