Le Popocatepetl (Mexique) en 3D // 3D images of Popocatepetl (Mexico)

Le Popocatépetl est l’un des volcans les plus actifs et des plus dangereux d’Amérique car il est situé à proximité de zones densément peuplées. En particulier, le volcan se trouve à seulement 70 kilomètres au sud-est de Mexico, avec plus de 20 millions de personnes sous la menace des nuages de cendres et de débris volcaniques. Haut de 5 426 mètres, c’est le deuxième plus haut sommet du Mexique.

Crédit photo: CENAPRED

El Popo est en activité quasi continue depuis 1994. Son niveau d’alerte est actuellement à la couleur Jaune Phase 2. On observe des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sommet, avec parfois des retombées de cendres sur les zones sous le vent. L’accès au sommet est strictement interdit en raison du danger permanent et de son imprévisibilité.

Vue du cratère du Popocatepetl

Pour essayer de mieux anticiper l’activité du volcan, un groupe de chercheurs a cartographié avec précision l’intérieur de l’édifice volcanique. Pendant cinq ans, des spécialistes de l’Université nationale autonome de Mexico ont gravi les pentes du volcan, transportant des kilos de matériel. L’objectif était d’installer de nouveaux sismomètres sur les pentes du Popo pour collecter une importante quantité de données sismiques.

J’ai déjà consacré une note à cette étude le 31 décembre 2025, mais je trouve qu’elle mérite qu’on s’y attarde.

L’intelligence artificielle (IA) pour mieux comprendre le Popocatepetl (Mexique) // Artificial intelligence (AI) to better understand Popocatepetl (Mexico)

 

On enregistre régulièrement des épisodes de trémor sur le volcan, liés aux mouvements du magma et de la circulation des gaz et de l’eau en profondeur. Ce sont autant de petits signaux sismiques captés par les instruments de mesure et qui renferment de précieux indices sur la structure interne du volcan.

 Sismogramme et spectrogramme d’un épisode de trémor harmonique sur le Popo en décembre 2000 (Source : AGU Publications)

Les chercheurs ont fait intervenir l’intelligence artificielle (IA) dans le traitement de ces signaux. Comme l’a précisé une scientifique de la mission, « on a appris à la machine quels étaient les différents types de trémor sismique que l’on peut avoir sur El Popo. » L’algorithme a ensuite pu de lui-même cataloguer les données obtenues et les « traduire » en matière de matériaux, d’état, de température et de profondeur.

Ces résultats ont alors permis aux chercheurs de construire une image 3D de l’intérieur du volcan, jusqu’à 18 kilomètres sous le cratère, rendant visibles les différents conduits volcaniques et la distribution des réservoirs magmatiques. Ils devraient être publiés sous peu et être utiles aux autorités pour la prévention du risque volcanique.

Source : Phys.org

Ce n’est pas la première fois que des scientifiques réussissent à obtenir des images de l’intérieur d’un volcan. Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, la muographie – qui s’appuie sue les particules cosmiques – a permis d’obtenir des images de volcans comme la Soufrière de la Guadeloupe, du sommet du Stromboli et de volcans japonais. Reste à comprendre comment le magma se comporte dans le système d’alimentation. Cela suppose une étude approfondie des gaz qui sont le moteur des éruptions.

Intérieur de la Soufrière de la Guadeloupre (Source : CNRS / Projet Diaphane)

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Popocatépetl is one of the most active and dangerous volcanoes in the Americas because it is located near densely populated areas. In particular, the volcano is only 70 kilometers southeast of Mexico City, with more than 20 million people under threat from clouds of ash and volcanic debris. At 5,426 meters, it is the second highest peak in Mexico.

El Popo has been almost continuously active since 1994. Its alert level is currently Yellow Phase 2. Plumes of gas and ash are observed rising several hundred meters above the summit, with ashfall sometimes occurring in downwind areas. Access to the summit is strictly prohibited due to the constant danger and its unpredictability.

