Réchauffement climatique : records en pagaille // Global warming : loads of records

Nous ne sommes qu’à la moitié de l’année 2023 et de nombreux records climatiques sont en train d’être battus, avec des températures en hausse, des océans exceptionnellement chauds, des niveaux record de pollution par le carbone dans l’atmosphère et des niveaux record de manque de glace en Antarctique. Certains scientifiques tirent la sonnette d’alarme, craignant que cette situation soit le signe d’un réchauffement de la planète beaucoup plus rapide que prévu. Ces mêmes scientifiques disent que même si les records sont alarmants, ils ne sont pas surprenants en raison à la fois de l’augmentation continue des gaz à effet de serre et de l’arrivée d’El Niño, qui a un effet de réchauffement global.

Voici cinq preuves montrant à quel point l’année 2023 a déjà battu des records, en sachant que les mois les plus chauds sont à venir.

Températures globales.
Notre planète est déjà plus chaude de 1,2°C qu’à l’époque préindustrielle, et les cinq prochaines années devraient être les plus chaudes jamais enregistrées. 2023 s’annonce comme l’une des plus chaudes à ce jour, et toutes les données montrent que les températures atteignent des niveaux inhabituellement élevés.
Le service européen Copernicus indique que les onze premiers jours de juin 2023 ont vu les températures les plus hautes jamais enregistrées pour cette période de l’année, avec une marge substantielle. C’est également la première fois que la température globale de l’air en juin dépasse les niveaux préindustriels de plus de 1,5 °C.

Des records de chaleur sont battus à travers le monde.
Au Canada, où une vague de chaleur particulièrement sévère a touché une grande partie du pays, les températures ont battu plusieurs records. La chaleur a favorisé le départ des premiers incendies de forêt qui ont brûlé une zone 15 fois plus grande que la moyenne à cette période de l’année, avec des fumées qui ont atteint les États-Unis.
Plusieurs records de chaleur absolus ont également été battus début juin 2023 en Sibérie (voir mes notes précédentes). Certaines parties de l’Amérique centrale, ainsi que du Texas et de la Louisiane sont également confrontées à des températures très élevées. Porto Rico a connu une chaleur extrême en juin, avec des températures de plus de 48 degrés Celsius.
Des régions entières de l’Asie du Sud-Est ont connu leur plus forte vague de chaleur jamais enregistrée, tandis que des températures record en Chine ont anéanti des animaux et des cultures et suscité des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire.

Les températures des océans battent également des records.
Les océans se réchauffent à des niveaux record et rien ne montre que cette tendance va s’arrêter. La hausse des températures à la surface de l’océan a commencé à inquiéter les scientifiques en mars lorsqu’elles ont commencé à grimper, avec une accélération et des niveaux records en avril.
Selon la NOAA, mai 2023 a été le mois de mai le plus chaud jamais enregistré sur les océans de la planète. C’est un schéma de réchauffement qui dure depuis des années. En 2022, les océans avaient déjà battu des records de chaleur pour la quatrième année consécutive.
Le réchauffement des océans a des conséquences désastreuses, avec notamment le blanchissement des coraux, la mort de la vie marine et l’élévation du niveau de la mer.

La glace de mer antarctique à des niveaux record de faiblesse.
La glace de mer de l’Antarctique est actuellement à son niveau le plus bas jamais enregistré pour cette période de l’année. Certains scientifiques craignent que ce soit un signe supplémentaire que la crise climatique a atteint cette région isolée de la planète.
Fin février 2023, la glace de mer antarctique a atteint sa plus faible étendue depuis le début des relevés dans les années 1970, ce qui confirme une tendance à la baisse très prononcée.
Alors que l’Antarctique est entré dans son hiver et que la glace de mer a recommencé à se former, la surface occupée reste à un niveau record pour cette période de l’année.
Il convient de noter qu’il existe un lien entre ce déclin de la glace de mer antarctique et les eaux chaudes des océans Indien, Pacifique et Atlantique. Un dixième de degré de réchauffement de la température de l’océan suffit à inhiber la croissance de la glace de mer.
La réduction de la glace de mer cause également de graves dégâts aux espèces qui vivent sur ce continent, comme les manchots qui dépendent de la glace de mer pour se nourrir et pour l’éclosion de leurs œufs.

