Arctique : la « dernière zone de glace » sous la menace du réchauffement climatique // Arctic : the Last Ice Area under the threat of global warming

Une nouvelle étude nous apprend que la « dernière zone de glace » au nord du Canada et du Groenland a disparu pendant les mois d’été dans le passé et cette disparition se produira malheureusement de nouveau, et probablement plus tôt que prévu.
La glace de mer arctique suit un cycle saisonnier chaque année. Elle occupe de plus en plus d’espace dans l’Océan Arctique pendant l’automne et l’hiver, allant même jusque dans l’Atlantique Nord et le Pacifique Nord au moment où elle atteint son maximum en février ou mars. Actuellement, près des trois quarts de cette glace de mer est saisonnière, ce qui signifie qu’elle fond au printemps et en été. La partie qui subsiste après la saison de fonte est la glace de mer permanente.
Les archives des quatre dernières décennies montrent que la quantité de glace qui subsiste toute l’année diminue. Dans les années 1980, les minimums de glace de mer de septembre couvraient une surface d’environ 7 millions de kilomètres carrés. L’étendue minimale la plus faible jusqu’à présent, en 2012, était inférieure à la moitié de cette surface. Alors que les températures de la planète augmentent en raison des émissions de gaz à effet de serre et que l’Arctique continue d’être l’une des régions du monde qui se réchauffe le plus rapidement, la quantité de glace qui survit à la fonte estivale continue de diminuer.
Au cœur de l’étendue de glace qui survit à la fonte chaque année se trouve une région connue sous le nom de « dernière zone de glace. » Elle s’étend du nord du Groenland jusqu’aux îles les plus septentrionales de l’archipel canadien. Selon le World Wildlife Fund, c’est la seule région de l’Arctique où il y aura de la glace de mer toute l’année à partir de 2040. Il se peut que les océans se réchauffent suffisamment pour faire fondre cette glace, mais en raison de l’abri fourni par les îles et le Groenland, on pense qu’elle pourra résister plusieurs décennies de plus que le reste de la banquise. Si c’est le cas, elle fournira un dernier refuge à la faune et aux organismes arctiques qui dépendent de la glace pour survivre.
Cependant, selon une nouvelle étude réalisée par des chercheurs du Danemark, de Suède et des États-Unis, cette « dernière zone de glace » a déjà fondu dans le passé, et alors que les températures mondiales continuent d’augmenter, nous approchons rapidement du point de basculement où cette glace disparaîtra à nouveau.
Les chercheurs ont foré les fonds marins au nord du Groenland, dans la mer de Lincoln, et ils ont extrait des carottes qui ont révélé comment les sédiments se sont déposés dans la région au fil du temps. En analysant les carottes couche par couche, ils ont recherché les éléments chimiques spécifiques produits par les algues qui adhèrent à la face inférieure de la glace de mer. Ils ont pu ainsi construire une chronologie montrant à quelle époque les algues étaient présentes, et donc le moment où il y avait de la glace dans cette région.
Selon un co-auteur de l’étude, « les modèles climatiques montrent que la glace de mer estivale dans cette région fondra dans les décennies à venir, mais on ne sait pas si cela se produira dans 20, 30, 40 ans ou plus. Il suffit que les températures augmentent juste un un peu pour que la glace fonde. » La chronologie mentionnée ci-dessus a révélé qu’il y a environ 10 000 ans, il y a eu une période de plus de 1 000 ans pendant laquelle la glace de mer a complètement disparu de l’Arctique, même de la « dernière zone de glace », pendant les mois d’été.
Les températures dans l’Arctique se rapprochent rapidement aujourd’hui de ce qu’elles étaient lorsque la glace de la « dernière zone de glace » est devenue saisonnière au début de l’Holocène, il y a environ 10 000 ans. Selon l’étude, cette transition vers la glace de mer arctique saisonnière dans la Mer de Lincoln et dans la « dernière zone de glace » se produira probablement lorsque le réchauffement climatique atteindra 2 ° C au-dessus des températures préindustrielles. L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) indique qu’en 2020, le globe est déjà 1,2 ° C plus chaud qu’il ne l’était à la fin du 19ème siècle.
Si la glace de mer devait à nouveau fondre complètement en été, le premier problème concernerait la perte désastreuse d’habitat. L’augmentation de la surface d’eau sombre (par opposition à la surface où la glace réfléchit le soleil) signifierait la fin de l’albédo. Il y aurait donc encore plus de chaleur piégée dans l’océan et une accélération de la crise climatique.
Un autre co-auteur de l’étude a déclaré : « La mauvaise nouvelle est que nous sommes susceptibles de voir cela se produire très bientôt. La bonne nouvelle est que nos données montrent que la tendance est réversible si nous réduisons les émissions de gaz à effet de serre et si nous nous fixons des objectifs politiques ambitieux. Si nous réussissons à maintenir les températures stables ou peut-être même les faire chuter, la glace de mer reviendra dans la région. L’étude est un signal d’alarme, car nous savons que cela se produira. Nous devons agir dès maintenant si nous voulons que cela change. »
Source : Yahoo Actualités.

