Des règles plus strictes pour protéger l’Everest // Stricter rules to protect Mount Everest

Au Népal, la Chambre des Députés a adopté en février 2026 un texte législatif qui instaure des règles plus strictes pour l’alpinisme, des dispositions renforcées en matière de sécurité et d’assurance, ainsi qu’un fonds permanent pour l’environnement destiné à la dépollution des hautes montagnes du pays, notamment l’Everest.

Crédit photo: Wikipedia

Le Parlement népalais a approuvé la proposition à l’unanimité. Le projet de loi vise à diversifier et à réglementer de manière systématique le secteur touristique népalais, tout en renforçant les normes de sécurité et environnementales en alpinisme.
Pour la première fois, la réglementation de l’alpinisme est intégrée à la loi sur le tourisme afin d’en renforcer l’application. La Chambre des Députés a également ordonné au gouvernement de rechercher des solutions durables pour préserver la propreté des montagnes népalaises et prévenir les accidents mortels.
Le projet de loi a été soumis au Sénat pour ensuite être approuvé par référendum lors des élections du 5 mars 2026. Après son adoption par le Sénat, le texte retournera à l’Assemblée nationale avant d’être transmis au Président pour authentification. Les responsables du ministère du Tourisme estiment que, si le processus se déroule sans encombre, il faudra environ trois mois pour que la loi soit applicable.

L’accumulation de déchets au camp de base est devenue un réel problème environnemental (Crédit photo: Wikipedia)

Une disposition clé du projet de loi est l’instauration d’un certificat médical récent et obligatoire pour tous les membres d’une expédition en haute montagne. Lors de la demande d’autorisation d’ascension, chaque membre de l’expédition, y compris le chef d’expédition, le guide et les autres membres du personnel d’assistance, devra fournir un certificat médical datant de moins d’un mois. Les autorités affirment que cette mesure vise à réduire les décès évitables et les urgences médicales en haute altitude.
Pour les sommets nécessitant une autorisation préalable, les alpinistes devront soumettre une demande au Département du Tourisme, accompagnée d’un plan d’ascension détaillé, des frais engagés et des pièces justificatives. Sur la base de la demande et des pièces jointes, le Département peut délivrer une autorisation d’ascension précisant l’itinéraire et les conditions autorisées. L’autorisation sera refusée à toute personne dont l’état de santé sera jugé insatisfaisant, que ce soit pour l’ascension elle-même ou pour accompagner une expédition.
Le projet de loi introduit également une exigence d’expérience significative pour les aspirants alpinistes à l’ascension de l’Everest. Ainsi, un permis d’ascension de l’Everest ne sera délivré que si le demandeur a prouvé avoir déjà gravi au moins un sommet de plus de 7 000 mètres au Népal. Les autorités affirment que cette disposition vise à freiner le nombre croissant d’alpinistes inexpérimentés tentant l’ascension du plus haut sommet du monde, une tendance souvent pointée du doigt pour expliquer les embouteillages au sommet, les accidents et la surcharge des services de secours.

Embouteillage au sommet de l’Everest (Source: presse népalaise)

Le projet de loi comprend également des dispositions relatives aux saisons d’ascension, aux frais de dossier, aux conditions d’obtention des permis, aux services d’expédition obligatoires, aux normes à respecter lors des expéditions, ainsi qu’aux seuils d’âge et d’expérience requis pour les alpinistes.
L’un des points forts de cette législation est la création d’un Fonds de protection de l’environnement et de bien-être des alpinistes. Le gouvernement établira ce fonds afin d’assurer la protection sociale des alpinistes et du personnel d’assistance en montagne, ainsi que pour financer les actions de protection de l’environnement en haute altitude. Point important, la taxe de gestion des déchets en montagne, perçue lors de la délivrance des permis d’ascension, sera directement versée à ce fonds par le ministère.
Source : The Kathmandu Post.

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Nepal’s National Assembly has passed the Integrated Tourism Bill, a legislation that introduces stricter rules for mountaineering, tighter safety and insurance provisions, and a permanent environment fund aimed at cleaning up the country’s high mountains, including Mount Everest.

The Nepalese parliament unanimously endorsed the proposal. The bill seeks to diversify and systematically regulate Nepal’s tourism sector while strengthening safety and environmental standards in mountaineering.

Mountaineering rules have been incorporated into the tourism bill for the first time to strengthen enforcement. Nepal’s top court has also ordered the government to seek sustainable solutions to keep Nepal’s mountains clean and prevent deaths.

The bill moved to the House of Representatives (lower house) to be elected through the March 5, 2026 elections. After endorsement by the lower house, the legislation will return to the National Assembly before being sent to the President for authentication. Tourism ministry officials estimate that, if the process proceeds smoothly, it could take at least three months for the bill to become law.

One key provision of the bill is the introduction of mandatory, recent health certification for all members of a climbing team. While applying for a climbing permit, each member if the exoedition, including the team leader, mountain guide and other support staff, must submit a health certificate issued within the previous month. Authorities say this measure aims to reduce preventable deaths and medical emergencies at high altitude.