Niveaux record de dioxyde de carbone.
Le niveau de dioxyde de carbone dans l’air, généré par la combustion des combustibles fossiles, a atteint un record en mai, avec 424 parties par million (ppm), avec une avec une hausse constante qui n’avait jamais été observée il y a des millions d’années. Les niveaux de pollution par le carbone, qui alimentent la crise climatique, sont désormais supérieurs de 50 % à ce qu’ils étaient avant le début de la révolution industrielle.
Source : NOAA, NASA, Copernicus, British Antarctic Survey.

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We are only halfway through 2023 and many climate records are being broken, with soaring temperatures, unusually hot oceans, record high levels of carbon pollution in the atmosphere and record low levels of Antarctic ice. Some scientists are sounding the alarm, fearing it could be a sign of a planet warming much more rapidly than expected. They say that while the records are alarming, they are not unexpected due to both the continued rise of planet-heating pollution and the arrival of El Niño, which has a global heating effect.

Here are five bodies of evidence showing just how record-breaking this year has already been, with the hottest months still to come.

Global temperatures.

The world is already 1.2 degrees Celsius warmer than it was in preindustrial times, and the next five years are predicted to be the hottest on record. 2023 is shaping up to be one of the hottest yet, with global data showing temperatures spiking to unusually high levels.

The Copernicus Climate Change Service indicates that the first eleven days of June 2023saw the highest temperatures on record for this time of year by a substantial margin. It is also the first time global air temperatures during June exceeded preindustrial levels by more than 1.5 °C.

Heat records are being broken across the world.

In Canada, where an unusually severe heatwave has been blanketing much of the country, temperatures have broken multiple records. The heat has helped set the stage for early wildfires burning an area about 15 times bigger than average for this time of the year, with smokes drifting into the United States.

Several all-time heat records were also broken in early June 2023 in Siberia (see my previous posts). Parts of Central America, as well as Texas and Louisiana are also facing very high temperatures. And Puerto Rico experienced extreme heat this June, with temperatures feeling like more than 48 degrees Celsiust.

Swaths of Southeast Asia have experienced their harshest heatwave on record, while record temperatures in China have killed animals and crops and sparked concerns about food security.

Ocean temperatures are breaking records too.

Oceans are heating up to record levels and show no sign of stopping. Rising ocean surface temperatures began alarming scientists in March when they started to climb and then skyrocketed to reach record levels in April.

According to NOAA, May 2023 was the hottest May on record for the world’s oceans. It’s a pattern of warming that has been going on for years. In 2022, the world’s oceans broke heat records for the fourth year in a row.

Ocean warming poses dire consequences, including coral bleaching, the die-off of marine life and rising sea levels.

Antarctic sea ice at record lows.

Antarctica’s sea ice is currently at record lows for this time of year, with some scientists concerned it is a further sign the climate crisis has arrived in this isolated region.

In late February 2023, Antarctic sea ice reached its lowest extent since records began in the 1970s, confirming a very steep downward trend.

As the Antarctic has moved into its winter, and the sea ice has started to grow again, levels are still tracking at record low levels for this time of year.

It should be noted that there is a link between this decline os Antarctic sea ice and the warm waters off the Indian, Pacific and Atlantic Oceans. Even a tenth of a degree of warming is enough to inhibit sea ice growth.

The decline in sea ice also poses severe harm to the continent’s species, including penguins who rely on sea ice for feeding and hatching eggs.

Record carbon dioxide levels.

The levels of carbon dioxide in the air, released from the burning of fossil fuels, hit a record in May, with 424 parts per million, a steady climb further into territory not seen for millions of years.. Carbon pollution levels, which fuel the climate crisis, are now more than 50% higher than they were before the Industrial Revolution began..

Source : NOAA, NASA, Copernicus, British Antarctic Survey.

