Gros plan sur l’éruption du Kilauea (Hawaii)

L’éruption du Kilauea continue dans le cratère de l’Halema’uma’u. Le magma ne semble pas avoir envie de se diriger vers les zones de rift. La caméra installée par le HVO permet de suivre en direct et 24 heures sur 24 le déroulement de l’éruption :

https://www.youtube.com/usgs/live

L’activité la plus intense se déroule dans la partie ouest-sud-ouest du cratère, avec de nombreuses petites fontaines de lave et des coulées bien alimentées qui avancent lentement.

 

Le HVO zoome parfois la caméra sur des détails de l’activité éruptive, tel ce hornito bien actif dans la partie centrale du cratère

 

Il est également intéressant de voir l’activité de la bouche qui s’est ouverte sur la paroi SO du cratère où un cône a commencé à s’édifier

 

L’éruption est somme toute très classique, mais le spectacle de la naissance de la Terre reste fascinant.

Kilauea (Hawaii) : poursuite de l’éruption // The eruption continues

L’éruption du Kilauea se poursuit dans le cratère de l’Halema’uma’u. Aucune activité particulière n’a été observée le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest.
Plusieurs petites fontaines de lave s’agitent dans la partie ouest du plancher du cratère. Une bouche est également active sur la paroi sud-ouest de la caldeira. La hauteur des fontaines de lave a diminué depuis le début de l’éruption, mais atteignent encore environ 9 mètres de hauteur. La lave active couvre une grande partie de la partie ouest du cratère en formant un large fer à cheval autour d’une zone centrale en surélévation. (voir capture d’écran ci-dessous). Un lac de lave s’agite dans la zone surélevée et est alimenté par une bouche dans sa partie nord-est. Une zone de lave beaucoup plus petite reste également active dans la partie orientale du fond du cratère
S’agissant des paramètres de l’éruption, le tilt sommital reste déflationniste. La sismicité est dominée par le tremor éruptif. Les émissions de SO2 ont été mesurées à environ 11 000 tonnes par jour le 9 juin 2023.
Source : HVO.

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The eruption of Kilauea continues within Halema’uma’u Crater. No unusual activity has been observed along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone.

Multiple minor fountains remain active in the western part of thecrater floor. A vent is also active on the southwest wall of the caldera. Lava fountain heights have decreased since the eruption onset, but remain up to about 9 meters high. Active lava and vents cover much of the west half of Halemaʻumaʻu crater in a broad horseshoe around a central uplifted area. (see screenshot below). An active lava lake is centered within the uplifted area and is fed by a vent in its northeast corner. A much smaller area of lava also remains active in the eastern portion of the crater floor

As far as the eruption parameters are concerned, the summit tilt remains deflationary. Seismicity is dominated by the eruptive tremor. SO2 emissions were measured at about 11,000 tonnes per day on June 9th, 2023.

Source : HVO.

L’éruption du Kilauea (suite) // The Kilauea eruption (continued)

Comme on peut le voir sur les images de la webcam installée au sommet du Kilauea, plusieurs petites fontaines de lave s’agitent sur le plancher du cratère de l’Halema’uma’u. Une fissure reste active au pied de la paroi sud-ouest de la caldeira. La hauteur des fontaines a diminué depuis le début de l’éruption et varie maintenant d’environ 4 à 9 mètres. Les premières coulées de lave ont envahi le plancher du cratère et ajouté une dizaine de mètres d’épaisseur de nouvelle lave.
Comme je l’ai déjà écrit, aucune activité particulière n’a été observée le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest du Kīlauea. L’éruption se déroule uniquement à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u.
Le HVO rappelle que la dernière éruption du Kīlauea a duré 61 jours et s’est terminée le 7 mars 2023.
Les émissions de gaz dans la zone de l’éruption sont élevées. Les émissions de SO2 atteignent environ 65 000 tonnes par jour. Les habitants de Pāhala, à une trentaine de kilomètres du sommet du Kīlauea, ont signalé une très légère couche de cendres fines et de cheveux de Pélé.
Comme d’habitude lors d’une éruption du Kilauea, du dioxyde de soufre est émis au sommet. Il réagit avec l’atmosphère pour créer du vog (abréviation de volcanic smog), un brouillard volcanique qui peut devenir un danger pour la santé des habitants et des touristes. Il peut également endommager les cultures et d’autres plantes, et affecter le bétail
D’autres dangers incluent les cheveux de Pelé et autres fragments de verre volcanique léger provenant des fontaines de lave. Ils saupoudrent le sol à quelques centaines de mètres des bouches éruptives. Les vents forts peuvent transporter les particules les plus légères sur de plus grandes distances.
Une webcam (https://www.youtube.com/usgs/live) permet de voir l’éruption en direct. La nuit, les couleurs ne sont pas bonnes et on dirait que le Kilauea vomit du jus de framboise. Malgré tout, les images sont précieuses car elles permettent d’observer ce qui se passe au sommet.

