Le Fuego, une roulette russe au Guatemala// Fuego Volcano, Russian roulette in Guatemala

Les gens ont toujours été fascinés par les volcans car les éruptions leur montrent en direct la naissance de la Terre. Ces derniers temps, la hausse d’activité du volcan Fuego au Guatemala a fait monter en flèche le nombre d’excursions sur le volcan, mais elle les a également rendues plus dangereuses. Selon un professeur de volcanologie et climatologie à l’Université de Bristol, « ce n’est qu’une question de temps avant que quelqu’un se fasse tuer. »

Deux volcans, l’Acatenango et ie Fuego – se dressent à la périphérie d’Antigua, l’ancienne capitale du Guatemala, sans oublier le magnifique cône de l’Agua dont le nom fait référence à une coulée de boue dévastatrice qui a dévalé ses flancs le 11 septembre 1541 et a détruit la première capitale du Guatemala.

Photos: C. Grandpey

Gravir l’Acatenngo et le Fuego est considéré comme un rite de passage pour les voyageurs qui visitent le Guatemala. C’est surtout le Fuego qu’ils viennent voir car il peut se manifester jusqu’à 200 fois par jour. Les nombreuses agences de voyages qui conduisent les groupes à proximité du cratère actif misent sur ce spectacle de la nature pour engranger de l’argent. On a vu certains visiteurs s’approcher à moins de 100 mètres de la lèvre du cratère Ces gens inconscients – et stupides – ont tendance à oublier que le Fuego est un tueur.

Il y a six ans, une soudaine hausse d’activité volcanique a eu des conséquences tragiques. Le 3 juin 2018, une puissante éruption a surpris tout le monde, y compris les volcanologues de l’INSIVUMEH. Les autorités ont admis qu’un défaut de communication entre la CONRED (agence qui gère les catastrophes) et l’institut volcanologique a retardé les évacuations quand les coulées pyroclastiques ont dévalé les flancs du Fuego (voir mes notes du 4 et 14 juin 2018). Elles ont enseveli la ville de San Miguel Los Lotes sous des amas de cendres et de roches. Le bilan officiel de l’éruption s’élève à 218 morts, mais les habitants affirment que jusqu’à 3 500 personnes ont disparu ce jour-là.

San Miguel Los Lotes avant et après la destruction de la localité par les coulées pyroclastiques (Source: Conred)

Aujourd’hui, la randonnée jusqu’au Fuego est plus populaire que jamais. Les guides locaux estiment que 200 à 400 personnes visitent i’Acatenango et le Fuego chaque jour, avec jusqu’à 1 000 visiteurs lors d’un vendredi ou d’un samedi chargé. Le tourisme est un énorme moteur économique pour Antigua en particulier et pour le Guatemala en général. En 2018, il a rapporté plus de 838 millions de livres sterling au gouvernement guatémaltèque.

Au final, ce sont ce sont ceux qui gagnent leur vie en guidant des groupes vers les volcans qui sont les plus menacés, car ils passent beaucoup plus de temps dans la zone dangereuse que la plupart des autres visiteurs. Les autorités guatémaltèques insistent sur le fait qu’il est extrêmement dangereux de s’approcher trop près du Fuego. La terrasse de l’Acatenango voisin offre une bonne vue sur les éruptions spectaculaires du Fuego et les gens sont suffisamment en sécurité. Tous les circuits font visiter l’Acatenango en premier, avec une halte dans un camp de base. Les plus courageux et aventureux continuent leur route vers le Fuego. Le professeur de l’Université de Bristol ne comprend pas pourquoi des groupes de touristes continuent de se rendre sur un volcan actif aussi redoutable.