To try to better anticipate the volcano’s activity, a group of researchers has precisely mapped the interior of the volcanic edifice. For five years, specialists from the National Autonomous University of Mexico climbed the slopes of the volcano, carrying kilograms of equipment. The goal was to install new seismometers on the slopes of El Popo to collect a significant amount of seismic data. Tremor episodes are regularly recorded on the volcano, linked to the movement of magma and the circulation of gases and water deep underground. These are small seismic signals captured by the measuring instruments, containing valuable clues about the volcano’s internal structure.

The researchers used artificial intelligence (AI) to process these signals. As one of the mission’s scientists explained, « We taught the machine the different types of seismic tremors that can occur on El Popo. » The algorithm was then able to automatically catalog the data obtained and « translate » it into terms of materials, state, temperature, and depth. These results allowed researchers to construct a 3D image of the volcano’s interior, extending up to 18 kilometers below the crater, revealing the various volcanic conduits and the distribution of magma reservoirs. These results should be published shortly and will be useful to authorities for volcano risk prevention.

Source: Phys.org.

This is not the first time scientists have succeeded in obtaining images of the interior of a volcano. As I mentioned in previous posts, muography—which relies on cosmic particles—has made it possible to obtain images of volcanoes such as La Soufrière in Guadeloupe, the summit of Stromboli, and Japanese volcanoes. It remains to be understood how magma behaves within the supply system. This requires a thorough study of the gases that drive the eruptions.

L’intelligence artificielle (IA) pour mieux comprendre le Popocatepetl (Mexique) // Artificial intelligence (AI) to better understand Popocatepetl (Mexico)

Des scientifiques de l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM) ont créé le premier modèle tridimensionnel du Popocatépetl qui dresse ses 5426 m à 70 kilomètres au sud-est de Mexico, dans les États de Puebla et de Mexico.

Les chercheurs espèrent que leurs travaux permettront de mieux comprendre la structure interne du volcan avec l’existence possible de chambres magmatiques, et d’optimiser la surveillance du volcan et la prévention des catastrophes.

L’étude intitulée « Estructura de velocidades sísmicas del volcán Popocatépetl, México, a partir de campos difusivos », publiée dans la revue ScienceDirect, indique que ces travaux permettront de mieux anticiper les futures éruptions. Grâce à l’intelligence artificielle (IA), les chercheurs seront en mesure, à l’avenir, de construire des tomographies en quatre dimensions.
Depuis 1994, année de la première éruption du Popocatépetl en plus de 70 ans, diverses études géophysiques ont été menées afin de comprendre l’histoire éruptive, l’activité et les risques volcaniques de ce volcan. Cependant, les modèles précédents, basés sur la sismicité volcano-tectonique, se sont avérés insuffisants pour décrire les phénomènes dans certaines zones ou sur une grande profondeur, en raison de la distribution spatiale de l’activité sismique et des stations utilisées. La nouvelle étude propose le premier modèle 3D du Popocatépetl, et prend en compte l’ensemble du volcan.

Les responsables du projet ont utilisé 18 stations sismiques réparties sur le volcan. Huit d’entre elles ont été installées par leurs soins, les autres appartenaient déjà au CENAPRED. Les appareils effectuent au moins 100 mesures par seconde et ces données, qui représentent une immense quantité d’informations, sont traitées automatiquement grâce à l’intelligence artificielle. Auparavant, tout était analysé manuellement. Aujourd’hui, grâce à l’IA, les scientifiques peuvent traiter une année de données, provenant de toutes les stations, en trois heures seulement. L’étude menée sur 18 stations permet de détecter des structures internes interconnectées, susceptibles d’être des zones d’accumulation de magma, des conduits d’alimentation et des anomalies. Toutes ces structures sont identifiées grâce à la propagation des ondes sismiques dans le sous-sol ; ces ondes se propagent plus rapidement dans les roches dures et plus lentement dans les zones contenant du magma ou des matériaux tendres.

