Kilauea (Hawaï) : net déclin de l’éruption // Kilauea (Hawaii) : the eruption is declining

L’éruption qui a débuté à 2 h 20 (heure locale) le 23 décembre 2024 et s’est poursuivie pendant la majeure partie de la journée dans le cratère de l’Halema’uma’u est en train de marquer le pas. Vers 15 heures, la déflation du sommet a cessé et le tremor éruptif a commencé à diminuer. À 15 h 30, les fontaines de lave étaient à peine visibles. À 16 heures, elles avaient cessé et le tremor était proche de son niveau de base. Les émissions de gaz volcaniques ont également diminué de manière significative. Ces observations indiquent que l’éruption a considérablement ralenti et semble être en train de se terminer, momentanément ou définitivement.
La lave émise couvre jusqu’à présent un peu plus de 2,6 kilomètres carrés et représente environ un quart de la superficie de Kaluapele, la caldeira sommitale. On estime que la lave a une épaisseur d’environ un mètre, ce qui correspond à un volume d’émission moyen d’environ 85 mètres cubes par seconde pour les 8 premières heures de l’éruption. La hauteur initiale des fontaines de lave était estimée à 80-90 mètres et avait chuté à une cinquantaine de mètres à 13 heures.
Source : HVO.

Depuis quelque temps, les éruptions du Kilauea ont tendance à être brèves. Il serait imprudent d’acheter un billet d’avion pour aller assister au spectacle sans s’assurer que l’éruption est partie pour durer…

Image webcam de l’éruption à 19h30 (heure locale) le 23 décembre

——————————————————

The eruption in Halema’uma’u crater that began at 2:20 a.m. (local time) on December 23rd, 2024 and continued through most of the day is declining significantly.

Around 3 p.m, tilt at the summit stopped showing deflation and seismic tremor began decreasing. By 3:30 p.m., lava fountains were barely visible. By 4 p.m., fountaining had stopped and seismic tremor was close to background levels. Visible volcanic gas emissions have also decreased significantly. These observations indicate that the eruption has slowed significantly and appears to be entering a pause.

The new lava is covering so far a little more than 2.6 square kilometers and represents about one quarter of the area of Kaluapele, the summit caldera. The lava is estimated to be about one meter) thick, giving an estimated average effusion rate of 85 cubic meters per second for the first 8 hours of the eruption. Initial fountain heights were estimated to be about 80-90 meters and had decreased to about 50 meters by 1:00 p.m.

Source : HVO.

Kilauea’s last eruptions have not lasted very long. It would be foolhardy to buy a plane ticket to go and watch the show without making sure the eruption is set to last…

Hawaï : nouvelle éruption du Kilauea ! // Hawaii : new eruption of Kilauea volcano

23 décembre 2024 – 14 heures (heure française) : L’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO) vient de m’envoyer un message indiquant que le Kilauea est en éruption. Une hausse de l’activité sismique sous le sommet a commencé vers 2 heures du matin (heure locale) le 23 décembre 2024. Le HVO a observé l’activité éruptive sur les images des webcams au sommet du volcan. Elles indiquaient qu’une éruption avait commencé dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu et la caldeira sommitale.
En conséquence, le niveau d’alerte volcanique est passé de Advisory (surveillance conseillée) à WARNING (Danger) et la couleur de l’alerte aérienne est passée du Jaune ROUGE.
Les images des webcams montrent une ligne de fissures faisant jaillir des fontaines de lave qui alimentent des coulées de lave à la base de l’Halemaʻumaʻu dans Kaluapele, la caldeira sommitale. L’activité se limite à la caldeira sommitale.

Image webcam de l’éruption

++++++++++

23 décembre – 18h00 : Le Kilauea est en éruption dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu, dans la caldeira sommitale. L’éruption s’est maintenant stabilisée et il n’y a aucune menace immédiate pour les infrastructures. Le niveau d’alerte volcanique a été abaissé de Warning (Danger) à WATCH (Vigilance) et la couleur de l’alerte aérienne est passée de Rouge à ORANGE.
Les bouches actives continuent d’envoyer de la lave dans la partie sud-ouest de la caldeira sommitale. Le principal risque à l’heure actuelle concerne les gaz volcaniques qui peut avoir des effets négatifs sur de longues distances sous le vent.
Au début de l’éruption, les fontaines de lave oavaient des hauteurs allant jusqu’à 80 mètres. Deux heures plus tard, la lave avait recouvert une superficie estimée à 1800 mètres carrés sur le plancher de la caldeira.
Aucun changement significatif n’a été observé dans les zones de rift.