Crédit photo: INSIVUMEH

L’INSIVUMEH publie quotidiennement des bulletins en espagnol sur Facebook, X et son site Internet (voir ma dernière note « Volcans du monde »). Ces bulletins mettent en garde contre les risques de blessures ou de mort pour ceux qui s’approchent trop près du cratère du Fuego. Cependant, comme l’ascension du Fuego n’est pas illégale, l’INSIVUMEH ne peut qu’avertir des risques et n’a pas le pouvoir d’empêcher les visiteurs de grimper sur le volcan. S’agissant des autorités locales, il n’est pas évident de savoir qui gère l’Acatenango et le Fuego. Les municipalités autour de ces deux volcans facturent des frais d’entrée pour différents secteurs de chacun d’eux. Quoi qu’il en soit, le tourisme volcanique est « une vache à lait » pour les autorités locales et le gouvernement central n’a pas assez d’autorité pour imposer de quelconques restrictions.

Source : La BBC.

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People have always been fascinated with volcanoes because eruptions show them Earth’s birth. Recent increased activity at Guatemala’s Fuego Volcano has sent the popularity of the tours skyrocketing, but it has also made them more dangerous. According to a Professor of Volcanoes and Climate at the University of Bristol, “it’s only a matter of time before someone gets killed.”

Twin volcanoes – Acatenango and Fuego – sit on the outskirts of Antigua, the ancient capital of Guatemala, without forgetting the beautiful cone of Mount Agua. .

Climbing them is considered a rite of passage for travellers visiting Guatemala, and it is Fuego in particular that they come to see as this active volcano can erupt 200 times a day. It is precisely what attracts the attention of tourists. Capitalising on this feat of nature are the numerous tour companies which take groups perilously close to Fuego’s active crater. Some visitors have been seen going within 100 meters from its rim.

These reckless – and stupid – people tend to forget that Fuego is a killer. Six years ago, a sudden increase in volcanic activity had tragic consequences. On June 3rd, 2018, a powerful eruption caught much of the surrounding area by surprise. Authorities have admitted that a communication breakdown between CONRED and INSIVUMEH delayed evacuations as pyroclastic flows cascaded down the volcano (see my posts of June 4th and 14th 2018). It buried the entire town of San Miguel Los Lotes under ash and rock. The official death toll from the eruption was 218 people, but locals say as many as 3,500 people disappeared that day.

Today, the hike to Fuego Volcano is more popular than ever. Local guides estimate that 200 to 400 people visit Acatenango and Fuego every day, jumping to as many as 1,000 on a busy Friday or Saturday. Tourism is a huge economic driver for Antigua in particular and Guatemala in general. In 2018, the tourism industry brought over £838 million to the Central American nation’s coffers.

And it is those who derive their livelihoods from guiding groups up the volcanoes that are the most at risk as they spend far more time in the danger zone than most others.

Guatemala’s authorities insist that getting too near Fuego is extremely dangerous The terraces of neighbouring Acatenango offer a spectacular view of Fuego’s lava shows and people are saafe enough. All tours hike Acatenango first, resting in a base camp there. Those who are feeling adventurous then continue on to Fuego. The professor at Bristol University is baffled that tour groups continue to go the active volcano.

INSIVUMEH issues daily bulletins in Spanish on Facebook, X and its website (see my latest post « Volcanoes of the world) warning of risks of injury or death to those who go too close to Fuego’s crater. However, as climbing Fuego is not illegal, INSIVUMEH can only warn of the risks and lacks the power to stop visitors from going there.

As far as local authorities are concerned, it is not obvious who is in charge. Local municipalities charge entry fees for various portions of each volcano and the surrounding area. As such, volcano tourism is “a cash cow” for local authorities and the central government is not strong enough to impose any restriction.

Source : The BBC.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Une hausse de l’activité volcanique a été observée à Home Reef (Tonga). Il est fortement conseillé aux marins de rester à au moins 4 km du volcan. Au cours des derniers jours, plusieurs nouvelles anomalies thermiques ont été enregistrées, montrant une tendance de plus en plus nette vers un stade d’activité modéré. En particulier, une forte anomalie a été détectée dans l’imagerie satellite Sentinel-2 du 15 juin 2024, ce qui laisse supposer une nouvelle arrivée de magma en provenance du système d’alimentation du volcan. La coulée de lave en cours agrandit l’île vers l’est et la forme du volcan semble désormais plus arrondie.

