L’éruption du Kilauea (Hawaii) en 2018… // The 2018 Kilauea eruption…

Le 3 mai 2019 marquait le premier anniversaire du début de l’éruption du Kilauea en 2018 dans la Lower East Rift Zone (LERZ) de la Grande Ile d’Hawaii. Au cours de l’année écoulée, les volcanologues du HVO ont analysé les très nombreuses données rassemblées pendant l’éruption et ils ont tiré quelques conclusions intéressantes. Le HVO indique que l’éruption dans la LERZ et l’effondrement sommital du volcan fournissent de nombreuses informations sur le comportement du Kilauea.
En premier lieu, l’éruption a montré dans quelle mesure la modification de la composition chimique de la lave a influé sur le risque posé par les coulées. Pendant les deux premières semaines (entre le 3 et le 18 mai), l’éruption est restée relativement modérée, avec des débits de lave relativement faibles. Les analyses chimiques ont indiqué que cette lave provenait de poches de magma plus ancien stockées sous la LERZ. Ce magma plus froid et moins fluide était probablement le reliquat d’éruptions antérieures. Les scientifiques pensent que ce magma a probablement été ‘chassé’ par la lave en provenance du Pu’uO’o. Les analyses chimiques indiquent que cette lave, sur son trajet, est probablement entrée en contact avec deux, voire trois, anciennes poches de magma.
Vers le 18 ou le 19 mai, l’éruption s’est modifiée, avec l’arrivée d’une lave plus chaude et plus fluide. Elle provenait probablement de la vidange du réservoir sommital. Le débit éruptif est devenu de 10 à 20 fois plus important, de même que les coulées de lave qui sont devenues plus rapides et, de ce fait, beaucoup plus menaçantes pour les zones habitées.
Une semblable modification chimique de la lave avait déjà été observée lors de l’éruption de 1955 dans la LERZ, mais one ne s’en est rendu compte que longtemps après la fin de cette éruption. Le suivi quotidien de la composition de la lave pendant l’éruption de 2018 était donc important. Il a permis d’identifier son évolution chimique au début du mois de mai et d’anticiper l’arrivée d’un magma plus chaud et plus fluide, avec des coulées de lave plus dangereuses dans la LERZ. .
Si l’on observe l’évolution des éruptions de 2018 et de 1955, on peut raisonnablement penser que les éruptions futures dans la zone de rift commenceront avec un débit relativement faible impliquant un magma ancien les premiers jours. Avec l’arrivée d’un magma plus jeune et plus chaud, elles donneront ensuite naissance à de grandes coulées de lave rapides et dangereuses pour les habitations.
La composition de la lave a permis d’expliquer un autre aspect de l’éruption de 2018. À la mi-mai, de brèves explosions se produisaient fréquemment au niveau de la Fracture n° 17, avec des projections de bombes à plusieurs centaines de mètres. Au début, les volcanologues ont pensé que ces explosions étaient provoquées par des infiltrations d’eaux souterraines dans les fractures, ce qui provoquait des explosions phréatiques. Cependant, des analyses chimiques ont révélé que la Fracture n° 17 émettait une lave qui avait une composition inhabituelle. La quasi-totalité de la lave émise par le Kilauea est du basalte, tandis que la Fracture n° 17 émettait de l’andésite, ce que l’on n’avait encore jamais observé dans ce secteur du volcan. L’andésite est plus riche en silice que le basalte et est donc moins fluide. La consistance plus visqueuse de la lave andésitique facilite la coalescence et l’éclatement de grosses bulles de gaz sous haute pression ; c’est probablement ce qui explique l’activité explosive sur la Fracture n° 17.
L’éruption a également mis en évidence le lien étroit qui unit l’East Rift Zone du Kilauea et le réservoir magmatique au sommet du volcan. En juin et juillet 2018, on a observé des effondrements quasi quotidiens au sommet du Kilauea, accompagnés de séismes atteignant parfois la magnitude M 5,3. Les caméras qui surveillaient le chenal de lave au départ de la Fracture n° 8 ont observé que le débit de la lave a commencé à augmenter quelques minutes après l’effondrement sommital pour atteindre son maximum entre 2 et 4 heures plus tard. Au moins une fois, l’augmentation du débit d’écoulement de la lave a provoqué des débordements du chenal, avec une menace potentielle pour les zones habitées à proximité.
Ces événements ont démontré que l’augmentation du débit éruptif était dû à une augmentation brutale de pression provoquée par l’effondrement sommital et qui s’est propagée le long du conduit magmatique de 40 km de long en direction de la LERZ, un peu comme le ferait une presse hydraulique. Le délai de 2 à 4 heures avant que le débit de la lave atteigne son apogée a permis au HVO et à la Sécurité Civile, dans au moins un cas, de prévoir et de se préparer au risque de débordement de la lave.
Ces informations obtenues pendant l’éruption du Kilauea en 2018 permettront au HVO de mieux comprendre le processus volcanique, mais aussi de mieux prévoir et se préparer aux menaces induites par les prochaines éruptions.
Source: USGS / HVO.

