Ralentissement de l’AMOC : France Info découvre…

Concentrations de CO2 : 430,08 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Dans un article paru le 16 avril 2026 et intitulé « Les grands courants de l’Atlantique faiblissent plus vite que prévu, et cela aura un impact sur le climat européen », on peut lire sur le site du média d’information France Info que « des chercheurs se sont intéressés à la circulation des courants océaniques dans l’océan Atlantique, dont le fameux Gulf stream, qui est déterminant pour le climat sous nos latitudes. Ils concluent que cette circulation ralentit encore plus fort que prévu. »

De toute évidence, l’auteur de l’article n’a pas lu les différentes notes parues sur mon blog (17 avril 2018, 3 août 2020, 8 août 2021, 20 octobre 2024, 7 décembre 2025, entre autres ) dans lesquelles j’alerte sur l’affaiblissement de l’AMOC – Atlantic Meridional Overturning Circulation – la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique, un ensemble de courants marins crucial pour le climat car ils transportent les eaux chaudes des tropiques vers le nord-est de l’Atlantique. Grâce à eux, nous avons en Europe des hivers relativement doux. Ils jouent un rôle de thermostat qui est en train de montrer des signes de faiblesse.

Comme on peut le lire dans l’article de France Info, les scientifiques pensaient jusqu’à présent que l’AMOC aurait perdu un tiers de sa force d’ici 2100. Toutefois, la dernière étude révèle qu’il pourrait devenir moitié moins puissant qu’aujourd’hui à la fin de ce siècle. Cela engendrerait un climat beaucoup moins tempéré en Europe, avec également des conséquences sur les pluies sous les tropiques et sur le stockage du CO2 dans les profondeurs de l’océan. Certains scientifiques s’inquiètent même d’un arrêt complet de cette circulation aussi appelée thermohaline. Sans le Gulf Stream pour la réchauffer, l’Europe grelotterait inévitablement.

Il ne faudrait pas oublier la conséquence de l’affaiblissement de l’AMOC sur la hausse du niveau de l’océan. C’est ce que j’explique dans une note publiée le 24 mai 2025 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/05/24/affaiblissement-de-lamoc-et-hausse-du-niveau-de-locean-amoc-weakening-and-ocean-level-rise/

Source: Wikipedia

Éruption du Piton de la Fournaise : informations pratiques

L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) continue. Voir les dernières informations dans ma note précédente.

D’un point de vue pratique, il est utile d’indiquer aux visiteurs potentiels de l’éruption qu’elle n’est pas visible depuis le pas de Bellecombe où l’accès à l’Enclos est formellement interdit. Elle est actuellement visible depuis le Piton de Bert, et nécessite environ une heure de marche aller et autant pour le retour.

Afin de permettre un accès du public à la zone dans les meilleures conditions de sécurité, et éviter la situation chaotique du mois de janvier, le préfet a décidé de la mise en place d’un dispositif de gestion de la circulation et du stationnement encadré, par la gendarmerie nationale en lien avec la commune du Tampon.

À ce titre, le stationnement sur la route forestière n°5 du Volcan sera toléré sur un seul côté sous le contrôle des forces de l’ordre, afin de permettre le maintien d’un axe d’évacuation des véhicules et le passage des véhicules de secours.

Le préfet appelle les visiteurs à respecter la signalisation, les consignes des forces de l’ordre et à ne pas stationner en dehors des zones tolérées.

Source : Préfecture de la Réunion.

Image webcam de l’éruption

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Ce soir (20 heures, heure locale), les images de la webcam du Piton de Bert montre que l’éruption continue et que la fissure 4 est encore bien active.