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New research reveals that the « Last Ice Area » north of Canada and Greenland disappeared during the summer months in the past and it will do so again, perhaps sooner than we think.

Arctic sea ice goes through a seasonal cycle each year. It grows and spreads across the Arctic Ocean through northern autumn and winter, even pushing into the North Atlantic and North Pacific by the time it reaches its maximum in February or March. Currently, nearly three-quarters of this sea ice is seasonal, meaning that it melts away through the spring and summer. The portion that survives the melt season is called year-round sea ice.

Over the past four decades, records show that the amount of ice that survives year-round is dwindling. In the 1980s, the September sea ice minimums measured around 7 million square kilometres. The lowest minimum extent so far, in 2012, was less than half that. As global temperatures rise due to greenhouse gas emissions, and the Arctic continues to be one of the fastest warming regions of the world, the amount of ice that survives the summer melt will continue to diminish.

Within the extent of the ice that survives each year’s melt is a region known as the Last Ice Area. It stretches from just north of Greenland through the northernmost islands of the Canadian Archipelago. According to the World Wildlife Fund, this is the only region of the Arctic where we will have year-round sea ice as of 2040. The oceans could warm enough to melt this ice as well, but due to the shelter provided by the islands and Greenland, it is thought that it could hold out decades longer than the rest of the sea ice. This would provide a crucial last bastion for Arctic wildlife and organisms that depend on the ice to survive.

However, according to a new study by researchers from Denmark, Sweden, and the United States, even this Last Ice Area has melted away in the past, and as global temperatures continue to rise, we are quickly approaching a tipping point where we could see it disappear again.

The researchers drilled down into the sea floor north of Greenland, in the Lincoln Sea, and pulled out samples that revealed how sediments were deposited in the area over time. Going through the samples layer by layer, they looked for specific chemicals produced by algae that cling to the underside of sea ice, and were able to construct a timeline showing when the algae were present, and thus when there was ice in that region.

According to one co-author of the study, « climate models have suggested that summer sea ice in this region will melt in the coming decades, but it’s uncertain if it will happen in 20, 30, 40 years, or more. Temperatures only have to increase a little before the ice will melt. » The above-mentioned timeline revealed that around 10,000 years ago, there was a more than 1,000-year-long period when sea ice completely disappeared from the Arctic, even from the Last Ice Area, during the summer months.

Temperatures in the Arctic now are quickly approaching what they were when the ice of the Last Ice Area became seasonal back in the early Holocene, roughly 10,000 years ago. According to the study, this transition to seasonal Arctic sea ice in the Lincoln Sea and Last Ice Area will likely occur when global warming reaches 2°C above pre-industrial temperatures. The World Meteorological Agency says that, as of 2020, the globe is already 1.2°C warmer than it was in the late 19th century.