Une vue en direct du sommet du Kilauea est disponible en cliquant sur ce lien :  https://youtu.be/w0KulR_3wQk

D’autres webcams du Kilauea sont disponibles ici : https://www.usgs.gov/volcanoes/kilauea/webcams

Nouvelle image webcam de l’éruption

++++++++++

23 décembre – 23h00 : Les images des webcams indiquent que la principale bouche active est située dans la partie sud-ouest de la caldeira sommitale du Kīlauea ; elle génère des coulées de lave sur le plancher de l’Halema’uma’u. Entre 2h30 et 4h30 du matin (heure locale), des bouches se sont brièvement ouvertes au nord-est le long du plancherde la caldeira, mais ces bouches ont depuis ralenti leur activité. Actuellement, la bouche éruptive initiale le long de la paroir sud-ouest de la caldeira reste active et constitue la source effusive dominante avec des fontaines de lave de 70 mètres de haut. L’éruption génère un important panache de gaz qui atteint des altitudes estimées à 1 800-2 400 m au-dessus du niveau de la mer. Le HVO estime que les émissions de SO2 jusqu’à présent atteignent probablement 50 000-100 000 t/j.
Source : HVO.

Image thermique du cratère de l’Halema’uma’u

————————————————–

December 23rd, 2024 – 2:00 pm (French time) : The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has just sent me a message indicating that Kīlauea volcano is erupting. An increase in seismic activity beneath the summit began at approximately 2 a.m. (local time) on December 23rd, 2024, HVO observed eruptive activity in Kīlauea summit webcam images, indicating that an eruption has commenced within Halemaʻumaʻu and the summit caldera.
As a consequence, the volcano alert level has been raised from ADVISORY to WARNING and its aviation color code from YELLOW to RED.

Webcam imagery shows a line of fissures erupting lava fountains feeding lava flows at the base of Halemaʻumaʻu within Kaluapele, the summit caldera. The activity is confined to the summit caldera.

++++++++++

December 23rd – 18:00 : Kīlauea is erupting within Halemaʻumaʻu crater in the summit caldera. The eruption has now stabilized and there are no immediate threats to infrastructure. The volcano alert level has been lowered from WARNING to WATCH and the aviation color code from RED to ORANGE.

The active vents are continuing to erupt in the southwest part of the summit caldera. The primary hazard of concern at this time is high levels of volcanic gas which can have far-reaching effects downwind.

At the start of the eruption, lava fountains were observed with heights up to 80 meters. Two hours later, lava had covered an estimated area of 400 acres of the caldera floor.

No significant changes have been observed in the rift zones.

A livestream of Kilauea’s summit is available here: https://youtu.be/w0KulR_3wQk

Other Kilauea webcams are available here: https://www.usgs.gov/volcanoes/kilauea/webcams

++++++++++

December 23rd – 11:00 pm. : Webcam images indicate that the main eruptive vent is located on the southwest side of Kīlauea’s summit caldera, generating lava flows onto Halema‘uma‘u crater floor. Between approximately 2:30 a.m. and 4:30 a.m. (local time), vents briefly opened to the north-east along the caldera floor but these vents have since slowed. Currently the initial vent along the caldera’s southwest wall remains active and is the dominant effusive source with lava fountains 70 meters tall. The eruption is generating a vigorous plume of volcanic gas, which is reaching elevations estimated at 1,800-2,400 m above sea level. HVO estimates that SO2 emissions thus far may be averaging 50,000-100,000 t/d.

Source : HVO.

La cartographie géologique : une science et un art // Geological mapping: a science and an art

L’un des derniers épisodes de la série « Volcano Watch » publié par l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO) est consacré à la cartographie géologique, qui est à la fois une science et un art.

