Un lien entre le cancer et les zones géothermales ? // A link between cancer and geothermal areas ?

drapeau-francaisPlusieurs études publiées dans les années 1980 et 2000 avaient révélé la présence accrue du cancer de la thyroïde dans les régions volcaniques de notre planète. En particulier, Hawaï et les Philippines, avec leur grand nombre de volcans, étaient particulièrement concernées par ce type de cancer. A l’époque, les études avaient également indiqué que l’Islande était le pays où l’on trouvait  la plus forte concentration de cancers de la thyroïde en Europe. Le dénominateur commun de ces différentes régions était la présence de nombreux volcans et le fait que plusieurs éléments chimiques à l’intérieur de la lave semblaient impliqués dans la pathogenèse du cancer de la thyroïde. .
Un récent article publié sur le site Iceland Review nous apprend que les scientifiques de l’Université d’Islande ont découvert à leur tour un lien entre les cancers et la durée de temps passée dans les zones d’Islande qui utilisent l’eau des sources chaudes ainsi que dans les zones volcaniques où sont libérées toutes sortes de substances chimiques. Il ressort de l’étude qu’il existe un nombre plus élevé de cancers chez les personnes vivant dans des zones géothermales chaudes que dans les zones plus froides du pays. Toutes sortes de cancers sont concernés, comme les ceux du pancréas, du sein, de la prostate, du rein, des ganglions lymphatiques et la maladie de Hodgkin.
En conséquence, il serait utile d’examiner la composition chimique de l’eau en provenance du sous-sol volcanique ainsi que l’air de ces zones pour voir s’ils contiennent des cancérogènes connus ou nouveaux. Une fois les résultats révélés, on pourra s’atteler à la prévention.
L’étude n’inclut pas Reykjavik et sa périphérie, pas plus que la péninsule de Reykjanes où les archives médicales montrent pourtant qu’il existe une présence de cancers plus importante que dans les zones rurales en général.
Source: Iceland Review.

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drapeau-anglaisSeveral studies published in the 1980s and 2000s had revealed an increased incidence of thyroid cancer in volcanic areas around the world. Hawaii and the Philippines, where a great number of volcanoes are located, were among the regions with the highest incidence of thyroid carcinoma worldwide. The studies also indicated that Iceland was another region in which the highest incidence of thyroid cancer in Europe is found. The common denominator of these regions is their numerous volcanoes and the fact that several constituents of volcanic lava have been postulated as being involved in the pathogenesis of thyroid cancer.  .

A recent article released on the Iceland Review website informs us that scientists from the University of Iceland have discovered a link between rates of cancer and the amount of time spent living in areas of Iceland which use geothermal water and volcanic areas where all manner of chemical substances are released. It emerges that there is a higher rate of cancer among those living in hot geothermal areas than in comparable cooler areas. This covers a range of cancers, such as pancreatic, breast, prostate, kidney, lymph nodes and Hodgkin’s disease.

As a consequence, it would be useful to look at the chemical composition of geothermal water and air in such areas to see whether they contain any known or new carcinogens. Once this is known, prevention can be looked into.

The study does not include Greater Reykjavik and the peninsula of Reykjanes, where records show they have higher rates of cancer than in rural areas in general.

Source : Iceland Review.

Islande blog 13

Islande blog 15

Les sources géothermales islandaises sont-elle cancérigènes?

(Photo: C. Grandpey)

Histoires de polices d’assurances volcaniques // About volcanic insurance policies

drapeau-francaisDans une note parue le 16 août 2009, j’écrivais que vivre sur les pentes du Kilauea peut devenir très coûteux quand il s’agit de payer l’assurance habitation. En effet, certains assureurs n’acceptent plus de couvrir les biens les plus exposés aux coulées de lave de l’East Rift Zone. Une solution pour les propriétaires serait de changer de compagnie d’assurance mais cela leur coûterait encore plus cher et beaucoup d’assureurs n’assurent pas contre l’incendie, risque principal avec les coulées! Le coût des polices étant particulièrement élevé à Hawaii, beaucoup de maisons sur Big Island ne sont pas assurées. Leurs propriétaires préfèrent prendre le risque de perdre leur habitation plutôt que de dépenser beaucoup d’argent. Si leur maison se fait détruire par une coulée de lave ou un séisme, ils la reconstruiront.

