Webcams volcaniques à Hawaï // Volcano webcams in Hawaii

L’un des derniers articles de la série « Volcano Watch » diffusé par l’Observatoire des Volcans d’Hawaï (HVO) est consacré aux webcams installées sur les volcans de la Grande Île et aux améliorations qu’elles ont reçues au fil des ans. Ces webcams sont dispersées sur l’île et enregistrent des images des volcans 24h/24 et 7j/7 en résolution 4K. Aujourd’hui, la technologie permet aux scientifiques du HVO de surveiller au-delà des capacités de l’œil humain. Ainsi, les caméras thermiques détectent l’activité à haute température de jour comme de nuit. Les images des caméras à lumière visible et thermiques sont transmises en temps réel à l’Observatoire, puis mises en ligne pour le public. La technologie de fabrication des caméras s’améliore continuellement et en 2023, le personnel du HVO a mis à niveau le réseau de webcams afin de suivre ces progrès et de renforcer les capacités de surveillance. Une partie de cette mise à niveau a consisté à remplacer les webcams vieillissantes (certaines avaient plus de 10 ans) par des modèles plus récents qui produisent des images de bien meilleure qualité. Certaines (caméras PTZ) peuvent même effectuer un panoramique, être inclinées et effectuer un zoom à distance. Au sommet du Kilauea, la zone la plus active ces dernières années, le HVO a installé une nouvelle webcam (B2cam) près du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu pour une meilleure vue de l’activité des bouches actives et des lacs de lave quand ces phénomènes élisent domicile dans le cratère :

https://www.usgs.gov/media/webcams/b2cam-halemaumau-crater-east-rim-and-down-dropped-block

Avec la démolition de la tour d’observation sur la falaise d’Uēkahuna après l’éruption de 2018, une nouvelle webcam PTZ haute puissance (K2cam) a été installée sur la tour radio voisine pour offrir une vue sur la caldeira :

https://www.usgs.gov/media/webcams/k2cam-live-image-kaluapele-kilauea-caldera-uekahuna-bluff

La webcam qui surveille le panache de gaz au sommet du Kilauea (Kpcam) a également été récemment mise à niveau :

https://www.usgs.gov/media/webcams/kpcam-kilauea-summit-mauna-loa-strip-road

La zone de rift sud-ouest du Kilauea vient de connaître une brève éruption le 3 juin 2024. Avant cela, le HVO avait mis à niveau la caméra avec un modèle à angle plus large pour couvrir une plus grande partie de la zone de rift (MITDcam) :

https://www.usgs.gov/media/webcams/mitdcam-kilauea-upper-southwest-rift-zone

La zone de rift sud-ouest du Mauna Loa mérite toute l’attention du HVO en raison des coulées de lave rapides qui ont été observées dans cette zone; donc l’amélioration de la couverture webcam a été une priorité. En 2024, le HVO a installé une webcam PTZ qui peut être contrôlée à distance depuis l’observatoire pour mieux visualiser toute nouvelle activité le long de la zone de rift (MDLcam) :

https://www.usgs.gov/media/webcams/mdlcam-upper-and-middle-parts-mauna-loas-southwest-rift-zone

Le HVO a également installé un autre caméra PTZ près de South Point Road, pour fournir une couverture webcam de la zone inférieure du rift sud-ouest et des Ocean View Estates (MSPcam): https://www.usgs.gov/media/webcams/mspcam-mauna-loas-southwest-rift-zone-south-point-area

La webcam existante qui est orientée vers la partie supérieure de la zone du rift sud-ouest (M2cam) a également été mise à niveau :

https://www.usgs.gov/media/webcams/m2cam-middle-part-mauna-loas-southwest-rift-zone

Les scientifiques du HVO continuent également de travailler sur d’autres zones pour des mises à niveau de webcams. Les travaux futurs comprennent le renforcement de la couverture webcam sur la zone inférieure du rift est de Kilauea et des améliorations sur le Mauna Loa. Au cours de l’année écoulée, l’Observatoire a également fait davantage usage de petites webcams portables qui peuvent être placées dans un sac à dos et déployées en quelques heures. Bien que moins performantes que les webcams permanentes, ces webcams portables peuvent combler les lacunes d’observation durant la première phase cruciale d’une éruption. Voici l’une d’elles :

https://volcanoes.usgs.gov/cams/R3cam/images/M.jpg

Les pages complètes des webcams sont disponibles à cette adresse : https://www.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia/webcams

Source : USGS / HVO.