If the ice were to completely melt in the summer again, the devastating loss of habitat would be only the first problem. The increased area of dark water surface (as opposed to bright reflective ice surface) would mean the end of the albeido and even more heat being trapped in the ocean and an acceleration of the climate crisis.

Another co-author of the study has declared : « The bad news is that we can see this happening very soon. The good news is that our data shows the trend is reversible and we can do something about it if we reduce greenhouse gas emissions and set ambitious political goals. If we can keep temperatures stable or perhaps even make them fall, the sea ice would return to the area. The study is a wake-up call, because we know that it will happen. We have to act now so we can change it. »

Source : Yahoo News.

 

Etendue maximale de glace de mer arctique hivernale jamais enregistrée (à gauche) en mars 1979, et étendue minimale estivale (à droite), en septembre 2012. (Source : NSIDC)

Disparition à court terme des glaciers autrichiens // Austrian glaciers will disappear shortly

L’information n’est pas vraiment une surprise. Selon le Club alpin autrichien, les glaciers de ce pays ont reculé en 2022 « plus que jamais », à cause du réchauffement climatique.
En moyenne, les 89 glaciers autrichiens observés par le Club alpin ont reculé de 28,7 mètres, contre 11 mètres en 2021. Le rapport indique que « jamais auparavant les mesures des glaciers effectuées par le Club alpin – qui remontent à 1891 – n’ont montré un tel recul qui est une conséquence évidente de l’intensification du réchauffement climatique d’origine anthropique. »
Au train où vont les choses, les glaciers autrichiens devraient disparaître au plus tard en 2075. Le Club Alpin demande une meilleure protection des glaciers en Autriche où le ski est roi : « Le développement touristique des zones glaciaires ne se justifie plus au moment où la crise climatique a déjà un impact énorme sur les glaciers. »
Selon une étude publiée dans la revue Science en janvier 2023, la moitié des 215 000 glaciers sur Terre et un quart de leur masse fondront d’ici la fin du siècle. Cela se produira même si le réchauffement climatique peut être plafonné à 1,5°C, l’ambitieux objectif de l’Accord de Paris qui, selon de nombreux scientifiques, est désormais hors de portée. On estime actuellement que la température moyenne de la planète augmente de 2,7°C, ce qui entraînera une disparition presque complète des glaciers en Europe centrale, dans l’ouest du Canada; dans la partie continentale des États-Unis et en Nouvelle-Zélande.

J’ai personnellement attiré l’attention sur la situation des glaciers autrichiens après un voyage dans ce pays en 2020.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/09/27/lagonie-des-glaciers-alpins-de-la-mer-de-glace-france-au-pasterze-autriche-7eme-partie/

Je me suis rendu auprès du Pasterze, le plus grand glacier d’Autriche dans les Hohen Tauern, dominées par le Grossglockner, le plus haut sommet du pays. Au terminus de la route, on a une bonne vue sur ce qui reste du Pasterze. Un funiculaire permettait aux visiteurs de descendre sur le glacier en 1963. La surface de la glace était alors au niveau de la station inférieure du funiculaire. Le problème, c’est que le glacier a perdu de son épaisseur et a considérablement reculé depuis cette époque. Aujourd’hui, il faut descendre une pente raide pour atteindre la glace, ce qui suppose une bonne condition physique pour remonter la pente !
La zone d’accumulation duPasterze se situe à 3 453 m d’altitude, mais on s’aperçoit rapidement qu’elle n’est plus alimentée et que le glacier continue de reculer. Comme pour la Mer de Glace ou le glacier du Rhône, les images d’archives affichées sur la plate-forme d’observation montrent la vitesse de recul du glacier. Au train où vont les choses, il aura disparu bien avant la fin du 21e siècle.

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The piece of news comes as no surprise. According to the country’s Alpine Club, Austrian glaciers ln 2022 retreated « more than ever », because of global warming.

