Réchauffement climatique : on marche sur la tête ! // Global warming : we’re walking on our heads!

Il y a quelques années, les Émirats Arabes Unis pensaient avoir trouvé une solution à la sécheresse et au manque d’eau potable qui sévissaient dans a région : faire venir des icebergs directement de l’Antarctique.

Avec une consommation de 390 litres d’eau, en moyenne par jour et par habitant, les Émirats puisent dans des nappes phréatiques qui s’épuisent. D’autant plus que les cultures et l’élevage accentuent les besoins du pays. D’où la volonté des Émirats de chercher de nouvelles manières de produire de l’eau potable.

Les experts ont estimé qu’un iceberg pourrait satisfaire, en eau potable près d’un million de personnes pendant cinq ans. Par ailleurs, les autorités locales estimaient que le dessalement de l’eau de mer, qui consomme beaucoup d’électricité, n’était pas une solution durable pour répondre aux besoins de la population.

Le projet de faire venir un iceberg dans le golfe Persique apparaissait donc comme salvateur, d’autant que cela était susceptible de représenter une nouvelle attraction touristique pour le pays.

Mais le défi était de taille. Aucun iceberg n’avait jamais été remorqué, même si l’idée avait déjà été évoquée par le passé. Une entreprise émirienne imaginait pouvoir réaliser un remorquage entre l’île Heard, située près de l’Antarctique, et la ville de Fujairah, dans le golfe Persique. Au total, cela représente 10 000 km de traversée, par l’océan Indien et la mer d’Arabie. Même avec la protection d’une bâche solide, le risque de fonte avant d’arriver à bon port était très fort. Au final, le projet n’a jamais vu le jour.

Aujourd’hui, si vous voyagez à Dubaï (là où s’est tenue la COP 28), vous aurez peut-être la possibilité de siroter un cocktail… avec des glaçons directement importés du Groenland. C’est ce que propose une jeune entreprise groenlandaise lancée en 2022, Arctic Ice, qui récupère des morceaux de glace détachés des icebergs pour les envoyer à des restaurants de luxe des Émirats.

L’entreprise vante les mérites de ses glaçons, « d’une pureté incomparable », issue de glaciers vieux de plus de 100 000 ans. Cette glace est aussi censée avoir la propriété d’être très pauvre en minéraux. C’est pourquoi les sommeliers de l’eau lui donnent des médailles.

Le problème, c’est qu’il y a plus de 7 000 kilomètres entre Dubaï et le Groenland et l’île nordique est l’une des régions du monde qui se réchauffent le plus vite à cause du réchauffement climatique d’origine anthropique. Même si Arctic Ice parle d’utiliser des bateaux plutôt que des avions, il n’y a aucun doute sur le fait que l’empreinte carbone est catastrophique. Les responsables de l’entreprise assurent œuvrer pour réduire leur empreinte carbone. Après 20 tonnes de glace exportées en 2023, ils espèrent convaincre encore plus de clients.

La bêtise humaine n’a décidément pas de limites…

Source : presse internationale.

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A few years ago, the United Arab Emirates thought it had found a solution to the drought and lack of drinking water plaguing the region: bringing icebergs directly from Antarctica.
With an average consumption of 390 liters of water per day per inhabitant, the Emirates draw on depleting water tables. Crops and livestock accentuate the needs of the country. Hence the desire of the Emirates to look for new ways of producing drinking water.
Experts have estimated that an iceberg could supply nearly a million people with drinking water for five years. Furthermore, local authorities believed that seawater desalination, which consumes a lot of electricity, was not a sustainable solution to meet the needs of the population.
The project to bring an iceberg to the Persian Gulf therefore appeared to be a good idea, especially as it might represent a new tourist attraction for the country.
But the challenge was significant. No iceberg had ever been towed, although the idea had already been mentioned in the past. An Emirati company imagined being able to tow an iceberg between Heard Island, located near Antarctica, and the city of Fujairah, in the Persian Gulf. In total, this represents 10,000 km of crossing, via the Indian Ocean and the Arabian Sea. Even with the protection of a solid tarpaulin, the risk of melting before arriving safely was very high. In the end, the project was abandoned.