Au Japon, une compagnie d’assurance, Sompo Japan Nipponkoa Insurance, va commencer à vendre au mois de juin des contrats qui aideront les entreprises à couvrir les pertes provoquées par l’activité volcanique, y compris la baisse de fréquentation de la clientèle pour les entreprises touristiques.
Les premières polices d’assurance de ce genre proposeront une cotisation annuelle de 300 000 yens (2735 dollars) et garantiront un paiement de 10 millions de yens si l’Agence météorologique du Japon (JMA) a décrété un niveau d’alerte de 3 ou plus pour un volcan situé à proximité des structures assurées.

Le Mont Fuji sera le premier volcan pour lequel ces contrats seront proposés ; d’autres volcans seront ajoutés ultérieurement. La compagnie d’assurance Sompo Japan s’est associée à des instituts volcanologiques pour obtenir la probabilité d’une éruption à partir d’archives couvrant les 1200 dernières années. Le Mont Fuji est en sommeil depuis sa dernière éruption en 1707, mais l’activité continue sous le volcan. Une éruption infligerait probablement de lourdes pertes sur une vaste zone.
La fréquentation des sites autour de Mont Ontake a baissé de moitié pendant l’année qui a suivi l’éruption d’octobre 2014.
Une petite éruption en 2015 au Mont Hakone (préfecture de Kanagawa), où se trouve un centre touristique en plein essor grâce aux sources hydrothermales, a entraîné là aussi une chute de fréquentation.

La récente flambée du tourisme au japon, avec l’arrivée de nombreux étrangers, a rendu les économies régionales japonaises davantage dépendantes de la qualité des structures d’accueil. Le développement des nouvelles polices d’assurance de Sompo Japon pourrait encourager les investissements dans les hôtels et donner aux patrons d’entreprises un plus grand choix de lieux pour pouvoir s’installer.
Source: Nikkei Asian Review: http://asia.nikkei.com/

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drapeau-anglaisIn a note released on August 16th 2009, I wrote that living on the slopes of Kilauea volcano can be expensive when it comes to the homeowners’ insurance. Indeed, some insurers no longer cover property with the highest risk of lava inundation in the East Rift Zone. A solution for these homeowners could be to turn to other insurance companies but it would cost them a lot of money and such insurers don’t insure against fire, the biggest threat posed by lava! Because of the high insurance costs, many houses on the Big Island are not insured. Their owners had rather take the risks of losing their homes than pay a lot of money. If their house happens to be destroyed by lava or an earthquake, they will rebuild it.

In Japan, an insurance company, Sompo Japan Nipponkoa Insurance, will begin selling insurance-like policies in June that can help companies cover losses from volcanic activity, including declines in customer traffic for tourism enterprises.

The first policies of this kind will carry an annual option fee of 300,000 yen ($ 2,735) and guarantee a 10 million yen payout if the Japan Meteorological Agency sets an alert level of 3 or higher for a particular volcano located close to rhe insured structure.

Mount Fuji will be the first volcano for which the policies are offered, with other mountains added later. Sompo Japan has teamed with research institutes to derive the probability of an eruption from records covering the past 1,200 years. The mountain has been dormant since its last eruption in 1707, but activity continues beneath the surface. An eruption likely would deal damage to a wide area.

Visitor traffic at sites surrounding Mount Ontake lingered at half its normal level a year after the 2014 eruption.

A small eruption in 2015 at Kanagawa Prefecture’s Mount Hakone, home to a thriving hot spring industry, clouded tourism there as well.

The recent surge in tourism from abroad makes many of Japan’s regional economies more dependent on the hospitality industry. Wider use and availability of Sompo Japan’s new insurance policies could reduce the risk of investing in hotels and other operations and give companies greater choice in where they locate facilities.

Source: Nikkei Asian Review: http://asia.nikkei.com/

Fuji-blog

Le Mont Fuji, volcan potentiellement actif (Crédit photo: Wikipedia)

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): Nouvelles coulées de lave // New lava flows

drapeau-francaisCe qui se passe sur l’Etna (Sicile) en ce moment est certes intéressant, mais l’activité éruptive sur le Kilauea (Hawaii) se situe à une autre échelle !