On average, 89 Austrian glaciers observed by the organisation have become 28.7 metres shorter, compared to 11 metres in 2021. The Alpine Club’s report says that « never before in the history of the Alpine Club’s glacier measurement service, which dates back to 1891, has there been a greater loss of glaciers. The drastic glacier retreat undoubtedly makes the consequences of the anthropogenic massively intensified climate change clear. »

At the current rate of warming, glaciers in Austria are likely to disappear at the latest in 2075. The Alpine Club asks for a better protection of glaciers in the ski-mad Alpine nation : « The touristic development of glacier areas is simply no longer justifiable at a time when the climate crisis is already having an enormous impact on the glaciers. »

Half of the Earth’s 215,000 glaciers and a quarter of their mass will melt away by the end of the century, according to a study published in the journal Science in January 2023.

This will happen even if global warming can be capped at 1.5 degrees Celsius, the ambitious Paris Agreement target that many scientists now say is beyond reach. Global mean temperature is currently estimated to be increasing by 2.7 degrees Celsius, which would result in a near-complete loss of glaciers in Central Europe, Western Canada and the continental United States and New Zealand.

I personnaly drew attention to the situation of the Austrian glaciers after a journey to this country in 2020.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/09/27/lagonie-des-glaciers-alpins-de-la-mer-de-glace-france-au-pasterze-autriche-7eme-partie/

I visited Pasterze, Austria’s largest glacier in the Hohen Tauern dominated by Grossglockner, the country’s highest peak. At the end of the road, one gets a good view of what remains of Pasterze. A funicular allowed visitors to descend on the glacier in 1963. The surface of the ice was then at the level of the funicular’s lower station. The problem is that the glacier has lost height and has retreated considerably since that time and today’svisitors need to descend on foot. A good physical condition is necessary.
The accumulation area at the source of Pasterze lies 3,453 m above sea level, but one quickly realizes that it can no longer feed the glacier which continues to retreat. As with the Mer de Glace or the Rhône glacier, the archive images displayed on the observation deck show the speed of the glacier’s retreat. At the rate things are going, it will be gone long before the end of the 21st century.

Photo: C. Grandpey

Nouvelle alerte sur la fonte de l’Antarctique // New alert on melting Antarctica

Selon une nouvelle étude effectuée par des scientifiques australiens et publiée fin mars 2023 dans la revue Nature, la fonte rapide de l’Antarctique provoque un ralentissement spectaculaire des courants océaniques profonds, ce qui pourrait avoir un effet désastreux sur le climat. Les courants d’eau profonde qui assurent le bon fonctionnement des courants océaniques pourraient diminuer de 40 % d’ici 2050. Ces courants transportent de la chaleur, de l’oxygène, du carbone et des nutriments vitaux à travers toute la planète.
Des recherches antérieures ont expliqué qu’un ralentissement du courant de l’Atlantique Nord pourrait entraîner un refroidissement de l’Europe. La nouvelle étude ajoute que ce ralentissement pourrait réduire la capacité de l’océan à absorber le dioxyde de carbone de l’atmosphère.
Le rapport décrit comment le réseau de courants océaniques sur Terre est en partie géré par le mouvement descendant de l’eau salée froide, et donc plus dense, vers les fonds marins près de l’Antarctique. Le problème, c’est qu’à mesure que l’eau douce de la calotte glaciaire fond, l’eau de mer devient moins salée et moins dense, et le mouvement descendant ralentit.
Ces courants océaniques profonds, ou « de renversement », dans les hémisphères nord et sud ont été relativement stables pendant des milliers d’années, mais ils sont aujourd’hui perturbés par le réchauffement climatique.
Les modèles réalisés par les scientifiques montrent que si les émissions de carbone dans le monde se poursuivent au rythme actuel, le courant de renversement de l’Antarctique ralentira de plus de 40 % au cours des 30 prochaines années, avec un risque de disparition. On peut lire dans l’étude que « si les océans avaient des poumons, ce courant serait l’un d’eux ». Avec le ralentissement de la circulation océanique, l’eau de surface atteint rapidement sa capacité d’absorption de carbone et n’est donc pas remplacée par de l’eau non saturée en carbone provenant de plus grandes profondeurs.
L’Atlas Study de 2018 a révélé que le système de circulation océanique dans l’Atlantique était plus faible qu’il ne l’avait été depuis plus de 1 000 ans et avait considérablement changé au cours des 150 dernières années. Le document montrait que des modifications de la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC) pourraient refroidir l’océan et le nord-ouest de l’Europe, et affecter les écosystèmes des grands fonds marins. Le film-catastrophe Le Jour d’Après (2004) illustre la catastrophe que provoquerait l’arrêt de l’AMOC .
La nouvelle étude explique qu’un ralentissement du courant de renversement dans l’hémisphère sud aurait un fort impact sur les écosystèmes marins et sur l’Antarctique proprement dit. Une autre conséquence pourrait être une rétroaction sur la quantité de glace qui fondrait en Antarctique dans les prochaines années. Le ralentissement du courant de renversement ouvrirait la voie à des eaux plus chaudes qui pourraient provoquer une accélération de la fonte, ce qui serait une rétroaction supplémentaire, en mettant plus d’eau de fonte dans l’océan et en ralentissant encore plus la circulation.
Les scientifiques ont utilisé 35 millions d’heures de calcul sur deux ans pour produire leurs modèles qui montrent que la circulation des eaux profondes dans l’Antarctique pourrait ralentir deux fois plus vite que dans l’Atlantique Nord.
L’effet de l’eau de fonte de l’Antarctique sur les courants océaniques n’a pas encore été pris en compte dans les modèles du GIEC sur le réchauffement climatique, mais les auteurs de l’étude affirment d’ores et déjà qu’il sera « considérable ».
Source : Médias d’information internationaux.