Modèle de la structure interne du Popocateptl après traitement des données par l’intelligence artificielle (Source : UNMA)

L’étude montre la présence d’un système magmatique en forme de champignon dans deux régions présentant une vitesse des ondes S (Vs) élevée. Ces régions sont situées respectivement entre 0 et 5 kilomètres d’altitude, et entre 4 et 7 kilomètres de profondeur, et sont reliées par un conduit étroit en forme de tube.
Selon l’étude, la région à Vs élevée la plus superficielle est directement liée à des structures volcaniques anciennes et récentes. Ce phénomène résulte du mélange de matériaux magmatiques et d’un processus intense de dégazage, qui accroît la viscosité et la cristallisation du magma.
La région à Vs élevée la plus profonde est interprétée comme un piégeage de matériaux magmatiques par la pression lithostatique exercée par le poids des roches et sédiments sus-jacents sur une formation rocheuse profonde. De plus, le modèle met en évidence des paléostructures volcaniques enfouies et des vestiges d’anciens effondrements volcaniques.
Source : EL PAÍS USA.

Il ne fait aucun doute que l’IA, par la rapidité avec laquelle elle est capable de traiter des volumes importants de données, va énormément aider les volcanologues dans leur étude des structures volcaniques. Malgré tout, il restera encore un long chemin avant de pouvoir prévoir avec plus de précision qu’aujourd’hui le déclenchement des éruptions volcaniques.

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Scientists from the National Autonomous University of Mexico (UNAM) have created the first tridimensional model of the Popocatépetl volcano in the pursuit of understanding its internal structure, resolving doubts as to the existence of magma chambers, and optimizing monitoring efforts as well as disaster prevention. The study Estructura de velocidades sísmicas del volcán Popocatépetl, México, a partir de campos difusivos (Structure of seismic velocities of the Popocatépetl volcano, Mexico, via diffusion fields), which was published in the journal ScienceDirect, states that the model will better allow for the anticipation of future eruptive episodes. Thamks to the use of use of artificial intelligence, the researchers will be able to construct tomographies in four dimensions in the future.

Since 1994, the year that Popocatépetl erupted for the first time in more than 70 years, various geophysics studies have been carried out in the hopes of understanding the eruptive history, activity and volcanic perils of the volcano. But previous models based on volcanic-tectonic seismicity have not been sufficient in describing patterns in certain areas or across a large range of depth, due to spatial distribution of seismic activity and stations that have been used. The new study proposes the first 3D velocity model of Popocatépetl volcano describing the whole edifice.

Project leaders utilized 18 seismic stations located across the volcano. They installed eight of them, and the rest belong to the National Center for Disaster Prevention. Teams register at least 100 measurements per second and that data, an immense quantity of information, is automatically processed using AI. Previously, everything was analyzed manually. Today, with AI, scientists can process a year’s worth of data, from all stations, in three hours.

The 18-station study allows for the detection of interconnected internal structures as possible regions of magma accumulation and ascending conduits and abnormalities. All are identified by seismic waves traveling through the subsoil, which are faster in hard rocks and slower in areas with magma or soft material.

The study suggests the presence of a mushroom-shaped magmatic system in two regions with high Vs (S-wave velocity) between zero and five kilometers above sea level, and four and seven kilometers below sea level, connected by a narrow tube-shaped conduit.

According to the study, the most shallow high Vs region is directly related to old and new volcanic structures, as a result of magmatic materials mixing with and being affected by an intense process of degasification, which increases magma’s viscosity and crystal content.

The deepest region of high Vs is interpreted as magmatic material trapped by lithostatic pressure exerted by the weight of overlying rocks and sediments on a deep rock formation. In addition, the model presents evidence of buried volcanic paleostructures and remnants of ancient volcanic collapses.

Source : EL PAÍS USA.

Glaciers mexicains : espèce en voie de disparition

Comme je l’indique dans la présentation de ma conférence « Glaciers en péril », les glaciers fondent partout dans le monde et aucun continent n’est épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne.