Les webcams gérées par l’Observatoire des Volcans d’Hawaï fournissent de bonnes images du Kilauea et du Mauna Loa, en particulier lors des éruptions. Elles ne proposent cependant que des images fixes, contrairement aux webcams de l’Etna et du Stromboli (ces dernières ne fonctionnent pas toujours) et surtout d’Islande où plusieurs webcams fournissent des images en direct de haute qualité des éruptions. Il suffit de s’asseoir et d’assister au spectacle !

Webcam B2 cam installée à proximité du plancher de l’Halema’uma’u

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One of the latest « Volcano Watch » articles by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) is dedicated to the webcams set up on Hawaiian volcanoes and the improvements they have received over the years. Today, these webcams are scattered across the island, snapping images of the volcanoes 24/7 in 4K resolution.

Today, technology allows HVO geologists to monitor beyond the capabilities of the human eye. Thermal cameras detect high-temperature activity day or night. The images from both visible-light and thermal cameras are transmitted in real-time to the observatory, then online to the public.

Camera technology is continually improving and in 2023, HVO staff have been working hard at upgrading the webcam network to keep pace with the changing technology and bolster the monitoring abilities.

One part of this upgrade has consisted in replacing aging webcams (over 10 years old) with newer models that produce much higher quality images and some can remotely pan, tilt, and zoom their views.

At the summit of Kilauea, the most active area in the past few years, HVO installed a new webcam (B2cam) near the floor of Halemaʻumaʻu crater for close-up views of vent and lava lake activity there.

https://www.usgs.gov/media/webcams/b2cam-halemaumau-crater-east-rim-and-down-dropped-block

With the deconstruction of the observation tower on Uēkahuna bluff following the 2018 eruption, a new high-power PTZ (Pan-Tilt-Zoom) webcam (K2cam) was installed on the nearby radio tower to provide a view over the caldera.

https://www.usgs.gov/media/webcams/k2cam-live-image-kaluapele-kilauea-caldera-uekahuna-bluff

The webcam that monitors the outgassing plume from Kīlauea summit (Kpcam) was also recently upgraded.

https://www.usgs.gov/media/webcams/kpcam-kilauea-summit-mauna-loa-strip-road

The Southwest Rift Zone of Kilauea just had a brief eruption on June 3rd, 2024. Prior to that, HVO had upgraded the camera there to a wider-angle model to cover more of the rift zone (MITDcam).

https://www.usgs.gov/media/webcams/mitdcam-kilauea-upper-southwest-rift-zone

Mauna Loa’s Southwest Rift Zone remains a hazard concern because of fast-moving flows that have occurred in this area, so improving the webcam coverage there has been a priority. In 2024, HVO installed a PTZ webcam that can be remotely controlled from the observatory to better view any new activity along the rift zone (MDLcam).

https://www.usgs.gov/media/webcams/mdlcam-upper-and-middle-parts-mauna-loas-southwest-rift-zone

Hvo also installed another PTZ near South Point Road, to provide webcam coverage of the lower Southwest Rift Zone and Ocean View Estates (MSPcam).

https://www.usgs.gov/media/webcams/mspcam-mauna-loas-southwest-rift-zone-south-point-area

The existing webcam that looks at the upper portion of the Southwest Rift Zone (M2cam) was also upgraded.

https://www.usgs.gov/media/webcams/m2cam-middle-part-mauna-loas-southwest-rift-zone

Hvo scientists continue to work on other areas for webcam upgrades as well. Future work includes bolstering webcam coverage on Kllauea’s lower East Rift Zone, and continued improvements on Mauna Loa.

Over the past year, the Observatory also made more use of small, portable webcams that can be thrown in a backpack and deployed within hours. Although not as capable as the permanent webcams, these portable webcams can fill in observational gaps in the crucial opening stages of unrest.

https://volcanoes.usgs.gov/cams/R3cam/images/M.jpg

The complete pages of the webcams can be found at this address :

https://www.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia/webcams

Source : USGS / HVO.