——————————————————–

May 3rd, 2019, marked the one-year anniversary of the start of Kilauea’s 2018 Lower East Rift Zone (LERZ) eruption. Over the past year, HVO geologists have been closely studying the vast amount of data collected during the eruption and they drew a few interesting conclusions. HVO indicates that the Lower East Rift Zone eruption, as well as the 2018 summit collapses, are providing many new insights on Kilauea.

First, the eruption showed how the changing chemical composition of the magma erupted in 2018 controlled the lava-flow hazard. The first two weeks of the eruption (between May 3rd and 18th) produced low eruption rates and relatively small flows. Chemical analyses indicated that the lava originated from pockets of older magma stored underground in the LERZ. This cooler and less fluid magma was probably residue from earlier eruptions. It is thought that this stored magma was presumably forced out by the intruding dike of magma that originated from Pu’uO’o. The chemical analyses indicate that the dike may have intersected two, or even three, separate stored magma bodies.

Around May 18th -19th, the eruption became different as hotter and more fluid magma was erupted. This magma was presumably draining from the summit magma reservoir. The eruption rate increased roughly 10-20 times, and the flows became larger, faster-moving, and much more dangerous.

A similar chemical change in the lava had occurred during the 1955 LERZ eruption, but it was not recognized until long after that eruption ended. Daily tracking of lava composition during the 2018 eruption was important because it allowed to identify the chemical change in early May, and to correctly anticipate that hotter, more fluid magma – leading to more dangerous lava flows – might arrive in the LERZ. .

Taken together, the 2018 and 1955 eruptions point to the possibility that future rift zone eruptions can start in a small way in the opening days as older magma is erupted. But once fresher, hotter magma arrives, rift zone eruptions can switch to large, fast-moving, and dangerous lava flows.

Magma composition also helped explain another hazard of the 2018 eruption. In mid-May, brief explosions occurred frequently from Fissure 17, throwing lava bombs several hundred metres. An initial explanation was that they were driven by groundwater seeping into the fissures, causing steam blasts. However, chemical analyses revealed that Fissure 17 erupted lava with an unusual composition. Nearly all lava erupted on Kilauea is basalt, but Fissure 17 erupted Kilauea’s first documented andesite. Andesite is higher in silica than basalt, and is, therefore, less fluid. The more viscous consistency of andesitic lava makes it easier for large gas bubbles to coalesce and burst with high pressure, which provides a likely explanation for the explosive activity at Fissure 17.

The eruption also highlighted the close connection between Kilauea’s East Rift Zone and the volcano’s summit magma reservoir. In June and July 2018, there were near-daily summit collapse events, each with the equivalent of an M 5.3 earthquake. Time-lapse cameras monitoring the Fissure 8 lava channel observed that the eruption rate began to increase within minutes after a summit collapse, eventually peaking 2 to 4 hours later. At least once, the increased eruption rates produced overflows from the lava channel that could have threatened adjacent residential areas.

This showed that the increase in the eruption rates was driven by a pressure pulse originating from the summit collapse and transmitted down the 40-km-long magma conduit to the lower East Rift Zone, just like a hydraulic press. The 2 to 4-hour delay in peak eruption rates allowed HVO and emergency managers, in at least one instance, to anticipate and prepare for the overflow hazard.

The new insights gained from Kilauea’s 2018 eruption will help HVO better understand the volcanic process, and, in turn, forecast and prepare for the dangers in future eruptions.

Source: USGS / HVO.

La Fracture n°8 et ses impressionnantes coulées de lave a dominé l’éruption du Kikauea dans la Lower East Rift Zone (Crédit photo: USGS / HVO)

Les leçons de l’éruption du Kilauea (Hawaii) // The lessons of the Kilauea eruption (Hawaii)

Maintenant que la dernière éruption du Kilauea est terminée, les scientifiques du HVO vont pouvoir étudier attentivement ce qui s’est réellement passé et, si possible, essayer de prévoir les événements futurs sur le volcan.
On peut affirmer aujourd’hui que l’éruption du Kilauea en 2018 a été la plus importante des 200 dernières années. En l’espace de quatre mois environ, le volcan a déversé au moins 0,83 kilomètre cube de lave – l’équivalent de plus de 300 000 piscines olympiques – sur une superficie d’environ 34 kilomètres carrés. L’éruption a transformé le paysage et ajouté plus de 2,5 kilomètres carrés de nouvelle terre à la côte sud de la Grande Ile.
Des événements spectaculaires se sont déroulés au cours de l’éruption, comme l’effondrement de la caldeira sommitale, le huitième événement de ce type observé sur les volcans de la planète depuis 1900. Ces événements ont offert aux chercheurs une occasion unique de répondre à des questions géologiques et d’améliorer les outils de prévision éruptive.