Dans le dernier numéro 216 de la revue de L’Association Volcanologique Européenne – L.A.V.E.* – son rédacteur en chef, Dominique Decobecq*, évoque la disparition des glaciers mexicains dans des pages consacrées à la peinture des volcans dans ce pays.

Les sommets les plus hauts du Mexique sont le Pico de Orizaba ou Citlaltépetl (5,675 m), le Popocatepetl (5465 m) et l’Iztaccihuatl (5220 m). Malgré ces hautes altitudes, les glaciers qui couraient sur leurs flancs n’ont pas résisté au réchauffement climatique. Autrefois encapuchonnés d’une calotte de glace, ils ont perdu de leur majesté. Héritiers du Dernier Maximum Glaciaire il y a environ 20 000 ans, ils avaient connu un sursaut d’orgueil au cours du Petit Âge Glaciaire il y a environ 1500 ans avant de subir les assauts du réchauffement climatique actuel depuis les années 1970.

Dominique Decobecq rappelle que dans les années 1960, l’Iztaccihuatl – la montagne blanche, souvent surnommé « La Femme Endormie » à cause de la forme de ses quatre principaux sommets hébergeait encore une douzaine de petits glaciers couvrant 6,4 km2. En 1982, trois d’entre eux avaient disparu. Ne subsistait plus que le glacier El Pechodont. En 2018, les images satellites et les photographies aériennes ont montré qu’il n’y avait plus de glace à surveiller dans la zone dite « ventrale » du volcan Iztaccihuatl : le glacier Ayoloco, qui s’y trouvait, était mort. Même si le glacier a disparu, les visiteurs de ce volcan doivent garder à l’esprit que l’ascension requiert une bonne condition physique, une connaissance des techniques d’alpinisme, ainsi qu’un équipement adéquat.

 

L’Iztaccihuatl en 2010 (Crédit photo : Wikipedia)

Dans les années 1990, le Popocatepetl présentait encore trois glaciers accolés sur son versant nord : le Ventorillo, le Norte et le Noroccidental. Le glacier Norte avait une longueur estimée à 600 mètres en 1964 et il couvrait 0,2 km² sur le versant nord du volcan. Il était relié au glacier del Ventorrillo à l’ouest. À partir des années 1990, le Ventorillo s’est réduit comme peau de chagrin. En 1994, son front était remonté à 4702 m d’altitude, contre 4150 m en 1519. Le coup de grâce fut porté au glacier par une succession d’éruptions en 1994-1996. Il a été officiellement déclaré mort le 22 janvier 2001 à la suite d’un nouvel événement éruptif qui a complètement déstructuré le glacier dont ne subsistaient que quelques lambeaux. C’est la combinaison de l’activité volcanique et du réchauffement climatique qui ont eu raison des glaciers sur le Popo.

 

Image webcam du Popo (Source : CENAPRED)

Les glaciers du Pico de Orizaba subissent , eux aussi, les effets du réchauffement climatique, mais ils sont moins soumis à l’activité volcanique que le Popocatepetl. Le volcan est considéré comme en sommeil mais pas éteint. Sa dernière éruption a eu lieu au 19ème siècle. Il héberge neuf glaciers dont le Gran Glaciar Norte qui donne naissance à sept glaciers secondaires. Le glacier principal s’étend sur 3,5 km au nord de la lèvre du cratère, avec une superficie d’environ 9,08 km2.

 

Vue du Pico de Orizaba en 2014 (Crédit photo : Wikipedia)

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* L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.)http://www.lave-volcans.com/ – est une association culturelle à caractère scientifique qui permet aux passionnés de volcans, de se rencontrer, de suivre l’actualité des volcans du monde, d’informer le grand public, de favoriser les échanges dans le domaine des sciences de la Terre et de contribuer à la valorisation de la recherche en volcanologie grâce notamment à sa revue « LAVE ».

