L’éruption islandaise : Et maintenant ? // The Icelandic eruption : What next ?

9 heures : L’éruption dans la Geldingadalur se poursuit mais son accès est actuellement interdit en raison des mauvaises conditions météorologiques et des émissions de gaz volcaniques. Un article paru sur le site Reykjavik Grapevine pose les questions habituelles auxquelles personne n’est en mesure de répondre: combien de temps cette éruption va-t-elle durer? Quelle forme pourrait-il prendre?

Un professeur de volcanologie et de pétrologie à l’Université d’Islande a déclaré que l’éruption pourrait se terminer «demain, au bout d’une semaine ou d’un mois». Je pourrais ajouter «dans un an»! Personne n’a jamais été en mesure de prévoir la fin d’une éruption, pas plus que son début. Souvenons-nous des questions que se posaient les scientifiques islandais quand la sismicité et l’inflation affectaient la péninsule de Reykjanes il y a quelques semaines. Les images satellites avaient révélé qu’un dyke magmatique se déplaçait sous la surface, mais personne ne pouvait dire si une éruption aurait lieu. La veille de l’éruption, un volcanologue avait déclaré qu’elle n’était pas imminente!

C’est pourquoi il est hasardeux de faire des prévisions sur l’avenir de l’éruption actuelle. Le professeur de volcanologie dit que cet avenir dépendra du débit de la lave: «s’il tombe en dessous de 3 mètres cubes par seconde, il est probable que l’éruption se terminera bientôt. Dans l’état actuel des choses, la lave se déverse entre 5 et 10 mètres cubes par seconde.» Au vu des images des webcams, on se rend compte que la lave émise est typique des volcans de points chauds, comme à Hawaii par exemple. Sa grande fluidité montre qu’elle a une température élevée et est pauvre en SiO2. Elle est issue du manteau terrestre.

Le professeur ajoute qu’il existe de nombreux exemples de ce type d’éruption fissurale en Islande. L’une d’elles, également à proximité de Fagradalsfjall, s’est produite il y a environ 14 000 ans. Les études ont montré que l’éruption a duré plusieurs siècles. Le problème est que toutes les éruptions sont différentes; se référer à une éruption survenue il y a 14 000 ans est sans intérêt.

Pour le moment, l’éruption est inoffensive et ne menace pas les zones habitées. La vraie question à poser aujourd’hui est: l’éruption peut-elle menacer la population? Pour cela, il faudrait d’abord que la lave remplisse la vallée, la Geldingadalur, avant de déborder sur les terres environnantes. Au train où vont les choses, ce n’est pas pour demain. Lorsque la lave a percé la surface, un éminent géophysicien islandais a expliqué qu’il s’agissait d’une petite éruption qui ne durerait pas longtemps. Les prochains jours nous diront s’il avait raison. La lave coule depuis 4 jours maintenant… Il faut juste attendre que le dyke magmatique se vidange.

A noter que ce matin l’activité semble décliner à l’intérieur du cône éruptif. On observe aussi une intensification du dégazage qui semble montrer que la pression a baissé dans le conduit éruptif et que les gaz se libèrent plus facilement.

22h30 : Contrairement à ce matin, les webcams montrent que l’activité éruptive est en train de s’intensifier considérablement ce soir, avec d’importants de lave sur les flancs du cône.

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9:00 am : The eruption at Geldingadalur continues but has been closed to visitors on account of poor weather conditions and then dangerous gas emissions. An article published on the Reykjavik Grapevine website asks the usual questions that nobody is able to answer: how long will this eruption go on? What shape could it take?

A professor of volcanology and petrology at the University of Iceland says the eruption could end “tomorrow, after a week, or after a month”. I could add “or after a year”! Nobody has ever been able to predict the end of an eruption, as well as the start of it. We just need to remember the questions Icelandic scientists were asking when seismicity and inflation affected the Reykjanes Peninsula a few weeks ago. Satellite images had revealed a magma dike was moving beneath the surface but nobody could tell whether an eruption would take place. The day before the eruption started, a local volcanologist had said it was not imminent!

So making predictions about the future of the current eruption is quite hazardous. The professor of volcanology says that this depends on the rate of the lava flow: “if it falls below 3 cubic metres per second, it will be likely that the eruption will soon come to an end. As it stands now, lava is pouring out at a rate between 5 and 10 cubic metres per second.” Judging from the webcam images, the emitted lava is typical of hot spot volcanoes, Kilauea (Hawaii) for example. Its high fluidity shows that it has a high temperature and is poor in SiO2. It comes from the Earth’s mantle.