On peut voir plusieurs photos et vidéos de l’éruption sur le site web de Réunion la 1ère.

https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/photos-et-videos-piton-de-la-fournaise-l-eruption-du-volcan-se-poursuit-principalement-sur-une-fissure-active-1671486.html

 

 

Nouvelle alerte sur la fonte de l’Antarctique // New alert on melting Antarctica

Selon une nouvelle étude effectuée par des scientifiques australiens et publiée fin mars 2023 dans la revue Nature, la fonte rapide de l’Antarctique provoque un ralentissement spectaculaire des courants océaniques profonds, ce qui pourrait avoir un effet désastreux sur le climat. Les courants d’eau profonde qui assurent le bon fonctionnement des courants océaniques pourraient diminuer de 40 % d’ici 2050. Ces courants transportent de la chaleur, de l’oxygène, du carbone et des nutriments vitaux à travers toute la planète.
Des recherches antérieures ont expliqué qu’un ralentissement du courant de l’Atlantique Nord pourrait entraîner un refroidissement de l’Europe. La nouvelle étude ajoute que ce ralentissement pourrait réduire la capacité de l’océan à absorber le dioxyde de carbone de l’atmosphère.
Le rapport décrit comment le réseau de courants océaniques sur Terre est en partie géré par le mouvement descendant de l’eau salée froide, et donc plus dense, vers les fonds marins près de l’Antarctique. Le problème, c’est qu’à mesure que l’eau douce de la calotte glaciaire fond, l’eau de mer devient moins salée et moins dense, et le mouvement descendant ralentit.
Ces courants océaniques profonds, ou « de renversement », dans les hémisphères nord et sud ont été relativement stables pendant des milliers d’années, mais ils sont aujourd’hui perturbés par le réchauffement climatique.
Les modèles réalisés par les scientifiques montrent que si les émissions de carbone dans le monde se poursuivent au rythme actuel, le courant de renversement de l’Antarctique ralentira de plus de 40 % au cours des 30 prochaines années, avec un risque de disparition. On peut lire dans l’étude que « si les océans avaient des poumons, ce courant serait l’un d’eux ». Avec le ralentissement de la circulation océanique, l’eau de surface atteint rapidement sa capacité d’absorption de carbone et n’est donc pas remplacée par de l’eau non saturée en carbone provenant de plus grandes profondeurs.
L’Atlas Study de 2018 a révélé que le système de circulation océanique dans l’Atlantique était plus faible qu’il ne l’avait été depuis plus de 1 000 ans et avait considérablement changé au cours des 150 dernières années. Le document montrait que des modifications de la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC) pourraient refroidir l’océan et le nord-ouest de l’Europe, et affecter les écosystèmes des grands fonds marins. Le film-catastrophe Le Jour d’Après (2004) illustre la catastrophe que provoquerait l’arrêt de l’AMOC .
La nouvelle étude explique qu’un ralentissement du courant de renversement dans l’hémisphère sud aurait un fort impact sur les écosystèmes marins et sur l’Antarctique proprement dit. Une autre conséquence pourrait être une rétroaction sur la quantité de glace qui fondrait en Antarctique dans les prochaines années. Le ralentissement du courant de renversement ouvrirait la voie à des eaux plus chaudes qui pourraient provoquer une accélération de la fonte, ce qui serait une rétroaction supplémentaire, en mettant plus d’eau de fonte dans l’océan et en ralentissant encore plus la circulation.
Les scientifiques ont utilisé 35 millions d’heures de calcul sur deux ans pour produire leurs modèles qui montrent que la circulation des eaux profondes dans l’Antarctique pourrait ralentir deux fois plus vite que dans l’Atlantique Nord.
L’effet de l’eau de fonte de l’Antarctique sur les courants océaniques n’a pas encore été pris en compte dans les modèles du GIEC sur le réchauffement climatique, mais les auteurs de l’étude affirment d’ores et déjà qu’il sera « considérable ».
Source : Médias d’information internationaux.

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According to a new study by Australian scientists, released by the end of March 2023 in the journal Nature, rapidly melting Antarctic ice is causing a dramatic slowdown in deep ocean currents and could have a disastrous effect on the climate. The deep-water flows which drive ocean currents could decline by 40% by 2050. The currents carry vital heat, oxygen, carbon and nutrients around the globe.