Source : Services Géologiques des Tonga.

 

Image satellite de Home Reef le 15 juin 2024 (Source : Sentinel-2 / Copernicus)

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L’éruption sur la péninsule de Reykjanes (Islande) est restée plutôt stable ces derniers jours et un seul cratère reste actif sur la fracture éruptive. La lave s’écoule principalement vers le nord du cratère, mais une partie s’accumule aussi au sud du cratère. La lave qui coule vers le nord pénètre dans un lac de lave près du mont Sýlingarfell et continue sa route vers le nord où le champ de lave continue de s’épaissir.

Entre le 3 et le 10 juin 2024, le débit d’extrusion de la lave a été estimé à environ 10 m³ par seconde. Depuis cette époque, il n’y a eu aucun changement significatif dans l’activité éruptive. En dépit de l’éruption en cours, le réservoir magmatique sous Svartsengi continue de montrer une inflation, comme cela a été observé lors des éruptions précédentes.

Les données fournies par un drone le 10 juin 2024 indiquent qu’il s’agit du plus important des cinq épisodes éruptifs survenus dans la zone depuis décembre 2023, tant en termes de superficie que de volume. La superficie du champ de lave est estimée à 9,2 kilomètres carrés et le volume de lave émise est estimé à 41 millions de mètres cubes.

Source : Met Office islandais.

Comme je l’ai écrit précédemment, les autorités islandaises ont décidé d’utiliser la stratégie mise en place à Heimaey en 1973 pour refroidir la lave sur la péninsule de Reykjanes. Le 18 juin 2024, la lave était sur le point de déborder d’une digue de terre près de Svartsengi. À titre expérimental, il a été décidé de la refroidir avec de l’eau et les pompiers de Grindavík ont installé des tuyaux entre la centrale électrique et la digue de terre pour assurer un débit d’eau constant. L’objectif était de renforcer la digue et d’empêcher la lave de déborder Une énorme quantité d’eau est nécessaire pour refroidir la lave. Les pompiers ont travaillé toute la nuit mais le refroidissement n’a pas fonctionné correctement, car il faudrait beaucoup plus d’eau pour arrêter la lave. [NDLR : en 1973, les puissantes pompes fournies par l’armée américains ont envoyé l’eau de mer sur le front de lave]. Il faudra plus de puissance dans les pompes islandaises. De plus, il est dangereux de s’approcher trop près des digues de terre avec les camions de pompiers car le lac de lave situé en amont peut déborder et se répandre si le rempart de terre se brise. D’autres tentatives seront faites dans les prochains jours.

Source : Iceland Monitor.

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En début de journée le 18 juin 2024, un épisode éruptif sur le volcan Ibu (Indonésie) a projeté des bombes incandescentes jusqu’à 750 mètres de distance et envoyé de la cendre à une altitude de 4,3 km. Des éruptions d’intensité semblable se sont poursuivies le 19 juin. Le niveau d’alerte est à 4 (AWAS) – le maximum sur une échelle de 4 niveaux – depuis le 16 mai 2024. Il est conseillé à la population d’éviter la zone située dans un rayon de 4 km autour du cratère.

Source : CVGHM.

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L’activité éruptive au cratère Laki-laki du Lewotobi (Indonésie) se poursuit, avec de nombreux événements éruptifs enregistrés quotidiennement par le réseau sismique. Des panaches de cendres s’élèvent de 100 à 1 000 m au-dessus du sommet et des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs villages au nord-ouest et au nord-est du volcan. Les cendres ont perturbé les vols à Frans Seda Sikka. Le niveau d’alerte reste à 2 sur une échelle de 1 à 4 et le public est prié de rester en dehors de la zone d’exclusion autour du volcan.

Source : CVGHM.