The professor adds there are many examples of this type of fissure eruption in Iceland, the closest one near Fagradalsfjall being Þráinsskjöldur, which erupted about 14,000 years ago. Research has shown that that the eruption lasted a few hundred years. The problem is that all eruptions are different; referring to an eruption that occurred 14,000 years ago is pointless.

For the moment, the eruption is harmless and does not threaten populated areas. The real question to ask is: Can it some day become a danger to the people? For that, the eruption would have to fill the valley, Geldingadalur, before it pours out of it. At the rate things are going, this is not for tomorrow.

When lava first erupted, a famous Icelandic geophysicist said it was a small eruption that would be short-lived. The next days will tell us whether he was right. Lava has been flowing for 4 days now… We just need to wait for the magma dike to empty.

It should be noted that this morning activity seems to decline inside the eruptive cone. There is also an intensification of the degassing which seems to show that pressure has dropped within the eruptive conduit and that the gases are released more easily.  I wouldn’t be surprised if the eruption lived its last hours.

10:30 pm : Contrary to this morning, the eruption is intensifying tonight with significant overflows on the flanks of the eruptive cone.

L’éruption ce matin, avec une belle lumière et beaucoup de gaz…

Prévisions pessimistes de Météo France

Les dernières projections publiées le 1er février par Météo France pour les prochaines décennies ne sont pas bonnes. Elles confirment les messages d’alerte lancés par les autres agences météorologiques. Si rien n’est fait rapidement pour limiter les émissions de gaz à effet de serre en France, les températures pourraient augmenter de 3,9 °C à la fin du siècle et jusqu’à 6 °C pendant l’été. Toutes les observations recueillies à l’échelle planétaire confirment une accélération sans précédent du changement climatique.

Météo-France estime que dans notre pays le réchauffement devrait rester limité à environ 1°C jusqu’en 2040. L’agence météorologique envisage ensuite  trois scénarios en fonction des  efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. La hausse pourrait se stabiliser autour de +1°C dans un scénario d’émissions maîtrisées. Mais elle atteint +2,2°C dans le scénario intermédiaire et s’envole à +3,9° (voire +4,5°) dans le pire scénario.

Les records absolus de température enregistrés lors de la canicule de l’été 2019 dans le sud de la France  (45,9 °C à Gallargues-le-Montueux le vendredi 28 juin 2019 ) pourraient être dépassés. L’augmentation des températures estivales moyennes pourrait être de + 6 degrés.

Dans le pire scénario, les épisodes caniculaires seraient multipliés par 10. Le nombre de jours de vagues de chaleur pourrait également doubler même dans l’hypothèse la plus optimiste d’une maîtrise des émissions.

L’arc méditerranéen, les vallées du Rhône et de la Garonne vivront des étés absolument torrides puisque les vagues de chaleur pourront s’étaler sur des périodes supérieures à un ou deux mois continus en été.

Dans les trois scénarios, le réchauffement est plus marqué sur les zones de montagne et pourrait atteindre jusqu’à 6 degrés sur certaines zones des Alpes et des Pyrénées. Dans tous les cas, la neige se fera de plus en plus rare en dessous de 1700 mètres d’altitude. Sale nouvelle pour les glaciers !

Météo France explique aussi que le nombre de « nuits tropicales », où la température ne redescend pas sous les 20 degrés devrait augmenter de « 90 jours sur les zones les plus exposées. »  Seules les zones de montagne et le littoral de la Manche devraient être épargnées.  .

Les épisodes de sécheresse augmentent de 30 à 50% dans les scénarios moyen et haut. Il devrait pleuvoir 40% de plus en hiver mais deux fois  moins en été dans le pire scénario, même si les précipitations sont difficiles à prévoir.

Les chercheurs alertent aussi sur la possibilité de voir augmenter l’intensité des pluies extrêmes, ou des vents forts dans le quart nord-est du pays.

Réchauffement climatique et fonte des glaciers : la frilosité des climatologues

Plus ça va et moins je comprends la lenteur des climatologues à admettre l’impact du réchauffement climatique, en particulier sur les glaciers. C’est à croire que ces gens passent leur temps dans les laboratoires sans aller sur le terrain. Je sais que les finances des institutions scientifiques ne sont pas brillantes, mais tout de même !