L’activité éruptive continue au sommet du Kilauea et sur l’East Rift Zone, mais avec une hausse au cours des derniers jours. Un épisode d’inflation du volcan s’est accompagné d’une montée du niveau du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u. Il se trouve actuellement à environ 25 mètres sous la lèvre et sa surface peut être partiellement observée depuis la terrasse du Jaggar Museum.
Après une phase d’inflation régulière, un brusque épisode de déflation a été enregistré sur le Pu’uO’o, associé à l’émission de deux coulées de lave le 24 mai. L’une est sortie du flanc nord-est, à environ 250 mètres de la lèvre du cratère et s’est dirigée vers le nord-ouest. L’autre est sortie sur le flanc est du cône, à environ 500 mètres de la lèvre du cratère et s’est dirigée vers le sud-est. Les coulées ont respectivement parcouru  environ 1 km et 700 mètres, mais sont restées dans le périmètre du champ de lave existant. Le plancher du cratère du Pu’uO’o s’est affaissé légèrement au moment de ces émissions de lave.
En plus des nouvelles coulées de lave, on continue à observer des coulées éphémères sur le champ de lave mis en place par la coulée du 27 juin. Les plus lointaines se trouvent à environ 5,8 km au nord-est du Pu’uO’o. Elles ne menacent pas les zones habitées.

Source: HVO.
Voici une vidéo des nouvelles coulées de lave sur les flancs du Pu’uO’o:
http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1340.mp4

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drapeau-anglaisWhat is currently happening at Mt Etna (Sicily)  is interesting, but eruptive activity at Kilauea volcano (Hawaii)  is at another scale!

Eruptive activity continues at KIlauea Volcano’s summit and East Rift Zone, but has increased in the past days. An inflation episode at the volcano was accompanied by a rise of the lava lake within Halema’uma’u crater. Lava is currently about 25 metres beneath the crater rim and its surface can partly be seen from the Jaggar Overlook.

After a steady inflation phase, a sudden deflationary episode occurred at PuO’o, associated with the emission of two lava flows on May 24th. One broke out from the northeast flank, approximately 250 metres from the rim of the cone, heading toward the northwest. The other flow is on the east flank of the cone, approximately 500 metres from the rim of the cone, heading toward the southeast. They travelled roughly 1 km and about 700 metres, respectively, but neither has extended beyond the existing flow field. The floor of Pu’uO’o crater has subsided slightly with the new flow activity.

In addition to the new lava flows on the flanks of Pu’uO’o, surface flow activity on the June 27th flow field continues, with small breakouts. The most distant ones breakouts are about 5.8 km northeast of he cone. The flows are not currently threatening any nearby communities.

Source: HVO;

Here is a video of the new lava flows on the flanks of Pu’uO’o:

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1340.mp4

Puu 24 mai

Nouvelle coulée de lave sur le flanc NE du Pu’uO’o.

Crédit photo: USGS / HVO

La surveillance du Mauna Loa (Hawaii / Etats Unis)

drapeau-francaisLa surveillance du Mauna Loa a été renforcée ces temps derniers car plusieurs paramètres tendent à montrer que la chambre magmatique est en phase de remplissage, avec le risque d’une éruption à plus ou moins long terme.