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Selon des informations confirmées par l’INGV, le 15 juin 2024, la Voragine, le cratère central de l’Etna (Sicile) a émis des jets de gaz suivis de projections de lave. L’Institut a élevé la couleur de l’alerte aérienne au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs). en raison de cette hausse d’activité, puis à l’Orange le même jour car une activité explosive était visible au niveau des cratères sommitaux sur les images webcam et confirmée par les volcanologues sur le terrain.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Fuego (Guatemala) avec une moyenne de 3 à 9 explosions chaque heure. Elles éjectent des matériaux incandescents jusqu’à 100 à 400 m au-dessus du sommet. Elles génèrent aussi des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Les explosions déclenchent également des avalanches de blocs qui dévalent plusieurs ravines et atteignent souvent des zones de végétation. Des ondes de choc sont toujours signalées presque tous les jours. Les retombées de cendres affectent les villages sous le vent. Le 12 juin 2024, des lahars ont descendu les ravines Las Lajas et Ceniza, transportant des branches, des troncs et des blocs mesurant jusqu’à 1,5 m de diamètre.

Source : INSIVUMEH.

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Une forte activité éruptive se poursuit sur le Sangay (Equateur). Les panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 1,5 km au-dessus du sommet. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités. Des matériaux incandescents sont visibles de nuit au niveau du cratère et jusqu’à 2,5 km sur le flanc SE. Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).

Source Instituto Geofisico.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Increased volcanic activity has been observed at Home Reef (Tonga). All mariners are strongly advised to stay away at least 4 km from the volcano. Over the past days, several new thermal anomalies were recorded at the volcano, showing an increased trend to a moderate stage of activity.

In particular, a strong anomaly was detected in the Sentinel-2 satellite imagery from June 15th, 2024 that suggested a new batch of magma rising from the volcano’s feeding system. The advancing lava flow is enlarging the island towards the east, and the volcano’s shape appears to be more rounded now.

Source : Tonga Geological Services.

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The eruption on the Reykjanes Peninsula (Iceland) has been rather stable during the past few days and only one crater remains active. Lava is flowing mostly to the north from the crater, but a part of it accumulates to the south of the crater. The lava that flows to the north enters a lava lake near Mt. Sýlingarfell and continues to the north where the lava field continues to thicken.

During the period from June 3rd to June 10th, 2024, the lava extrusion rate from the eruption was estimated at about 10 m³ per second, and since then, there have been no significant changes in eruptive activity. Despite the ongoing eruption the Svartsengi reservoir continues to display inflation, as was observed during the previous eruptions.

Drone data collected on June 10th, 2024 indicated that this is the largest of the five eruptive episodes that have occurred in the area since December 2023, both in terms of area and volume. The flow field was an estimated 9.2 square kilometers, and the erupted volume was an estimated 41 million cubic meters.

Source : Icelandic Met Office.

As I put it before, Icelandic authorities have decided to use the 1973 Heimaey strategy to cool the lava that if flowing on the Reykjanes Peninsula. On June 18th, 2024, lava was about to flow over the defense wall close to Svartsengi. As an experiment, it was then decided to cool it and the Grindavík Fire Department laid pipes from the power plant to the defense wall to ensure a constant flow of water. The aim was to strengthen the wall and to stop the flow of lava from passing over it.

A huge amount of water is needed to conduct lava cooling. Firefighters have been working all night trying to cool down the lava at the defense wall near Svartsengi power plant, but the cooling has not worked properly, as a considerable amount of water is needed to stop the flow of lava. More power will be needed in the pump. Moreover, it is dangerous to go too close to the defense walls with the fire trucks if the lava pond above them breaks. More attemps will be made in the ccoming days.

Source : Iceland Monitor.

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Early on June 18th, 2024, a volcanic eruption at Ibu (Indonesia) launched bright lava bombs as far as 750 meters away and ejected ash to an altitude of 4.3 km. Similar intensity eruptions continued on June 19th.

The Alert Level has remained at 4 (AWAS) – the maximum on a 4-level scale – since May 16th, 2024. Residents are advised to avoid the area within a 4 km radius from the crater.

