Eruption de La Soufrière de Saint-Vincent: pas de danger immédiat // Eruption of St Vincent’s La Soufriere: no immediate danger

L’éruption de La Soufrière continue à Saint-Vincent-et-les Grenadines avec une activité fumerollienne, l’expansion du nouveau dôme et l’augmentation de l’activité sismique. L’île reste en alerte Orange.

Dans une interview, le responsable de l’équipe scientifique de l’UWI, le Dr Thomas Christopher, s’est montré plutôt rassurant sur l’évolution l’éruption en cours. Parlant des effondrements, il a expliqué que tant que le dôme grossira lentement, il n’y aura pas d’effondrement majeur car il y aura moins d’instabilité. Cependant, si la vitesse de croissance vient à augmenter, il y aura un risque plus important d’effondrement. La surveillance du nombre d’effondrements peut être un excellent moyen de savoir à quelle vitesse le dôme se développe. Le Dr Christopher a ajouté que l’apparition d’effondrements n’était absolument pas le signe d’une éruption explosive ; c’est juste une indication que le dôme est en train de croître.

Le Dr Christopher a expliqué que les informations recueillies sur la sismicité, le dégazage et le volume du dôme donnent à l’équipe scientifique des indications sur le comportement du volcan et comment peut évoluer la situation. Un problème est qu’il n’y a pas d’équipement de contrôle permanent du dégazage sur l’île.

Les dernières mesures montrent que le nouveau dôme a un volume d’un peu moins de 6 millions de mètres cubes, ce qui signifie qu’il a grossi d’un million de mètres cubes en 12 jours. En moyenne, il ajoute environ 1 million de mètres cubes tous les huit jours,. Cela montre qu’il y a un léger ralentissement de la croissance, mais ce n’est pas suffisant pour dire qu’il y a un changement dans le comportement du système volcanique. Le Dr Christopher souhaite qu’il y ait des mesures plus fréquentes pour voir comment l’éruption progresse.

Au vu de la situation actuelle, le danger n’a pas augmenté pour la population à proximité immédiate dans la mesure où le dôme reste confiné à l’intérieur du cratère. L’éruption ne menace pas la vie des personnes qui vivent sur les basses pentes du volcan. Le seul danger serait pour ceux qui décident de monter au sommet et de descendre dans le cratère. Le Dr Christopher ajoute que les personnes sur les flancs du volcan ne sont pas plus en danger qu’elles ne l’étaient au début de l’éruption.

Source: News 784.

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The eruption of La Soufriere volcano on St Vincent and the Grenadines continues with fumarolic activity, expansion of the new dome, and increased seismic activity. The country remains on Orange Alert.

In an interview, UWI lead scientist Dr Thomas Christopher was rather reassuring about the current eruption. Speakibg about rockfalls, he said that if the dome grows slowly, there will not be constant rockfalls since there will be less instability. However, if the growth rate were to pick up naturally, there would be more rockfalls. Monitoring the rate of rockfall can be an excellent way to tell how fast the dome is growing. Dr Christopher added that the occurrence of rockfalls does not indicate an explosive eruption of any kind; it merely tells us the dome is growing.

Dr Christopher explained that the information collected from the earthquakes, degassing, and dome volume gives the scientific team a clear idea of what the volcano is doing and what may occur. One problem is that there is no permanent degassing equipment on the island.

The latest survey shows that the new dome is just under 6million cubic metres, which means it added one million cubic metres in 12 days. On average it was adding about 1 million cubic metres every eight days, so there is a slight slowing of the rate, however that is not significant to say there is a change in the behaviour of the system. Dr Christopher wishes there would be more frequent measurements to see how the eruption is progressing

Based on the volcano’s configuration and how the eruption is progressing, the danger has not increased to the population in the immediate vicinity since the dome is contained. The eruption is not threatening the lives of the people who are living on the lower flanks of the volcano right now. The only danger would be to those who decide to go up at the summit, and down into the crater. Dr Christopher says the people on the volcano’s flanks are in no more danger than they were at the start of the eruption.

 Source: News 784.