Concentrations de CO2 au sommet du Mauna Loa (Hawaii) le 16 juin 2023 (Source : NOAA)

 

Images montrant l’impact de la vague de chaleur sur un réservoir de Catalogne entre le 21 mars 2021 et le 12 avril 2023.

Nouveau coup de chaud en Sibérie et en Asie // New heatwave in Siberia and in Asia

Alors que la côte est des États-Unis suffoque à cause des fumées en provenance des incendies de forêt au Canada, la Sibérie bat ses records de température et subit, selon la presse russe, la «pire vague de chaleur de son histoire».
Bien que nous ne soyons que début juin, les records sont battus dans certaines parties de la Sibérie, ce qui est anormal à ces hautes latitudes. Le mercure a dépassé les 37°C à Jalturovosk le 10 juin 2023, la journée la plus chaude de l’histoire de la ville. D’autres records sont tombés le 8 juin dans les villes de Baevo (39,6°C) et de Barnaoul (38,5°C).
Beaucoup de ces villes enregistrent les températures depuis près d’un siècle, ce qui montre que la canicule actuelle est vraiment exceptionnelle. Il s’agit de la « pire vague de chaleur de l’histoire de la région ».
La hausse des températures a également entraîné une augmentation des incendies de forêt. Au moins 21 personnes ont été tuées dans des incendies dans les montagnes de l’Oural et en Sibérie en mai. Le problème, c’est que l’agence fédérale russe de l’aviation qui surveille les incendies de forêt depuis les airs dispose de ressources et de capacités extrêmement limitées.
Il faut garder à l’esprit qu’une vague de chaleur similaire a frappé la Sibérie en 2020. Elle a vu la ville sibérienne arctique de Verkhoyansk atteindre 38 degrés Celsius. Selon les scientifiques, une telle situation aurait été « presque impossible » sans le changement climatique d’origine anthropique.
La Sibérie a tendance à connaître d’importantes fluctuations de température mensuelles et annuelles, mais les dernières décennies ont montré une forte tendance au réchauffement. Ces vagues de chaleur ont des conséquences majeures pour les personnes et la nature et continueront de se produire plus fréquemment à moins que nous ne réduisions rapidement les émissions de gaz à effet de serre.
Il n’y a pas que la Sibérie qui a connu une chaleur record cette semaine. Tout le centre de l’Asie est concerné. Début avril, le Turkménistan a connu des températures de 42°C, un record mondial pour cette latitude.
Depuis lors, la chaleur ne s’est pas arrêtée, avec des vagues qui s’abattent sur la région. Le 7 juin 2023, des températures de plus de 45°C ont été enregistrées en Chine, 43°C en Ouzbékistan et 41°C au Kazakhstan.
Source : médias russes et américains.

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As the U.S. East Coast reels from unprecedented smoke blowing from Canadian wildfires, Siberia is breaking its temperature records during its “worst heat wave in history.”

Despite only being early June, records are tumbling across parts of Siberia as extreme heat pushes into unusually high latitudes. The mercury reportedly topped 37°C in Jalturovosk on June 10th, 2023, the hottest day ever in the city. More records fell on June 8th in the cities of Baevo (39,6°C) and Barnaul (38,5°C).

Many of these cities had been keeping tabs on their temperatures for close to one hundred years, which shows it is really exceptional. It is the region’s “worst heat wave in history.

The rising temperatures have also led to an uptick in wildfires in the Russian region. At least 21 people were killed in fires in the Ural Mountains and Siberia in May. Russian’s federal aviation agency that monitors forest fires from the air has extremely limited resources and capabilities.

One should keep in mind that a similar heat wave struck Siberia in 2020. It saw the Arctic Siberian town of Verkhoyansk hit 38 degrees Celsius. It would have been “almost impossible” without human-caused climate change, an analysis by a team of international scientists found.

Siberia tends to see large monthly and yearly temperature fluctuations, but the last few decades have seen a strong warming trend. “These heat waves have major implications for people and nature and will continue to happen more frequently unless we rapidly cut emissions of greenhouse gases.”