Source : CVGHM.

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Eruptive activity at Lewotobi’s Laki-laki crater (Indonesia) continues, with multiple eruptive events recorded daily by the seismic network. Ash plumes rise 100-1,000 m above the summit and ashfall was reported in several villages to the NW and NE. The ash caused disruptions to flights at Frans Seda Sikka. The Alert Level remains at 2 on a scale of 1-4, and the public is asked to stay outside the exclusion zone around the volcano.

Source : CVGHM.

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According to news reports confirmed by INGV, Mt Etna’s Voragine Crater (Sicily) showed gas jetting from a vent followed by spattering lava on June 15th, 2024. The Institute raised the Aviation Color Code to Yellow (level 2 on a four-color scale) due to increased signs of unrest, and later to Orange that same day because explosive activity at the summit craters was visible in webcam images and observed by volcanologists in the field.

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Eruptive activity continues at Fuego (Guatemala) wit an average of 3-9 hourly explosions that eject incandescent material up to 100-400 m above the summit. They generate gas-and-ash plumes that rise as high as 1.1 km above the crater. The explosions also produce block avalanches that descend various drainages and often reach vegetated areas. Shock waves are reported on most days. Ashfall is still occurring in downwind villages. On 12 June 2024, lahars descended the Las Lajas and Ceniza drainages, carrying tree branches, trunks, and blocks as large as 1.5 m in diameter

Source : INSIVUMEH.

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High levels of eruptive activity continue at Sangay (Ecuador). Ash plumes rise as high as 1.5 km above the summit. Ashfall has been reported in several muncipalities. Incandescent material at the crater is visible at night, and several episodes of incandescent material traveling as far as 2.5 km down the SE flank have also been observed. The Alert Level is kept at Yellow (level 2 on a four-color scale).

Source Instituto Geofisico.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Menace de la lave à Hawaii : l’éruption de 2014 // Lava threat in Hawaii : the 2014 eruption

Dans le dernier épisode de la série ‘Volcano Watch’, le HVO nous rappelle qu’au cours des dernières années, la plupart des éruptions du Kilauea se sont produites dans des régions reculées et les coulées de lave n’ont pas vraiment menacé les zones habitées. Cependant, faisant exception à la règle, l’éruption de 2018 dans la Lower East Rift Zone a détruit des centaines de structures, sans toutefois tuer personne.

Avant 2018, lors de l’éruption de Pu’uO’o, qui a duré 35 ans, des coulées de lave ont provoqué des dégâts dans les Royal Gardens, à Kalapana et à Pahoa. Avant l’éruption du Pu’uO’o, il y a eu également des éruptions au niveau du village de Kapoho en 1960 et dans la Lower East Rift Zone du Kīlauea en 1955. Toutefois, les dégâts causés par ces éruptions n’ont pas eu l’ampleur de ceux provoqués par les événements de 2018.

Il y a dix ans, en 2014, un nouvel épisode éruptif s’est produit sur le flanc nord-est du Pu’uO’o. Il a été officieusement baptisé Épisode 61e, mais plus communément Coulée du 27 juin en référence à la date de début de cette éruption.

Au cours des premiers jours de l’éruption, quatre fissures ont émis des coulées avançant en chenaux, avant que l’éruption se concentre au niveau de la bouche la plus en aval, où un lac surélevé (perched pond) a commencé à se former. Le 10 juillet, la pression exercée par ce lac a entraîné le déplacement de la bouche éruptive vers la fissure en amont et la disparition du lac de lave. Le déplacement de la bouche éruptive a généré une coulée rapide qui parcourait parfois plusieurs centaines de mètres par jour.

Le 18 août, la lave est entrée dans une profonde fracture souterraine qui l’a dirigée vers le nord-est. Après environ une semaine, la lave a émergé de la fracture. La coulée ainsi produite a parcouru environ 5 km en tunnels jusqu’à environ 1,2 km de la subdivision des Kaʻohe Homesteads. La lave a émergé de ces tunnels début septembre.

