Kilauea (Hawaï) : l’Épisode 43 et ses conséquences // Episode 43 and its consequences

L’Épisode 43 de l’éruption du Kīlauea a permis d’observer un nouveau record de hauteur pour les fontaines de lave et a provoqué des retombées de téphra sur les localités proches du volcan. L’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO) a consacré un article spécial de sa série « Volcano Watch » à cet événement qui a débuté le matin du 10 mars 2026 et s’est poursuivi pendant 9 heures. L’article souligne les conséquences pour les zones habitées.
Les bouches éruptives nord et sud ont émis des fontaines de lave ; celle de la bouche sud a atteint 531 mètres de hauteur, un nouveau record pour cette éruption à épisodes.

Capture d’écran de l’éruption

Les vents du sud-ouest ont transporté les téphras vers les points d’observation prévus pour les touristes et les localités voisines. La majeure partie des retombées a été enregistrée au site d’observation d’Uēkahuna et au camp militaire du Kīlauea, dans le Parc national des volcans d’Hawaï, ainsi que sur des portions de la Highway 11 et sur le terrain de golf de Volcano. Les téphras qui sont retombés sur les zones situées au nord-est des bouches éruptives ont formé une couche au sol. Une partie de la Highway 11 et du Parc national a été temporairement fermée par mesure de sécurité et pour permettre le nettoyage des téphras.

Téphras sur la Highway 11 (Source: réseaux sociaux)

Des téphras plus légers, mais en abondance, ont été signalés dans d’autres secteurs du terrain de golf de Volcano, ainsi qu’à Volcano Village et dans les Mauna Loa Estates. Ces zones ont reçu des retombées moins importantes, allant jusqu’à la taille de lapilli. Les communautés plus éloignées n’ont signalé que des retombées de cendres et de « cheveux de Pélé ».

Les retombées de téphras sont un souci pour les personnes qui dépendent des systèmes de récupération d’eau de pluie installés sur leurs toits. Des scientifiques ont prélevé des échantillons de cendres, d’eau de ruissellement et d’eau des réservoirs de récupération dans les zones touchées afin de comprendre à quel point ces dépôts de téphras peuvent affecter la qualité de l’eau. L’un des principaux dangers est le fluorure, qui peut enrober les particules de téphra et se dissoudre ensuite dans l’eau. D’autres contaminants potentiels associés aux cendres volcaniques, tels que l’arsenic, le cadmium, le chrome, le cuivre et le plomb, sont présents en trop faible quantité pour être détectés. L’impact le plus important sur la qualité de l’eau se produit lors des premières pluies suivant une éruption, lorsque la plupart des contaminants présents sur les téphras sont lessivés. Les personnes qui utilisent des systèmes de récupération d’eau de pluie peuvent réduire ce risque en déconnectant temporairement les descentes de gouttière avant les retombées de téphras, en couvrant les réservoirs de stockage et en balayant les téphras sur les toits et les gouttières avant de reconnecter leurs systèmes.
Les téphras peuvent également causer des irritations aux yeux, à la peau et aux voies respiratoires. Lors du nettoyage des téphras, il est conseillé de porter un équipement de protection tel qu’un masque, des lunettes de protection, des gants et des vêtements de protection (manches longues, chapeau et chaussures fermées). La zone affectée par les retombées de téphras lors des épisodes au sommet du Kīlauea peut varier en fonction du comportement des fontaines de lave et des conditions de vent.
Source : USGS HVO.

Nuages de téphras pendant l’Épisode 43 (Capture d’écran)

Selon le HVO, les fontaines de lave de l’Épisode 44 devraient jaillir entre le 30 mars et le 8 avril 2026.

—————————————-

Episode 43 of the Kilauea eruption reached new lava fountain height record andcaused tephra fallout on nearby communities. The Hawaiian Volcano Observatory has dedicated a special Volcano Watch article to this event that began in the morning of March 10 2026 and continued for 9 hours. The article also insists on the consequences for populated areas.