It is not just Siberia that has seen record heat this week. It has spread across Central Asia. In early April, Turkmenistan saw temperatures of 42°C, which was a world record for that latitude.

Since then the heat hasn’t stopped, with rolling heat waves gripping the region.

On June 7th, 2023, temperatures of more than 45°C were recorded in China, 43°C in Uzbekistan and 41°C in Kazakhstan.

Source : Russian and U.S. News media.

Carte montrant l’anomalie thermique en Asie

L’Everest et le réchauffement climatique // Mount Everest and global warming

Il y a 70 ans, le 29 mai 1953, le Néo-Zélandais Edmund Hillary et son sherpa Tenzing Norgay parvenaient au sommet de l’Everest.
Depuis, des milliers d’alpinistes ont atteint le toit du monde. 2023 marque un nouveau record de candidats à l’escalade, mais aussi un record nombre d’accidents mortels…et de déchets abandonnés aux camps de base.
Sur les quelque 300 personnes qui ont perdu la vie lors de l’ascension de l’Everest, la majorité sont décédées dans ou autour de la zone de la mort, une zone située au-dessus de 7 900 mètres d’altitude. Ici, les alpinistes sont tués par des avalanches ou des chutes de pierres, par des blessures subies suite lors de chutes, ou encore par une exposition aux éléments (très nombreuses gelures en 2023). Sans oublier l’épuisement ou le mal aigu des montagnes (AMS).
Lorsqu’une personne meurt sur l’Everest, le cadavre est momifié par le vent et les basses températures ; il se fige rapidement sur place. Les sauveteurs doivent extraire le corps de la glace. Une fois gelé, son poids peut avoir doublé à cause de la glace. Il faut parfois une équipe de huit personnes pour gérer un seul corps. La récupération d’un corps est aussi très dangereuse. En 1984, un sherpa et un inspecteur de police népalais ont été tués alors qu’ils tentaient de récupérer le corps d’un alpiniste allemand mort sur la montagne cinq ans plus tôt.
On estime qu’il reste entre 200 et 250 corps sur l’Everest, gelés le long des voies d’escalade, ou enterrés dans les champs de neige et les glaciers. Généralement, les personnes mortes sur les glaciers restent emprisonnées dans la glace pendant des décennies voire des siècles. Les corps progressent avec la glace, depuis le site de l’accident jusqu’à la zone d’ablation du glacier, où la perte de glace dépasse la masse de glace accumulée.
Selon des sources chinoises et népalaises, la découverte de nombreux cadavres au cours des dernières années montre à quel point la hausse des températures fait fondre la couverture de neige et de glace sur l’Everest. Comme je l’expliquais dans une note précédente, le plus haut glacier de la montagne, le glacier du Col Sud (South Col Glacier) a perdu plus de 54 mètres d’épaisseur au cours des 25 dernières années.
Des victimes tuées par des avalanches ou tombées dans une crevasse glaciaire ressurgissent aujourd’hui avec la fonte des glaces. De nombreux corps ont également été retrouvés près du camp IV, le camp le plus élevé situé à plus de 7 900 mètres d’altitude. Dix corps y ont été retrouvés au cours des quatre dernières années.
La hausse de la température sur la chaîne himalayenne est supérieure à la moyenne mondiale. Lorsque la couverture neigeuse rétrécit, elle n’est plus en mesure de réfléchir la lumière du soleil. Le paysage rocheux et aride absorbe alors davantage de rayonnement solaire, ce qui réchauffe l’environnement. Avec la hausse des températures qui ajoute de l’énergie à l’atmosphère, la météo sur l’Everest devient plus imprévisible. Cela raccourcit la saison d’escalade et augmente le risque de tempêtes soudaines dans la région. Les températures plus élevées peuvent faire couler l’eau de fonte sous les glaciers,ce qui favorise le déclenchement d’avalanches et déstabilise les parois rocheuses, provoquant des chutes de pierres.
Le réchauffement climatique augmente également le risque pour les alpinistes qui se trouvent sous la zone de la mort. En juin 2022, le ministère du Tourisme népalais a annoncé son intention de déplacer le camp de base de l’Everest, car la fonte rapide du glacier de Khumbu augmentait le risque de chutes de pierres et de crues glaciaires soudaines sur le site. Cependant, ce plan a finalement été abandonné en raison du refus des sherpas qui ont fait valoir que cela ajouterait jusqu’à trois heures au trajet jusqu’au sommet et le rendrait encore plus traître. Une étude réalisée en 2018 par des chercheurs de l’Université de Leeds a montré que la glace du glacier près du camp de base fondait à raison de 1 mètre par an. L’eau de fonte glaciaire alimentait une série de lacs glaciaires. Ces lacs,retenus par des barrages de moraines instables, peuvent libérer leur eau lors de crues soudaines, avec des coulées de débris dévastatrices menaçant les vallées en aval.
Avec la fonte des glaciers himalayens, les sherpas doivent souvent trouver de nouvelles voies plus sures pour gravir la montagne. Les itinéraires sont entretenus par un groupe de sherpas, les « icefall doctors », qui constatent que leurs cordes ne sont plus maintenues sur les parois à cause de la fonte des glaces et doivent être repositionnées tous les quelques jours.
Source : Forbes.

