Les leçons de l’éruption du Kilauea (Hawaii) // The lessons of the Kilauea eruption (Hawaii)

Maintenant que la dernière éruption du Kilauea est terminée, les scientifiques du HVO vont pouvoir étudier attentivement ce qui s’est réellement passé et, si possible, essayer de prévoir les événements futurs sur le volcan.
On peut affirmer aujourd’hui que l’éruption du Kilauea en 2018 a été la plus importante des 200 dernières années. En l’espace de quatre mois environ, le volcan a déversé au moins 0,83 kilomètre cube de lave – l’équivalent de plus de 300 000 piscines olympiques – sur une superficie d’environ 34 kilomètres carrés. L’éruption a transformé le paysage et ajouté plus de 2,5 kilomètres carrés de nouvelle terre à la côte sud de la Grande Ile.
Des événements spectaculaires se sont déroulés au cours de l’éruption, comme l’effondrement de la caldeira sommitale, le huitième événement de ce type observé sur les volcans de la planète depuis 1900. Ces événements ont offert aux chercheurs une occasion unique de répondre à des questions géologiques et d’améliorer les outils de prévision éruptive.

Rappelons-nous ce qui s’est passé sur le Kilauea depuis le début de l’éruption:
L’éruption a débuté début mai, lorsque le lac de lave dans l’Overlook Crater de l’Halema’uma’u a débordé, puis a commencé à se vidanger rapidement, chutant de plusieurs centaines de mètres en quelques jours. Cet événement a envoyé le magma sous la surface de la terre jusqu’à une quarantaine de kilomètres vers le sud-est, où il a ouvert des fractures et déclenché des séismes dans la Lower East Rift Zone (LERZ) à partir du 3 mai 2018. De nouvelles fractures ont continué à s’ouvrir pendant des semaines tandis que la caldeira sommitale s’effondrait en provoquant des explosions de gaz et de cendre.
À la fin du mois de mai, l’éruption s’est concentrée autour de la Fracture n° 8, avec des fontaines de lave atteignant 80 mètres de hauteur. Un réseau de chenaux s’est mis en place et la lave a détruit tout sur son passage en se dirigeant vers l’océan. Elle a continué à couler jusqu’au 4 août, jour où l’éruption a cessé brusquement.
Grâce aux instruments que le HVO avait installés sur le Kilauea, les chercheurs ont pu assez bien comprendre comment le magma se déplaçait dans le système de fractures et ils ont été en mesure d’évaluer la quantité de magma qui était mise en oeuvre. Cependant, il reste encore d’importantes questions en suspens, notamment ce qui a déclenché l’éruption et pourquoi elle s’est arrêtée si soudainement.
Les scientifiques du HVO expliquent que l’éruption a débuté en imitant de nombreux autres événements de l’histoire récente du Kilauea, avec une accumulation de pression dans le secteur du Pu’uO’o, en aval du sommet. Au cours des dernières décennies, l’inflation du Pu’uO’o avait déjà provoqué des épanchements de lave dans le secteur. En mai 2018, une rupture s’est produite dans la partie profonde du système d’alimentation, ce qui a permis à beaucoup plus de magma de se déplacer vers la LERZ.
Les scientifiques ne comprennent pas pourquoi cette rupture profonde s’est produite et, au bout du compte, il sera sûrement difficile de tirer des conclusions définitives sans référence à des événements similaires en guise de comparaison. La raison pour laquelle l’éruption s’est arrêtée du jour au lendemain sera peut-être plus facile à déterminer une fois que les chercheurs auront associé toutes les données recueillies lors de l’éruption avec des modèles d’écoulement de fluides.
En dépit du contrôle étroit du déroulement de l’éruption, les scientifiques ont été incapables de prévoir son évolution. La plupart d’entre eux pensaient qu’elle durerait des mois, voire un an. C’est la raison pour laquelle ils ont été si lents à admettre qu’elle était définitivement terminée.
Il reste d’autres mystères à résoudre, notamment ce qui a déclenché les événements explosifs qui ont secoué le sommet du Kilauea à partir du mois de mai.
Source: Earther.

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Now that the last Kilauea eruption is over, scientists at the US Geological Survey’s Hawaii Volcano Observatory (HVO) will have the opportunity to study what really happened and, if possible, predict future events on the volcano.