The north and south vents erupted lava fountains, with the south vent fountain reaching 531 meters high, a new record for this episodic summit eruption.

Southwesterly winds carried tephra toward visitor overlooks and nearby communities. Most of the fallout accumulated at Uēkahuna Overlook and Kīlauea Military Camp in Hawaiʻi Volcanoes National Park, as well as portions of Highway 11 and the Volcano Golf Course area. These areas, located northeast of the vents, experienced continuous ground coverage. Part of Highway 11 and Hawaiʻi Volcanoes National Park were temporarily closed for safety purposes and to allow for tephra cleanup.

Lighter but still widespread tephra was reported in other parts of the Volcano Golf Course area as well as Volcano Village and Mauna Loa Estates. These areas received sparser fallout, ranging up to lapilli in size. More distant communities reported only ash and Pele’s hair.

Tephra fall raises concern for residents who rely on rooftop rainwater catchment systems. Scientists collected ash, rooftop runoff and catchment tank water samples from affected areas to understand how these tephra deposits might affect water quality. One of the main concerns is fluoride, which can coat tephra particles and then dissolve into water. Other potential contaminants associated with volcanic ash — such as arsenic, cadmium, chromium, copper and lead — were too low to detect.

The largest impact on water quality occurs during the first flush of rain after an eruption, when most contaminants are washed from the tephra. Residents using rainwater catchment systems can reduce risk by temporarily disconnecting downspouts before tephra fall, covering storage tanks and cleaning tephra from roofs and gutters before reconnecting their systems.

Tephra is also an eye, skin and respiratory irritant. When clearing tephra, it is advisable to wear protective equipment such as a mask, eye protection, gloves and protective clothes such as long-sleeves, a hat and covered shoes. The area affected by tephra fallout during Kīlauea summit episodes can vary depending on lava fountaining behavior and wind conditions.

Source : USGS HVO.

According to the HVO, the lava fountains of Episode 44 could be observed between March 30 and April 8, 2026.

L’océan et les inondations dans le sud-ouest de la France

Profitant des belles journées de début du mois de mars, je suis allé le 5 mars 2026 sur la côte atlantique où j’adore faire de longues marches sportives sur les plages sauvages. J’avais opté pour celles de la côte au nord de Royan où le sable est ferme est très agréable sous les pieds.

J’ai bien sûr continué mes observations de l’érosion littorale. J’ai pu constater que les dernières tempêtes n’ont pas causé trop de dégâts. L’érosion observée est celle des années précédentes. Par bonheur, les dernières tempêtes se sont produites avec des coefficients de marée relativement faibles, ce qui a empêché les vagues de poursuivre leur œuvre de destruction sur cette portion de la côte atlantique.

En revanche, l’océan ne présentait pas sa belle couleur bleue habituelle et revêtait une couleur marron fort peu esthétique. J’ai vite compris que ce secteur de l’océan Atlantique subissait le contrecoup des récentes inondations qui ont profondément affecté le sud-ouest de la France, depuis le Lot-et-Garonne jusqu’à la Charente- Maritime.

En envahissant les terres, l’eau s’est chargée en alluvions et sédiments de toutes sortes qui ont pris le chemin de La Gironde, estuaire commun à la Garonne et à la Dordogne qui joignent leur cours au bec d’Ambès. Tous les matériaux arrachés aux sols ainsi que des polluants de toutes sortes se retrouvent aujourd’hui dans l’océan. Je pense qu’il faudra beaucoup de temps avant que la mer retrouve sa belle couleur bleue. À côté des sédiments, on trouve sur le littoral des branches et des troncs d’arbres et d’innombrables brindilles. Sans oublier les déchets plastiques. Très honnêtement, si la température de l’eau l’avait permis, je n’aurais pas osé plonger mon corps dans un tel bouillon de culture.

Quelques petits bécasseaux couraient et picoraient en bordure de l’écume des vagues, mais je n’ai pas vu de cadavres d’oiseaux.