Today, if you travel to Dubai, you may have the opportunity to sip a cocktail… with ice cubes directly imported from Greenland. This is what a young Greenlandic company, Arctic Ice, launched in 2022, is offering. It collects pieces of ice detached from icebergs to send them to luxury restaurants in the Emirates.
The company touts the merits of its ice cubes, « of incomparable purity », from glaciers more than 100,000 years old. This ice is also supposed to have the property of being very poor in minerals. This is why water sommeliers give it medals.
The problem is that there are more than 7,000 kilometers between Dubai and Greenland and the Nordic island is one of the fastest warming regions in the world due to anthropogenic global warming. Even though Arctic Ice talks about using boats rather than planes, there is no doubt that the carbon footprint is disastrous. Company officials say they are working to reduce their carbon footprint. After 20 tons of ice exported in 2023, they hope to convince even more customers.

Human stupidity definitely has no limits…
Source: international news media.

Photo: C. Grandpey

Incendies zombies dans l’Arctique // Zombie wildfires in the Arctic

Dans une note publiée le 21 mai 2020, j’expliquais que les incendies observés dans l’Arctique pendant l’été 2019 avaient survécu à l’hiver sous la forme de « feux zombies ». Ces incendies ont repris en mai, alors que la neige était encore en train de fondre. Les incendies dans l’Arctique contribuent à la fonte du permafrost et envoient d’importantes quantités de carbone dans l’atmosphère, aggravant ainsi le réchauffement climatique, lui-même responsable de ces incendies.
Pour la plupart des gens, les incendies de forêt se résument à des flammes gigantesques qui dévorent les arbres et la végétation qui les entoure. Les incendies zombies, en revanche, ne s’enflamment pas mais brûlent plus lentement ; ils ont tendance à pénétrer profondément dans le sol et à se propager latéralement.Au final, ces incendies quasiment invisibles sont moins accessibles et nécessitent d’être déterrés et arrosés à grande eau. Les feux zombies produisent aussi plus de fumée en raison de leur température de combustion plus basse. Les particules ultrafines contenues dans la fumée sont particulièrement nocives pour les systèmes respiratoire et cardiovasculaire et peuvent être transportées très loin par le vent.

Les incendies qui couvent dans le sous-sol peuvent durer des mois, voire des années. On a constaté qu’ils « hivernent » pendant la saison froide pour réapparaître pendant la saison chaude et sèche. Au cours de la saison des incendies 2019-2020 en Sibérie, les incendies zombies ont été accusés d’avoir repris l’année suivante.
Certains incendies zombies peuvent devenir si vastes qu’ils libèrent des panaches de fumée affectant de vastes régions géographiques. En 1997, des incendies de tourbe en Indonésie ont généré des panaches de fumée qui sont devenus une menace pour toute l’Asie du Sud-Est et certaines parties de l’Australie, avec à la clé une augmentation des émissions de carbone. Ils ont été déclenchés par les activités de culture sur brûlis et amplifiés par les conditions de sécheresse lors d’un puissant épisode El Niño.
Comme indiqué plus haut, les incendies zombies sont plus difficiles à maîtriser et à éteindre pour les pompiers, ils demandent donc plus de ressources pendant de plus longues périodes. Les pompiers de l’Alberta, au Canada, où les tourbières riches en carbone sont courantes, ont été confrontés à des incendies zombies de plusieurs mètres de profondeur en 2023. Les incendies de tourbe peuvent rendre le sol instable et l’utilisation d’équipement lourd pour parcourir les zones d’incendie peut être dangereuse.

Sur tous les incendies de tourbe arctique recensés au cours des 40 dernières années, 70% se sont produits pendant les huit dernières années. 30 % de cette superficie a brûlé pendant la seule année 2020, ce qui montre l’accélération du phénomène.
Source : Yaloo Actualités.

 

Image satellite montrant le réveil d’un incendie qui avait couvé dans le sous-sol arctique pendant tout l’hiver (Source : Copernicus)

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In a post published on May 21st, 2020, I explained that Arctic fires observed in the summer of 2019 survived the winter in the form of « zombie fires ». These fires started again in May, while the snow was still melting. Arctic fires are contributing to the melting of permafrost and sending large amounts of carbon into the atmosphere, thereby exacerbating global warming, which is itself responsible for these fires.

Most people picture wildfires as catastrophic flames consuming trees and grasses. Ground fires, on the other hand, do not flame but burn more slowly and have the tendency to spread deep into the ground and spread laterally. The result is that ground-smoldering fires are not only less visible, but they are also less accessible and require digging up and dousing with lots of water. These smoldering fires also produce more smoke because of their lower temperature of combustion. Ultra-fine particles in smoke are particularly harmful to the respiratory and cardiovascular systems and can be carried far and wide by winds. Smoldering ground fires can burn for months and sometimes years. They have been shown to “overwinter,” persisting through the cold season to reemerge in the warm, dry season. During the 2019-2020 fire season in Siberia, zombie fires were blamed for rekindling fires the following year.