One can now definitively say that Kilauea’s 2018 eruption was its biggest in at least 200 years. In the span of about four months, the volcano spilled at least 0.83 cubic kilometres of lava – the equivalent of over 300,000 Olympic-sized swimming pools – over an area of about 34 square kilometres, transforming the landscape and adding more than 2.5 square kilometres of new land to the coast.

The dramatic sequence of events that unfolded during the eruption, like the eighth caldera collapse scientists have witnessed at any volcano on Earth since 1900, have given researchers an unprecedented opportunity to answer basic geological questions and improve the tools for trying to predict future eruptions.

Let’s remember what happened at Kilauea volcano from the start of the eruption:

The action at Kilauea started in early May, when the lava lake in the Overlook crater overflowed and next began to rapidly drain, dropping hundreds of metres in a matter of days. This sent magma streaming below the surface some 40 kilometres to the southeast, where it opened new fissures and triggered earthquakes in the Lower East Rift Zone (LERZ) beginning on May 3rd, 2018. Fresh fissures continued to open for weeks as the newly drained summit caldera collapsed in on itself, triggering explosive eruptions of gas and ash.

By the end of May, the eruption had concentrated around Fissure 8, with lava fountains up to 80 metres high, feeding a network of channels that ultimately destroyed everything on their way to the ocean. Lava continued to flow until August 4th, when things shut off abruptly.

Thanks to the scientific instruments HVO already had in place around Kilauea, researchers have developed a pretty good picture of how magma moved through the system, and they were able to better constrain how much molten rock is stored there. However, there are still major unanswered questions, including what tipped off the eruption in the first place and why it stopped so suddenly.

HVO scientists explain that the eruption started out looking like many other events in Kilauea’s recent history, with pressure building up at the Pu’uO’o vent down-rift of the summit. For the past few decades, inflation at Pu’uO’o has caused new lava outbreaks in the area. But this time, something ruptured in that deeper part of the plumbing system, which allowed a lot more magma to move much further into the LERZ.

It is not understood why that deep rupture occurred, and ultimately it might be tough to draw definitive conclusions without any similar events to compare it to. The mystery of why Kilauea shut off virtually overnight is perhaps more within reach once researchers combine all the data collected during the eruption with models of fluid flow.

Although this is one of the most well monitored eruptions in the world, scientists still could not predict its evolution. Most of them said it would last months or even a year. This is the reason why they were so slow to admit it was definitely over

There are other mysteries to solve, including what set off the explosive events that rocked the summit crater beginning in May.

Source : Earther.

Les fontaines de lave dans la Fracture n°8 ont constitué l’un les événements les plus spectaculaires de la dernière éruption du Kilauea (Crédit photo: USGS / HVO)

Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici un résumé de l’activité volcanique dans le monde, avec référence au Weekly Report de la Smithsonian Institution:

Ambrym (Vanuatu):
Comme je l’ai écrit précédemment, une éruption fissurale a débuté dans la partie ESE de la caldeira sommitale d’Ambrym près du cratère Lewlembwi le 15 décembre 2018, précédée par une sismicité élevée. On a pu observer des coulées et des fontaines de lave, ainsi que des explosions. Les fontaines de lave mesuraient environ 40 mètres de hauteur, tandis que les coulées avançaient vers la partie est de la caldera. L’éruption s’est poursuivie les 16 et 17 décembre, même si les rapports de ce dernier jour ne font état que d’émissions de cendre et de gaz.
Source: GeoHazards.

Cleveland (Alaska):
Une petite explosion a été enregistrée sur le Cleveland par le réseau sismique le 8 décembre 2018 à 11h55. Une seconde petite explosion avec une amplitude supérieure a été détectée à 12h53 le 12 décembre, ce qui conduit l’AVO à élever la couleur de l’alerte aérienne à Orange et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance.
Source: AVO.

Planchon-Peteroa (frontière Chili-Argentine):
Des informations font état d’une augmentation de l’activité sur le Planchón-Peteroa à partirr du 16 décembre 2018 au matin. Des épisodes de tremor de faible intensité ont été détectés et associés à des émissions de gaz s’élevant à 800 mètres au-dessus du cratère. Les webcams ont enregistré de l’incandescence au niveau du cratère. Le niveau d’alerte reste au Jaune, sur une échelle de trois couleurs.
Source: SERNAGEOMIN.