Depuis la mi-janvier, la LPO signale un épisode d’échouages massifs de volatiles sur l’ensemble du littoral atlantique, du Finistère à la Charente-Maritime, et jusqu’aux côtes espagnoles et portugaises. En France, plus de 32 000 échouages d’oiseaux sont recensés depuis le 1er février. Les principales espèces concernées sont des alcidés, avec une majorité de macareux moines.

Sur la côte sauvage au nord de Royan, des blockhaus datant de la Seconde Guerre Mondiale sont arrivés loin dans l’océan, après avoir été délogés par les vagues. À noter que plus au sud, sur la commune de Lège-Cap-Ferret (Gironde), un blockhaus vient de glisser de 20 mètres sur la plage de l’Horizon. Dans quelques années, il sera, lui aussi, ballotté par les vagues du large. Sur ce secteur océanique, le sable devient un mur vertical instable sous les assauts répétés des vagues.

Photos : C. Grandpey

°°°°°°°°°°

À lire une étude publiée dans la très sérieuse revue Nature. Ses auteurs nous expliquent que le niveau de la mer est bien plus élevé que ce que prennent en compte la plupart des évaluations des risques côtiers.

https://www.nature.com/articles/s41586-026-10196-1

Camp Century (Groenland) : une bombe à retardement // Camp Century (Greenland ) : a time bomb

Dans une note rédigée le 9 août 2016 sur ce blog, je faisais référence à une étude de l’Université York à Toronto (Canada), menée en collaboration avec l’Université de Zurich, à propos d’une base militaire ultra secrète installée sous la glace du Groenland par les Américains durant la Guerre Froide.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/08/09/groenland-les-secrets-de-la-banquise-greenland-the-secrets-of-the-ice/

Les chercheurs expliquent que la base militaire a été abandonnée dans les années 1960, mais aujourd’hui le réchauffement climatique pourrait faire remonter à la surface des déchets toxiques qui étaient censés être enterrés à jamais sous la calotte glaciaire.
La base militaire ultra secrète de « Camp Century, » construite à l’intérieur de la calotte glaciaire du Groenland en 1959, a servi de site pour tester la faisabilité de bases de lancement de missiles nucléaires dans l’Arctique pendant la Guerre Froide. Quand la base a été désaffectée en 1967, son infrastructure et les déchets qui s’y trouvaient ont été abandonnés avec l’idée qu’ils seraient enfouis à jamais dans la neige et la glace de cette région du monde. Malheureusement, le réchauffement climatique est passé par là…

Aujourd’hui, l’ancienne base et sa radioactivité pourraient devenir un sacré casse-tête pour Donald Trump si le président américain s’obstine à vouloir prendre le contrôle du Groenland. En 1967, les Américains ont laissé derrière eux des milliers de tonnes de déchets et de débris, dont des résidus radioactifs, qu’ils pensaient enfouis à jamais sous la calotte glaciaire. Avec le réchauffement climatique, ce qui devait rester top secret pourrait sortir au grand jour plus tôt que prévu.
Alors que la planète se réchauffe, Camp Century, situé à environ 1 500 kilomètres au nord de Nuuk, la capitale du Groenland, est un sujet d »inquiétude, car personne ne sait combien de temps la base restera enfouie. L’étude de 2016 à laquelle j’ai fait référence indiquait que les vestiges de la base abandonnée pourraient être mis au jour par la fonte de la glace et de la neige vers la fin du 21ème siècle.
Cette révélation a provoqué une tempête politique au Groenland, où le ministre des Affaires étrangères a exigé que le Danemark prenne en charge le nettoyage des installations militaires américaines abandonnées au Groenland. Le pays, ancienne colonie danoise, n’a jamais consenti à les accueillir. Nuuk et Copenhague ont signé un accord en 2017 prévoyant environ 30 millions de dollars pour le nettoyage des déchets, mais Camp Century n’était pas inclus dans l’accord.