Previous research suggested a slowdown in the North Atlantic current could cause Europe to become colder. The new study also warns that the slowdown could reduce ocean’s ability to absorb carbon dioxide from the atmosphere.

The report outlines how the Earth’s network of ocean currents are part driven by the downwards movement of cold, dense saltwater towards the sea bed near Antarctica. But as fresh water from the ice cap melts, sea water becomes less salty and dense, and the downwards movement slows.

These deep ocean currents, or « overturnings », in the northern and southern hemispheres have been relatively stable for thousands of years, but they are now being disrupted by the warming climate.

The scientists’ models show that if global carbon emissions continue at the current rate, the Antarctic overturning will slow by more than 40 per cent in the next 30 years, with a trajectory that looks headed towards collapse. One can read in the study that « if the oceans had lungs, this would be one of them. » As ocean circulation slowed down, water on the surface quickly reached its carbon-absorbing capacity and was then not replaced by non carbon-saturated water from greater depths.

The 2018 Atlas Study found the Atlantic Ocean circulation system was weaker than it had been for more than 1,000 years, and had changed significantly in the past 150. It suggested changes to the conveyor-belt-like Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC) could cool the ocean and north-west Europe, and affect deep-sea ecosystems. A sensationalised depiction of the AMOC shutting down was shown in the 2004 climate disaster film The Day After Tomorrow.

The new studay explains that a slowdown of the southern overturning would have more of an impact on marine ecosystems and Antarctica itself. The other larger implication that it could have is a feedback on how much of Antarctica melts in the future. It opens a pathway for warmer waters which could cause increased melt, which would be a further feedback, putting more meltwater into the ocean and slowing down circulation even more.

Scientists spent 35 million computing hours over two years to produce their models, which suggest deep water circulation in the Antarctic could slow at twice the rate of decline in the North Atlantic.

The effect of Antarctic meltwater on ocean currents has not yet been factored in to IPCC models on climate change, but the aukthors of the study say it is going to be « considerable. »

Source : International news media.

La fonte des grands glaciers de l’Antarctique occidental aura un fort impact sur les courants océaniques

Nouvelles inquiétudes pour l’AMOC et le Gulf Stream // New concerns for AMOC and the Gulf Stream

A plusieurs reprises sur ce blog (17 avril, 2018, 3 août 2020, 11 mars 2021, etc.), j’ai attiré l’attention sur les modifications qu’était en train de connaître la circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC) et les effets désastreux que cela pourrait avoir pour notre planète si la situation venait à empirer.

Alors que le GIEC s’apprête à divulguer son rapport annuel sur l’évolution du climat, des scientifiques attirent à nouveau l’attention sur la circulation méridienne de retournement atlantique et la dégénérescence de sa stabilité à cause du réchauffement climatique.

Une étude publiée le 5 août 2021 dans la revue Nature Climate Change dresse un nouveau constat alarmant sur cette circulation à laquelle appartient également le Gulf Stream. Les analyses montrent un affaiblissement progressif de son équilibre au cours des dernières décennies.

Il est bon de rappeler que l’AMOC est l’un des principaux systèmes de courants océaniques de notre planète. Il transporte les eaux de surface chaudes des Caraïbes vers l’Atlantique nord, et rapatrie l’eau froide dans le sens inverse. Ce tapis roulant géant répartit la chaleur reçue du soleil et influence les climats dans de nombreuses régions du monde.

Le problème, c’est qu’avec la fonte des glaces au Groenland et de l’Arctique sous les coups de boutoir du réchauffement climatique, ce système de renouvellement est fortement perturbé au Nord. Les calottes glaciaires apportent au courant de l’eau douce moins dense que l’eau salée, ce qui a pour conséquence de ralentir le tapis roulant.