Soputan (Indonésie):
L’activité sismique du Soputan a rapidement augmenté à 17h00 le 15 décembre 2018. Une éruption a débuté à 16h02 le 16 décembre, bien que l’obscurité et le brouillard aient empêché l’observation des émissions. L’événement a duré près de 10 minutes, accompagné de forts grondements. Les conditions se sont améliorées environ deux heures plus tard et on pouvait voir un panache de cendre dense s’élevant à 3 km au-dessus du sommet. L’incandescence sommitale était également visible. Un autre événement a débuté à 05h40 avec des panaches de cendre denses qui s’élevaient à 7 km au-dessus du sommet. L’événement a duré environ 6 minutes. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1-4).
Source: VSI.

Krakatau (Indonésie):
Plusieurs événements explosifs ont été enregistrés sur l’Anak Krakatau les 14 et 18 décembre 2018, avec des panaches de cendre s’élevant à 200 et 300 mètres au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1-4).
Source: VSI.

Merapi (Indonésie):
Entre le 7 et le 13 décembre 2018, le dôme de lave dans le cratère sommital du Merapi a augmenté de 2 200 mètres cubes par jour. Le 13 décembre, le volume du dôme était estimé à 359 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 2.

Pacaya (Guatemala):
Dans un bulletin spécial publié le 13 décembre 2018, l’INSIVUMEH a signalé que les grondements du Pacaya étaient perceptibles dans un rayon de 8 km et que de faibles explosions stromboliennes au cratère Mackenney éjectaient des matériaux jusqu’à 50 mètres au-dessus du cratère. Les coulées de lave actives mesuraient 200 à 300 mètres de long et avançaient sur le flanc nord-ouest, générant des avalanches de blocs atteignant un mètre de diamètre. Le rapport explique également que le cône dans le cratère continue de croître ;il remplit le cratère et son sommet se situe à 75 mètres au-dessus de la lèvre.
Source: INSIVUMEH.

Sabancaya (Pérou):
L’activité est stable sur le volcan avec une moyenne de 18 explosions par jour entre le 10 et le 16 décembre 2018. Les panaches de gaz et de cendre atteignent 2,2 km au-dessus du cratère.
Source: INDEMMET, IGP.

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Here is a summary of volcanic activity at some volcanoes around the world as reported in the Weekly Report of the Smithsonian Institution :

Ambrym (Vanuatu):

As I put it before, a fissure eruption in the ESE part of the Ambrym summit caldera near the Lewlembwi crater began on December 15th, 2018, heralded by elevated seismicity. Lava flows and lava fountains could be observed, together with explosions. The lava fountains were about 40 metres high, while lava flows spread to the E part of the caldera. The eruption continued on December 16th and 17th, though reports on this last day only described ongoing ash-and-gas emissions.

Source: GeoHazards.

Cleveland (Alaska):

A small explosion at Cleveland was recorded by the seismic network at 11:55 on December 8th, 2018. A second small explosion with a higher peak amplitude was detected at 11:53 on December 12th, prompting AVO to raise the aviation colour code to Orange and the Volcano Alert Level to Watch.

Source: AVO.

Planchon-Peteroa (Chile-Argentina border):

There are reports of increased activity at Planchón-Peteroa beginning in the morning of December 16th, 2018. Low-intensity pulses of tremor were detected and associated with gas emissions rising 800 metres above the vent rim. Webcams recorded crater incandescence. The alert level remains at Yellow on a three-color scale.

Source: SERNAGEOMIN.

Soputan (Indonesia):

Seismic activity at Soputan rapidly and significantly increased at 17:00 on December15th, 2018. An eruption began at 01:02 on December 16th, though dark and foggy conditions prevented views of emissions. The event lasted for almost 10 minutes, accompanied by thunderous sounds. The conditions improved about two hours later, and a dense ash plume was visible rising 3 km above the summit. Incandescence from the summit was also visible. An event that began at 05:40 produced dense ash plumes that rose as high as 7 km above the summit. The event lasted about 6 minutes. The alert level remains at 3 (on a scale of 1-4).