Il y a quelques jours, le directeur de l’Institut des sciences du climat disait sur France Info, à propos des températures caniculaires : « On est certain que c’est dû au changement climatique », donnant l’impression que la découverte entre les deux phénomènes est récente, alors que le doute n’est pas permis depuis plusieurs années.

De la même façon, sur la chaîne LCI, un climatologue, membre de l’Académie des Sciences, a déclaré ces derniers jours à propos de la fonte des glaciers : « On est en train de perdre la bataille. » J’ai très envie d’ajouter : la bataille est perdue depuis longtemps. J’ai pu le constater au cours de plusieurs équipées dans les hautes latitudes et dans le massif alpin

L’énorme bloc de 500.000 m³ qui menace en ce moment de se détacher du glacier de Planpincieux dans le Val d’Aoste n’est qu’un chapitre de plus dans la longue saga de la fonte des glaciers alpins. La cause se trouve, bien sûr, dans les variations de températures, toujours plus élevées chaque été dans le massif.

Selon ce climatologue, le doute n’est plus permis : « Le réchauffement porte bien son nom et là, il conduit à des fontes de glaciers un peu partout sur la planète ». Il s’appuie notamment sur l’exemple marquant de la Mer de glace qui recule de 8 à 10 mètres par an, soit 120 mètres en un siècle. On peut affirmer sans trop se tromper que la Mer de Glace est moribonde, voire morte (voir photos ci-dessous).

La température moyenne observée près du Massif du Mont Blanc a augmenté de 4° C entre les années 1950 et les années 2000. Comme je l’ai faite remarquer à plusieurs reprises, une accélération de la fonte des glaciers alpins a lieu depuis le milieu des années 1970, comme le montrent mes clichés du glacier des Bossons

Selon l’article paru sur le site de la chaîne LCI, les glaciologues ont désormais acté le fait que « des glaciers d’altitude puissent fondre, un phénomène qu’on risque de voir de manière beaucoup plus fréquente à l’avenir ». Le mot « désormais » me fait sourire car il suppose que ces scientifiques avaient des doutes sur la relation entre fonte des glaciers et réchauffement climatique ! Moi pas.

L’article met l’accent sur un fait extrêmement important à mes yeux. Les glaciers agissent comme des réserves d’eau douce qui, grâce à la fonte naturelle durant l’été, assurent une alimentation régulière des ruisseaux et rivières. J’insiste dans mes conférences sur les conséquences alarmantes de la fonte des glaciers andins sur des pays comme le Pérou en Amérique du Sud. De la même façon, la situation ne va pas tarder à être préoccupante en France. L’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse estime que les glaciers alpins délivrent 15,5 milliards de mètres cubes d’eau douce par an pour la seule région Provence-Alpes-Côtes-d’Azur, une des plus sèches de France. A la vitesse où s’opère la fonte des glaciers alpins, la situation va forcément devenir très préoccupante pour les prochaines générations.

Au cours de l’interview, le climatologue rappelle le risque induit par la fonte du permafrost de roche, ce ciment qui assure la stabilité de nos montagnes à haute altitude. Sans oublier le risque de poches d’eau qui se forment en altitude et peuvent causer d’importants dégâts, voire tuer des personnes, en s’éventrant brutalement, comme ce fut le cas pour le glacier de Tête Rousse, au-dessus de Saint-Gervais (Haute-Savoie).

Je partage depuis plus longtemps que cet éminent climatologue le pessimisme sur l’avenir de la lutte contre le changement climatique. Selon lui, « on est en train de perdre la bataille car on va moins vite dans nos mesures que la planète elle-même ».  Comme il le dit fort justement, mais avec un retard que je regrette, « les gaz à effet de serre se stockent dans l’atmosphère et ce stockage est relativement irréversible. Il n’y a pas de marche arrière facile. » Certaines projections scientifiques prévoient, dans le pire des scénarios, une augmentation moyenne des températures de 6 à 7°C en 2100. Si cette prévision se confirme, la partie est, d’ores et déjà, bel et bien perdue.

Source : LCI.

La Mer de Glace en 1956

   

En 1982

En 2017!

Photos : G. & C. Grandpey

Un avenir chaud ! // A hot future !

Les modèles du Met Office pour les 5 prochaines années ne laissent pas le moindre doute : il va faire chaud, avec de probables nouveaux records ! Prises individuellement, les années allant de 2020 à 2024 devraient évoluer dans une fourchette comprise entre +1,06°C et +1,62°C au-dessus de la période préindustrielle (moyenne des températures entre 1850 et 1900).