On savait que le Gulf Stream était à son plus bas niveau de circulation depuis plus de 1000 ans mais la cause de cette dégradation était encore floue. Ce qui inquiète les scientifiques, c’est que « la perte de stabilité dynamique impliquerait que l’AMOC a approché son seuil critique, au-delà duquel une transition substantielle et probablement irréversible vers le mode faible pourrait se produire. »

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont analysé huit indices AMOC indépendants, répertoriés à travers l’Océan Atlantique. Ils sont basés sur des données d’observation de la température et de la salinité de la surface de la mer. On parle “d’empreintes digitales”. Une analyse détaillée de ces empreintes digitales dans huit indices indépendants suggère que l’affaiblissement de l’AMOC au cours du siècle dernier est susceptible d’être associé à une perte de stabilité.

Selon les chercheurs, le déclin de l’AMOC signifie probablement l’approche d’un seuil critique au-delà duquel le système de circulation pourrait s’effondrer. C’est le “point de basculement”, celui de non-retour tant redouté par les scientifiques et qui apportera des conséquences désastreuses irréversibles.  Les conséquences d’un tel scénario sont faciles à imaginer. On assistera forcément à un refroidissement de l’hémisphère nord, une élévation du niveau de la mer dans l’Atlantique, une baisse globale des précipitations en Europe et en Amérique du Nord ou bien un changement sur le niveau des pluies en Amérique du Sud, en Afrique et Asie. La série d’événements catastrophiques se fera ressentir à travers la planète entière.

Selon les auteurs de la dernière étude, la seule solution est de maintenir les émissions de gaz à effet de serre aussi basses que possible. La probabilité que cet événement à impact extrêmement élevé ne fait que s’accroître avec chaque gramme de CO2 que nous rejetons dans l’atmosphère.

Source : Presse internationale.

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On several occasions on this blog (April 17, 2018, August 3, 2020, March 11, 2021, etc.), I drew attention to the changes that the Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC) was undergoing. and the disastrous effects it could have on our planet if the situation worsened.
As the IPCC prepares to release its annual report on climate change, scientists are once again drawing attention to AMOC and the degeneration of its stability due to global warming.
A study published on August 5th, 2021 in the journal Nature Climate Change draws up an alarming new finding on this circulation to which the Gulf Stream also belongs. Analyses show a gradual weakening of its balance over the past decades.
It is worth remembering that AMOC is one of the main ocean current systems on our planet. It carries warm surface water from the Caribbean to the North Atlantic, and repatriates cold water in the opposite direction. This giant treadmill distributes the heat received from the sun and influences climates in many parts of the world.
The problem is that with the melting of the ice in Greenland and the Arctic under the blows of global warming, this system is severely disrupted in the North. Ice caps bring fresh water which is less dense than salt water, slowing down the conveyor belt.
We knew that the Gulf Stream was at its lowest circulation level for more than 1000 years, but the cause of this degradation was still unclear. What worries scientists is that « the loss of dynamic stability would imply that AMOC has approached its critical threshold, beyond which a substantial and probably irreversible transition to the weak mode could occur.  »
To come to this conclusion, the scientists analyzed eight independent AMOC indices, listed across the Atlantic Ocean. They are based on observational data of the temperature and salinity of the sea surface. They are called “fingerprints”. A detailed analysis of these fingerprints in eight independent indices suggests that the weakening of AMOC over the past century is likely to be associated with a loss of stability.
According to the researchers, the decline in AMOC likely means it is approaching a critical threshold beyond which the circulation system could collapse. This is the “tipping point” feared by scientists,which would bring disastrous and irreversible consequences.

The consequences of such a scenario are easy to imagine. There will inevitably be a cooling of the northern hemisphere, a rise in sea level in the Atlantic, an overall decrease in precipitation in Europe and North America or a change in rainfall in South America, in Africa and Asia. The series of catastrophic events will be felt across the entire planet.
The only solution, according to the authors of the latest study, is to keep greenhouse gas emissions as low as possible. The likelihood of this extremely high impact event is only increasing with every gram of CO2 we release into the atmosphere.
Source: International press.