La cartographie géologique était l’une des principales fonctions dévolues à l’U.S. Geological Survey (USGS) lors de sa création par le Congrès américain en 1879. L’agence était tenue d’ « établir une classifications des terres publiques et d’examiner la structure géologique, les ressources minérales et les produits à l’intérieur et à l’extérieur du domaine national ».
Les premières cartes géologiques étaient de taille uniforme ; elles contenaient toutes les informations disponibles sur la topographie et la géologie d’un site, avec un texte d’accompagnement décrivant la géologie cartographiée.
Les cartes modernes ont tendance à être plus polyvalentes et plus faciles à interpréter ; elles affichent les gisements géologiques et les caractéristiques présentant un intérêt particulier pour un projet ou une étude.
Dans le cas de la cartographie géologique du HVO sur l’île d’Hawaï, les principales caractéristiques intéressantes concernent le relief volcanique avec les fissures et les cônes de scories, ainsi que les coulées de lave et les dépôts de téphra associés ; ils sont répertoriés en fonction de l’âge.
Il est facile de faire apparaître ces caractéristiques pour les dernières éruptions. Les éruptions des dernières années sont cartographiées quelques heures ou quelques jours après le début de l’activité à l’aide d’un logiciel d’information géographique. Les techniques de télédétection utilisant l’imagerie aérienne et satellitaire rendent également cette opération beaucoup plus rapide.
Si certaines coulées de lave plus anciennes peuvent être cartographiées à l’aide de la télédétection, d’autres qui ont été exposées aux éléments pendant des centaines ou des milliers d’années sont parfois plus difficiles à distinguer. C’est pourquoi des critères de diagnostic sur le terrain ou en laboratoire sont généralement nécessaires pour déterminer leur étendue géographique.
Les géologues se rendent sur le terrain pour documenter les minéraux présents dans les coulées de lave et ils collectent des échantillons pour analyser la chimie, les âges radiométriques et le paléomagnétisme. En général, une combinaison de ces éléments est nécessaire pour faire apparaitre une image complète sur une carte.
Il existe un ensemble normalisé de symboles, de motifs et de couleurs pour les cartes géologiques publiées par l’USGS : c’est le schéma de carte géologique, ou GeMS.
Alors que les symboles et les lignes ont tendance à être objectifs sur une carte géologique, les couleurs utilisées peuvent être plus subjectives. Les cartes géologiques représentent souvent des terrains volcaniques avec de jeunes coulées de lave et des téphras en utilisant des couleurs «chaudes» telles que le rouge et l’orange, et ces couleurs deviennent progressivement plus «froides», passant au vert, au bleu et au violet, à mesure que les éléments représentés vieillissent.
Il est ainsi facile d’observer une carte géologique et d’avoir une idée rapide de l’âge relatif de l’activité volcanique.
Ces cartes géologiques de l’USGS sont généralement sur papier, mais toutes sont désormais également publiées sous forme numérique et disponibles gratuitement en téléchargement.
Source : USGS / HVO.

Cette carte géologique a été créée par le HVO le 17 septembre 2024, quelques heures après la télédétection (survol en hélicoptère) de l’éruption qui a eu lieu du 15 au 20 septembre dans la Middle East Rift Zone du Kilauea. Les différents âges des coulées de lave sont indiqués par des changements de couleur ; celles qui ont été émises entre 1790 et 2018 sont en violet (les coulées de lave plus anciennes sont grises) ; celles qui ont été émises le 15 septembre sont en rose et celles qui ont été émises les 16 et 17 septembre sont en rouge. La fissure active apparaît sous le forme d’une ligne jaune. Cette carte montre également les routes et la limite du Parc national des volcans d’Hawaï. (Source : HVO)

———————————————-

One of the last « Volcano Watch » episodes by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) was dedicated to geological mapping which is both a science and an art.

Geological mapping has been one of the most fundamental mandates of the U.S. Geological Survey since its establishment by Congress in 1879. The aim of the agency was to “classify the public lands and examine the geological structure, mineral resources and products within and outside the national domain.”

The first geological maps were uniform in size and contained all available information on topography and geology, with accompanying text describing mapped geology.

Modern maps tend to be more versatile, displaying geologic deposits and features of special interest for a project or investigation.

In the case of Hawaiian Volcano Observatory geological mapping on the Island of Hawaii, the primary features of interest are volcanic vents, such as fissures and scoria cones, and their associated lava flows and tephra deposits divided by age.

It is easy to make these determinations for young eruptions that have been witnessed, with eruptions during the past few years being mapped within hours or days of activity starting using geographic information systems software.

Remote sensing techniques using aerial and satellite imagery have also made this much quicker.

While some older lava flows can be mapped using remote sensing, others exposed to the elements for hundreds or thousands of years can be harder to tell apart. Therefore, diagnostic criteria from the field or lab is usually required to distinguish their geographic extents.

Geologists make field excursions to document minerals present in the lava flows and their abundances, and collect samples to analyze chemistry, radiometric ages and paleomagnetism. Usually, a combination of these is needed to put together a full picture on a map sheet.

There is a standardized set of symbols, patterns and colors that are used for geologic maps published by the USGS : the Geologic Map Schema, or GeMS for short.

Whereas symbols and lines tend to be objective on a geologic map, colors used for geological map units can be more subjective. It is common for geological maps that portray volcanic terrains with young lava flows and tephras to have the “hottest” colors, such as reds and oranges, and those colors gradually get “cooler,” shifting to greens, blues and purples, as the map units get older.

This makes it easy to glance at a geological map and get a quick sense of the relative age of volcanic activity.