Source : UWI

Eruption de la Montagne Pelée : une très belle BD !

Il y a quelques semaines, j’ai regardé par hasard un épisode de l’émission « Echappées belles » consacré à la Martinique. Un chapitre abordait l’éruption de 1902 et s’attardait sur les épaves qui reposent aujourd’hui au fond de la baie de Saint Pierre. Il était fait allusion à une bande dessinée retraçant cette journée tragique.

En faisant quelques recherches sur Internet, j’ai réussi à me procurer la bande dessinée intitulée « Saint Pierre, l’escale infernale ». Les auteurs sont Dominique Sérafini, plongeur et dessinateur ; Jacques-Yves Imbert et Patrick Sardin, plongeurs passionnés d’épaves et d’histoires maritimes.

Il y a quelques jours, j’ai reçu l’ouvrage dédicacé par Dominique Sérafini que je remercie pour sa gentillesse. Si, comme moi, vous aimez Saint Pierre et l’univers de la Montagne Pelée, n’hésitez pas à vous procurer la BD car elle est superbe.

Elle se divise en 5 chapitres qui font d’abord pénétrer dans la Martinique à l’époque des Amérindiens, des conquistadors, puis de l’esclavage jusqu’à son abolition en 1848 grâce à Victor Schoelcher.

On débarque ensuite dans ‘le petit Paris’ des Antilles, avec les bateaux qui viennent faire escale dans les semaines précédant l’éruption. On nous explique pourquoi les autorités, pour de basses raisons électoralistes, rechignent à faire évacuer la population.

L’éruption du 8 mai 1902 est magnifiquement illustrée, avec les visages terrorisés des marins et des Pierrotins. Tous les navires, à l’exception du Belem, échappé comme par miracle, gisent maintenant au fond de la baie.

Les plongeurs, Jacques-Yves Cousteau en tête, vont découvrir quelques décennies plus tard ‘le trésor des épaves’, sans oublier les coraux et les poissons qui y ont élu domicile. Les plongeurs ont exploré en particulier l’épave du Roraima, l’un des premiers navires à vapeur, qui n’a pas eu le temps de reprendre la mer.

Plusieurs textes fort bien illustrés viennent compléter la BD dont la lecture peut continuer en cliquant sur ce lien :

https://www.saintpierrebd.com/

Je ne vous en dis pas plus.

L’ouvrage a pu être réalisé grâce à une souscription. Il coûte 20 euros. Je me le suis procuré par l’intermédiaire du site Plongez.fr :

https://www.plongez.fr/produit/saint-pierre-lescale-infernale/

Image extraite du site web de Dominique Sérafini :

https://dominiqueserafini.com/bande-dessinees-saint-pierre-escale-infernale

Nouvelles fouilles à Herculanum // New excavations at Herculaneum

En 79 après JC, Pompéi et Herculanum furent toutes deux détruites par l’éruption du Vésuve. Même si Pompéi est mieux connue qu’Herculanum avec ses maisons richement décorées, ce dernier site recèle de nombreux trésors encore enfouis sous les cendres vomies par le volcan.

Les archéologues vont entreprendre des fouilles sur une ancienne plage d’Herculanum. Il y a de fortes chances pour qu’elles s’accompagnent de découvertes importantes. Il y a 40 ans, les dernières fouilles avaient révélé les squelettes de dizaines de Romains qui avaient été tués alors qu’ils tentaient de fuir la catastrophe. Les archéologues avaient également fait apparaître des bâtiments effondrés avec des plafonds en bois bien conservés, ainsi que des sacs d’argent et de bijoux que les gens avaient précipitamment emportés avec eux alors qu’ils quittaient leurs maisons.

Il est prévu que les fouilles atteignent le niveau de la plage, là où elle se trouvait au moment de l’éruption. Ce sera l’occasion d’acquérir des informations utiles sur la vie à cette époque et sur le processus de destruction de la ville.