Le front de coulée a avancé lentement et régulièrement au cours des premières semaines de septembre. Puis, de fin septembre à début octobre, l’avancée de la coulée de lave a commencé à fluctuer. Vers la fin du mois d’octobre, une nouvelle coulée de lave en chenal a traversé Cemetery Road à Pahoa. La lave a ensuite traversé le cimetière japonais de la localité, puis une propriété privée. Elle a détruit une structure, avant de s’arrêter à seulement 155 m de la Pahoa Village Road.

Le 14 novembre 2014, une importante émission de lave a été observée à environ 6,5 km en amont du front de coulée. La lave a rapidement progressé en bordure nord-ouest de la coulée précédente, pour finalement se diriger vers la Place du Marché de Pahoa et la Highway 130. Le front de coulée s’est arrêté le 30 décembre après s’être approché à moins de 530 m du marché. C’est la plus longue distance parcourue par la lave, mais de nombreuses sorties de lave en amont ont continué à menacer Pahoa jusqu’au début de l’année 2015. L’activité de la coulée du 27 juin a ensuite diminué et est restée encore active à environ 8 km du Pu’uO’o.

Cet épisode éruptif s’est poursuivi jusqu’au début de juin 2016, moment où l’inflation du Pu’u’ō’ō a culminé et s’est accompagnée de l’ouverture de deux nouvelles bouches sur les flancs nord-est et sud-est du cône le 24 mai.

Source : USGS/HVO.

Vue de la Coulée du 27 juin le 5 novembre 2014. Le front de coulée se trouve à environ 170 mètres des premières maisons de Pahoa, en bas à droite de la photo (Source : HVO)

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In the latest episode of the series ‘Volcano Watch’, HVO reminds us that over the past few years, most eruptions of Kilauea volcano have happened in remote regions and lava flows have not directly threatened communities. However, the 2018 lower East Rift Zone eruption destroyed hundreds of structures, without killing anybody.

Before 2018, during the 35-year eruption of Pu’uO’o, lava flows caused destruction in Royal Gardens, Kalapana, and in Pahoa. Before Pu’uO’o, there were also eruptions in Kapoho Village in 1960 and on Kīlauea’s lower East Rift Zone in 1955.

Ten years ago, in 2014, a new eruptive episode occurred on the northeast flank of the Pu’uO’o cone. It was informally named episode 61e, but more commonly referred to as the June 27 flow in reference to the start date of that eruption.

In the first few days, four fissures produced channelized flows before the eruption focused at the lowest elevation vent, where a perched pond began to form. On July 10th, pressure from the perched pond triggered the eruptive vent to shift to the next highest fissure and abandon the perched pond. The change in eruptive vent produced a fast-moving flow that traveled up to several hundred meters per day.

On August 18th, the lava entered into a deep ground crack that directed the flow further to the northeast. After about a week the lava overflowed from the crack. The flow traveled roughly 5 km underground in these cracks to within about 1.2 km of Kaʻohe Homesteads subdivision where the lava exited the final crack in early September.

The flow front advanced slow and steadily during the first few weeks of September. Then from late September to early October, the lava flow’s advance began to fluctuate. Towards the end of October, a breakout surged through a narrow drainage and crossed Cemetery Road in Pahoa. The flow continued through the Pahoa Japanese Cemetery, through private property, and destroyed one structure, stalling only 155 m from Pahoa Village Road.

A large breakout on November 14th occurred roughly 6.5 km upslope of the flow front, and rapidly advanced along the northwest margin of the previous flow, ultimately headed towards Pahoa Marketplace and Highway 130. The flow front again stalled on December 30 after advancing to within 530 m of the marketplace. That was the furthest the lava flow advanced, but numerous breakouts just upslope continued to threaten Pahoa until early 2015.

The June 27th flow then retreated upslope and stayed within about 8 km of Pu’uO’o. This episode continued until early June 2016, when inflation at Puʻuʻōʻō culminated in two new eruptive vents on the northeast and southeast flanks of the cone on May 24th.