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As can be seen on Kilauea’s summit webcam, multiple minor fountains are active on Halema‘uma‘u crater floor. One fissure remains active on the southwest wall of the caldera. Fountain heights have decreased since the eruption onset and are now about 4 – 9 meters high. Initial lava flows inundated the crater floor and added about a 10-meter depth of new lava.

As I put it before, no unusual activity has been noted along Kīlauea’s East Rift Zone or Southwest Rift Zone. The eruption is contained within Halemaʻumaʻu Crater..

HVO reminds us that Kīlauea’s last eruption lasted 61 days and ended on March 7th, 2023.

Volcanic gas emissions in the eruption area are elevated. SO2 emissions were measured at about 65,000 tonnes per day.  Residents of Pāhala, abiout 30 km downwind of Kīlaueaʻs summit have reported a very light dusting of fine ash and Peleʻs hair.

As usual during a Kilauea eruption, sulfur dioxide is released from the summit. It reacts in the atmosphere to create vog (short for volcanic smog) that may become a health hazard to residents and visitons. It may also damage agricultural crops and other plants, and affect livestock

Additional hazards include Pele’s hair and other lightweight volcanic glass fragments from the lava fountains that fall downwind of the fissure vents and dust the ground within a few hundred meters of the eruptive vents. Strong winds may waft lighter particles to greater distances.

A webcam (https://www.youtube.com/usgs/live) allows to see the eruption live. At night, the colours are not good and it looks as if Kilauea is emitting rasberry juice. However, the images are precious to observe what is hapeening at the summit.

Mémoires volcaniques // Volcanic memories

Dans un récent article « Volcano Watch », les scientifiques de l’Observatoire des volcans d’Hawaï nous expliquent que l’on peut comprendre le comportement d’un volcan actif en analysant les séismes, les déformations du sol, les émissions de gaz et les coulées de lave.
La tâche devient beaucoup plus compliquée si un volcan ne s’est pas manifesté pendant des centaines, voire des milliers d’années. Dans ce cas, la tradition orale peut être d’un grand secours. Depuis des temps immémoriaux, nos ancêtres enregistrent des événements dans leurs mémoires et les transmettent à travers des histoires, des poèmes et des chansons. C’est ainsi que naissent des mythes, des légendes ou des traditions orales.
Les meilleures histoires trouvent généralement leurs source dans des événements réels. Les traditions orales hawaïennes regorgent d’histoires passionnantes, comme celle des deux chefs de Kahuku qui sont devenus les deux collines de Nāpuʻuapele. Elles sont parfois en relation directe avec des éruptions ayant vraiment existé.
Ailleurs dans le monde, le temps et l’embellissement artistique ont dissimulé de nombreuses éruptions volcaniques dans les traditions orales. En Australie, les histoires du peuple Bungandidj (Boandik) racontent comment un géant nommé Craitbul a parcouru le sud-est du pays avec sa famille, à la recherche d’une maison. Ils se sont d’abord installés sur le mont Muirhead. Ils ont creusé leur four de cuisson et se préparaient à passer la nuit lorsqu’ils ont été réveillés par un bullin, un oiseau local qui hurlait pour les avertir de la présence d’un esprit maléfique. La famille a décidé de fuir et a construit un nouveau four sur le Mont Schank. Malheureusement, le bullin a de nouveau crié et a chassé la famille qui est repartie. Finalement, ils se sont installés sur le Mont. Gambier. Tout fut paisible jusqu’au jour où l’eau a percé le sol et a détruit le feu utilisé pour la de cuisine. De nouveaux fours furent creusés, mais chaque fois l’eau éteignait les flammes, laissant des trous béants là où se trouvaient les fours. Craitbul et sa famille déménagèrent une dernière fois et s’installèrent définitivement dans une grotte à flanc de montagne. Cette histoire rappelle plusieurs éruptions qui se soldèrent par la formation de quatre lacs de cratère sur un volcan de type maar, le Mont Gambier qui entra en éruption dans le sud-est de l’Australie il y a environ 4 500 ans. De nombreux récits de l’est de l’Australie décrivent des éruptions volcaniques dont les aborigènes ont été témoins, avec des récits transmis de génération à génération pendant des millénaires.
Une autre légende, transmise oralement depuis des siècles en Islande raconte la grande rivalité entre le dieu Thor et le géant Hrungnir. L’histoire commence par un martèlement de sabots au moment où, invité par le père de Thor, Odin, Hrungnir part de Jötunheim, le pays des géants, pour se rendre à Asgard, le pays des dieux. Les dieux ont invité Hrungnir à un festin, mais bientôt ce dernier devient brutal et violent, menaçant de tuer les dieux. Il défie Thor en duel, et les deux personnages s’affrontent brutalement dans la nuit. À un moment donné, Hrungnir essaie de se protéger en se dressant au sommet de son grand bouclier de pierre, certain que Thor allait l’attaquer sous la Terre. Au lieu de cela, Thor lance d’en haut son puissant marteau qui entre collision avec la pierre à aiguiser de Hrungnir. Les coups pleuvent dans les airs avec un bruit de tonnerre, une pluie d’étincelles et de fragments brisés…comme pendant une éruption !
Les événements terrestres comme les éruptions volcaniques disparaissent de la mémoire en une génération ou deux, mais les grandes histoires deviennent des mythes, des légendes ou des traditions orales dont on se souvient beaucoup plus longtemps. Les auteurs de cet article « Volcano Watch » pensent qu’il faut écouter les histoires que nos ancêtres nous ont transmises pour obtenir des indices sur l’histoire de la Terre.
Il y a quelques années, j’ai écrit un livre intitulé « Mémoires volcaniques » avec mon ami Jacques Drouin. L’ouvrage ne se trouve plus en librairie mais nous avons encore quelques exemplaires à bas prix. Il suffit de m’envoyer un e-mail si vous êtes intéressé(e) : grandpeyc@club-internet.fr

