Islande : Des forages à grande profondeur contre le réchauffement climatique ? // Iceland : Deep drilling to combat global warming ?

Cela fait plusieurs années que les Islandais travaillent sur un projet visant à produire de l’électricité grâce à la chaleur du magma. Dans plusieurs articles rédigés sur ce blog en 2016 et 2017, j’expliquais qu’un forage étaie en cours à 5 kilomètres de profondeur dans d’anciennes coulées de lave de la péninsule de Reykjanes. Ce forage, qui avait commencé le 12 août 2017, faisait partie de l’Iceland Deep Drilling Project (IDDP). L’objectif final du projet était d’atteindre 5 km de profondeur, là où la roche en fusion se mélange à l’eau. Avec la chaleur et la pression extrêmes, l’eau se transforme en « vapeur supercritique » et est susceptible de produire une énorme quantité d’énergie. L’idée est que lorsque la vapeur sera transférée à la surface et convertie en électricité, elle produira jusqu’à 10 fois plus d’énergie que les forages géothermiques classiques.
Un article paru en novembre 2024 nous rappelle que le magma terrestre peut produire suffisamment de chaleur pour générer de l’énergie géothermique sans pollution atmosphérique susceptible de réchauffe la planète, si on parvient à l’exploiter avec succès. C’est pourquoi les scientifiques prévoient de procéder à un forage dans le sol islandais pour étudier les conditions qui y règnent. Environ 800 millions de personnes dans le monde vivent à une centaine de kilomètres d’un volcan actif. Si les scientifiques parvenaient à comprendre comment on peut utiliser cette ressource naturelle, cela pourrait changer la donne en matière d’approvisionnement énergétique à l’échelle de la planète. En théorie, le potentiel est illimité.
Le projet islandais consiste à commencer à faire des forages pour approcher les poches de magma à un température de 980 degrés Celsius. Après plusieurs tests au cours des dernières années, un nouveau forage devrait avoir lieu en 2027. Dans une première phase, les scientifiques placeront des capteurs dans le sous-sol pour mieux connaître les mouvements, la pression et la chimie du magma.
La chambre magmatique se trouve à plus de 2 040 mètres sous la surface. Une fois atteinte, un petit orifice sera percé pour pénétrer dans le magma en fusion. La chaleur extraite par cette technologie,peut être utilisée pour produire de l’électricité à la surface de la Terre à l’aide d’une turbine à vapeur dans un cycle continu.
Bien que ce procédé soit plus coûteux que la technologie géothermique classique, les puits de forage et le magma, beaucoup plus profonds, génèrent beaucoup plus de chaleur, ce qui nécessite moins de forages pour produire une énergie significative. Deux forages de magma pourraient remplacer les 18 forages géothermiques conventionnels qui fournissent de l’électricité à 30 000 foyers islandais.
Les innovations géothermiques progressent également à travers d’autres projets étonnants dans le monde. Par exemple, Quaise Energy, une société basée dans le Massachusetts aux États-Unis, a l’intention de forer 20 km dans la Terre pour exploiter ce qu’elle appelle une « source d’énergie d’un million d’années ». Le résultat pourrait être une énergie abondante avec beaucoup moins de répercussions sur le réchauffement de la planète.
À l’avenir, la côte californienne, le Japon et même la Méditerranée sont quelques-uns des sites envisagés pour produire de l’énergie à partir du magma. La première étape consistera à mieux comprendre comment fonctionnent les volcans sur Terre, ce qui est loin d’être le cas actuellement. Comme l’a dit un scientifique, « nous observons le ciel, nous dépensons des milliards et des milliards de dollars pour comprendre les planètes lointaines, mais nous ne dépensons pas autant pour comprendre la nôtre. »

Source : Inspiré d’un article paru dans Yahoo Actualités.

Principe du forage géothermique à grande profondeur (Source: BBC)

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Icelanders have been working for several years on a project to generate electricity with the heat of magma. In several posts written in 2016 and 2017, I explained that a rig was drilling 5 kilometres into the old lava flows in Iceland’s Reykjanes Peninsula. It was part of the Iceland Deep Drilling Project (IDDP). The drilling had begun on August 12th, 2017. The final goal of the project was to reach 5 km down because at this depth, molten rock mixes with water. With the extreme heat and pressure, the water becomes « supercritical vapour » and holds a huge amount of energy. The idea is that when the steam is brought back to the surface and converted into electricity, it will create up to 10 times as energy as conventional geothermal wells.