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According to a new study by Australian scientists, released by the end of March 2023 in the journal Nature, rapidly melting Antarctic ice is causing a dramatic slowdown in deep ocean currents and could have a disastrous effect on the climate. The deep-water flows which drive ocean currents could decline by 40% by 2050. The currents carry vital heat, oxygen, carbon and nutrients around the globe.

Previous research suggested a slowdown in the North Atlantic current could cause Europe to become colder. The new study also warns that the slowdown could reduce ocean’s ability to absorb carbon dioxide from the atmosphere.

The report outlines how the Earth’s network of ocean currents are part driven by the downwards movement of cold, dense saltwater towards the sea bed near Antarctica. But as fresh water from the ice cap melts, sea water becomes less salty and dense, and the downwards movement slows.

These deep ocean currents, or « overturnings », in the northern and southern hemispheres have been relatively stable for thousands of years, but they are now being disrupted by the warming climate.

The scientists’ models show that if global carbon emissions continue at the current rate, the Antarctic overturning will slow by more than 40 per cent in the next 30 years, with a trajectory that looks headed towards collapse. One can read in the study that « if the oceans had lungs, this would be one of them. » As ocean circulation slowed down, water on the surface quickly reached its carbon-absorbing capacity and was then not replaced by non carbon-saturated water from greater depths.

The 2018 Atlas Study found the Atlantic Ocean circulation system was weaker than it had been for more than 1,000 years, and had changed significantly in the past 150. It suggested changes to the conveyor-belt-like Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC) could cool the ocean and north-west Europe, and affect deep-sea ecosystems. A sensationalised depiction of the AMOC shutting down was shown in the 2004 climate disaster film The Day After Tomorrow.

The new studay explains that a slowdown of the southern overturning would have more of an impact on marine ecosystems and Antarctica itself. The other larger implication that it could have is a feedback on how much of Antarctica melts in the future. It opens a pathway for warmer waters which could cause increased melt, which would be a further feedback, putting more meltwater into the ocean and slowing down circulation even more.

Scientists spent 35 million computing hours over two years to produce their models, which suggest deep water circulation in the Antarctic could slow at twice the rate of decline in the North Atlantic.