The webcams managed by the Hawaiia, Volcano Observatory provide good images of Kilauea and Mauna Loa, especially during eruptions. However, they only offer still images, contrary to the webcams on Mount Etna and Stromboli (the ones on this volcano are not always working) and,above all, in Iceland where several webcams provide high quality live images of the eruptions. You just need to sit down and watch !

Un exemple à ne pas suivre (suite)

Hier dans ma note « Volcans du monde », je concluais le chapitre consacré à l’éruption sur la péninsule de Reykjanes en rappelant que le site de l’éruption est fermé au public et l’accès à la zone active est hyper compliqué. Il est formellement conseillé par les autorités islandaises de ne pas s’y aventurer.

J’indiquais le lien vers une vidéo montrant « l’exemple à ne pas suivre », avec un article publié sur le site web Iceland Monitor qui donne plus de détails sur la scène en question.

https://www.instagram.com/reel/C_dsijbgnRi/?utm_source=ig_embed&ig_rid=59f0e264-3efb-49e7-ae64-2c92dff8d832

On y voit un jeune homme en chaussures basses, vêtu légèrement, sans équipement particulier, sans gants ni masque à gaz, en train de déambuler autour de l’une des bouches actives de l’éruption, tout en filmant à l’aide de son sacrosaint smartphone. Ayant entendu un drone s’approcher de lui, il le salue aimablement, comme s’il s’agissait d’une personne de sa connaissance.

Dans l’article de l’Iceland Monitor, le pilote français du drone – qui lui, se trouve en sécurité loin de la scène – se dit scandalisé par ce qu’il voit. De toute évidence, la personne est en réel danger et ne semble pas en être consciente.

Le pilote du drone s’est inquiété pour ce visiteur inattendu de l’éruption et la scène l’a mis en colère. Il y a de quoi : « Il a commencé à marcher en arrière, mais bien sûr, il a dû traverser la nouvelle lave et avec le drone, j’ai pu voir la lave incandescente tout autour de lui. À un moment donné, je l’ai vu trébucher et la lave sous lui s’est brisée, de sorte qu’il a failli tomber dessus. Puis tout d’un coup, il s’est mis à courir partout. » Le pilote du drone espère qu’il est revenu sain et sauf.

Il a ensuite appelé la police pour raconter ce qu’il avait vu et filmé, mais on lui a répondu que la police ne pouvait rien faire. Elle serait intervenue si le jeune homme avait demandé de l’aide, ce qui n’était pas le cas.
En fin de compte, le pilote du drone s’étonne qu’il n’y ait pas plus de conséquences pour les personnes qui ont ce genre de comportement. « Les gens ne sont pas verbalisés. Je pense que lorsque la police reçoit cette information, elle devrait venir sur place, attendre l’homme et lui infliger une amende. » Je ne suis pas loin de penser la même chose. Je sais d’avance que certains visiteurs de mon blog ne seront pas d’accord avec moi, même s’ils ont subi de sérieuses brûlures en s’aventurant dans des zone dangereuses en Islande, en Nouvelle Zélande, à Hawaï ou sur le Lengai en Tanzanie. J’ai des noms !

On remarquera que la politique adoptée par les Islandais dans ce genre de situation est très différente de celle mise en place sur l’Ile de la Réunion ou à Hawaï où les sites éruptifs sont interdits au public dès le début de l’éruption, avec verbalisation si non respect de l’interdiction. De plus, les contrevenants doivent mettre la main au portefeuille en cas d’évacuation par hélicoptère. Il ne faudrait pas oublier, non plus, qu’une opération de sauvetage sur un site éruptif peut mettre les intervenants en danger.

J’ai indiqué plus haut le lien Instagram pour montrer ce qu’il ne faut pas faire. J’espère que les images d’un imbécile n’inciteront pas d’autres à l’imiter. Pour terminer, je ferai remarquer que l’endroit où se trouve le jeune homme n’est pas le meilleur pour voir et photographier ce qui se passe à l’intérieur des bouches actives. Seules les approches aériennes sont capables d’en rendre compte.

A noter tout de même que tout n’est pas autorisé en Islande. Les routes aux abords des agglomérations (Reykjavik en particulier) sont truffées de radars, et pas forcément sur des portions dangereuses. Si vous dépassez la vitesse autorisée, amende garantie. Cherchez l’erreur.