Les fouilles s’annoncent compliquées. En effet, en raison du déplacement du littoral suite à l’éruption, l’ancienne plage se trouve désormais à environ 5 mètres sous le niveau de la mer, ce qui signifie qu’il existe un risque d’infiltration d’eau. L’installation de  pompes et de tuyaux sera nécessaire pour empêcher que le site soit inondé.

Les fouilles seront effectuées grâce à un partenariat public-privé et dans le cadre du Projet de Conservation d’Herculanum qui a permis de protéger les vestiges de la ville romaine pendant près de 20 ans.

Des fouilles partielles ont déjà eu lieu sur la plage dans les années 1980. Les archéologues ont alors découvert les squelettes d’environ 300 hommes, femmes et enfants. Certains d’entre eux avaient tenté de s’abriter de l’éruption dans des hangars à bateaux le long de la plage mais ont été incinérés par la chaleur extrême générée par l’éruption. Leurs crânes ont carrément explosé et leur chair s’est vaporisée. La découverte la plus récente concerne une matière cérébrale qui a été vitrifiée par la chaleur de l’éruption. (Voir mes notes du 26 janvier et du 9 octobre 2020). La mort de ces habitants fut encore plus horrible que celle de nombreux autres habitants de Pompéi et d’Herculanum, morts étouffés par la cendre et les gaz nocifs.

Source: Yahoo News / The Telegraph.

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In AD 79, Pompeii and Herculaneum were both destroyed by the eruption of Mt Vesuvius. Even though Pompeii has got more popularity than Herculaneum with its richly decorated houses, the latter has many treasures still concealed under the ash vomited by the volcano.

Archaeologists are about to excavate an ancient beach at Herculaneum. Experts hope the dig will yield important discoveries, 40 years after the last excavation at the site revealed the skeletons of dozens of Romans who had were killed as they tried to flee the catastrophe.

Discoveries made in the past also include collapsed buildings complete with preserved wooden ceilings and bags of money and jewels, which desperate people grabbed as they fled their homes.

The excavation is expected to reach the level of the beach as it was at the moment of the eruption. It will provide an opportunity to acquire useful information about life in the city at the time of the eruption and the dynamics of the destruction.

The excavations will be challenging. Indeed, because of the shifting of the coastline following the cataclysmal eruption, the ancient beach now lies around 5 metres beneath sea level, meaning there is a risk of water seepage. Pumps and pipes will be required to stop the site from flooding.

The excavation will be a public-private partnership involving archaeologists and the Herculaneum Conservation Project, which has helped protect the remains of the Roman town for nearly 20 years.

The ancient beach was partially excavated in the 1980s, when archeologists came across the skeletons of around 300 men, women and children. Some of them had tried to shelter from the eruption in boat sheds along the beach but were incinerated by the extreme heat generated by the eruption, which made their skulls explode and their flesh vaporise. The latest discovery concerns ancient brain matter that was turned into glass as a result of the eruption. (See my posts of 26 January and 9 October, 2020). The fate of these residents was even more gruesome than that of many other inhabitants of Pompeii and Herculaneum, who died from suffocation by ash and noxious gases.

Source : Yahoo News / The Telegraph.

Vue des hangars à bateaux le long de la plage où de nombreux Romains ont été incinérés par la chaleur extrême générée par l’éruption (Crédit photo : Wikipedia)

La survie des plus aptes // The survival of the fittest

Dans une note publiée le 22 juillet 2020, j’expliquais que, contrairement à l’idée reçue, la vie est présente dans les environnements les plus extrêmes. Par exemple, des espèces extrémophiles se développent autour de «fumeurs noirs», bouches hydrothermales au fond des océans.

La vie est également présente à très haute altitude. Au cours d’une expédition dans le nord du Chili au début de l’année 2020, des biologistes américains et chiliens ont mis la main sur une souris à croupion jaune (Phyllotis xanthopygus rupestris) au sommet du volcan chilien Llullaillaco (6600 m.). Cette souris a battu le record du monde d’altitude pour un mammifère observé par les scientifiques. En 2019, la même espèce de souris avait été repérée à 6100 m. d’altitude.