The effect of Antarctic meltwater on ocean currents has not yet been factored in to IPCC models on climate change, but the aukthors of the study say it is going to be « considerable. »

Source : International news media.

La fonte des grands glaciers de l’Antarctique occidental aura un fort impact sur les courants océaniques

Le dégel du permafrost de roche dans les Alpes (2ème partie) // The thawing of rock permafrost in the Alps (part 2)

Pour étudier le comportement du permafrost de roche, des capteurs de température ont d’abord été placés à l’Aiguille du Midi en 2005. A l’époque, les scientifiques passaient leurs journées à effectuer trois forages de 10 m de profondeur dans la paroi granitique. Aujourd’hui, les données de ces nombreux capteurs montrent de quelle manière le permafrost profond est affecté par la hausse des températures. Les mesures révèlent que les changements les plus destructeurs dans le permafrost se produisent généralement à six mètres ou plus sous la surface de la roche, là où les vagues de chaleur estivales font monter la température entre -2°C et 0°C.
Le dégel du permafrost peut entraîner le détachement d’un grand volume de roche de plusieurs façons. Le plus souvent, c’est l’eau accumulée dans une fissure existante qui crée une pression hydrostatique suffisamment forte pour élargir ou briser la fissure. Dans d’autres endroits, le permafrost peut être le seul élément qui maintient deux couches de roche collées l’une contre l’autre.
Les scientifiques tentent maintenant de mieux comprendre les processus physiques qui gèrent les effondrements de parois rocheuses. Par exemple, ils essayent de savoir quelle quantité d’eau pénètre dans la roche et d’où elle vient. Pour voir quelle quantité d’eau provient de la fonte de la neige, les scientifiques teignent les différentes accumulations de neige avec des couleurs fluorescentes. Ensuite, ils utilisent différentes méthodes pour connaître le temps mis par l’eau pour traverser la roche. Si elle est très ancienne, cela peut indiquer que c’est un vieux permafrost qui est en train de dégeler.
Dans les Alpes suisses, des chercheurs collectent des données sur le permafrost à partir d’un autre laboratoire de terrain : le Cervin et ses 4 478 m d’altitude. Alertés par les chutes de pierres survenues après la canicule de 2003, les scientifiques suisses ont commencé à mettre en place un réseau de capteurs sans fil en 2006. La tâche était plus difficile que sur l’Aiguille du Midi car il n’y a pas de téléphérique pour atteindre le sommet du Cervin. Au cours des 10 années suivantes, ils ont malgré tout réussi à mettre en place un réseau de 17 types de capteurs différents qui ont permis de collecter plus de 154 millions de points de données. Installé autour des emplacements de chutes de pierres les plus fréquents, le réseau comprend des capteurs de température, des caméras, des « fissuromètres » qui mesurent l’élargissement des fissures, des inclinomètres, des capteurs GPS et des capteurs sismiques qui permettent de mesurer la formation et la fonte de la glace dans les fractures profondes à l’intérieur de la roche.
Ces mesures sur le terrain et le travail en laboratoire permettent d’élaborer des modèles informatiques pour essayer de prévoir le comportement du permafrost de roche avec la hausse des températures. Les chercheurs espèrent que cela leur permettra d’identifier les endroits les plus dangereux dans d’autres chaînes de montagnes, à des altitudes similaires.
Toutefois, ce travail prendra probablement une vingtaine d’années et il faudra beaucoup plus de données avant que de tels modèles puissent être assez fiables pour prévoir d’importantes chutes de pierres. Ces données contribueront à rendre l’escalade plus sûre sur le Cervin. Le 22 juillet 2019, deux alpinistes – un guide de haute montagne et son client – sont décédés après être tombés d’une paroi. Au moment du drame, les deux hommes se déplaçaient, encordés, à une altitude d’environ 4300 mètres.
Certaines découvertes contribuent déjà à assurer la sécurité des alpinistes. Par exemple, on sait que les chutes de pierres les plus fréquentes dans les faces nord des Alpes se produisent à une altitude plus basse et avec une fréquence plus élevée que sur les faces sud. Grâce au réseau de capteurs, les scientifiques ont identifié le moment le moins dangereux de la journée pour traverser le couloir du Goûter en été – de 9h à 10h – même si les randonneurs doivent vérifier les conditions avant d’entreprendre l’ascension du Mont Blanc.

