Nouvelle coulée de lave sur l’Etna (Sicile) // New lava flow on Mt Etna (Sicily)

Dans son dernier bulletin du 17 février 2021, l’INGV indique que les webcams de l’Etna (Sicile) montrent un débordement de lave à partir de la bouche Est du Cratère Sud-Est (CSE). La lave s’épanche sur le versant E  du cratère, en direction de la Valle del Bove. Le front de coulée se trouve à une altitude d’environ 3000 mètres.

S’agissant de l’activité explosive des cratères sommitaux, on observe une diminution de la fréquence des événements stromboliens dans le CSE, alors que l’activité strombolienne reste pratiquement inchangée dans la Voragine et la Bocca Nuova.

L’amplitude du tremor fluctue sur des valeurs moyennes-hautes, la source se situant dans la zone du cratère SE entre 2,8 et 3 km au-dessus du niveau de la mer.

Il n’y a pas de variations significatives des signaux de déformation.

Source : INGV.

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In its latest update of February 17th, 2021, INGV indicates that Mt Etna’s webcams (Sicily) show a lava overflow from the eastern vent of the Southeast Crater (SEC). Lava flows on the E side of the crater, towards the Valle del Bove. The flow front is located at an altitude of approximately 3000 metres.

Regarding the explosive activity of the summit craters, there is a decrease in the frequency of Strombolian events in the SEC, while Strombolian activity remains unchanged in Voragine and Bocca Nuova.

The amplitude of the tremor fluctuates on medium-high values, the source being located in the area of the SE Crater between 2.8 and 3 km above sea level.

There are no significant variations in the deformation signals.

Source: INGV.

La Soufrière de St Vincent: Une éruption et des questions // St Vincent’s La Soufriere: An eruption and questions

Le dôme de lave continue de croître dans le cratère de La Soufrière. Il représente en ce moment environ les trois quarts de la hauteur du dôme de 1979. La croissance se poursuit en direction de l’est et l’ouest du cratère, dans le fossé qui entoure le dôme de 1979.

On observe des émissions de gaz à partir de plusieurs zones du dôme de 1979, mais aussi au niveau de plusieurs fissures qui se sont ouvertes dans le plancher du cratère. Les dégâts subis par la végétation sont importants dans les parois intérieures est, sud et ouest du cratère.

Les émissions de gaz et de vapeur sont visibles depuis l’Observatoire de Belmont. Les personnes vivant dans des zones proches du volcan doivent s’attendre à de fortes odeurs de soufre en fonction de l’orientation du vent.

Le niveau d’alerte reste à Orange. Aucun ordre d’évacuation n’a été émis. Le public doit s’abstenir de visiter La Soufrière.

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Les habitants de St Vincent, mais aussi par les scientifiques qui travaillent sur La Soufrière se demandent si le nouveau dôme peut déborder de la lèvre du cratère. En l’état actuel des choses,  il y aura des signes avant-coureurs si une telle situation devait se produire. Grâce aux vols d’observation et aux caméras de surveillance, les scientifiques disent qu’ils sauront quand la lave sera sur le point de déborder du cratère.

Le 4 janvier 2021, le volume du dôme était estimé à environ 700 000 m3. Si la vitesse de croissance actuelle se poursuit, il faudra environ six mois et demi pour que le dôme recouvre la totalité du cratère. Le 12 janvier 2021, le nouveau dôme se développait à raison d’environ 1,5 m3 par seconde.

Une autre question est souvent posée: Si l’éruption devient explosive, y a-t-il un risque de tsunami? Bien que les tsunamis ne soient pas exceptionnels dans les Caraïbes orientales, l’UWI tient à rassurer le public et explique que le risque d’un tsunami, en ce moment, est très faible.

Les tsunamis volcaniques sont généralement causés par l’entrée d’une masse importante de matériaux dans un lac, dans la mer ou un océan. L’événement déplace alors un volume d’eau important. Lors d’éruptions volcaniques, les pans entiers d’un volcan peuvent s’effondrer, soit à cause de l’éruption, soit parce qu’un grand volume de matériaux disparaît dans l’eau. [NDLR : C’est ce qui s’est passé à Stromboli (Sicile) le 31 décembre 2002 avec l’effondrement d’une énorme partie sous-marine de la Sciara del Fuoco.]