Rappelons-nous ce qui s’est passé sur le Kilauea depuis le début de l’éruption:
L’éruption a débuté début mai, lorsque le lac de lave dans l’Overlook Crater de l’Halema’uma’u a débordé, puis a commencé à se vidanger rapidement, chutant de plusieurs centaines de mètres en quelques jours. Cet événement a envoyé le magma sous la surface de la terre jusqu’à une quarantaine de kilomètres vers le sud-est, où il a ouvert des fractures et déclenché des séismes dans la Lower East Rift Zone (LERZ) à partir du 3 mai 2018. De nouvelles fractures ont continué à s’ouvrir pendant des semaines tandis que la caldeira sommitale s’effondrait en provoquant des explosions de gaz et de cendre.
À la fin du mois de mai, l’éruption s’est concentrée autour de la Fracture n° 8, avec des fontaines de lave atteignant 80 mètres de hauteur. Un réseau de chenaux s’est mis en place et la lave a détruit tout sur son passage en se dirigeant vers l’océan. Elle a continué à couler jusqu’au 4 août, jour où l’éruption a cessé brusquement.
Grâce aux instruments que le HVO avait installés sur le Kilauea, les chercheurs ont pu assez bien comprendre comment le magma se déplaçait dans le système de fractures et ils ont été en mesure d’évaluer la quantité de magma qui était mise en oeuvre. Cependant, il reste encore d’importantes questions en suspens, notamment ce qui a déclenché l’éruption et pourquoi elle s’est arrêtée si soudainement.
Les scientifiques du HVO expliquent que l’éruption a débuté en imitant de nombreux autres événements de l’histoire récente du Kilauea, avec une accumulation de pression dans le secteur du Pu’uO’o, en aval du sommet. Au cours des dernières décennies, l’inflation du Pu’uO’o avait déjà provoqué des épanchements de lave dans le secteur. En mai 2018, une rupture s’est produite dans la partie profonde du système d’alimentation, ce qui a permis à beaucoup plus de magma de se déplacer vers la LERZ.
Les scientifiques ne comprennent pas pourquoi cette rupture profonde s’est produite et, au bout du compte, il sera sûrement difficile de tirer des conclusions définitives sans référence à des événements similaires en guise de comparaison. La raison pour laquelle l’éruption s’est arrêtée du jour au lendemain sera peut-être plus facile à déterminer une fois que les chercheurs auront associé toutes les données recueillies lors de l’éruption avec des modèles d’écoulement de fluides.
En dépit du contrôle étroit du déroulement de l’éruption, les scientifiques ont été incapables de prévoir son évolution. La plupart d’entre eux pensaient qu’elle durerait des mois, voire un an. C’est la raison pour laquelle ils ont été si lents à admettre qu’elle était définitivement terminée.
Il reste d’autres mystères à résoudre, notamment ce qui a déclenché les événements explosifs qui ont secoué le sommet du Kilauea à partir du mois de mai.
Source: Earther.

———————————————-

Now that the last Kilauea eruption is over, scientists at the US Geological Survey’s Hawaii Volcano Observatory (HVO) will have the opportunity to study what really happened and, if possible, predict future events on the volcano.

One can now definitively say that Kilauea’s 2018 eruption was its biggest in at least 200 years. In the span of about four months, the volcano spilled at least 0.83 cubic kilometres of lava – the equivalent of over 300,000 Olympic-sized swimming pools – over an area of about 34 square kilometres, transforming the landscape and adding more than 2.5 square kilometres of new land to the coast.

The dramatic sequence of events that unfolded during the eruption, like the eighth caldera collapse scientists have witnessed at any volcano on Earth since 1900, have given researchers an unprecedented opportunity to answer basic geological questions and improve the tools for trying to predict future eruptions.

Let’s remember what happened at Kilauea volcano from the start of the eruption:

The action at Kilauea started in early May, when the lava lake in the Overlook crater overflowed and next began to rapidly drain, dropping hundreds of metres in a matter of days. This sent magma streaming below the surface some 40 kilometres to the southeast, where it opened new fissures and triggered earthquakes in the Lower East Rift Zone (LERZ) beginning on May 3rd, 2018. Fresh fissures continued to open for weeks as the newly drained summit caldera collapsed in on itself, triggering explosive eruptions of gas and ash.

By the end of May, the eruption had concentrated around Fissure 8, with lava fountains up to 80 metres high, feeding a network of channels that ultimately destroyed everything on their way to the ocean. Lava continued to flow until August 4th, when things shut off abruptly.

Thanks to the scientific instruments HVO already had in place around Kilauea, researchers have developed a pretty good picture of how magma moved through the system, and they were able to better constrain how much molten rock is stored there. However, there are still major unanswered questions, including what tipped off the eruption in the first place and why it stopped so suddenly.

HVO scientists explain that the eruption started out looking like many other events in Kilauea’s recent history, with pressure building up at the Pu’uO’o vent down-rift of the summit. For the past few decades, inflation at Pu’uO’o has caused new lava outbreaks in the area. But this time, something ruptured in that deeper part of the plumbing system, which allowed a lot more magma to move much further into the LERZ.