A recent article reminds us that Earth’s magma can produce enough heat to create geothermal power without planet-warming air pollution if it can be successfully tapped. That’s why experts are planning to drill into Iceland’s ground to study the conditions below. About 800 million people live within approximately 100 kilometers from an active volcano. If scientists can figure out how to utilize this natural resource, it could be game-changing for worldwide power supplies. Basically, the potential is limitless.

The plan in Iceland is to start boring holes into the ground to tap the 980-degree Celsius magma reserves. After several tests in the past years, the initial one is set to be drilled in 2027. In a first phase, the experts will put sensors in the subterranean magma, gaining knowledge of its movements, pressure, and chemistry.

The magma chamber is more than 2,040 meters below the surface. Once at the chamber, a smaller hole is used to enter the molten magma. Heat pulled from the environment can be used to generate electricity on the surface using a steam turbine in a continuous cycle.

While it’s a more expensive process than current geothermal technology, the much deeper wells and magma generate far greater heat, requiring fewer boreholes to make significant power. Two magma boreholes could replace 18 conventional geothermal ones in Iceland that supply electricity to 30,000 households.

Geothermal innovations are advancing in other amazing projects around the world, as well. For instance, Massachusetts-based Quaise Energy in the U.S. intends to drill 20 km into the Earth to tap what it calls a « million-year energy source. » The result could be abundant energy with far fewer planet-warming repercussions.

In the future, the California coast, Japan, and even locations in the Mediterranean are some of the places being eyed as magma-based energy sites. The first step is to better understand Earth’s powerful volcanoes. As one scientists put it, « we are looking into the sky, we are spending billions and billions of dollars to understand planets far away, but we do not spend nearly as much on understanding our own. »

Source : After an article published in Yahoo News.

L’Ouest américain transpire à grosses gouttes // American West sweating profusely

Vous voulez savoir pourquoi 2024 est en passe d’être l’année la plus chaude de l’histoire alors que les températures sont relativement raisonnables en France ? Allez donc visiter l’Ouest des États Unis et vous comprendrez! Cette semaine encore, les températures sont caniculaires dans la région. Qui plus est, une vague de chaleur intense est prévue, avec à la clé des températures qui pourraient être les plus élevées de l’été.
Des alertes canicule sont en vigueur dans certaines régions du sud de la Californie, de l’Arizona et du Nevada, où habitent des dizaines de millions de personnes. Cette chaleur extrême devrait connaître son apogée à partir du 4 septembre et durer jusqu’au week-end.
La ville de Los Angeles pourrait voir le thermomètre approcher 37,7 °C (100 °F), avec des endroits à l’intérieur des terres où la température pourrait atteindre près de 43,3 °C (110 °F) ou plus, selon le National Weather Service (NWS). La baisse des températures pendant la nuit n’apporteront que peu de soulagement.
Les villes situées dans le désert comme Palm Springs devraient connaître plusieurs jours de températures supérieures à 43,3 °C, tandis que les températures maximales dans le Parc national de la Vallée de la Mort, qui connaît son été le plus chaud jamais enregistré, devraient grimper jusqu’à 47,7 °C le 6 septembre.
Même San Francisco, qui connaît normalement une température raisonnable, devrait afficher au moins 7 °C au-dessus de la moyenne.
La vague de chaleur va aggraver une situation déjà inquiétante dans l’Ouest américain. Les Californiens viennent de connaître leur mois de juillet le plus chaud de tous les temps ; la température moyenne de l’État pour ce mois est de 27,6 °C. De nombreuses villes ont connu plusieurs jours de températures supérieures à 38 °C, et plusieurs d’entre elles ont battu des records de température lors d’une vague de chaleur remarquable en juillet.
Les habitants des autres États, en particulier dans le sud-ouest des États-Unis, n’ont pas été mieux lotis. Las Vegas, dans le Nevada, a également connu le mois de juillet le plus chaud de son histoire et a battu son record de température quotidienne lorsque la ville a atteint 48,8 °C (120 °F). Pendant ce temps, à Phoenix, en Arizona, la ville a enregistré son 100ème jour consécutif de températures supérieures à 37,7 °C (100 °F) le 1er septembre. Cela dépasse une série établie dans les années 1990.
Des incendies de forêt réduisent actuellement en cendres de vastes étendues de Californie et la vague de chaleur de septembre pourrait aggraver encore la situation. L’Oregon a connu plus d’incendies cette année que toute autre année. Des dizaines d’incendies de forêt continuent de brûler de l’État de Washington à l’Idaho en passant par l’Arizona, tandis que la Californie est aux prises avec le quatrième plus grand incendie de forêt de son histoire.
Source : Médias d’information américains.