Camp Century était une véritable ville souterraine, avec une chapelle, un salon de coiffure et des dortoirs qui abritaient des centaines de personnes. Tout cela était, jusqu’à présent, enfoui sous une épaisse couche de glace. Aujourd’hui, Camp Century pourrait contaminer l’environnement de différentes manières. D’une part, la fonte de la glace et de la neige pourrait entraîner des déchets toxiques – comme les 200 000 litres de diesel – dans l’océan. D’autre part, on peut craindre que la glace dans laquelle est construite la base se détache et forme un iceberg. Cependant, les scientifiques estiment que ni l’une ni l’autre de ces hypothèses ne se produira avant la fin de ce siècle.

L’avenir de Camp Century dépendra du réchauffement climatique au cours des prochaines décennies. Bien que les projections diffèrent, un rapport des Nations Unies publié en octobre 2024 indique que la planète se réchauffera de 2,6 °C à 3,1 °C au cours de ce siècle, et que l’objectif symbolique de 1,5 °C convenu à Paris en 2015 ne sera jamais atteint. Cette forte hausse des températures pourrait porter un coup fatal à Camp Century, avec des conséquences désastreuses pour l’environnement..

Aujourd’hui, Camp Century joue un rôle important pour les scientifiques qui étudient et tentent de comprendre le réchauffement climatique. Dans les années 1960, ils ont extrait une carotte de glace, toujours étudiée aujourd’hui, afin de mieux comprendre les schémas climatiques d’il y a des centaines de milliers d’années. De ce fait, la base demeure un « supersite » scientifique.

Si Donald Trump continue de vouloir acquérir le Groenland, il héritera des séquelles des activités polluantes de son propre pays à l’époque de la Guerre Froide. Un cadeau empoisonné !

Voici une vidéo qui explique en anglais sous-titré l’histoire de Camp Century :

https://www.youtube.com/watch?v=C2aNAxXMkq0

Cette photo de l’armée américaine montre les tunnels de l’entrée NE de Camp Century au moment de sa construction en 1959.

———————————————-

On August 9th, 2026, I wrote on the blog a post referring to a study performed at York University in Canada. Conducted in collaboration with the University of Zurich, it reveals that a military camp situated beneath the ice in Greenland was abandoned in the 1960s and that climate change could remobilize the abandoned hazardous waste believed to be buried forever beneath the Greenland Ice Sheet.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/08/09/groenland-les-secrets-de-la-banquise-greenland-the-secrets-of-the-ice/

The U.S. military base “Camp Century,” built in the Greenland Ice Sheet in 1959, served as a top-secret site for testing the feasibility of nuclear missile launch sites in the Arctic during the Cold War. When the camp was decommissioned in 1967, its infrastructure and waste were abandoned under the assumption they would be entombed forever by perpetual snow and ice.

Unfortunately,the Arctic has unexpectedly warmed…

Today, the radioactive secret could become a headache for Donald Trump if he keeps his desire to take control of the Arctic island.

Although the Americans dismantled the reactor and took its nuclear reaction chamber with them when they departed in 1967, they left behind thousands of tonnes of waste and debris, including radioactive residue, to be buried under the icecap forever.But because of global warming, forever might come sooner than planned.

As the world warms, Camp Century, which is located about 1,500 kilometers north of Nuuk, Greenland’s capital city, is becming the focus of anxiety as noboby knows how long it will remain entombed. The study I referred to in 2016 said the remains of the abandoned base could be exposed by melting ice and snow toward the end of the 21st century.

The revelation caused a political storm in Greenland whose Foreign Minister demanded Denmark take responsibility for cleaning up the debris from abandoned U.S. military installations in Greenland. The country formerly a colony of Denmark, never consented to hosting them. Nuuk and Copenhagen signed a deal in 2017 earmarking about $30 million to clean up the debris and waste, but Camp Century was not included in the agreement.