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70 years ago, on May 29th , 1953, New Zealander Edmund Hillary and his Sherpa guide Tenzing Norgay managed to reach the summit of Mount Everest.

Since that time, thousands of climbers have reached the peak, with this year marking a new record for mountaineers expected on Mount Everest and also the number of deadly incidents.

Of the almost 300 people that have lost their lives in the attempt or reaching the summit, the majority of them have died in or around the Death Zone, the region above 7,900 meters. Here climbers are killed by avalanches or rockfall, by injuries sustained from a fall, from exposure to the elements, from exhaustion or from acute mountain sickness.

When a person dies on Mount Everest, the corpse is mummified by the strong wind and low temperatures and quickly gets frozen into place. Rescuers need to hack the body out of the ice. The frozen body may also have doubled in weight due to the ice. It can take a team of eight people to handle just one body. The recovery of a body is also very dangerous. In 1984, a Sherpa and a Nepalese police inspector were killed when they tried to retrieve the body of a German mountaineer who died on the mountain five years earlier.

An estimated 200 to 250 bodies still remain on Mount Everest, either frozen solid along the climbing routes or buried in the snowfields and glaciers. Generally, fatal casualties on glaciers remain immersed in the ice for decades or even centuries. They are moved together with the ice from the site of the accident to the ablation area, where the loss surpasses the accumulated ice mass.

According to Chinese and Nepalese sources, the discovery of many corpses in the last years shows how rising temperatures are melting the snow and ice cover of the mountain. As I explained in a previous post, the highest glacier on the mountain, the South Col glacier, has lost more than 54 meters of thickness in the past 25 years.

Victims killed by avalanches or lost in a glacier crevasse are now reemerging from the thinning ice. Many bodies were also recovered near Camp IV, the highest camp located at an elevation of over 7,900 meters. Ten bodies were recovered here in the last four years.

The rising temperature of the Himalayan area is more than the global average. When the reflecting snow cover shrinks, the barren rocky landscape adsorbs more solar radiation and heat up the environment. With rising temperatures adding energy to the atmosphere, the weather is becoming more unpredictable, shortening the climbing season and increasing the risk of sudden storms in the area. Higher temperatures can cause meltwater to flow beneath the glaciers, triggering avalanches, and destabilize rocky cliffs, triggering rockfalls.

Climate change is also increasing the risk for climbers beneath the Death Zone. In June 2022, Nepal’s tourism ministry announced plans to move the Everest base camp as the rapidly thinning Khumbu Glacier increased the risk of rockfall and flash-floods at the site. However, that plan was ultimately abandoned due to pushback from sherpas, who argued that it would add up to three hours to the journey to the summit and make it even more treacherous. A 2018 study by researchers from Leeds University showed that the ice of the glacier close to the base camp was melting at a rate of 1 meter per year, with the glacial meltwater feeding a series of glacial lakes. Such lakes, dammed up by unstable dams of ice and loose rocks, can release their water in sudden outburst floods triggering deadly debris flows in the valley beneath them.