It is not understood why that deep rupture occurred, and ultimately it might be tough to draw definitive conclusions without any similar events to compare it to. The mystery of why Kilauea shut off virtually overnight is perhaps more within reach once researchers combine all the data collected during the eruption with models of fluid flow.

Although this is one of the most well monitored eruptions in the world, scientists still could not predict its evolution. Most of them said it would last months or even a year. This is the reason why they were so slow to admit it was definitely over

There are other mysteries to solve, including what set off the explosive events that rocked the summit crater beginning in May.

Source : Earther.

Les fontaines de lave dans la Fracture n°8 ont constitué l’un les événements les plus spectaculaires de la dernière éruption du Kilauea (Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii): Fin de l’éruption ? // End of the eruption ?

À en juger par le ton des derniers bulletins du HVO, il semble que les scientifiques américains soient à la fois perplexes et déçus par la situation sur le Kilauea. Ils s’attendaient à une éruption longue, qui pourrait durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et ils se trouvent confrontés à un événement qui s’achève relativement rapidement. Il est clair qu’ils ont mal apprécié la situation. Même les Américains peuvent se tromper!
Les dernières observations montrent que l’activité éruptive a cessé sur le volcan. On n’observe plus d’incandescence à l’intérieur du cône de la Fracture n° 8, et plus aucune lave ne pénètre dans l’océan. Des quantités négligeables de gaz, principalement de la vapeur, sortent de la paroi nord du cône de la Fracture n° 8 et de certains secteurs de la Lower East Rift Zone (LERZ). Les parois intérieures du cône et du chenal de lave ont tendance à s’affaisser. Le cône mesure une cinquantaine de mètres de hauteur. .
Le sommet de Kilauea est calme, sans effondrement, depuis le 2 août 2018. La sismicité reste faible et la déformation du sol est négligeable. Les émissions de SO2 au sommet et le long de la LERZ ont considérablement diminué et sont souvent trop faibles pour pouvoir être mesurées. .
A mes yeux, la fin de l’éruption n’est pas une surprise. Comme je l’ai fait remarquer à plusieurs reprises, son déclin a été très progressif : 1) réduction puis fin des fontaines de lave dans la Fracture n° 8 ; 2) diminution du débit de lave dans le chenal vers la mer ; 3) ralentissement de l’affaissement de la caldeira sommitale;  4) réduction de l’entrée de lave dans l’océan, puis 5) fin complète de l’éruption.

———————————————-

Judging from the tone of the latest HVO bulletins, it seems US scientists are both puzzled and disappointed with the situation on Kilauea Volcano. They had expected an eruption that might last more weeks or months and that is rapidly coming to an end. It is clear they were mistaken in their diagnosis. Even the Americans can be wrong!

The latest observations show that activity has stopped on the volcano. No more incandescence is visible in the Fissure 8 cone, and no more lava is entering the ocean. Minor amounts of gases, primarily steam, are rising from the north wall of the Fissure 8 cinder cone and from areas along the Lower East Rift Zone. The interior walls of the cone and lava channel are slumping downward and inward. The cinder cone is about 50 metres high.  .

The summit of Kilauea has remained quiet, with no collapse events since August 2nd, 2018. Seismicity remains low and ground deformation is negligible. SO2 emissions at both the summit and LERZ are drastically reduced and often too low to be measured. .

The end of the eruption is no surprise to me. As I have written it several times, the decline of the eruption was very progressive with 1) the reduction and the end of lava fountains in Fissure 8, then 2) the decrease in lava output in the lava channel to the ocean, together with 3) the slowing of the slumping of the summit caldera;  then 4) the reduction of the lava entry; then 5) the complete end of the eruption.

Plus aucun signe d’activité au fond de la Fracture n°8 (Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii): Pas d’effet de l’ouragan Lane sur le volcan // No effect of Hurricale Lane on the volcano

La tempête tropicale Lane s’est éloignée vers l’ouest, loin de la Grande Ile d’Hawaï où les inondations ont été sévères. Comme on pouvait s’y attendre, l’ouragan a eu peu d’effet sur l’éruption, à l’exception de quelques chutes de pierres au sommet et d’une augmentation des émissions de vapeur au niveau des bouches actives du Pu’uO’o et sur la Lower East Rift Zone (LERZ). Cependant, le HVO a perdu la communication avec plusieurs stations de surveillance dans la partie est de l’île, mais la capacité de l’observatoire à évaluer les conditions volcaniques n’a été que faiblement affectée..
La sismicité et la déformation du sol sont négligeables au sommet du Kilauea. Dans la LERZ, on aperçoit parfois une petite accumulation de lave au fond de la Fracture n° 8. On observe encore quelques petites entrées de lave dans l’océan et quelques petits panaches de brume volcanique. Les émissions de SO2 au sommet et sur la LERZ sont très faibles, avec une quantité totale inférieure à ce qu’elle était )à la fin de l’année 2007. Les émissions de SO2 de la LERZ sont trop faibles pour pouvoir être mesurées.
Source: USGS / HVO.