Les deux bouches éruptives vues par le drone d’Isak Finnbogason

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Ce qui vient de se passer sur l’île hawaïenne d’Oahu montre que les États-Unis ont une politique de sécurité bien différente de celle de l’Islande. Aux États-Unis, dès qu’un danger se profile, le site est fermé et son accès est interdit. Si vous enfreignez la loi, vous êtes sûr d’avoir une amende. C’est pareil en France. Dans les deux pays, dès que vous enfreignez la loi, vous devez payer.
Comme je l’ai expliqué dans le texte ci-dessus, l’Islande procède différemment. Les autorités n’interdisent pas officiellement l’accès au site dangereux (dans le cas présent celui de l’éruption). Elles précisent seulement qu’il est dangereux et recommandent de ne pas s’y rendre. Si un accident se produit, elles envoient des secouristes… qui peuvent être amenés à intervenir au péril de leur vie !

14 randonneurs ont été arrêtés pour avoir escaladé illégalement les Haʻikū Stairs, aussi connues sous le nom d’Escalier vers le Ciel ou Échelle Haʻikū. Il s’agit d’une structure en acier très pentue qui est actuellement en cours de démantèlement sur l’île d’Oahu. Elle permettait un accès piétonnier aux anciennes installations de communication de la marine américaine avec plus de 3 000 marches le long de la chaîne de montagnes de Ko’olau. Aujourd’hui, le sentier n’est plus ouvert au public et son accès est interdit.
Ces derniers jours, la presse hawaïenne a expliqué que lorsque les autorités d’Honolulu ont commencé en avril 2024 le processus de démantèlement des Haiku Stairs pour empêcher les randonneurs d’accéder à la zone, les locaux ont poussé un soupir de soulagement. Le sentier, qui offre ce que beaucoup considèrent comme la meilleure vue d’Hawaï, avait apporté des années d’intrusions dans des propriétés privées, de vandalisme et de trop grande fréquentation du site
Cependant, la suppression des escaliers n’a été que le début d’une controverse, qui se poursuit aujourd’hui puisque 14 randonneurs ont été arrêtés cette semaine après avoir accédé illégalement à la zone.
Bien que la démolition des escaliers ait commencé en avril, le démantèlement de l’ensemble du site est actuellement suspendu en raison d’un litige. Le Département des Terres et des Ressources Naturelles (DLNR) explique que plusieurs modules de fixation de l’escalier au flanc de la colline ont déjà été retirés par hélicoptère, ce qui rend la tentative d’ascension extrêmement périlleuse. Les randonneurs arrêtés auraient utilisé des cordes pour accéder à cette zone.
Les autorités hawaïennes ont déclaré que les randonneurs « ne tiennent pas compte non seulement des risques qu’ils prennent, mais aussi des risques auxquels les équipes de secours sont confrontées lorsqu’elles doivent apporter de l’aide à des personnes qui enfreignent la loi ». Le sentier est interdit au public depuis 1987 en raison de la trop grande fréquentation et du vandalisme. Malgré cette interdiction, la randonnée illégale continue d’être un problème. Les randonneurs, les touristes, les Instagrammers et les Youtubeurs risquent une amende de 1 000 dollars s’ils pénètrent sans autorisation sur le site. Les intrus ont escaladé des clôtures et traversé les propriétés privées pour y accéder, laissant parfois des déchets sur leur passage.
Source : Presse hawaïenne.

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What has just happened on the Hawaiian island of Oahu shows that the U..S. has a safety policy far different from the one used in Iceland. In the U.S., as soon as a danger is looming, the site is colsed and its access is forbiden. If you break the law, you are sure to be fined. It is the same in France. In both countries, as soon as you break the law, you have to pay.

As I explained in the above text, Iceland is proceeding differently. Authorities do not officially forbid access to the dangerous site (here, of the eruption). They only specify it is dangerous and recommened not to visit it. If an accident happens, they send rescuers… who may have to intervene at the risk of their lives !