En septembre 2015, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) a fait passer le niveau d’alerte de « Normal » à « Vigilance » en raison d’un accroissement de l’activité sous la caldeira sommitale et le long de la SouthWest Rift Zone (SWRZ), zone de fractures sur le versant SO du volcan. Cela signifie que un ou plusieurs paramètres de surveillance ont enregistré une activité au-dessus de la normale. En même temps qu’une hausse de l’activité sismique, les capteurs GPS et l’interférométrie radar à bord des satellites (InSAR) ont enregistré un gonflement du sol, ce qui indiquait que le magma se déplaçait à faible profondeur sous le volcan.
Depuis la mi-2014, lorsque l’activité du Mauna Loa a commencé à augmenter, on a observé une évolution dans l’emplacement de la sismicité et la déformation de l’édifice. Ainsi, la sismicité a montré un déclin au niveau de la caldeira sommitale et une hausse parallèle dans la partie supérieure de la SWRZ. De son côté, l’inflation sous la caldeira a ralenti de manière significative, en même temps qu’elle reprenait dans la SWRZ.
Le Kilauea et le Mauna Loa ont montré aux scientifiques du HVO qu’il est important d’utiliser tous les moyens essentiels de surveillance mis à leur disposition (géophysiques, géologiques, géochimiques) pour comprendre les processus qui se déroulent en profondeur et qui font évoluer l’activité volcanique.
À cette fin, le réseau sismique du HVO a été considérablement élargi et renforcé pour faire face aux conditions hostiles en haute altitude sur le Mauna Loa. Les capteurs GPS et autres systèmes satellitaires donnent en permanence des informations sur la déformation de la surface du sol. De plus, des caméras infrarouge (thermiques) récemment installées contrôlent elles aussi 24 heures sur 24 les moindres variations de la surface du sol.
Un autre paramètre clé actuellement en amélioration est la géochimie des gaz. Au cours des deux prochains mois, le HVO prévoit de mettre en place un site supplémentaire de surveillance continue des gaz sur la SWRZ, non loin du site où l’on observe actuellement une hausse de l’activité sismique et un épisode d’inflation du volcan.
En ce qui concerne la géochimie des gaz, il y a une coopération étroite avec l’Observatoire du Mauna Loa (MLO) situé sur le flanc nord du volcan à 3380 mètres d’altitude. Il y a quelques années, les scientifiques du MLO ont remarqué que, en plus du suivi du CO2 atmosphérique, ils étaient, sous certaines conditions de vent, capables de mesurer les émissions de CO2 du volcan.
La population de la Grande Ile d’Hawaii est en hausse constante et de plus en plus de gens et d’infrastructures sont donc potentiellement exposés à des éruptions du Mauna Loa. Une localité comme Ocean View serait aux premières loges si une éruption se déclenchait dans la SWRZ avec, en prime, un risque de coupure de la Highway 11 par les coulées de lave. Une amélioration des connaissances et une meilleure surveillance du Mauna Loa permettront d’atteindre un meilleur niveau de sécurité en cas d’éruption.
Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisMauna Loa is under closer control as several parameters tend to show that the magma chamber is refilling, with the risk of an eruption in the shorter or longer term.

In September 2015, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) raised the alert level from “normal” to “advisory” because of increased activity beneath the summit caldera and upper Southwest Rift Zone (SWRZ). This means that one or more monitoring parameters are recording activity significantly above background levels. At the same time that earthquake rates increased, GPS instruments and satellite radar systems (InSAR) recorded ground swelling, which indicated that magma was moving into shallow levels beneath the volcano.

Since mid-2014, when Mauna Loa activity first began to increase, not only have the rates of earthquake and surface deformation waxed and waned, but the locations of earthquakes and inflation have shifted as well. Far fewer earthquakes have been occurring beneath the summit caldera, while rates of earthquakes in the upper SWRZ have increased. Concurrently, inflation beneath the caldera has slowed significantly, but picked up in the upper SWRZ.

One of the many valuable lessons that Kilauea and Mauna Loa have taught HVO scientists is that it is important to use all available volcano monitoring “keys” (geophysical, geological, and geochemical) to help unlock the subsurface processes that cause changing activity.

For that purpose, HVO’s seismic network has been considerably expanded and made more robust to survive the harsh high altitude Mauna Loa environment. Continuously-recording GPS instruments and other satellite-based systems produce frequent measurements of ground surface movement. Besdes, newly-installed visible and infrared (thermal) webcams track surface changes around the clock.

Another key currently under enhancement is gas geochemistry. Over the next couple of months HVO expects to add another continuous gas monitoring site on Mauna Loa’s SWRZ, not far from where the earthquakes and inflation are currently concentrated.

As far as volcanic gas geochemistry is concerned, there is a close cooperation with scientists from the Mauna Loa Observatory (MLO), located on the volcano’s north flank at 3380 metres a.s.l. Some years ago, MLO scientists noted that, in addition to being able to track the steady rise in background atmospheric CO2, they were, under certain wind conditions, able to measure CO2 emissions from the volcano.

As Hawaii Island’s population grows, more people and infrastructure are potentially in harm’s way now than during past eruptions of Mauna Loa. Ocean View would be in danger if an eruption occurred in the SWRZ and Highway 11 might bec ut by the lava flows. Increased knowledge, plus advancements in the volcano monitoring, can help communities be safer during future eruptions.

Source: USGS / HVO.

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Vue de la caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Mauna Loa sismicité

Sismicité hebdomadaire du Mauna Loa (2010 – septembre 2015) et variations de la caldeira sommitale (Source: USGS)