Source : USGS / HVO.

Islande  : leçons de l’éruption à Heimaey en 1973 // Iceland : Lessons from the 1973 Heimaey eruption

Il y a 51 ans, le 23 janvier 1973, une fracture éruptive s’ouvrait sur la petite île islandaise de Heimaey, à environ un kilomètre de la ville de Vestmannaeyjar, qui comptait à l’époque quelque 5 000 habitants. L’île a été rapidement évacuée. L’éruption du volcan Eldfell a duré environ six mois, recouvrant une grande partie de Vestmannaeyjar de cendres, détruisant plusieurs centaines de maisons et envoyant des coulées de lave vers le port.

Crédit photo: Wikipedia

D’énormes efforts, couronnés de succès, ont été déployés pour ralentir et contrôler la coulée de lave qui menaçait de le condamner. Les puissantes pompes fournies par l’armée américaine ont permis d’envoyer de l’eau de mer sur le front des coulées. Ainsi, le port a pu être sauvé.

Crédit photo: Wikimedia Commons

Il semble qu’aujourd’hui, en 2024, le gouvernement islandais ait compris les leçons de l’opération de sauvetage de Heimaey en 1973. Il vient d’approuver l’octroi de près d’un demi-milliard de couronnes islandaises (environ 3,3 millions d’euros) pour l’achat d’équipements destinés à refroidir la lave avec de l’eau près de Grindavík et de Svartsengi, sur la péninsule de Reykjanes, au cas où des coulées menaceraient ces sites.

Svartsengi et Grindavik sous la menace de la lave? (Source: Met Office)

Le directeur de la Protection Civile explique que ces équipements, qui peuvent également aider à lutter contre les incendies de végétation, seront essentiels pour protéger les infrastructures là où les digues de terre sont insuffisantes ou inexistantes. Ils permettront d’arrêter ou dévier les coulées de lave qui mettent en danger des infrastructures critiques. Le directeur de la Protection Civile précise que l’acheminement de l’eau à Svartsengi pour le refroidissement de la lave, qui nécessite de puissantes pompes en raison de la distance considérable sur laquelle l’eau doit être transportée, pose un défi de taille. Les équipements, cependant, pourront être utilisés pour bien plus que le simple refroidissement de la lave. Ils peuvent également être utilisés pour la pose de longues canalisations afin de lutter contre les incendies de végétation pouvant survenir lors d’éruptions. Les équipements seront stockés dans des unités portables et déployés selon les besoins.

Source  : Iceland Review.

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51 years ago, on January 23rd, 1973, a fissure opened up on the small Icelandic island of Heimaey, about one kilometer from the town of Vestmannaeyjar, which had a population of about 5,000 at the time. The entire island was safely evacuated. The newly-formed Eldfell volcano erupted for about six months, covering much of Vestmannaeyjar in ash, destroying several hundred homes, and sending lava flows toward the harbor. An enormous and largely-successful effort was made to slow and control the lava flow by pumping seawater and spraying the leading edge of the flows.

It looks as if today, in 2024, the Icelandic government is drawing lessons from the 1973 Heimaey rescue operation. It has approved the allowance of nearly half a billion Icelandic crowns (about 3.3 million euros) for equipment to cool lava near Grindavík and Svartsengi on the Reykjanes Peninsula. The Director of the Department of Civil Protection explains that this equipment, which can also combat wildfires, is crucial for protecting infrastructure where earthen barriers may fail, are nonexistent or inadequate to halt or redirect lava flow from critical infrastructure.

The Director of the Department of Civil Protection has stated that delivering water to Svartsengi for lava cooling, which requires large and powerful pumps due to the considerable distance the water must be transported, poses a significant challenge. The equipment, however, can be used for more than just lava cooling. It can also be used for laying long pipelines to combat wildfires that may occur during eruptions eruptions. The equipment will be stored in portable units and deployed as needed.

Source : Iceland Review.