These USGS geological maps are generally printed, but all are now also published as geographic information systems digital databases and freely available to be downloaded.

Source : USGS / HVO.

Les inclinomètres du Kilauea (Hawaï) // Tiltmeters at Kilauea Volcano (Hawaii)

Au cours de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », j’explique que le regretté Maurice Krafft comparait un volcan sur le point d’entrer en éruption à une personne malade ou blessée. Une telle personne a de la fièvre et des frissons et généralement mauvaise haleine. La plaie enfle également. Il en va de même avec un volcan sur le point d’entrer en éruption : la température des gaz augmente ; on enregistre une hausse de la sismicité ; la composition des gaz change et un gonflement de l’édifice est détecté par les instruments.
Ce dernier paramètre est développé par l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO) dans un nouvel épisode de la série « Volcano Watch ».
Au cours du siècle dernier, les avancées technologiques ont considérablement amélioré la surveillance volcanique. Une innovation clé a été l’introduction d’inclinomètres (aussi appelés tiltmètres) de forage, des appareils capables de mesurer d’infimes variations d’inclinaison de la surface du volcan.
Les inclinomètres de forage sont utilisés par les scientifiques du HVO depuis le début des années 1970 et sont devenus un élément essentiel de la surveillance volcanique. Un instrument plus ancien appelé « inclinomètre à tube d’eau » était utilisé dans les années 1950.
Aujourd’hui, le réseau d’inclinomètres moderne sur l’île d’Hawaï fait partie d’un ensemble plus vaste d’outils de surveillance incluant des stations sismiques, des récepteurs GPS, des capteurs de gaz et des images fournies par les webcams et les satellites. Tous ces outils permettent aux scientifiques de surveiller les changements de comportement des volcans susceptibles de provoquer des éruptions.
Les inclinomètres sont des instruments sensibles conçus pour détecter de très légères variations de déformation du sol. Ils sont installés autour des volcans pour surveiller l’évolution de la surface de la Terre causée par le déplacement du magma sous terre. Ces mouvements précèdent souvent les éruptions car le magma exerce une pression sur la roche environnante, tout en provoquant un gonflement ou un léger déplacement de la surface.
Les inclinomètres actuels fonctionnent avec une grande précision. Ils peuvent détecter des variations de seulement cinq nanoradians, soit moins d’un millionième de degré. Ce niveau de précision rend les inclinomètres indispensables pour suivre les changements subtils de l’activité volcanique et fournir des alertes précoces aux scientifiques.
Une vingtaine d’inclinomètres de forage sont installés stratégiquement sur le Kilauea et le Mauna Loa, à des endroits clés des sommets et des caldeiras de ces volcans. Ces zones sont importantes car elles sont les plus susceptibles de subir une déformation importante du sol pendant les périodes d’activité volcanique et avant le début d’une éruption.
Ces inclinomètres fonctionnent en continu et génèrent un point de données toutes les 60 secondes. Ainsi, ils peuvent transmettre ces données en temps quasi réel au HVO. Elles sont essentielles pour la détection précoce de l’activité volcanique. Par exemple, au cours de son ascension vers la surface, le magma peut provoquer une inclinaison significative du sol qui est enregistrée par les inclinomètres. En analysant plusieurs ensembles de données, les scientifiques peuvent déterminer la zone où le magma se déplace et si une éruption est imminente.
Les inclinomètres de forage nécessitent un entretien de routine, notamment le changement des batteries et la mise à niveau de la télémétrie radio utilisée pour envoyer les données au HVO.

Maintenance d’un inclinomètre de forage au sommet du Kilauea (Crédit photo : HVO)

Chaque inclinomètre a également une plage d’inclinaison limitée sur laquelle il peut enregistrer la déformation avec précision. Les inclinomètres analogiques du HVO doivent être mis à niveau manuellement si la déformation dépasse 300 microradians. L’inclinomètre aura alors besoin d’un peu de temps pour « se stabiliser » avant que les données puissent être de nouveau utilisées quantitativement. À côté des appareils analogiques, des inclinomètres numériques peuvent être mis à niveau à distance sans interruption de la qualité des données.
Les inclinomètres sont particulièrement utiles pour suivre les changements au fur et à mesure que le sommet du Kilauea gonfle et se dégonfle (phases d’inflation et de déflation). Le réseau d’inclinomètres du Kilauea a aussi fourni des informations précieuses sur la migration du magma entre le sommet et la Middle East Rift Zone au cours des nombreuses intrusions qui ont conduit à la dernière éruption dans et près du Nāpau Crater du 15 au 20 septembre 2024.
Le Mauna Loa fait également l’objet d’une surveillance étroite par le réseau d’inclinomètres du HVO. Bien que moins actif que le Kilauea au cours des dernières décennies, le Mauna Loa est toujours susceptible de donner naissance à des éruptions dangereuses. Au cours des mois qui ont précédé et des heures qui ont suivi le début de l’éruption de 2022, les inclinomètres ont joué un rôle essentiel car ils ont permis aux scientifiques de suivre l’activité et la déformation de plus en plus importante du sommet.
Les inclinomètres sont donc un élément essentiel du réseau de surveillance volcanique à Hawaï. En détectant des changements subtils dans l’inclinaison du sol, ils fournissent des signaux d’alerte précoce et permettent aux scientifiques de mieux comprendre le comportement des volcans d’Hawaï.
Source : USGS / HVO.