En ce qui concerne La Soufrière, les scientifiques de l’UWI ne pensent pas qu’un effondrement des flancs du volcan se produira. En conséquence, le risque de tsunami est faible.

Source : Presse locale.

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The dome continues to grow within the crater of La Soufriere volcano. It is now about three quarters the height of the pre-existing 1979 dome. The growth continues with lateral spreading of material towards the east and west along the moat areas surrounding the 1979 dome.

Gas emissions are observed from several areas of the 1979 dome as well as the crater floor through several cracks which have developed.

Damage to the vegetation is extensive within the eastern, southern, and western parts of the inner crater walls.

Gas and steam emissions can still be observed from the Belmont Observatory. Persons living in areas close to the volcano should expect strong sulphur smells, depending on changes in wind direction.

The alert level remains at Orange. No evacuation order has been issued. The public should refrain from visiting the La Soufrière Volcano.

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The main question asked by St Vincent’s residents, but also by the scientists currently working on the La Soufriere volcano is: Can the new dome overtop the existing crater rim? For the time being, there will be ample warning if this were to occur. With continuing observation flights and the monitoring cameras, scientists say they will know when it is going to spill over.

As of January 4th, 2021, the volume of the dome was estimated at about 700,000m3. If the current effusion rate continues, it will take it about six and a half months to cross the crater rim. As of January 12th, 2021, the new dome was growing at an approximate rate of 1.5 m3 per second.

Another question is : If the eruption becomes explosive, is there a risk of a tsunami? Although tsunamis are no stranger to the Eastern Caribbean, UWI want to reassure the public and explain that the threat of a tsunami, at this time, is very unlikely.

Volcanic tsunamis are generally caused by a large mass entering a body of water (a lake, sea, or ocean) and displacing a significant volume of water. In volcanic eruptions, large parts of a volcano can fail – either because of the explosive eruption or a large volume of loose material falling into the water. [Personal note: This is what happened at Stromboli (Sicily) on December 31st, 2002 with the collapse of a huge submarine chunk of the Sciara del Fuoco.]

As far as La Soufriere is concerned, UWI scientists don’t think a flank collapse will happen. Therefore, the possibility of a tsunami is not very high.

Source : Local news media.

Vue du dôme le 14 janvier 2021 (Crédit photo : UWI)

Eruption du Semeru (Indonésie) // Eruption of Mt Semeru (Indonesia)

Le Semeru est entré en éruption en émettant des panaches de gaz et de cendres jusqu’à 4,5 kilomètres dans l’après-midi du 16 janvier 2021. Les autorités locales ont indiqué que les panaches provenaient du cratère Jonggring Kaloko et se dirigeaient vers le sud-est. Des retombées de cendre ont impacté plusieurs villages au nord du volcan. Une importante coulée pyroclastique de 4,5 km de longueur a été observée sur les flancs S et SE du volcan.

Les autorités ont demandé aux habitants de deux villages d’être vigilants face à la poursuite de l’activité volcanique et ont conseillé à la population le long de la rivière Curah Kobokan de rester attentive à de possibles lahars déclenchés par de fortes pluies pouvant remobiliser des matériaux volcaniques.

Aucun ordre d’évacuation n’a été émis à ce jour et aucune victime n’a été signalée.

Le niveau d’alerte du Semeru est maintenu à 2 (Waspada) sur une échelle de 4.

Source: The Jakarta Post.

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Mount Semeru went through an eruptive episode and spewed clouds of gas and ash as far as 4.5 kilometers away in the afternoon of January 16th, 2021. Local authorities reported that the plumes rolled down from the volcano’s Jonggring Kaloko crater and drifted southeast. Ashfall impacted several villages north of the volcano. A massive 4.5-km-long pyroclastic flow was observed down the southeast and southern slopes of the volcano.