—————————————

Tropical Storm Lane is moving to the west away from the Island of Hawaii where flooding remains a problem. As could be predicted, the hurricane has had little effect on the eruption aside from minor rockfalls at the summit and increased steaming from Pu’uO’o and LERZ vents. However, HVO lost communication with several monitoring stations on the east side of the island, but the losses only slightly reduced the Observatory’s ability to assess volcanic conditions.
Seismicity and ground deformation are negligible at the summit of Kilauea. On the Lower East Rift Zone (LERZ), a small lava pond can occasionally be seen deep within the fissure 8 cone. A few ocean entries are still oozing lava and laze plumes are minimal. SO2 emission rates at both the summit and LERZ are drastically reduced; the combined rate is lower than at any time since late 2007. The SO2 emissions from the LERZ are too low to measure.
Source: USGS / HVO.

Encore un peu d’incandescence au fond de la Fracture n° 8 (Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii): Quelques réflexions sur l’éruption // A few thoughts about the eruption

Même si le HVO ne cesse de répéter qu’il faut attendre plusieurs semaines pour être certain que l’éruption est effectivement terminée, on peut raisonnablement dire que la lave ne coulera plus dans la Lower East Rift Zone (LERZ) et le District de Puna.

Débutée le 3 mai 2018, cette dernière éruption a été l’une des plus spectaculaires jamais observées au cours des dernières décennies. Aucun mort n’est à déplorer et seules deux personnes ont été blessées par des bombes volcaniques projetées par la lave. En revanche, les dégâts matériels sont considérables car plus de 700 maisons ont été détruites.

Si je devais faire le bilan de cette éruption, j’insisterais sur plusieurs points :

Les informations ont été de grande qualité, qu’elles soient en provenance du HVO ou de la Protection Civile. Les bulletins – souvent relayés par la presse locale – étaient très complets et illustrés de nombreuses photos ou vidéos. Les autorités ont vraiment joué la transparence.

– Si les images étaient largement disponibles sur Internet, l’approche de l’éruption par les touristes et les personnes autres que les scientifiques et les membres de la Protection Civile a été une catastrophe. Ce fut vraiment « l’éruption interdite ». Il a souvent été question de la mise en place d’une ou plusieurs plateformes d’observation, mais elles n’ont jamais vu le jour. La seule solution pour les touristes était donc de mettre la main au portefeuille et d’acheter des survols en hélicoptère ou des approches des coulées par la mer. A se demander si la volonté des autorités n’était pas de faire travailler ces structures commerciales. Personnellement, je ne suis pas loin de le penser ! Vouloir mettre l’accent sur la sécurité comme le font en permanence les Américains dans les parcs nationaux et autres sites potentiellement ouverts aux touristes, c’est bien, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin !

– D’un point de vue scientifique, on a eu la confirmation de notre incapacité à prévoir le déroulement d’une éruption. On sent d’ailleurs la gêne et la frustration des scientifiques locaux qui se sont faits surprendre par la fin relativement rapide de l’éruption alors qu’ils avaient misé sur un événement de longue durée.

Le démarrage de l’éruption était prévisible car il était évident que le réservoir magmatique sommital était à saturation avec des débordements des lacs de lave dans l’Halema’uma’u et le Pu’uO’o. De plus, cela faisait plusieurs mois que les tiltmètres montraient que le Kilauea traversait une longue phase d’inflation. La sortie de la lave était donc assez facile à pronostiquer, même si personne ne savait où l’événement allait avoir lieu. A aucun moment l’Observatoire n’a prévu son apparition dans les Leilani Estates. Les scientifiques n’ont pu que constater la sortie de la lave.

La suite et la fin de l’éruption ont fait l’objet de nombreux articles. Toutes les hypothèses ont été avancées, tant pour l’activité sommitale que le long de l’East Rift Zone. Comme je l’écrivais précédemment, beaucoup pensaient que l’éruption pourraient durer des mois, voire des années. D’autres s’attendaient à un regain d’activité quand la Fracture n° 8 a montré des signes de faiblesse et n’a plus envoyé la lave dans le chenal vers l’océan, mais Madame Pele a décidé de siffler la fin de la partie.

– Toujours d’un point de vue scientifique, l’éruption a montré que l’intrusion initiale dans la Lower East Rift Zone avait remobilisé une ancienne lave plus froide et plus « évoluée » que celle observée dans les lacs de lave de l’Halema’uma’u et du Pu’uO’o. La lave émise dans la LERZ au début de l’éruption dans les Leilani Estates était semblable à la première lave émise lors de l’éruption de 1955 dans la même région. Au cours des jours suivants, les analyses chimiques ont révélé une lave progressivement plus chaude et moins évoluée, jusqu’à ce qu’elle se stabilise à des températures de 1130-1140°C et débouche sur l’éruption spectaculaire de la Fracture n° 8. C’est la première fois qu’une telle évolution dans la nature de la lave a pu être observée et étudiée en direct sur le terrain.