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In a recent « Volcano Watch » article, scientists at the Hawaiian Volcano Observatory explain us that we can understand the behaviour of an active volcano through earthquakes, deformation, gas emissions and lava flows.

The task becomes far more difficult if a volcano has not been active for hundreds or even thousands of years. In that case, oral history can be of a great help. Since time out of mind, our ancestors have been recording events in their memories and passing them down through stories, poetry and song. Today, we call them myths, legends or oral traditions.

Good stories are usually rooted in real events. Hawaiian oral traditions are full of riveting stories, like the one about the two chiefs of Kahuku who became the two hills of Nāpuʻuapele. They can be traced in some cases directly to the eruptions they record.

In other parts of the world, time and artistic embellishment have disguised many volcanic eruptions in oral traditions. In Australia, the dreaming stories of the Bungandidj (Boandik) people tell of a giant named Craitbul who travelled across the southeastern part of the country with his family in search of a home. First, they settled at Mt. Muirhead. They dug their cooking oven and were settled in for the night when they were awakened by a shrieking bullin (bird) warning them of an evil spirit. They fled their home and built a new cooking oven at Mt. Schank.Again, the bullin shrieked and chased the family from their rest. Eventually, they settled at Mt. Gambier. All was peaceful until one day water rose from the ground and destroyed their cooking fires. They dug their ovens again and again and each time water rose to douse the flames, leaving gaping holes where their ovens once were. Finally, Craitbul and his family moved one last time and settled for good in a cave on the side of the peak. This dreaming recalls several eruptions, ending with the formation of four crater lakes at a maar volcano, Mt. Gambier in southeast Australia, about 4,500 years ago. Many dreaming stories from eastern Australia describe volcanic eruptions that Aboriginal people had witnessed and passed down in story for thousands of years.

Another legend, passed down orally for hundreds of years in Iceland recounts a great duel between the god Thor and giant Hrungnir. It begins with the pounding of hooves as Thor’s father Odin raced Hrungnir from Jötunheim, the land of the giants, to Asgard, the land of the gods. The gods invited Hrungnir for a feast, but soon he became loud and boastful, saying that he would kill the gods. He challenged Thor to a duel, and the two clashed brutally into the night. At one point, Hrungnir tries to protect himself by standing atop his great stone shield, thinking Thor would attack him from beneath the Earth. Instead, Thor hurled his mighty hammer from above. It collided with Hrungnir’s whetstone in mid-air with a thunderclap, showering the land with sparks and shattered fragments.

Rumbling hooves, bellowing giants on enormous stone shields, sparks and shattered stone raining from above sounds like an eruption.

Earth events fade from memory within a generation or two, but great stories become myths, legends or oral traditions that are remembered far longer. The authors of this « Volcano Watch » article think it is wise to listen to stories that our ancestors have passed to us for clues about Earth’s history.

Some years ago, I wrote a book entitled « Mémoires volcaniques – Volcanic memories – with my friend Jacques Drouin. The book can no longer be found in bookshops but we still have a few copies. Just send me an e-mail if you are interested (grandpeyc@club-internet.fr).