Selon les scientifiques, le problème du permafrost dans les Alpes est beaucoup plus large et ne se limite pas aux simples parois rocheuses. Dans les Alpes françaises, il existe 947 infrastructure telles que des refuges de montagne ou des téléphériques dans les stations de ski qui sont sous la menace du dégel du permafrost. En conséquence, assurer la sécurité des Alpes et des nombreuses personnes qui les visitent sera un défi de plus en plus grand dans les prochaines années.
Source : La BBC.

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In order to study the behaviour of rock permafrost, temperature sensors were first placed at Aiguille du Midi in 2005. Back then, the scientists spent days drilling three 10m-deep boreholes in the granite wall. Now, data from numerous types of sensors is providing a clearer view of how this deep permafrost is affected by rising temperatures. The readings reveal that the most destructive changes to the permafrost are usually happening six or more meters beneath the rock surface as summer heatwaves cause the temperature there to rise to between -2°C and 0°C.

There are a few ways in which the thawing of ice can cause the detachment of a large volume of rock. Most commonly, water accumulated in an existing fracture can build hydrostatic pressure strong enough to widen or break the crack. In other places, the permafrost may be the only thing keeping two rock layers glued together.

Scientists are now trying to learn more about the physical processes involved in rockface collapses. For instance, they want to know how much water is going into rock and where it is coming from. To see what amount of the water is coming from the snow melt, scientists are dyeing the different snow packs with fluorescent colours. Next, cientists apply different methods to find out how much time the water they are collecting has spent in the rock. If it is very old, then it might indicate that ancient permafrost is now melting.

In the Swiss Alps, reserachers collect data from another remarkable permafrost field laboratory : the 4,478m-high Matterhorn. Motivated by rockfalls that occurred after the 2003 heatwave, Swiss scientists started setting up a wireless sensor network in 2006. The task was more difficult than on the French Aiguille du Midi because there is no cable car that leads to the top of Matterhorn. Over the following 10 years, however, they managed to build a network comprised of 17 different sensor types, which have allowed to gather more than 154 million data points. Built around the worst of the rockfall locations, the network includes temperature sensors, cameras, « crackmeters » that measure the widening of the fractures, inclinometers, GPS sensors and seismic sensors that help them measure the formation and melting of ice in fractures deep within the rock.

All these field measurements and laboratory experiments are contributing to computer models to help predict the behaviour of the mountain permafrost in rising temperatures. Researchers hope it will allow them to identify the most dangerous locations in any mountain range at similar altitudes.

But it could take another 20 years, and a lot more data, until such models could be good enough to forecast large rockfalls. This data would help make rock climbing safer on the Matterhorn. On July 22nd, 2019, two climbers – a mountain guide and his client – died after falling from a rock. At the time of the tragedy, the two men were moving, roped, at an altitude of about 4300 meters.

Meanwhile, some of the findings are already directly helping to keep mountaineers safe. For example, it’s known that the most frequent rockfalls in the north faces in the Alps occur at a lower elevation and with higher frequency than on the south faces. Thanks to the sensor network, scientists have identified the least dangerous time of the day for crossing the Goûter couloir in summer – from 9am to 10am – although climbers are still encouraged to check conditions before setting off.

Scientists warn that the problem about permafrost is much wider. In the French Alps, there are 947 elements of infrastructure located in the permafrost regions, from mountain huts to ski resort cable cars. Some of them were already affected by thawing. As a consequence, ensuring safety of the Alps and the many people who visit them will only be a growing challenge.

Source : The BBC.

En Suisse, le Cervin est une zone à risques pour les alpinistes (Photo: C. Grandpey)