 

Données d’inflation du Kilauea obtenues grâce aux inclinomètres installés dans la zone sommitale du volcan (Source : HVO).

——————————————–

I explain in my conference « Volcanoes and volcanic hazards » that the late Maurice Krafft used to compare a volcano about to erupt with a sick or wounded person. Such a person has a fever and chills and usually bad breath. The wound also swells. It is the same with a volcano about to erupt : gas temperature rises ; seismicity increases ; gas composition changes and an inflation of the edifice is detected by the instruments.

This last parameter is developed by the Hawaiian Volcano Observatoty (HVO) in a new « Volcano Watch » episode.

Over the past century, technological advancements have vastly improved volcano monitoring. One key innovation was the introduction of modern borehole tiltmeters, devices that measure very small changes in the inclination of the volcano’s surface.

Borehole tiltmeters have been used by the HVO scientists since the early 1970s and have since become an essential part of the volcano monitoring program. An older style of instrument called a “water tube tiltmeter” goes back even further to the 1950s.

Today the modern tiltmeter network on the Island of Hawaii forms part of a larger array of monitoring tools, including seismic stations, GPS receivers, gas sensors, and webcam/satellite imagery. Together, these tools help scientists keep a close eye on the changing behaviors at volcanoes that may lead to eruptions.

A tiltmeter is a sensitive instrument designed to detect very slight changes in deformation of the ground. They are installed around volcanoes to monitor changes in the Earth’s surface caused by magma moving underground. These movements often precede eruptions, as pressure from magma pushes against the surrounding rock, causing the surface to bulge or shift slightly.

Today’s tiltmeters work with high precision. They can detect changes as small as five nanoradians, or less than one millionth of a degree. This level of precision makes tiltmeters invaluable for tracking subtle changes in volcanic activity and providing early warnings to scientists.

More than a dozen borehole tiltmeters are strategically installed on Kilauea and Mauna Loa at key locations across the volcano summits and calderas. These areas are of particular interest because they are most likely to experience significant ground deformation during periods of volcanic unrest and before an eruption onset.
These tiltmeters operate continuously and produce one data point every 60 seconds, transmitting data in near real-time to HVO. This data is critical for early detection of volcanic activity. For example, when magma begins to rise toward the surface, it can cause noticeable tilting of the ground, which is recorded by the tiltmeters. By analyzing multiple monitoring datasets, scientists can determine where magma is moving and whether an eruption may be imminent.

Borehole tiltmeters need routine maintenance including changing batteries and upgrading the radio telemetry used to send the data back to HVO. Each tiltmeter also has a limited range of tilt over which it can accurately record deformation. For example, HVO analog tiltmeters need to be manually leveled in their boreholes if deformation exceeds 300 microradians. Then, the tiltmeter will need time to “settle” from the physical disturbance before the data can be used quantitively. Other digital tiltmeters can be leveled remotely with no interruption in data quality.

Tiltmeters have been particularly useful in tracking changes as Kilauea’s summit inflates and deflates. Kilauea’s tiltmeter network provided valuable information about magma moving from the summit to the Middle East Rift Zone during the several intrusions leading up to the most recent eruption in and near Nāpau Crater from September 15th to 20th, 2024.

Mauna Loa has also been under close surveillance by HVO’s tiltmeter network. Although less active than Kilauea in recent decades, Mauna Loa is still capable of producing hazardous eruptions. In the months leading up to and in the hours during the initial onset of the 2022 Mauna Loa eruption, tiltmeters played a critical role in helping scientists track unrest and heightened summit deformation.

Tiltmeters are a crucial component of the volcanic monitoring network in Hawaii. By detecting subtle changes in ground inclination, they provide early warning signals of volcanic unrest and help scientists to better understand the behavior of Hawaii’s dynamic volcanoes.

Source : USGS / HVO.