– Autre point positif : Les scientifiques ont pu observer en direct l’affaissement simultané du cratère sommital qui accompagnait la vidange du réservoir magmatique peu profond et l’évacuation de la lave dans la Lower East Rift Zone. L’événement a été particulièrement spectaculaire, avec de gros effondrements qui ont généré une forte sismicité dans toute la zone sommitale.

– Comme je l’ai indiqué plus haut, le bilan matériel est lourd avec des centaines de structures avalées par la lave. Beaucoup se demandent pourquoi des lotissements ont été autorisés dans une zone de fractures (Rift Zone) déjà envahie par la lave dans les décennies précédentes. La réponse est facile : parce que le terrain est beaucoup moins cher qu’ailleurs sur la Grande Ile, en particulier dans le secteur de Kailua-Kona. Dans le District de Puna, on se trouve près de la mer, dans de très beaux paysages et les terrains ne coûtent pas trop cher. S’y établir est un peu jouer à la roulette russe car la lave peut surgir sans prévenir.

Si votre habitation est détruite, va se poser le problème de l’assurance et des dédommagements. Il faut savoir que les polices d’assurances liées aux risques naturels comme les séismes et les éruptions sont très, très chères aux Etats-Unis et beaucoup d’habitations ne sont pas assurées contre ces sinistres. Vous allez me dire : On peut faire jouer la garantie incendie, étant donné que la maison a flambé ! Eh bien non ! Pour que la garantie incendie soit acceptée par les assureurs, il faut que les fondations de la maison soit apparentes après le sinistre, ce qui n’est pas le cas si une coulée de lave est passée par là.

Seules des aides locales et fédérales peuvent venir en aide aux sinistrés, mais elles seront loin de couvrir le montant des dommages subis. Certains ont essayé de négocier des aides à l’amiable avec leurs compagnies d’assurances alors que d’autres préfèrent passer par des actions en justice.

—————————————————

Even though HVO keeps repeating that we need to wait several weeks to be certain that the eruption is actually over, it is reasonable to say that lava will no longer flow in the Lower East Rift Zone (LERZ) and the Puna District. .
Started on May 3rd, 2018, this eruption was one of the most dramatic ever observed in recent decades. No deaths were reported and only two people were injured by volcanic bombs. However, the material damages are considerable because more than 700 houses were destroyed.
If I had to analyse this eruption, I would insist on several points:

The information was of a high quality, whether from HVO or the Civil Defense. The reports – often relayed by the local press – were very complete and illustrated with many photos or videos. The authorities really played transparency.

– If the images were widely available on the Internet, the approach of the eruption by tourists and people other than scientists and members of the Civil Defense was a disaster. It was really « the forbidden eruption« . There has often been talk of setting up one or more observation platforms, but they have never existed. The only solution for the tourists was therefore to buy helicopter overflights or approach the eruption from the sea. One may wonder wonder if the authorities’ aim was not to bring work to these commercial structures. Personally, I’m not far from thinking it! It is a good idea to focus on safety, as Americans are always doing in national parks and other sites that are potentially open to tourists, but the safety measures are often exaggerated!

– From a scientific point of view, there was the confirmation of our inability to predict the course of an eruption. We can feel the embarrassment and frustration of local scientists who were surprised by the relatively rapid end of the eruption while they had bet on a long-term event.
The onset of the eruption was predictable as it was obvious that the shallow magma reservoir was saturated. The lava lakes in Halema’uma’u and Pu’uO’o often overflowed. In addition, the tiltmeters had shown for several months that Kilauea was going through a long period of inflation. The breakout of lava was easy enough to predict, although no one knew where it was going to take place. At no time has the Observatory anticipated its appearance in the Leilani Estates. Scientists could only observe the event.
The continuation and the end of the eruption have been the subject of many articles. All the hypotheses have been suggested, both for activity at the summit and along the East Rift Zone. As I put it earlier, many scientists thought the eruption could last for months or even years. Others were expecting a renewal of activity when Fracture # 8 showed signs of weakness and no longer sent lava in the channel to the ocean, but Madame Pele decided to blow the whistle.

– Still from a scientific point of view, the eruption has shown that the initial intrusion into the Lower East Rift Zone remobilized an older, colder and more « evolved » lava than the one observed in the Halema’uma’u and Pu’uO’olava lakes. The lava emitted in the LERZ at the beginning of the eruption in the Leilani Estates was similar to the first lava emitted during the 1955 eruption in the same region. Over the following days, the chemical analyzes revealed a progressively warmer and less evolved lava until it stabilized at temperatures of 1130-1140°C and resulted in the dramatic eruption of Fracture no. 8. This was the first time such an evolution in the nature of lava could be observed and studied live on the field.

– Another positive point was that scientists were able to observe live the simultaneous collapse of the summit crater that accompanied the emptying of the shallow magma reservoir and the evacuation of the lava in the Lower East Rift Zone. The event was particularly spectacular, with large collapses that generated strong seismicity throughout the summit area.