* Dominique Decobecq est le co-auteur, avec votre serviteur du livre « Histoires de volcans, Chroniques d’éruptions », paru aux Éditions Omniscience en août 2022. Il est le rédacteur en chef de la revue LAVE.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’éruption qui a débuté à 2 h 20 (heure locale) le 23 décembre 2024 sur le Kilauea (Hawaii) s’est arrêtée le même jour vers 15 heures. La déflation du sommet a cessé et le tremor éruptif a commencé à diminuer. À 15 h 30, les fontaines de lave étaient à peine visibles. À 16 heures, elles avaient cessé.

Une reprise de l’éruption s’est produite vers 8heures le 24 décembre. Des fontaines de lave sont réapparues dans la partie sud-ouest du cratère de l’Halema’uma’u, de plus en plus intenses vers 11h00.

11 heures, c’est l’heure à laquelle l’éruption a de nouveau décidé de faire « une pause » le jour de Noël. Une nouvelle phase d’inflation ayant débuté au sommet du Kilauea, il n’est pas impossible que l’on assiste à un troisième épisode éruptif dans les prochaines heures ou les prochains jours.

Source: HVO.

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Dans une mise à jour publiée le 26 décembre à 23h00 (heure française), le HVO indique que l’éruption du Kilauea à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u fait toujours une pause et aucune nouvelle activité hormis du dégazage n’a été observée dans la partie sud-ouest du cratère. Le HVO ajoute que « l’inflation du sommet qui a repris à la suite du dernier épisode éruptif indique qu’une reprise de l’activité est possible dans les prochains jours, mais ce n’est pas certain. » Autrement dit, personne ne sait ce qui va se passer maintenant.

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Le 27 décembre 2024 au matin (heure française), on assiste à une légère reprise de l’acticvié au niveau du centre éruptif dans la partie sud-ouest de l’Halema’uma’u avec de petites coulées de lave qui avancent timidement sur le plancher du cratère. Au fil des heures, le Kilauea semble manquer de souffle pour faire mieux. Les prochaines heures nous diront siri le volcan est capable de se ressaisir.

Image webcam de l’éruption le jour de Noël avant la ‘pause’

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Un essaim sismique a été enregistré à Soufrière Hills (île de Monserrat) à 10h20 (heure locale) le 19 décembre 2024 et il a duré environ 90 minutes, ce qui a entraîné des restrictions temporaires dans la zone V, une zone à risque près du volcan. Les secousses se sont produites à des profondeurs de 2 à 3 km sous le dôme du volcan. Aucune émission de cendres ni changement d’activité fumerollienne n’ont été observés.
L’activité sismique pendant l’essaim a culminé avec deux événements de M3,3. L’activité sismique est revenue à des niveaux normaux à 12h40 et l’accès à la zone restreinte a été rétabli.
On n’oublie pas que les éruptions de Soufrière Hills du 18 juillet 1995 au 5 février 2013 ont provoqué d’importantes coulées pyroclastiques, des retombées de cendres et la croissance de dômes de lave. Elles ont conduit à l’évacuation de la moitié sud de l’île et à la destruction de la capitale, Plymouth.
Source : MVO.

Crédit photo: Wikipedia

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Le niveau d’alerte volcanique pour le Popocatépetl (Mexique) reste à la couleur Jaune Phase 2. L’activité se poursuit avec les « exhalaisons » habituelles de gaz et de vapeur, parfois mélangées à de la cendre. Le 22 décembre 2024, des panaches de cendres ont atteint une altitude d’environ 6,7 km lors d’une activité explosive continue au sommet. Le panache s’est étiré sur une cinquantaine de kilomètres depuis le sommet. Cette activité explosive se produit généralement lorsque la galette de lave à l’intérieur du cratère est pulvérisée par la libération des gaz qui s’étaient accumulés.
Source : CENAPRED.