With the melting of the Himalayan glaciers, the sherpas often have to find new, safer paths up the mountain. Routes are forged and maintained by a group of sherpas called « icefall doctors », who find that their ropes are now falling out of the melting ice and need to be replaced every few days.

Source : Forbes.

Crédit photo : Wikipedia

Erosion côtière en Alaska : causes et conséquences // Coastal erosion in Alaska : causes and consequences

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », j’insiste sur les conséquences de la fonte de la glace de mer en Alaska. À mesure que la banquise arctique fond, les côtes déjà fragiles deviennent vulnérables ; elles se trouvent exposées aux vagues au moment des tempêtes. On assiste alors à une accélération de l’érosion qui affecte les personnes et la faune.
Jusqu’à ces dernières années, la glace de mer empêchait les vagues de l’océan de se fracasser contre la côte. Une épaisse couche de glace de mer absorbait la puissance des grosses vagues et les empêchait de déferler sur les plages et contre les falaises. Aujourd’hui, la glace de mer fond et s’éloigne du rivage. L’océan a donc le champ libre pour venir à sa guise saper les côtes et inonder les villages côtiers.

Crédit photo: Wikipedia

Contrairement aux rivages des latitudes moyennes, ceux de l’Arctique sont constitués de pergélisol. Avec des températures plus élevées en été, ce sol dégèle, rendant les côtes arctiques particulièrement sensibles à l’érosion. Le réchauffement de l’eau et l’élévation du niveau de la mer aggravent encore le problème, avec de plus grosses vagues qui viennent frapper les côtes.

Dégel du permafrost dans la toundra (Photo: C. Grandpey)

Deux événements se combinent souvent à l’automne dans l’Arctique : les tempêtes les plus fortes et la plus faible étendue de glace de mer. Après un été de fonte de la glace de mer qui ouvre de vastes étendues d’eau libre, les grosses tempêtes peuvent causer des dégâts considérables, contribuer à l’érosion du littoral et à la perte d’habitat terrestre.
Par exemple, en septembre 2022, le reliquat du typhon Merbok a frappé la côte ouest de l’Alaska avec des vents de force ouragan qui ont obligé à des évacuations, arraché des bâtiments de leurs fondations, sculpté de nouveaux rivages et envoyé entre un et deux mètres d’eau le long de 1 600 kilomètres de côtes. Pour de nombreuses communautés, les dégâts aux infrastructures ont été immédiats. Comme ces communautés dépendent également d’une économie de subsistance, la perte des ressources de la terre a laissé certains habitants dépourvus de réserves pour l’hiver.
Le sol de l’Arctique, autrefois gelé toute l’année, fait maintenant face à plusieurs mois de dégel. Certaines régions dégèlent plus rapidement et plus substantiellement que d’autres. Depuis les années 1990, les températures dans l’Arctique ont augmenté d’environ 0,6 °C par décennie, soit le double de la moyenne mondiale. Les données des services météorologiques de l’Alaska indiquent que de 1971 à 2019, le réchauffement de l’Arctique a été trois fois plus rapide que la moyenne mondiale. Une étude fait même état d’un réchauffement quatre fois plus rapide. Certaines estimations montrent un été sans glace de mer dès 2035. Avec moins de glace de mer pour empêcher les grosses vagues de s’écraser contre les côtes, l’érosion côtière va certainement s’amplifier.
Les températures plus chaudes de l’Arctique font également dégeler le pergélisol. La terre autrefois rigide et solide sous l’effet du gel devient un sol mou et humide qui s’effrite plus facilement sous les assauts des vagues. Le dégel du pergélisol libère également dans les eaux voisines et dans l’atmosphère des gaz à effet de serre autrefois emprisonnés, ce qui accélère le réchauffement climatique. Certaines estimations indiquent que les zones de pergélisol stockent environ 1 700 milliards de tonnes de gaz à effet de serre sous forme de méthane et de dioxyde de carbone ; c’est environ le double du total actuel dans l’atmosphère. Un autre sous-produit du dégel du permafrost est le mercure. Autrefois congelé, il s’échappe désormais dans le sol et les eaux avoisinantes, avec un effet désastreux sur la chaîne alimentaire.