14 hikers have been arrested for illegally climbing the Haʻikū Stairs, also known as the Stairway to Heaven or Haʻikū Ladder. It is a steep, steel step structure that is currently being dismantled and removed on the Hawaiian island of Oahu. It provided pedestrian access to former U.S. Navy communication facilities with more than 3,000 steps along the Ko’olau mountain range. Today, the pathway is not open to the public and its access is forbidden.

Today, the Hawaiian newspaers explain that when Honolulu officials began the process of removing the Haiku Stairs to prevent hikers from accessing the area back in April 2024, local residents breathed a sigh of relief. The hiking trail, which offers what many consider to be the best view in Hawaii, had brought years of trespassing, vandalism and overcrowding to the area.

However, the removal of the stairs was only the beginning of the controversy, which continues as 14 hikers were arrested this week after illegally gaining access to the area.

Though demolition of the stairs started back in April, the deconstruction of the entire stairs is currently on hold due to litigation. However, the Department of Land and Natural Resources (DLNR) explains that several modules that secure the stair modules to the hillside have already been removed by helicopter, making it extremely hazardous to attempt. The arrested hikers had reportedly used ropes to pass that area.

Hawaiian authorities said the hikers « fail to consider not only the risks they’re taking, but the risks emergency teams face when having to rescue people who are breaking the law.”

The hiking trail has been off-limits to the public since 1987 due to overcrowding and vandalism. Despite the interdiction, illegal hiking has continued to be a problem, with hikers, tourists, Instagrammers and Youtubers risking the $1000 fine for trespassing on the land. Trespassing hikers have scaled fences and crossed people’s backyards for access, sometimes leaving trash in their wake.

Source : Hawaiian newspapers.

Une histoire de tunnels…

A Limoges (Haute-Vienne), tout le monde sait que le sous-sol de la ville est un véritable gruyère car nos prédécesseurs y ont creusé un nombre incalculable de souterrains dont certains se visitent.

A Hawaï ou sur l’île de la Réunion, c’est différent. Le gruyère a une origine naturelle. Au cours des éruptions, la lave très fluide dans ces deux parties du globe a creusé des galeries, parfois très longues. Sur la Grande Île d’Hawaï, le Kazumura présente une longueur de 65,5 kilomètres qui en fait le tunnel de lave le plus long du monde.

Les tunnels de la Réunion n’ont pas cette prétention, mais certains sont bien connus et méritent qu’on y pénètre. On comprend très vite comment la lave s’est comportée à l’intérieur.

Tous les tunnels réunionnais ne sont pas répertoriés. Un grand nombre reste dissimulé dans le sous-sol et il arrive que certains soient découverts par hasard. C’est ce qui est arrivé ces derniers temps à un habitant de Saint Joseph, une commune située dans le sud de l’île. En réalisant des travaux de terrassement sur sa propriété, un ouvrier a déplacé un bloc rocheux et mis à jour un trou profond de plusieurs mètres d’où émanait une odeur suspecte. Après vérification, il s’agit bel et bien d’un tunnel de lave d’une hauteur de 3 mètres et large de 2 mètres.

Comme cela se produit fréquemment dans des tunnels de lave, le boyau, qui est assez long, se resserre par endroits, puis s’élargit de nouveau en descendant vers la mer. Le propriétaire du terrain ne compte pas tirer profit de sa découverte. Dans un futur proche une dalle de béton en scellera définitivement l’accès.

Comme je l’ai indiqué plus haut, ce n’est pas la première fois qu’un tunnel est découvert de manière fortuite à la Réunion. En février 2004, lors de la construction de la route des Tamarins, les ouvriers ont mis au jour une telle cavité à Bois de Nèfles Piton Saint-Leu.

En 2013, un agriculteur du Tampon a fait une chute dans une cavité alors qu’il était au volant de son tracteur. L’Institut Physique du Globe de Paris (IPGP) a précisé qu’il s’agit d’un tunnel de lave vieux de 23000 ans, créé à proximité du Piton Bleu. Aujourd’hui il se visite, par petits groupes, tant les richesses géologiques qu’il contient sont grandes.

Source: Réunion la 1ère.

J’ai consacré une note au Tunnel Bleu – c’est son nom – à l’issue d’un long séjour à la Réunion en 2019.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/07/13/quatre-bonnes-adresses-sur-lile-de-la-reunion-2-les-merveilles-du-tunnel-bleu/

La visite du Tunnel Bleu est à recommander à tous les amateurs de géologie et de volcanologie. Les quelques photos ci-dessous ne sont qu’un petit échantillon des beautés que l’on peut admirer dans les entrailles de la Terre.