Some of these ground fires can become so massive that they release smoke plumes that cover vast geographical regions. In 1997, peat fires in Indonesia sent dangerous levels of smoke across Southeast Asia and parts of Australia and increased carbon emissions. They were ignited by slash-and-burn activities and amplified by drought conditions during a severe El Niño event.

Soil fires that spread underground are harder for firefighters to tame and extinguish, thus demanding more resources for longer periods of time. Firefighters in Alberta, Canada, where carbon-rich peatlands are common, have been dealing with fires smoldering to depths of several meters underground in 2023. Because peat fires can make the ground unstable, using heavy equipment to excavate the fire areas also becomes risky.

About 70% of recorded area of Arctic peat affected by burning over the past 40 years occurred in the last eight years, and 30% of it was in 2020 alone, showing the acceleration.

Source : Yaloo News.

Record de chaleur en 2023 : le bilan de l’agence Copernicus // Heat record in 2023 : results of the Copernicus agency

Si je fais personnellement référence à d’autres sources, les médias français s’appuient sur Copernicus, le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne, pour informer le public sur l’évolution du réchauffement climatique
Le 9 janvier 2024, Copernic a confirmé que 2023 avait été l’année la plus chaude de tous les temps. Les températures globales ont flirté avec le seuil de réchauffement mondial de 1,5°C convenu lors de la COP 21 de Paris.
Copernicus a aussi confirmé que l’année 2023 était de 1,48°C au-dessus des niveaux préindustriels et a ajouté que les 12 mois de 2024 dépasseraient probablement le seuil de 1,5 degré. Comme je l’ai déjà écrit, les scientifiques ont expliqué qu’il faudrait que la Terre se réchauffe en moyenne de 1,5 degré sur deux ou trois décennies pour franchir techniquement le seuil de 1,5°C. Franchir ce seuil une ou deux annnées n’est pas suffisant.
La chaleur record de 2023 a rendu la vie extrêmement difficile, avec des morts en Europe, en Amérique du Nord, en Chine et dans bien d’autres endroits. Le réchauffement climatique est également responsable d’événements météorologiques extrêmes comme les sécheresses, les pluies torrentielles ou les incendies de forêt à grande échelle.
Copernicus a calculé que la température moyenne à l’échelle de la planète en 2023 était d’environ un sixième de degré Celsius supérieure à l’ancien record établi en 2016, ce qui est considérable, d’autant plus que des températures record ont été enregistrées plusieurs mois d’affilée.
Plusieurs facteurs ont fait de 2023 l’année la plus chaude jamais enregistrée, mais le facteur de loin le plus important est la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, causée par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel. D’autres facteurs, notamment El Niño, des oscillations naturelles dans les océans Arctique, Austral et Indien, l’augmentation de l’activité solaire et l’éruption du volcan Hunga Tonga en 2022, doivent aussi être pris en compte  Selon un climatologue australien, environ 1,3 degré Celsius du réchauffement provient des gaz à effet de serre ; 0,1 degré Celsius est dû à El Nino, le reste est attribuable à des causes moins importantes.
Les archives Copernicus ne remontent qu’à 1940 et se basent sur une combinaison d’observations et de modèles de prévision. D’autres agences, dont la NOAA et la NASA aux États-Unis, le Bureau météorologique du Royaume-Uni, remontent au milieu des années 1800 et leurs calculs pour 2023 confirment ceux de Copernicus.
L’Agence météorologique japonaise (JMA), qui utilise des techniques similaires à celles de Copernicus et remonte à 1948, a estimé que 2023 a été l’année la plus chaude avec 1,47 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels.
Bien que les observations réelles ne remontent qu’à moins de deux siècles, plusieurs scientifiques expliquent que les cernes des arbres et les carottes de glace montrent qu’il s’agit bien de l’année la plus chaude que la Terre ait connue depuis plus de 100 000 ans.
Certaines journées de 2023 ont revêtu un caractère exceptionnel. Pour la première fois, Copernicus a enregistré une journée où la température mondiale a été d’au moins 2 degrés Celsius supérieure à l’époque préindustrielle. Cela s’est produit deux fois et une troisième a failli être dans la même situation aux alentours de Noël. De plus, pour la première fois, chaque jour de l’année 2023 a été d’au moins un degré Celsius plus chaud qu’à l’époque préindustrielle. Pendant près de la moitié de l’année – 173 jours – la température mondiale a été de 1,5 degré plus chaude qu’au milieu du 19ème siècle.
Source : médias d’information internationaux.