2016 a été jusqu’à présent l’année la plus chaude jamais observée, mais les dernières prévisions basées sur les modèles informatiques du Met Office suggèrent qu’un nouveau record annuel est probable dans les cinq prochaines années. 2015 a été la première année où la température moyenne globale a dépassé 1,0°C au-dessus de la période préindustrielle. Lors de l’année record de 2016, l’anomalie a atteint +1,16°C.

Entre 2020 et 2024, il y a le risque non négligeable, de voir une année excéder +1,5°C, c’est-à-dire l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris. Cela suppose, entre autres, des conditions telles qu’ un événement El Niño majeur, un contexte de réchauffement des températures dans le Pacifique et pas de grosse éruption volcanique.

Sur les cinq dernières années (2015-2019) les observations d’agences comme la NASA et la NOAA montrent une anomalie moyenne de +1,09°C, ce qui constitue la période de cinq ans la plus chaude jamais enregistrée.

Pour l’année 2020, le Met Office prévoit que la température moyenne mondiale se situera entre +0,99°C et +1,23°C, avec une estimation centrale de 1,11°C au-dessus de la période préindustrielle (1850–1900). Malgré l’absence d’El Niño, l’année qui débute devrait être encore une année très chaude, proche du niveau de 2019.

La plupart des régions du globe devraient connaître une élévation des températures dans les années à venir et les modèles de prévision du Met Office suggèrent un réchauffement accru au-dessus des terres, en particulier les parties nord de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique du Nord. Les conditions actuelles relativement fraîches dans l’Atlantique Nord devraient se réchauffer, ce qui pourrait amplifier la hausse du thermomètre en Europe. Les modèles semblent en revanche indiquer des conditions plus froides dans l’océan Austral.

En résumé, les prévisions anticipent un réchauffement planétaire continu, largement imputable à la persistance de niveaux élevés de gaz à effet de serre. Contrairement aux rapports du GIEC qui visent davantage le long terme, les projections décennales du Met Office sont basées sur l’état réel du climat au moment où elles sont établies. Les calculs n’incluent pas les événements imprévisibles, tels qu’une grande éruption volcanique, qui provoquerait un refroidissement temporaire.

Source : global-climat.

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The Met Office models for the next 5 years leave no doubt: it will be hot, with likely new records! Taken individually, the years from 2020 to 2024 should evolve in a range between +1.06°C and +1.62° C above the pre-industrial period (average temperatures between 1850 and 1900).
2016 has so far been the hottest year on record, but the latest predictions based on Met Office computer models suggest a new annual record is likely in the next five years. 2015 was the first year in which the global average temperature exceeded +1.0°C above the pre-industrial period. In the record year of 2016, the anomaly reached +1.16°C.
Between 2020 and 2024, there is a significant risk of seeing a year exceed +1.5°C, that is to say the most ambitious objective of the Paris Agreement. This assumes, among other things, conditions such as a major El Niño event, a context of warming temperatures in the Pacific and no large volcanic eruption.
Over the past five years (2015-2019), observations from agencies like NASA and NOAA show an average anomaly of +1.09°C, which is the hottest five-year period on record.
For 2020, the Met Office predicts that the average global temperature will be between +0.99°C and +1.23°C, with a central estimate of +1.11°C above the pre-industrial period (1850-1900). Despite El Niño’s absence, the beginning of the year should be another very hot one, close to the level of 2019.
Most parts of the world are expected to experience higher temperatures in the coming years, and Met Office forecasting models suggest increased warming over land, particularly the northern parts of Europe, Asia and from North America. The current relatively cool conditions in the North Atlantic are expected to warm, which could amplify the temperature rise in Europe. The models, on the other hand, seem to indicate colder conditions in the Southern Ocean.
In short, the forecast anticipates continued global warming, largely due to the persistence of high levels of greenhouse gases. Unlike the IPCC’s more long-term reports, the Met Office’s ten-year projections are based on the actual state of the climate at the time they are made. The calculations do not include unforeseeable events, such as a large volcanic eruption, which would cause temporary cooling.
Source: global-climat.

Vue globale des anomalies de température mondiale par rapport à 1850-1900, avec les prévisions du Met Office pour 2020 et pour la période 2020-2024 (Source : global-climat)