Camp Century has been described as a subterranean city, complete with a chapel, a barbershop and dormitories that once housed hundreds of people. All that is now buried under thick layers of ice. There are different ways Camp Century could contaminate the environment. One is if melting ice and snow carry toxic waste – such as the 200,000 liters of diesel fuel beneath the ice – out into the ocean. Another is if the ice containing the base breaks off and forms an iceberg. However, scientists think neither are likely anytime this century.

The future of the base will depend on how much the world warms in the coming decades. While there are different projections, a United Nations report published in October 2024 found the planet will heat up by 2.6°C to 3.1°C this century, with no chance of limiting the temperature increase to the totemic 1.5° C target agreed in Paris in 2015. The sharp increase in temperature might deal a deadly blow to Camp Century, with disastrous consequences for the environment.

Today, Camp Century plays an important part to scientists to study and try to understand global warming. In the 1960s, they extracted an ice core that is still studied to this day for insights into climate patterns hundreds of thousands of years ago. As such, the base remains a scientific “supersite.”

If Donald Trump were to lay claim to Greenland, it would also inherit the legacy of its own Cold War-era polluting activities. A poisoned chalice !

Here is a video in English (with subtitles) that clearly explains the history of Camp Century :

https://www.youtube.com/watch?v=C2aNAxXMkq0

Le surtourisme en Antarctique et ses conséquences // Consequences of overtourism in Antarctica

Il y a quelques jours, j’expliquais que le surtourisme était devenu un problème autour du mont Fuji, au Japon. Cependant, l’Empire du Soleil-Levant n’est pas la seule région du monde menacée par un afflux excessif de visiteurs. Même des zones reculées comme l’Antarctique sont en danger.
Au cours des dernières décennies, le nombre de touristes en Antarctique a connu une croissance rapide, passant d’environ 8 000 au milieu des années 1990 à près de 125 000 en 2023-2024. Un nouveau rapport publié dans le Journal for Sustainable Tourism précise que cet essor devrait se poursuivre, avec des prévisions de 452 000 visiteurs annuels d’ici 2033-2034.
L’essentiel de l’activité touristique se concentre sur la frange côtière de la péninsule Antarctique, en raison de sa proximité avec la pointe sud de l’Argentine, d’où partent de nombreux navires de croisière. Une fois arrivés en Antarctique, les touristes peuvent participer à diverses activités, notamment la navigation en petites embarcations, la plongée, les vols en hélicoptère et le camping le temps d’une nuit. Durant la saison 2023-24, 55 voyagistes ont effectué 569 voyages en Antarctique, avec environ deux tiers des passagers à bord de petits navires permettant l’accostage.
La plupart des voyagistes présents dans la région font partie de l’Association internationale des voyagistes de l’Antarctique (IAATO), qui exige de ses membres le respect de règles strictes. Les activités touristiques en Antarctique sont également soumises à des évaluations d’impact environnemental en vertu du Protocole relatif à la protection de l’environnement du Traité sur l’Antarctique.