Image webcam du Popocatepetl le 20 décembre 2024

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L’Agence météorologique japonaise (JMA) a signalé une séquence explosive sur le Sakurajima (Japon) entre 07h10 et 07h29 (heure locale) le 23 décembre 2024, avec des nuages ​​de cendres s’élevant à environ 3 000 m au-dessus du volcan. Un bulletin d’alerte a été émis pour de légères retombées de cendres vers le sud-est en direction de la préfecture de Kagoshima.
Le volcan est maintenu au niveau d’alerte 3 (sur une échelle de 1 à 5) et l’accès aux zones proches du sommet a été restreint.
Les événements du 23 décembre font suite à une période dde hausse d’activité volcanique du 9 au 13 décembre, lorsque de petites éruptions et une incandescence nocturne ont été enregistrées au niveau du cratère.
Voici une vidéo de l’activité du 23 décembre trouvée sur les réseaux sociaux :
https://twitter.com/i/status/1871070446592135258

Vue du Sakurajima et de Kagoshima (Crédit photo: Wikipedia)

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Selon plusieurs articles de presse, une petite explosion, avec émissions de gaz et de cendres, s’est produite sur le Masaya (Nicaragua) le 22 décembre 2024. Cette activité s’est accompagnée de l’ouverture de larges fissures sur la lèvre sud du volcan. Selon l’INETER, elles sont étendues et profondes, ce qui présente un risque potentiel de glissements de terrain. Les autorités ont recommandé d’éviter la zone et de fermer temporairement le parc pour des raisons de sécurité. En conséquence, depuis le 22 décembre, le parc national du Masaya reste fermé aux visiteurs.
Source : INETER.

Vue du cratère du Masaya (Crédit photo: INETER)

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Le Kanlaon (Philippines)a connu une nouvelle crise éruptive le matin du 23 décembre 2024 (heure locale), avec un panache de cendres d’environ 1 200 m de hauteur. Le PHIVOLCS a conseillé aux habitants de porter des masques ou d’utiliser des chiffons humides pour se protéger contre les retombées de cendres. Il a également averti que les coulées pyroclastiques et les lahars pourraient présenter des risques en cas de fortes pluies.
La Protection civile philippine a décidé que les localités situées dans un rayon de 6 km du cratère sommital devraient rester évacuées. Des représentants de diverses agences gouvernementales ont discuté de la préparation à une éventuelle escalade vers le niveau d’alerte volcanique 4. Les conditions météorologiques doivent être surveillées de près en cas de fortes pluies qui peuvent génèrer des lahars dans les ravines sur les flancs sud du volcan. Les autorités évaluent les équipements des centres d’évacuation pour s’assurer qu’ils sont dotés de toilettes portables et des fournitures essentielles. Le rayon d’évacuation actuel est maintenu sans extension à 10 km, à moins que les conditions s’aggravent.

Source : PHIVOLCS, Protection civile.

Crédit photo: PHIVOLCS

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En Indonésie, le Raung (3 260 m) est l’un des stratovolcans les plus actifs de l’île de Java. On y observe une caldeira de 2 km de large qui est fréquemment le siège d’éruptions. L’une d’elles a envoyé des panaches de cendres jusqu’à 8 km d’altitude le 24 décembre 2024. Le 24 décembre déjà, des panaches de cendres ont atteint une altitude de 7 km. Les autorités conseillent de maintenir une zone d’exclusion de 3 km autour du sommet. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.
Le Raung a une longue histoire d’éruptions. Les dernières ont eu lieu en 2022 et 2020, avec respectivement. un VEI de 2 et 1.
Source : Darwin VAAC, GVN.