Si, vous aussi, vous avez envie de visiter le Tunnel Bleu, voici les coordonnées de l’agence de l’ami Rudy Laurent qui gère le site:

KOKAPAT

Infos et réservations au 0692 699 414

Site web: www.kokapatrando-reunion.com

Vous verrez que Rudy Laurent organise également des randonnées à la journée sur le Piton de la Fournaise et les célèbres cirques de la Réunion, ainsi que des trekkings de 2 à 15 jours.

Photos: C. Grandpey

Le lac d’eau du Kilauea (Hawaï) // Kilauea’s water lake (Hawaii)

Bien que le Kilauea ne soit pas actuellement en éruption à Hawaï, le volcan est célèbre pour les lacs de lave qui bouillonnent souvent dans le cratère sommital. Cependant, fin juillet 2019, une pièce d’eau verte a remplacé le lac de lave dans l’Halema’uma’u et elle pu être observée pendant environ 18 mois. Voir les notes que j’ai écrites à propos de ce lac le 6 août et le 12 octobre 2019, ainsi que le 18 août 2020.

Au début, la mare d’eau était relativement petite, d’une dizaine de mètres de diamètre, et peu profond. (Crédit photo : HVO)

Dans un article de la série Volcano Watch, les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO) expliquent que la surveillance et l’étude du lac étaient importantes car la présence d’eau augmentait le risque d’explosions phréatiques violentes, en sachant que de telles éruptions avaient été observées sur le Kilauea par le passé.
Pendant tout le temps de la présence du lac dans le cratère de l’Halema’uma’u, le HVO a surveillé de près sa couleur, son niveau et sa température. En effet, des phénomènes comme un changement soudain de couleur ou un bouillonnement à la surface peuvent être des précurseurs d’éruptions.

Crédit photo: HVO

Les mesures du niveau de l’eau effectuées par le personnel du HVO ont révélé qu’il montait régulièrement et n’était pas affecté par les précipitations. Cela signifie qu’il était alimenté par les eaux souterraines. Les mesures effectuées par caméra thermique ont également montré que l’eau était très chaude (jusqu’à environ 80 °C), de sorte qu’au moins la moitié des eaux souterraines qui entraient dans le lac s’évacuait par évaporation.

Crédit photo: HVO

Le lac était inaccessible à pied et l’utilisation d’un hélicoptère pour échantillonner l’eau a été jugée trop dangereuse. Le HVO a obtenu des échantillons d’eau du lac à l’aide de drones, la première fois le 26 octobre 2019, puis le 17 janvier 2020. Un troisième échantillonnage a été effectué le 26 octobre 2020. Les échantillons ont révélé que la composition chimique du lac avait très peu changé entre la première et la troisième campagne d’échantillonnage.

 

(Crédit photo : HVO)

L’eau du lac était acide (pH d’environ 4), mais pas aussi acide que la plupart des lacs volcaniques acides dans monde qui présentent souvent un pH d’environ 1, voire moins pour le Kawah Ijen en Indonésie. L’eau du lac du Kilauea contenait de grandes quantités de fer, de magnésium et de soufre dissous. Les géochimistes du HVO ont conclu que le fer et le magnésium provenaient des roches basaltiques du Kilauea. Le fer était également responsable des différentes couleurs du lac. La couleur verdâtre initiale était due à la forme de fer présente dans les basaltes du Kilauea. Au fur et à mesure que le fer séjournait de plus en plus longtemps dans l’eau et entrait en contact avec l’oxygène de l’atmosphère, il se transformait en une autre forme de fer, avec des minéraux de couleur orange et marron, semblables à la rouille qui se forme sur les objets métalliques. Cela explique pourquoi la couleur du lac est passée du vert au marron au fil du temps. L’eau verte visible fréquemment sur les bords du lac était la preuve que le lac était constamment alimenté par les eaux souterraines avec la forme verte du fer. Au début, les scientifiques du HVO ont pensé que le soufre détecté dans l’eau pouvait être dû à la dissolution de gaz sulfureux, comme le SO2, émis par le magma situé sous le lac. Cependant, une étude du type de soufre dans l’eau, ainsi que du niveau d’acidité (pH 4) de cette eau, ont révélé que le soufre du lac provenait plutôt de minéraux d’altération sulfatés, déposés sur les roches voisines pendant de nombreuses années, qui s’étaient dissous dans l’eau.
Le lac n’a montré aucun changement significatif avant l’éruption de décembre 2020. Heureusement, la lave a percé la surface à côté du lac, de sorte qu’aucune explosion phréatique majeure ne s’est produite. Au lieu de cela, en un peu plus d’une heure, toute l’eau qui s’était accumulée au fond du cratère a été vaporisée par la chaleur de la lave.
L’Halemaʻumaʻu a ensuite retrouvé sa lave. Les eaux souterraines au sommet du Kilauea sont nettement plus profondes que le plancher actuel du cratère. En conséquence, si l’apparition d’une nouvelle pièce d’eau ne peut être exclue, le HVO ne s’attend pas à en voir une de sitôt dans le cratère de l’Halema’uma’u.