– As I indicated above, the material outcome is severe with hundreds of structures swallowed by lava. Many people are wondering why building houses was allowed in a Rift Zone already invaded by lava in previous decades. The answer is easy: because the land is much cheaper than elsewhere on the Big Island, especially in the ​​Kailua-Kona area. In the District of Puna, houses are near the sea, in beautiful landscapes and the land is not too expensive. However, settling there is a little Russian roulette because the lava can come out any time, without warning.
If your home is destroyed, there will be the problem of insurance and compensation. You should know that insurance policies related to natural hazards such as earthquakes and eruptions are very, very expensive in the United States and many homes are not insured against these damages. You might be inclined to use fire warranty, since the house has been burnt! You would be wrong ! For the fire insurance to be accepted by insurers, the foundations of the house must be apparent after the disaster, which is not the case if a lava flow has passed through.
Only local and federal funds can help the victims, but they will not be enough to finance the damage suffered during the eruption. Some owners have tried to negotiate out-of-court assistance with their insurance companies, while others prefer to go to court.

Crédit photo: USGS / HVO

Kilauea (Hawaii): Dernières nouvelles // Latest news

Voici la situation actuelle (le 13 août 2018) au sommet du Kilauea et le long de la Lower East Rift Zone (LERZ).
Au sommet du Kilauea, le nombre de séismes, qui était de 30 à 40 heures par heure au cours des dernières semaines, est tombé à 1 ou 2 par heure. Il n’y a pas eu d’effondrement dans le cratère de l’Halema’uma’u depuis le 2 août et aucun affaissement significatif n’a été observé depuis le 4 août. Les instruments montrent peu de changements dans la déformation et la sismicité du sommet.
Sur la LERZ, les émissions de lave et de SO2 ont considérablement diminué. Seul un petit lac de lave recouvert d’une croûte subsiste au fond du cône de la Fracture n° 8 et le chenal de lave s’est pratiquement tout vidé. L’entrée dans l’océan est peu active. Seules quelques petites coulées de lave pénètrent encore dans l’océan, principalement près de Isaac Hale Beach Park.
Un panache blanc a été observé au-dessus du cône du Pu’uO’o au cours des dernières semaines. Les 2 et 3 août, les émissions de SO2 avaient considérablement augmenté, mais ces valeurs sont retombées aux niveaux bas des trois derniers mois. Parallèlement au ralentissement de l’activité au sommet, la déflation le long de la Middle East Rift Zone s’est arrêtée.
La raison pour laquelle l’éruption dans la LERZ et l’affaissement du sommet ont diminué si rapidement n’est pas connue, mais il se peut que ce soit en raison de la réduction de l’alimentation magmatique de la LERZ, suite à la vidange progressive du réservoir sommital. Il se peut aussi qu’il s’agisse d’un blocage dans le système magmatique entre le sommet et la LERZ; toutefois, on n’enregistre pas la sismicité ou les déformation susceptibles de trahir une mise sous pression associée à un blocage.
Selon le HVO, la raison de ces changements n’est pas claire. Il se peut qu’il s’agisse d’une simple pause dans l’éruption qui pourrait reprendre dans la LERZ, de même que l’affaissement au sommet du Kilauea. En 1955, deux pauses de cinq et 16 jours ont eu lieu pendant l’éruption de 88 jours dans la LERZ.
Il se peut aussi que ce soit la fin de l’éruption. Le HVO explique qu’il faudra des jours, voire des semaines, pour déterminer avec certitude si l’éruption est terminée ou simplement interrompue.

————————————————

Here’s the current situation (August 13th, 2018) at the summit of Kilauea and along the Lower East Rift Zone (LERZ).

At Kilauea’s summit, the number of earthquakes, which was 30-40 per hour in previous weeks, has decreased to as few as 1-2 per hour. A collapse event has not occurred since August 2nd and no significant subsidence has been evident since August 4th. Monitoring instruments show little change in summit deformation and seismicity.

On the LERZ, the eruption of lava and SO2 emissions  have decreased dramatically. Only a small pond of crusted lava remains deep within the fissure 8 cone and the lava channel is mostly empty. The ocean entry is minimally active, with small streams of lava oozing into the ocean, mostly near Isaac Hale Beach Park.

At Pu‘u ‘O‘o, a white plume was observed above the cone in recent weeks. On August 2nd and 3rd, gas measurements indicated SO2 emissions increased significantly. Since then, however, these values decreased to low levels of the past three months. Coincident with the summit activity slowdown, deflation along the middle East Rift Zone stalled.

Why the LERZ eruption and summit subsidence abated so quickly is not certain, but one possibility is that it could be a response to reduced magma supply to the LERZ as the summit reservoir progressively emptied. It might also reflect a blockage within the magma system between the summit and the LERZ; however, the lack of seismicity and deformation, which generally indicate pressurization associated with a blockage, suggest this is unlikely.

According to HVO, the significance of these changes is not clear. The slowdown may be just a pause, and an East Rift Zone eruption and subsidence at the summit of Kilauea could resume. In 1955, two pauses of five and 16 days occurred during that 88-day LERZ eruption.