Vue du Raung depuis le Kawah Ijen (Photo: C. Grandpey)

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Un nouveau débordement de lave s’est produit sur le Stromboli (Sicile) le 24 décembre 2024. Il a fait suite à une intensification de l’activité explosive dans la zone cratèrique nord. L’activité a généré une coulée de lave qui est restée confinée à la partie supérieure de la Sciara del Fuoco.
L’INGV indique qu’une activité strombolienne a été observée dans 4 bouches du secteur nord et 3 dans la zone centre-sud du 2 au 8 décembre. Les explosions dans les bouches nord se sont produites à un rythme de 9 à 13 événements par heure avec des éjectas atteignant jusqu’à 150 m de hauteur. Les bouches de la zone centre-sud ont connu 3 à 8 événements par heure avec des téphras atteignant des hauteurs dépassant 250 mètres.
Source : INGV.

 

Le débordement du 24 décembre vu par la webcam thermique

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J’ai publié plusieurs notes ces dernières semaines à propos de Home Reef dans les îles centrales de l’archipel des Tonga. Le volcan fait partie de l’arc volcanique de Tofua et est bien connu pour ses éruptions fréquentes qui entraînent souvent la formation d’îles éphémères.
Le 15 décembre 2024, les Tonga Geological Services ont signalé que les images satellites confirmaient la formation d’un nouveau lobe de lave couvrant environ 75 000 m2. Le processus s’est produit entre le 4 et le 15 décembre avec de petites explosions et une émission continue de lave.
Les autorités ont émis plusieurs messages d’alerte sur l’activité volcanique en cours. Il est conseillé aux marins de maintenir une distance de sécurité d’au moins 3,7 km par rapport au volcan. L’activité volcanique présente un faible risque pour les zones habitées voisines.

 

Image satellite de Home Reef le 15 décembre 2024 (Source : Copernicus – Sentinel-2)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

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Here is some news about volcanic activity in the world:

The eruption that began at 2:20 a.m. (local time) on December 23rd, 2024 on Kilauea, Hawaii, stopped the same day around 3:00 p.m. The summit deflation ceased and the eruptive tremor began to diminish. By 3:30 p.m., lava fountains were barely visible. By 4:00 p.m., they had ceased.
A resumption of the eruption occurred around 8:00 a.m. on December 24th. Lava fountains reappeared in the southwest part of Halema’uma’u crater, becoming more intense around 11:00 a.m.
11:00 a.m. is the time when the eruption decided to make another « pause » on Christmas Day. With a new inflation phase having started at the summit of Kilauea, we may witness a third eruptive episode in the next hours or days.
Source: HVO.

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In an update released on December 26th at 11:00 pm (French time), HVO indicates that the eruption of Kilauea within Halema’uma’u Crater is still making a pause and no new activity apart from degassing has been observed in the southwest part of the crater. HVO adds that « inflation of the summit following the shutdown indicates that a resumption in activity is possible in the coming days, but not certain. » In other words, nobody knows what will happen next.

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On the morning of December 27th, 2024, there was a slight resumption of activity at the eruptive center in the southwest part of Halema’uma’u with small lava flows slowly advancing on the crater floor. As the hours passed, Kilauea seemed to be running out of steam to do better. The next few hours will tell us if the volcano is able to pull itself together.

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An earthquake swarm began at Soufriere Hills (Monserrat Island) at 10:20 (local time) on December 19th, 2024 and lasted approximately 90 minutes, prompting temporary restrictions in Zone V, a designated hazard area near the volcano. .The earthquakes occurred at depths of 2 to 3 km beneath the volcano’s dome. No ash venting or changes in fumarole activity were observed.

Seismic activity during the swarm peaked with 2 earthquakes measuring M3.3. Seismic activity returned to normal levels by 12:40 and access to the restricted zone was restored.

Soufriere Hills’ eruptions from July 18th, 1995, to February 5th, 2013, which caused extensive pyroclastic flows, ashfalls, and lava-dome growth, led to the evacuation of the southern half of the island and the destruction of the capital city, Plymouth.

Source : MVO.

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The Volcanic Alert Level for Popocatépetl (Mexico) remains at Yellow Phase 2. Activity continues with the usual ‘exhalations ‘ of gas and steam, sometimes mixed with ash. On December 22nd, 2024, ash plumes reached an altitude of approximately 6.7 km during continuing explosive activity at the summit. The plume extended as far as 50 km from the summit. This explosive activity usually occurs when the lava dome inside the crater is shattered by the accumulation and release of the gases.