Source : VSI.

Krakatau (Indonesia):

Several explosive events were recoreded at Anak Krakatau on December 14th and 18th, 2018, producing ash plumes that rose 200 and 300 metres above the summit. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source : VSI.

Merapi (Indonesia):

Between December 7th and 13th, 2018, the lava dome in Merapi’s summit crater grew at a rate of 2,200 cubic metres per day. By December 13th, the volume of the dome was an estimated 359,000 cubic metres. The alert level remains at 2.

Pacaya (Guatemala):

In a special notice posted on December 13th, 2018, INSIVUMEH reported that rumbling at Pacaya was heard within a radius of 8 km, and weak Strombolian explosions at Mackenney Crater ejected material as high as 50 metres above the crater. Active lava flows were 200-300 metres in length and travelled down the NW flank, generating avalanches of blocks that were as large as 1 metre in diameter. The report also noted that the cone in the crater continued to grow, filling the crater, and was 75 metres above the crater rim.

Source: INSIVUMEH.

Sabancaya (Peru):

Activity is stable on the volcano with an average of 18 explosions per day during 10-16 December, 2018. Gas-and-ash plumes rose as high as 2.2 km above the crater.

Source: INDEMMET, IGP.

Vue de l’éruption du Soputan le 16 décembre 2018 (Credit photo: Sutopo Purwo Nugroho)

Mt Shindake (Japon / Japan)

D’après le site web The Watchers, une forte éruption explosive s’est produite sur le Shindake sur l’île Kuchinoerabujima dans l’après-midi (heure locale) du 18 décembre 2018. Le volcan est en éruption sporadique depuis octobre 2018.
Des panaches de cendre se sont élevés jusqu’à 2 000 mètres au-dessus du cratère. Cependant, les mauvaises conditions météorologiques empêchent d’avoir une bonne vue de l’éruption.
Selon la chaîne NHK, une coulée pyroclastique a atteint une distance d’environ 1 km sur le flanc ouest du volcan. Il s’agit de la première coulée de ce type depuis mai 2015, date à laquelle tous les habitants ont été évacués.
Le niveau d’alerte est maintenu à 3.

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According to the website The Watchers, a strong explosive eruption took place at Mount Shindake on Kuchinoerabujima Island in the afternoon (local time) of December 18th, 2018 The volcano has been sporadically erupting since October 2018.

Ash plumes rose up to 2 000 metres above the crater. However, poor weather conditions prevent from having a good view of the eruption.

According to NHK, a pyroclastic flow reached a distance of about 1 km down the western slope of the volcano. It is the first such flow to be observed since May 2015, when all residents were evacuated.

The alert level is kept at 3.

En rouge l’île Kuchinoerabujima où se dresse le Mt Shindake (Source: Google Maps)

Ambrym (Vanuatu)

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, le département Geo-Hazards du vanuatu a élevé le niveau d’alerte volcanique d’Ambrym à 3 le 15 décembre 2018. Une éruption se déroulait dans la caldera, près du cratère du Marum, avec coulées et fontaines de lave, ainsi que des émissions de cendre et de gaz.
L’éruption a provoqué une série de séismes d’une magnitude pouvant atteindre cinq sur l’échelle de Richter. Ils ont ouvert des fractures sur l’île et provoqué l’effondrement de certaines maisons, principalement dans la partie sud-est d’Ambrym. Les dégâts sont importants car les hypocentres des séismes étaient très peu profonds. Il convient de garder à l’esprit qu’un séisme superficiel, de magnitude modérée, est susceptible de causer davantage de dégâts importants qu’un événement plus intense avec un hypocentre très profond.

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As I put it in a previous post, the Geo-Hazards Department raised the volcanic alert level for Ambrym volcano to 3 on December 15th, 2018. An eruption was taking place in the caldera area near Marum crater with lava flows and fountains, as well as ash and gas emissions.

The eruption has sparked a series of earthquakes of up to five on the Richter scale that have opened cracks around the island and caused some houses to collapse, mostly on the south east part of Ambrym. The reason for the damage is that the hypocentres of the quakes are very shallow. One should bear in mind that a shallow earthquake with a moderate magnitude is more likely to cause heavy damage than a more intense event with a very deep hypocentre.

Source: GeoHazards