It is also possible that the slowdown reflects the end of the LERZ eruption and summit subsidence. The Observatory says it will take days, or possibly weeks, to determine with certainty if the activity is ever or merely paused.

Vue de la Fracture n° 8 le 11 août 2018 (Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii): Nouvelles de l’éruption // News of the eruption

L’émission de lave au niveau de la Fracture n° 8 reste faible. Il y a un petit lac de lave actif à l’intérieur du cône d’où s’échappe un petit panache de gaz. La surface du lac de lave se trouve à une dizaine de mètres sous le déversoir qui alimentait le chenal de lave. Le panache de gaz a fortement diminué le long de la côte. La coulée de lave active reste présente près de la rampe de mise à l’eau de Pohoiki mais elle n’a pas progressé de manière significative
Dans la partie centrale de l’East Rift Zone, les mesures de gaz émis par le Pu’uO’o, effectuées les 6 et 7 août, indiquent une teneur en SO2 inférieure aux mesures de la semaine dernière. Cette teneur en SO2 est semblable à celle observée au cours des trois derniers mois. Lors d’un survol, aucune lave active n’a été observée dans le cratère.
Le sommet du Kilauea reste calme, avec une très faible sismicité. La déformation mesurée par un tiltmètre et les capteurs GPS a pratiquement cessé. Entre la mi-mai et le début d’août 2018, la profondeur de l’Halema’uma’u a plus que triplé et son diamètre a plus que doublé avec la vidange du réservoir magmatique peu profond et l’intrusion de la lave dans la l’East Rift Zone. Des fractures et des blocs issus du plancher de la caldeira se sont effondrés dans l’Halema’uma’u. À la base des parois abruptes du cratère se trouvent des amas de matériaux qui se sont accumulés lors des phases d’effondrement. Des zones de fumerolles restent présentes dans le cratère, à proximité de l’ancien lac de lave.
Les changements subis par le sommet et la LERZ montrent que la quantité de magma qui a quitté le sommet pour alimenter l’éruption dans la LERZ a diminué. On ne sait pas pendant combien de temps va encore durer cette situation. Il se peut que l’on observe une nouvelle arrivée de lave, ce qui provoquerait une nouvelle déflation de la zone sommitale, de nouveaux effondrements et une reprise de l’éruption dans la LERZ.
Source: USGS / HVO.

Personnellement, je ne crois pas à une telle reprise de l’éruption. L’activité a diminué régulièrement au niveau de la Fracture n° 8 au cours des dernières semaines, avec l’absence de fontaines de lave et une émission de lave en déclin. Cela a été également prouvé par la croûte qui a commencé à recouvrir la partie inférieure du chenal de lave. Parallèlement, le nombre d’effondrements et la sismicité ont également diminué au sommet, signe que la vidange de la poche magmatique sous le plancher du cratère se terminait.

——————————————

Activity and lava output from Fissure 8 remains low. There is a small active lava lake within the Fissure 8 cone, with a weak gas plume. The surface of the lava lake is about 5-10 metres below the spillway entrance. The laze plume has greatly diminished along the coast. Active lava remains close to the Pohoiki boat ramp but has not advanced significantly toward it

In the Middle East Rift Zone, gas measurements of the Pu’uO’o plume taken on August 6th and 7th indicated a reduced SO2 emission rate lower than the measurement of the previous week. They were similar to what has been observed over the past three months. No active lava was observed in the crater during an overflight.

 The Kilauea summit remains quiet, with very low seismicity. The deformation at the summit as measured by tiltmeter and GPS instruments has virtually stopped. Between mid-May and early August, 2018, the depth of Halema‘uma‘u more than tripled and its diameter more than doubled as magma from Kīlauea’s shallow summit reservoir moved into the Lower East Rift Zone. Cracks and down-dropped blocks of the caldera floor have slumped into Halema‘uma‘u. At the base of the steep crater walls are piles of rock fragments shaken loose during previous summit collapse events. Areas of persistent steaming within the crater, in the vicinity of the former lava lake, are also visible.

Summit and LERZ changes considered together imply that the rate of magma leaving the summit to feed the Lower East Rift Zone eruption has decreased. How long this condition will persist is unknown. It is possible that outflow will pick up again, resulting in renewed summit area deflation leading to another collapse event and renewed eruption vigour on the LERZ.

Source: USGS / HVO.

I personally do not believe in a reprieve of the eruption. Activity decreased at Fissure 8 during the past weeks with the absence of lava fountains and an output that was declining. This was proved by the crust that started covering the lower part of the lava channel. In parallel, the number of collapse events and seismicity also decreased at the summit, revealing that the drainage of the magma pocket beneath the crater floor was coming to an end.

++++++++++

Vue du sommet du Kilauea le 7 août 2018:

 

Vue de la Fracture n° 8 le 7 août 2018:

L’éruption touche probablement à sa fin…

Crédit photo: Civil Air Patrol, USGS / HVO