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While I am personally referring to other sources as well, French media rely on Copernicus, the European Union Earth observation program, to inform the public about the evolution of global warming.

On January 9th, 2024, Copernicus confirmed that 2023 had been the hottest year ever. Global temperatures flirted with the world’s 1.5°C warming threshold agreed at the Paris COP 21.

Copernicus agreed that the year was 1.48°C above pre-industrial timesand added that the 12 months of 2024 would probably exceed the 1.5-degree threshold. As I put it before, scientitsts have explained that Earth would need to average 1.5 degrees of warming over two or three decades to be a technical breach of the threshold. Breaking the thrreshold over one or two years is not sufficient.

The record heat in 2023 made life miserable and sometimes deadly in Europe, North America, China and many other places. A warming climate is also to blame for more extreme weather events like droughts, torrential rains or large-scale wildfires.

Copernicus has calculated that the global average temperature for 2023 was about one-sixth of a degree Celsius warmer than the old record set in 2016, which is considerable, all the more as recor-breaking temperatures were recorded during serveral months in a row.

There are several factors that made 2023 the warmest year on record, but by far the biggest factor was the ever-increasing amount of greenhouse gases in the atmosphere, caused by the burning of coal, oil and natural gas. Other factors including El Nino, other natural oscillations in the Arctic, southern and Indian oceans, increased solar activity and the 2022 eruption of the Hunga Tonga volcano need to be taken into account  According to an Australian climate scientist, about 1.3 degrees Celsius of the warming comes from greenhouse gases, with another 0.1 degrees Celsius from El Nino and the rest being smaller causes.

Copernicus records only go back to 1940 and are based on a combination of observations and forecast models. Other groups, including NOAA and NASA in the U.S., the Meteorological Office in the UK, go back to the mid-1800s and their results for 2023 confirm those of Copernicus.

The Japanese Meteorological Agency, which uses similar techniques as Copernicus and goes back to 1948, has estimated that 2023 was the warmest year at 1.47 degrees Celsius above pre-industrial levels.

Though actual observations only date back less than two centuries, several scientists say evidence from tree rings and ice cores suggest this is the warmest the Earth has been in more than 100,000 years.

Some temperatures in 2023 were unprecedented across the globe. For the first time, Copernicus recorded a day where the world averaged at least 2 degrees Celsius more than pre-industrial times. It happened twice and narrowly missed a third day around Christmas. And for the first time, every day of the year was at least one degree Celsius warmer than pre-industrial times. For nearly half the year – 173 days -the world was 1.5 degrees warmer than the mid-1800s.

Source : international news media.

 