Source : CENAPRED.

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The Japan Meteorological Agency (JMA) reported explosive eruptions at Sakurajima (Japan) between 07:10 and 07:29 (local time) on December 23rd, 2024, with ash clouds rising to about 3 000 m above the volcano. A forecast has been issued for light ashfall spreading southeast across Kagoshima Prefecture.

Alert Level 3 (on a scale of 1 to 5) is kept for the volcano and has access to the areas near the volcano’s summit has been restricted.

The eruptions on December 23rd follow a period of increased volcanic activity reported from December 9th to December 13th when small eruptions and nightly crater incandescence were recorded.

Here is a video of activity on December 23rd found on the social networks :

https://twitter.com/i/status/1871070446592135258

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According to several press reports, a small explosion, releasing gases and ash, occurred at Masaya (Nicaragua) on December 22nd, 2024. This activity was accompanied with large cracks on the southern rim. According to INETER, they are extensive and deep, posing a potential risk of landslides into the volcanic structure. Authorities recommended avoiding the area and closing the park temporarily for public safety. As of December 22nd, Masaya Volcano National Park remains closed to visitors.

Source : INETER.

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Kanlaon volcano (Philippines) erupted again in the morning of December 23rd, 2024 (local time), sending an ash plume approximately 1 200 m high. PHIVOLCS advised residents to wear masks or use damp cloths as a precaution against ashfall. It also warned that pyroclastic flows and lahars could pose risks during heavy rainfall.

The Philippine Civil Defense has decided that communities within a 6 km radius from the summit crater must remain evacuated. Representatives from various government agencies have discussed preparedness for a potential escalation to Alert Level 4. Weather conditions should also be closely monitored in case heavy rainfall occurs and generates lahars in channels draining the southern flanks of the volcano. Authorities are assessing evacuation centers for resources like portable toilets and essential supplies. The current evacuation radius wil be kept for the moment,without expanding it to 10 km, unless conditions worsen.

Source : PHIVOLCS, Cvil Defense.

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In Indonesia, Raung (3 260 m) is one of Java’s most active stratovolcanoes. It features a 2 km wide caldera that frequently produces eruptions. One of them sent ash plumes as high as 8 km a.s.l. Already on December 24th ash plumes reached an altitude of 7 km on December 24th, 2024. Authorities advise maintaining a 3 km exclusion zone around the summit. The Aviation Color Code is kept at Orange.

Raung has a long history of eruptions. Recent activity includes eruptions in 2022 and 2020, with a VEI of 2 and 1, respectively.

Source : Darwin VAAC, GVN.

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A new lava overflow occurred at Stromboli (Sicily) on December 24th, 2024. It followed an intensification of explosive activity in the northern crater area. The activity generated a lava overflow that remained confined to the upper Sciara del Fuoco.

INGV indicates that Strombolian activity was observed at 4 vents in the northern sector and 3 vents in the south-central crater area from December 2nd to 8th. Explosions in the northern vents occurred at a rate of 9 to 13 events per hour with ejecta reaching up to 150 m above the vents. The south-central vents saw 3 to 8 events per hour with tephra reaching heights exceeding 250 meters.

Source : INGV.

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I have released several posts in the past weeks about Home Reef in the central Tonga Islands. The volcano is a part of the Tofua Volcanic Arc and is well-known for its frequent eruptions, often resulting in the formation of temporary islands.

On December 15th, 2024, the Tonga Geological Services reported that satellite imagery confirmed a new lava lobe covering approximately 75 000 m2. The development occurred between December 4th and December 15th with small explosions and persistent effusion of lava.

Authorities have issued multiple public notices about the ongoing volcanic activity. Mariners are advised to maintain a safe distance of at least 3.7 km from the volcano. The volcanic activity poses a low risk to nearby communities.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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