On vient d’apprendre que des scientifiques ont redécouvert une espèce rare de souris vivant en milieu volcanique que l’on pensait disparue à jamais. Le petit rongeur a survécu à l’éruption cataclysmale du Pinatubo (Philippines) en 1991. L’éruption a tué quelque 800 personnes et détruit le paysage tout autour. Plusieurs années après l’éruption, des expéditions ont étudié la région et ont été surpris de constater qu’une faune très diversifiée avait survécu au cataclysme, avec en particulier des chauves-souris et une souris très rare vivant en milieu volcanique.

Les biologistes ont publié les résultats de leurs recherches dans le Philippine Journal of Science en janvier 2021. On peut lire que lorsque le Pinatubo est entré en éruption, une unique espèce de souris était censée vivre sur le volcan, et les scientifiques étaient persuadés que l’espèce s’était éteinte avec l’éruption. En fait, ils avaient tort d’être aussi pessimistes.

Apomys sacobianus, la souris du Pinatubo, avait été identifiée à partir d’un spécimen unique décrit en 1962 et conservé au Musée national d’histoire naturelle des États-Unis. Les chercheurs sont retournés sur le Pinatubo plusieurs dizaines d’années après l’éruption pour dresser un bilan des mammifères qui y vivaient autrefois. Leur visite a offert beaucoup de surprises. Les forêts d’autrefois étaient remplacées par une végétation clairsemée et broussailleuse au sein de laquelle les rongeurs indigènes pullulaient.

Parmi eux figurait la souris du Pinatubo qui avait certes survécu, mais sa population était aussi en plein essor. Les biologistes ont eu du mal à croire qu’une espèce vivant dans une zone aussi restreinte ait pu survivre à une catastrophe volcanique qui avait détruit des forêts entières.

Au vu de ces découvertes, le Pinatubo pourrait devenir un laboratoire naturel servant à observer le rétablissement de l’habitat et le réassemblage de la vie animale après une éruption. Une telle étude pourrait aussi être utile dans le cadre de la régénération des nombreuses zones de déforestation.

Source: Cnet.

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In a post released on July 22nd, 2020, I explained that, contrary to what many people think, life is present in the most extreme environments. For instance, extremophile species develop around « black smokers », hydrothermal vents at the bottom of the oceans.

Life is also present at very high altitude. During a mountaineering expedition in northern Chile in early 2020, U.S. and Chilean biologists spotted and captured a yellow-rumped leaf-eared mouse (Phyllotis xanthopygus rupestris) atop the 6,600 m summit of the Chilean volcano Llullaillaco. The mouse broke the world record for the highest-dwelling mammal documented by scientists to date. In 2019, the same species of mouse was spotted at 6,100m.

Scientists have rediscovered a rare volcano mouse species thought to be extinct. It survived the devastating eruption of M Pinatubo (Philippines) in 1991. The eruption  killed an estimated 800 people and destroyed the landscape around it. Later expeditions to study the wildlife in the area turned up the surprising survival of a diverse group of fauna, including bats and a very rare volcano-dwelling mouse.

The researchers published their findings in the Philippine Journal of Science in January 2021. One can read that when Pinatubo erupted, a little species of mouse was thought to live only on that one mountain, and biologists thought it had become extinct as a result of the event. Actually, they were wrong.

Apomys sacobianus, the Pinatubo volcano mouse, was previously known from a single specimen described in 1962 and kept at the US National Museum of Natural History.  Researchers returned to Mt Pinatubo a couple of decades after the eruption to find out what had become of the mammals that once lived there. Their visit offered quite a lot of surprises. Despite the fact that all areas surveyed supported sparse, scrubby second-growth vegetation rather than forest, native rodents were abundant everywhere.

The Pinatubo volcano mouse had not only survived, its population was booming. The biologists could hardly believe that a species found in such a localized area made it through a volcanic catastrophe that wiped out entire forests.

It seems Mt. Pinatubo could become a natural laboratory to monitor habitat recovery and community re-assembly following the eruption. Such information would be helpful in efforts to regenerate the many areas that have been deforested by people.

Source : Cnet.

La souris du Pinatubo (Source : Field Museum)