Dans la Vallée de la Mort (Photo: C. Grandpey)

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Want to know why 2024 is about to be the hottest year in history while temperatures are reasonable in France ? Just go and visit the American West ! Searing temperatures are prevailing in the region once again this week. A brutal heatwave is also predicted that could bring some of the highest temperatures of the summer.

Excessive heat warnings are in effect across parts of southern California, Arizona and Nevada, affecting tens of millions of people. The harsh weather is predicted to peak beginning on September 4th and lasting into the weekend.

The city of Los Angeles could see temperatures approaching 100F (37.7C), with locations further inland hitting nearly 110F (43.3C) or higher, according to the National Weather Service (NWS). Warm overnight low temperatures will bring little relief from the heat.

Desert cities such as Palm Springs are expected to see multiple days of temperatures over 43.3°C, while highs in Death Valley national park, which is experiencing its hottest summer on record, are expected to soar up to 118F (47.7C) on September 6th.

Even normally temperate San Francisco is predicted to be at least 7 degrees Celsius above average.

The heatwave will add to the pain of what has already been a devastating summer across the US West. Californians have just experienced their hottest July of all time, with the state’s average temperature for the month recorded at 81.7F (27.6C). Many cities have endured multiple days of temperatures greater than 100F (about 38C), and several cities broke temperature records during a remarkable July heatwave.

There has been little relief for residents in other states, particularly across the US south-west. Las Vegas, Nevada, also saw its hottest ever July, and broke an all-time daily temperature record when the city hit 120F (48.8C). Meanwhile in Phoenix, Arizona, the city marked its 100th consecutive day of temperatures over 100F (37.7°C) on September 1st, surpassing a streak set in the 1990s.

Wildfires are currently burning large swths of California and the September heatwave could make things even worse. Oregon has seen more fire this year than any other. Dozens of wildfires continue to burn from Washington to Idaho to Arizona, while California has been battling its fourth largest wildfire in history.

Source : US news media.

Chaleur accablante dans le sud de la France : Méditerranée en péril // Sweltering heat in the south of France : the Mediterranean Sea at risk

L’information n’est guère surprenante quand on voit le niveau actuel des températures sur le littoral méditerranéen. Il est bien évident que la chaleur de l’atmosphère affecte également la surface de la mer. Jusqu’à 29°C ont été enregistrés à la surface de l’eau à Nice le mardi 6 août 2024. Le thermomètre a même atteint 30°C le 4 août entre 16h30 et 17 heures. Cette hausse de la température de la surface de la mer ne date pas d’hier. Cela fait plusieurs années que la température de l’eau se maintient entre 3 et 4°C au-dessus de la moyenne normale. Appartenant à un bassin fermé, la Méditerranée se réchauffe 20% plus rapidement que les autres masses d’eau sur Terre.

Les climatologues expliquent cette hausse du mercure par des conditions atmosphériques particulièrement chaudes et un faible refroidissement hivernal. En raison du réchauffement climatique, les canicules marines sont de plus en plus fréquentes et persistantes. Les mers et les océans absorbent chaque année près d’un quart des émissions de CO2 générées par les activités humaines, et emmagasinent 90% de l’excédent de chaleur. Cette masse d’eau chaude est un important puits de carbone.

Les vagues de chaleur prolongées sur l’ensemble de la Méditerranée ne se limitent pas aux mesures enregistrées au large de Monaco et de Nice. On les observe aussi dans l’Adriatique, ainsi que dans les régions centrale et orientale de la Méditerranée. Elles représentent une catastrophe pour la faune, la flore et les écosystèmes marins. Les espèces vulnérables, telles que les coraux, subissent un important stress thermique, ce qui provoque des phénomènes de blanchissement et une diminution significative des populations. La température trop élevée de l’eau perturbant des habitats naturels et des chaînes alimentaires, on enregistre aussi des modifications des schémas migratoires, ainsi qu’une baisse de la reproduction.

Adapté d’un article paru sur le site France Info.

Le 4 août 2024, la température moyenne à la surface de la Méditerranée a dépassé le record de 2023 (Source :CEAM / France Info)