Une nouvelle étude confirme que l’augmentation du nombre de touristes et l’expansion des projets de recherche polluent de plus en plus l’Antarctique qui est déjà menacé par le réchauffement climatique d’origine anthropique.
Dans les zones antarctiques où l’activité humaine a été intense, la concentration de particules fines contenant des métaux lourds est dix fois supérieure à ce qu’elle était il y a 40 ans.
La présence humaine croissante en Antarctique suscite des inquiétudes quant aux polluants issus de la combustion de combustibles fossiles, notamment ceux des navires, des avions, des véhicules et des infrastructures connexes. Les navires transportant des touristes sont alimentés par des combustibles fossiles polluants, sources de particules fines contenant, entre autres, du nickel, du cuivre, du zinc et du plomb. La neige fond plus vite en Antarctique en raison de la présence de particules polluantes dans les zones fréquentées par les touristes. Selon des scientifiques de l’Université de Groningue, aux Pays-Bas, un seul touriste peut contribuer à accélérer la fonte d’environ 100 tonnes de neige.
Les auteurs de l’étude ont passé quatre ans à parcourir 2 000 kilomètres en Antarctique pour mesurer la contamination. La présence de métaux lourds a également augmenté à cause des expéditions scientifiques. Les projets de recherche qui s’y prolongent peuvent avoir un impact jusqu’à dix fois supérieur à celui d’un seul touriste.
L’étude reconnaît que des avancées significatives ont été réalisées pour protéger l’Antarctique, comme l’interdiction du fioul lourd, très polluant, et l’adoption par l’industrie touristique de navires hybrides électriques. Néanmoins, les résultats de l’étude montrent qu’il reste encore beaucoup à faire pour réduire les conséquences des activités humaines en Antarctique, notamment en accélérant la transition vers les énergies renouvelables et en réduisant drastiquement l’utilisation des combustibles fossiles. Une autre étude publiée en août 2025 dans la revue Nature a averti que des changements potentiellement irréversibles en Antarctique, provoqués par le réchauffement climatique, pourraient faire monter le niveau des océans de plusieurs mètres et entraîner des « conséquences catastrophiques pour des générations » (voir ma note du 23 août 2025).
Source : médias d’information internationaux.

Le continent blanc n’est probablement plus aussi blanc qu’autrefois…

———————————————-

A few days ago, I explained that overtourism has become a problem around Mount Fuji in Japan. However, Japan is not the only region of the world to be under the threat of too great numbers of visitors. Even remote areas like Antarctica are in peril.

Over the past few decades, tourist numbers in Antarctica have grown rapidly, from about 8,000 in the mid-1990s to almost 125,000 in 2023-24. A new report published in the Journal for Sustainable Tourism suggests the boom is set to continue, with annual visitor numbers forecast to reach 452,000 by 2033-34.

Most of the tourism activity is concentrated on the coastal fringe of the Antarctic Peninsula, due to its proximity to the southern tip of Argentina, where many of the cruise ships depart. Once tourists reach Antarctica, they can participate in a range of activities, including kayaking, polar plunges, helicopter rides and overnight camping.

During the 2023-24 season, 55 tour companies conducted 569 voyages to Antarctica, with about two thirds of passengers on smaller expedition-style vessels that allow landfall.

Most tour companies that go to the region are part of the International Association of Antarctica Tour Operators (IAATO), which requires its members to abide by strict guidelines. Tourist activities in Antarctica are also subject to environmental impact assessments under the Protocol on Environmental Protection to the Antarctic Treaty.

A new study confirms that soaring numbers of tourists and expanding research projects are increasingly polluting Antarctica which is already threatened by human-driven global warming.

In Antarctic areas where humans have been active, the concentration of fine particles containing heavy metals is 10 times higher than it was 40 years ago..

The increasing human presence in Antarctica raises concerns about pollutants from fossil fuel combustion, including those from ships, aircraft, vehicles and supporting infrastructure. Ships carrying tourists are powered by dirty fossil fuels, which are the source of fine particles containing nickel, copper, zinc and lead, among others.

Snow melts faster in Antarctica due to the presence of polluting particles in areas frequented by tourists. According to scientists from the University of Groningen in the Netherlands, a single tourist can contribute to accelerating the melting of around 100 tons of snow.

The authors of the study spent four years traveling 2,000 kilometers in Antarctica to measure the contamination. The presence of heavy metals has also increased due to scientific expeditions. Research projects that stay for an extended time can have up to 10 times more of an impact than a single tourist.

The study acknowledges there have been « meaningful steps forward » in attempts to protect Antarctica, such as a ban on highly polluting heavy fuel oil and the tourism industry embracing electric-hybrid ships. Nevertheless, the results of the study show that more remains to be done to reduce the burdens of human activities in Antarctica, » including speeding up the transition to renewable energy and slashing fossil fuel use ».

A different Nature study also published in August warned that potentially irreversible changes in Antarctica driven by global warming could lift global oceans by meters and lead to « catastrophic consequences for generations. » (see my post of 23 August 2025).

Source : international news media.