En Alaska, des villages entiers sont déjà confrontés à la nécessité de se déplacer à cause de l’érosion côtière. Le dégel du pergélisol et les vagues érodent le littoral arctique à raison de 50 centimètres par an en moyenne. Dans le nord de l’Alaska, le chiffre atteint 1,40 mètre par an. Sur certains zones littorales comme à Drew Point, en Alaska, l’érosion atteint 20 mètres par an.
Une étude de février 2022 explique que l’érosion pourrait doubler dans l’Arctique d’ici la fin du 21ème siècle. Au fur et à mesure que les scientifiques en sauront davantage sur le moment et l’ampleur de l’érosion côtière dans l’Arctique, les collectivités pourront prendre les mesures nécessaires pour essayer d’y faire face.
Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

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During my conference « Glaciers at risk », I insist on the consequences of the melting of the sea ice in Alaska. As Arctic sea ice melts, fragile coastlines become vulnerable to bigger waves from storms, leading to accelerated erosion that impacts people and wildlife.

Up to recent years, sea ice keeps the churning ocean from splashing up against the coast. A thick layer of sea ice absorbs the power of big waves, preventing them from slamming into beaches and sea cliffs. But as sea ice melts and recedes away from shore, the ocean can wear away coastlines and flood seaside villages.

Unlike shorelines in the mid-latitudes, Arctic shorelines have permafrost. With higher temperatures in the summer, these soils are thawing, making Arctic coasts especially sensitive to erosion. Warming water and sea level rise compound the issue further as bigger waves pound the coasts.

Two events often collide in the autumn in the Arctic: the strongest storms and lowest sea ice extent. After a summer of sea ice melt, with large areas of open water, large storms can do considerable damage and contribute to shoreline erosion and terrestrial habitat loss.

For example, in September 2022, remnants of Typhoon Merbok battered Alaska’s western coast with hurricane-force winds, forcing evacuations, uprooting buildings, carving out new shores, and surging one ti two meters of water along 1,600 kilometers of coastline. For many communities, the impact from damage to infrastructures was immediate. However, as these communities also rely on subsistence living, the loss of resources from the land left several residents vulnerable without stocks for the winter.

The Arctic’s soil, once frozen all year round, now faces several months of thaw, with some regions thawing faster and more substantially than others. Since the 1990s, temperatures in the Arctic have been increasing at roughly 0.6°C per decade, twice the rate of the global average. Data from Alaskan weather services indicaate that from 1971 to 2019, the rate of Arctic warming was three times as fast as the global average. Another study suggests a four-fold warming. Some estimates showi a summer free of sea ice as early as 2035. With less sea ice preventing big waves from crashing against the shores, coastal erosion is sure to increase.

Warmer Arctic temperatures are also thawing permafrost, turning once frozen-solid land into soft, wet soil that crumbles more easily with wave attacks. Permafrost thaw also releases once-frozen greenhouse gases into nearby waters and the atmosphere, feeding further warming. Some estimates state that permafrost zones store about 1,700 billion metric tons of carbon, both in methane and carbon dioxide form ; this is about twice the current total within the atmosphere. Another byproduct is the release of once-frozen mercury into soil and nearby waters, polluting the food chain.

In Alaska, entire villages are already facing the need for relocation from coastal erosion. Together, thawing permafrost and waves erode the Arctic coastline at an average rate of 50 centimeters per year. In northern Alaska, the rates are 1.4 meters per year, with some sections, like Drew Point, Alaska, eroding much as 20 meters per year.

A study from February 2022 suggests that erosion may double in the Arctic by the end of the 21st century. As scientists learn more about the timing and magnitude of coastal erosion in the Arctic, communities can develop necessary mitigation and adaptation resources.

Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).