Les volcans sous-marins de l’Antarctique // Antarctic seamounts

Quand on parle de volcans en Antarctique, on pense immédiatement au Mont Erebus (3,794 m) sur l’Île de Ross, mais les fonds marins autour du continent blanc offrent également des édifices volcaniques très intéressants. De nouvelles cartes haute résolution des fonds marins de la région, à mi-chemin entre la Tasmanie et l’Antarctique, ont révélé une chaîne de volcans sous-marins – seamounts en anglais – dont les sommets peuvent influencer le comportement des courants océaniques qui circulent au-dessus d’eux.
Ces monts sous-marins sont situés à environ 4 000 mètres de profondeur et se trouvent en plein sur la trajectoire du Courant circumpolaire qui circule dans le sens des aiguilles d’une montre autour de l’Antarctique. Le courant agit comme une barrière qui isole le continent et permet de le maintenir sous sa forme glacée
Les scientifiques ont cartographié une zone où cette barrière semble présenter une fuite, ce qui permet à des tourbillons d’eau plus chaude d’atteindre les côtes de l’Antarctique et contribue peut-être à sa fonte et à l’élévation du niveau de la mer qui s’ensuit. Cette fuite est connue depuis longtemps mais les scientifiques espèrent que les nouvelles cartes pourront aider à comprendre son évolution à mesure que la température des océans augmente en raison du réchauffement climatique et que des quantités importantes d’eau de fonte pénètrent dans l’Océan Austral.
Les chercheurs ont collecté des données océaniques à l’intérieur du Courant circumpolaire depuis le navire de recherche australien Investigator. Ils ont également utilisé le satellite SWOT (Surface Water and Ocean Topography) de la NASA et du CNES, qui mesure la hauteur de la surface de l’océan depuis l’espace afin de savoir ce qui se trouve en dessous. Les mesures satellite ont révélé une chaîne de montagnes qui s’étend sur 20 000 kilomètres carrés dans une région à l’ouest de l’île Macquarie et de la dorsale tectoniquement active de Macquarie. La chaîne de montagnes comprend huit anciens monts sous-marins avec des sommets atteignant 1 500 mètres de hauteur et l’un d’eux possède un double cratère. Quatre parmi ces monts sous-marins n’ont jamais été étudiés auparavant.
Les monts sous-marins se sont formés au cours des 20 derniers millions d’années et ont probablement joué un rôle dans la formation des courants océaniques autour de l’Antarctique. Selon les auteurs de la nouvelle carte, « le Courant circumpolaire antarctique est sensible au relief des fonds marins et donc aux montagnes sur son chemin. Là où il rencontre des barrières comme des crêtes ou des monts sous-marins, des ‘ondulations’ apparaissent dans la circulation de l’eau. » Ces ondulations forment des tourbillons qui jouent un rôle majeur dans le transport de la chaleur et du carbone de la couche supérieure de l’océan vers les couches plus profondes. Ils représentent donc un tampon essentiel contre le réchauffement climatique.

Les chercheurs expliquent que la connaissance de la profondeur et du relief des fonds marins est cruciale pour quantifier l’influence des montagnes, collines et vallées sous-marines sur le Courant circumpolaire antarctique et évaluer la fuite de chaleur vers l’Antarctique. À terme, la cartographie de l’Océan Austral fournira des indices sur l’ampleur de la fonte des glaces en Antarctique et permettra de prévoir l’élévation du niveau de la mer qui en résultera.
Adapté d’un article du site space.com.

 

Modélisation d’un volcan sous-marin à double cratère découvert à l’ouest de l’île Macquarie (Source: FOCUS volyage/CSIRO).

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When speaking about volcanoes in Antarctica, one immediately thinks about Mount Erebus (3,794 m) on Ross Island, but the seafloor of the region around the white continent also shows very interesting volcanic features. New high-resolution maps of the seafloor halfway between Tasmania and Antarctica have revealed a chain of underwater volcanoes – or seamounts – whose summits may influence the behaviour of ocean currents above.

These seamounts are located about 4,000 meters below the sea surface and directly in the path of the Antarctic Circumpolar Current which flows clockwise around Antarctica. The Current acts as a barrier that helps keep the icy continent frozen.

Scientists have mapped an area where this barrier appears to be leaking, enabling swirls of warm water to reach the shores of Antarctica and possibly contributing to its melting and to sea level rise.The leak has long been known but the scientists hope the new maps could help predict how the leak will evolve as oceans warm due to global warming and meltwater floods into the Southern Ocean.

The researchers collected ocean data inside the Circumpolar Current from aboard the Australian research vessel Investigator. They also used NASA’s and the French CNES Surface Water and Ocean Topography (SWOT) satellite, which measures the height of the ocean surface from space to know what lies beneath. The satellite measurements revealed a chain of mountains which spans 20,000 square kilometers of a region west of Macquarie Island and the tectonically active Macquarie Ridge. Actually, the chain of mountains includes eight ancient seamount with peaks up to 1,500 meters high and one with a double vent. Four of the seamounts have never been studied before.

The seamounts formed within the last 20 million years and likely play a role in shaping ocean currents around Antarctica. According to the authors of the new map, « the Antarctic Circumpolar Current ‘feels’ the seafloor and the mountains in its path, and where it encounters barriers like ridges or seamounts, ‘wiggles’ are created in the water flow. » These wiggles form eddies that play a major role in transporting heat and carbon from the upper ocean to deeper layers, a critical buffer against global warming.

The researchers explain that knowledge of the depth and shape of the sea floor is crucial to quantify the influence of undersea mountains, hills and valleys on the Antarctic Circumpolar Current and the leaking of heat toward Antarctica. Ultimately, mapping the Southern Ocean will deliver clues about the extent of ice melt in Antarctica and help predict the resulting rise in sea levels.

Adapted from an article on the website space.com.