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The piece of news is hardly surprising when one seens the current temperatures on the Mediterranean coast. It is obvious that the heat of the atmosphere also affects the sea surface. Up to 29°C were recorded on the water surface in Nice on Tuesday, August 6th, 2024. The thermometer even reached 30°C on August 4th between 4:30 p.m. And 5:00 p.m. This increase in the sea surface temperature is not new. For several years, the water temperature has remained between 3 and 4°C above the normal average. Belonging to a closed basin, the Mediterranean is warming 20% ​​faster than other bodies of water on Earth.
Climatologists explain this increase in temperature by particularly warm atmospheric conditions and a slight winter cooling. Due to global warming, marine heatwaves are becoming more frequent and persistent. Each year, seas and oceans absorb nearly a quarter of the CO2 emissions generated by human activities, and store 90% of the excess heat. This mass of warm water is a major carbon sink.
Prolonged heatwaves across the Mediterranean are not limited to the measurements recorded off the coast of Monaco and Nice. They are also observed in the Adriatic, as well as in the central and eastern regions of the Mediterranean. They represent a disaster for marine fauna, flora and ecosystems. Vulnerable species, such as corals, are subject to significant thermal stress, which causes bleaching and a significant decline in populations. As the excessively high water temperature disrupts natural habitats and food chains, changes in migratory patterns and a decline in reproduction are also recorded.
Adapted from an article published on the France Info website.

Nouvelle vague de chaleur en Antarctique // New heat wave in Antarctica

Ça va mal en Antarctique. En juillet 2024, les températures au sol sur de vastes zones de la calotte glaciaire ont atteint en moyenne 10 °C au-dessus de la normale, Les scientifiques parlent d’une vague de chaleur « quasi record. » C’est d’autant plus inquiétant que c’est l’hiver en ce moment dans l’hémisphère sud et que le continent antarctique est plongé dans l’obscurité.

Si les températures restent inférieures à zéro, elles ont dépassé de 28 °C les prévisions certains jours ! Le globe vient de connaître 12 mois de chaleur record, avec des températures qui ont dépassé régulièrement la hausse de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, définie comme la limite pour éviter la pire catastrophe climatique.

Les modèles des climatologues avertissent depuis longtemps que les effets les plus importants du réchauffement climatique anthropique se feraient sentir dans les régions polaires, et nous en avons la preuve avec la situation actuelle en Antarctique. Ce type de réchauffement en hiver, qui se poursuit pendant les mois d’été, peut entraîner la fonte, voire la disparition, des calottes glaciaires.

La vague de chaleur actuelle est la deuxième dans la région au cours des deux dernières années. La dernière, en mars 2022, a entraîné un pic de 39 °C et provoqué la disparition d’une partie de la calotte glaciaire de la taille de Rome.

La hausse des températures en juillet en Antarctique fait suite à un épisode El Niño particulièrement fort qui a probablement influencé la vague de chaleur actuelle, en relation avec la hausse générale des températures causée par le réchauffement climatique.

Les scientifiques expliquent que la cause immédiate de la vague de chaleur est un affaiblissement du vortex polaire, la bande d’air froid et de basse pression qui tourne dans la stratosphère autour de chaque pôle. L’interférence des ondes atmosphériques a affaibli le vortex et a entraîné une hausse des températures à haute altitude cette année.

Un géophysicien de la Scripps Institution of Oceanography a déclaré qu’il était « extrêmement inquiet de ce qui attend cette région dans les années à venir ». Un de ses collègues a ajouté : « Je ne suis pas surpris étant donné qu’il s’agit malheureusement d’une conséquence attendue du changement climatique. »

Source : The Washington Post et d’autres médias d’information américains.

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Here is some more bad news about Antarctica. In July 2024, dround temperatures across large areas of the ice sheets of Antarctica have soared an average of 10°C above normal in what has been described as a near record heatwave. This is all the more worrying as it is winter in the South Hemisphere and the Antarctic continent is shrouded in darkness.

While temperatures remain below zero on the polar land mass, temperatures have reportedly reached 28°C above expectations on some days.

The globe has experienced 12 months of record warmth, with temperatures consistently exceeding the 1.5°C rise above preindustrial levels that has been defined as the limit to avoiding the worst climate disaster.

Climate scientists’ models have long predicted that the most significant effects of anthropogenic global warming would be on polar regions, and we have a proof of it with the current situation in Antarctica where that kind of warming in the winter and continuing in to summer months can lead to collapsing of the ice sheets.

The current heatwave is the second to hit the region in the past two years, with the last, in March 2022, leading to a spike of 39°C and causing a portion of the ice sheet the size of Rome to collapse.

Antarctica’s increased July temperatures follow a particularly strong El Niño episode which probably influenced the heat wave, in combination with the general increase in temperatures caused by global warming.

Scientists say the proximate cause of the heatwave was a weakened polar vortex, the band of cold air and low pressure that spins in the stratosphere around each pole. Interference from atmospheric waves weakened the vortex and led to rising high-altitude temperatures this year.

A geophysicist at the Scripps Institution of Oceanography said he was “certainly worried about what’s in store for this region in the years to come”. One of his colleagues added : I’m not surprised considering this is sadly an expected outcome of climate change.”

Source : The Washington Post and other US news media.