Source : USGS / HVO.

 

Au mois de décembre 2020, le lac de lave avait fait son retour sur le plancher de l’Halema’uma’u (Crédit photo : HVO)

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Although Kilauea is currently not eruptiing in Hawaii, the volcano is famous for the lava lakes that bubble in the summi crater. However, in late July 2019, a puddle of green water had replaced the lava lake in Halema’uma’u and stayed there for about 18 months. See the posts I wrote about this lake on August 6th, October 12th 2029, and August 18th, 2020.

In a Volcano Watch article, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) scientists explain that monitoring and understanding the lake was important because the presence of water increased the possibility of violent phreatic explosions, without forgetting that such eruptions had been observed at Kilauea in the past.

During the lake’s lifetime, the HVO kept a close eye on the color, level, and temperature of the lake. Indeed, phenomena like a sudden color change or boiling can be precursors to eruptions.

The water level measurements made by HVO staff revealed that the lake rose steadily and was not affected by rainfall, which meant that it was fed by groundwater. Measurements made by thermal camera also showed that the water was so warm (up to about 80°C) that at least half the groundwater flowing into the lake evaporated away rather than remaining in the lake itself.

The lake was inaccessible on foot, and using a helicopter to sample the water was deemed too hazardous. HVO obtained water samples from the lake using drones, first on October 26th, 2019, next on January 17th, 2020. A third sampling was conducted on October 26th, 2020. The samples revealed that the chemical composition of the lake changed very little in the year between the first and third sampling campaigns.

The lake water was acidic (pH of approximately 4), but not as acidic as most acid volcanic lakes around the world (pH of about 1), and it contained large amounts of dissolved iron, magnesium, and sulfur. HVO geochemists concluded that the iron and magnesium were leached from Kilauea’s basaltic rocks. The iron also was responsible for the lake’s many colors. The initial greenish color was due to the form of iron that exists in Kilauea basalts. As that iron in the water spent more and more time in the lake and in contact with oxygen in the atmosphere, it transformed to another form of iron that creates orange- and brown-colored minerals, similar to rust that forms on metal objects. That explains why the lake changed color from green to brown over time. The green water that frequently reappeared at the lake’s edges was a proof that the lake was consistently being fed by groundwater with the green form of iron.

Initially, HVO scientists thought that the sulfur that was detected in the water might be the result of the lake dissolving sulfur gases, like SO2, being released from magma below. However, careful study of the type of sulfur in the water, along with the pH 4 acidic level of this water, revealed that the lake’s sulfur was instead derived from sulfate alteration minerals,deposited on the nearby rocks for years and years, that had dissolved into the water.

The lake didn’t show any changes before the December 2020 eruption. Fortunately, lava erupted adjacent to the lake rather than through it, so no large phreatic explosions occurred. Instead, in just over an hour, all the water accumulated over the past year and a half was boiled away by lava flows.

Halemaʻumaʻu has since been filled by lava, and groundwater in the Kilauea summit is significantly deeper than the current crater floor, well beneath the surface. So, though another water lake is not out of the question in Kilauea’s future, HVO is not expecting one any time soon.

Source : USGS / HVO.