Authorities have warned residents living in two villages to be on alert for continuing volcanic activity and have advised people living in the Curah Kobokan river basin to stay alert for possible lahars triggered by heavy rainfall combining with volcanic material.

No evacuation orders have so far been issued and no casualties have been reported.
Semeru’s alert level is kept at 2 (Waspada) on a scale of 4.

Source: The Jakarta Post.

Photos : C. Grandpey

 

La Montagne Pelée, volcan magnifique et capricieux…

Sur son site web, la chaîne France Info a consacré le 8 janvier 2021 une rubrique à la Montagne Pelée, le tristement célèbre volcan de  la Martinique.

Le titre de l’article annonce la couleur : « La Montagne Pelée, volcan magnifique et capricieux. » C’est vrai que la Pelée est souvent emmitouflée dans les nuages et ne se laisse deviner que par intermittence. Elle semble faire preuve d’une certaine pudeur.

Il faut donc viser et consulter les prévisions météorologiques avant d’emprunter l’un des trois sentiers qui permettent d’accéder au sommet. Le plus facile est celui qui part du parking de l’Aileron (Ajoupa Bouillon, Morne Rouge). Après avoir atteint le dôme de l’Aileron, le sentier se poursuit jusqu’à la Caldeira, avant d’atteindre le Chinois qui n’est autre que le sommet du cône de 1929. La montée n’a rien de vraiment technique mais les pierres et les marches sont souvent glissantes et il faut donc faire preuve de prudence.

Aujourd’hui, aucune manifestation éruptive n’est visible sur la Pelée, mais l’Observatoire volcanologique et sismologique de Martinique (OVSM) a conseillé le 3 décembre 2020 le passage du volcan au niveau d’alerte Jaune (2ème niveau d’alerte sur une échelle qui en comporte 4). Cette préconisation fait suite à la détection de l’évolution de signaux sismiques.

Les chercheurs ont dressé le 8 janvier 2021 un bilan hebdomadaire très précis de la situation. Ils expliquent que « entre le 1er janvier 2021, 16 heures et le 8 janvier 2021, 16 heures, l’OVSM a enregistré́ au moins 65 séismes de type volcano-tectonique de magnitude inférieure ou égale à 1″. Cette hausse de la sismicité serait due à des signaux haute fréquence auxquels s’ajoutent des micros-fracturations.

Depuis le début de l’année, l’OVSM a relevé 249 signaux sismiques longue période (LP) qui ont surtout eu lieu à deux moments, entre minuit et 2 heures le 3 janvier et entre 21h le 3 janvier et 2h le 4 janvier. Les chercheurs ont également enregistré 2 séismes LP isolés. Toutefois, aucune secousse n’a été ressentie par la population.

Selon l’OVSM, cette hausse de la sismicité est normale quand le volcan entre en « phase de réactivation volcanique ». La Montagne Pelée est entrée dans cette phase en avril 2019. L’auteur du dernier rapport précise qu’il s’agit « clairement d’une perturbation du système hydrothermal, probablement engendrée par la circulation de fluides chauds et pressurisés d’origine hydrothermale et/ou magmatique ».

Si la Montagne Pelée présente ces signes d’activité, les scientifiques écartent cependant la possibilité d’une éruption à court terme.

Le reportage de France Info souligne la beauté de la Montagne Pelée qui pourrait figurer prochainement au Patrimoine mondial de l’Unesco. Le volcan dispose de plusieurs atouts pour cela. Outre son intérêt volcanologique, la montagne est très intéressante du point de vue de la biodiversité, avec un fort taux d’endémisme. Certains Martiniquais se demandent pourquoi la Pelée n’appartient toujours pas au Patrimoine de l’Unesco alors que la Chaîne des Puys (Auvergne) au passé éruptif moins glorieux l’a intégré, après plusieurs tentatives, il est vrai…

Si les nuages de la Montagne Pelée vous contraignent à une attente prolongée pour entreprendre l’ascension, vous pourrez patienter en lisant l’ouvrage « Quatre-vingt-dix secondes «  de Daniel Picouly, paru chez Albin Michel en 2018.

Photos : C. Grandpey