For mountains requiring prior approval, climbers must submit an application to the Department of Tourism along with a detailed mountaineering plan, prescribed fees and supporting documents.

Based on the application and its attachments, the department may grant a climbing permit specifying the approved route and conditions. Permission will not be granted to any individual whose health condition is deemed unsatisfactory, either for climbing or accompanying a team.

The bill also introduces a significant experience requirement for aspiring Everest climbers.

A permit to climb Mount Everest will be issued only after an applicant provides proof of having previously summited at least one mountain higher than 7,000 metres in Nepal.

Officials say this provision is intended to curb the growing number of inexperienced climbers attempting the world’s highest peak, a trend often blamed for congestion, accidents and strain on rescue services.

Additional provisions in the bill cover climbing seasons, application fees, permit conditions, required expedition services, standards to be maintained during expeditions, and age and experience thresholds for climbers.

A major highlight of the legislation is the formation of an Environment Protection and Mountaineers’ Welfare Fund. The government will establish the fund to ensure social security for climbers and mountaineering support staff, as well as to finance environment protection efforts in high-altitude regions. Importantly, the mountain garbage management fee collected at the time of issuing climbing permits will be deposited directly into the fund by the department.

Source : The Kathmandu Post.

Érosion côtière en Islande // Coastal erosion in Iceland

J’ai déjà mis en garde à plusieurs reprises sur ce blog contre le danger des vagues à la plage de sable noir de Reynisfjara, dans le sud de l’Islande. Mais aujourd’hui, le message d’alerte est différent. Ces dernières semaines, la force inhabituelle des vagues a provoqué une importante érosion côtière à Reynisfjara, modifiant radicalement l’aspect et l’accessibilité de cette célèbre plage.
Des portions des colonnes de basalte qui se dressent au-dessus du rivage et sont un élément caractéristique de Reynisfjara, se retrouvent les pieds dans l’eau. Normalement, ces colonnes se dressent au ras du rivage, mais la forte houle et les vents persistants ont déplacé le sable et la roche de façon si spectaculaire que ce n’est plus le cas. Le sable qui protégeait le pied des falaises a été emporté, laissant les rochers et les colonnes à l’air libre et transformant le paysage d’une manière inédite. Un habitant a estimé que l’océan avait érodé l’intérieur des terres de plusieurs dizaines de mètres par endroits, faisant disparaître la plage dans sa totalité.

Reynisfjara en 2022 (Photo: C. Grandpey)

Vue du littoral à Reynisfjara Beach le 9 février 2026 (Crédit photo : réseaux sociaux)

Selon les services météorologiques et côtiers, la cause de cette érosion littorale se trouve dans une période prolongée de forts vents d’est et une forte houle en janvier et début février. Ce régime météorologique a généré à plusieurs reprises de puissantes vagues qui ont frappé la côte sud. Ce phénomène a intensifié les processus côtiers naturels et déplacé le sable et les pierres bien plus que d’habitude à cette période de l’année.
L’érosion est si importante que certains sentiers pédestres et accès à la plage sont désormais plus proches du rivage que d’ordinaire, et que, par endroits, des zones auparavant accessibles ne sont plus praticables en toute sécurité.
Experts et habitants soulignent que si l’érosion côtière est un processus naturel le long des côtes islandaises, façonnées au fil des millénaires par l’activité volcanique et les puissantes vagues de l’Atlantique Nord, le niveau de changement actuel est exceptionnellement rapide et étendu. Là encore, du jamais vu !
Face à ces changements récents subis par le littoral islandais, les autorités et les organisations locales continuent de surveiller la situation et rappellent aux visiteurs de rester sur les sentiers balisés et les points de vue aménagés, et de respecter la signalisation de sécurité qui a récemment été renforcée. Compte tenu du paysage modifié et de la houle imprévisible, s’approcher de l’ancien rivage ou marcher près des falaises est dangereux et fortement déconseillé.

Sources : ARCTIC PORTAL.org.

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I have warned several times on this blog about the danger of the waves at Reynisfjara Black Sand Beach in southern Iceland.But today, the warning is different. Unusually strong ocean forces over recent weeks have caused extensive coastal erosion at Reynisfjara, dramatically changing the appearance and accessibility of the famous Black Beach.

Sections of the basalt column formations have been pushed out into the ocean by wave action. Normally these columns stand right at the shoreline, but heavy seas and persistent winds have shifted sand and rock so dramatically that this is no longer the case. The sand that normally protects the base of the cliffs has been swept away, leaving the rocks and columns more exposed and altering the landscape in ways they have never seen before. One resident estimated that the ocean has eroded inland by dozens of metres in some places, removing the usual beach area entirely.

Meteorological and coastal experts have pointed to a sustained period of strong easterly winds and high wave activity in January and early February as key factors driving the change. This weather pattern has repeatedly pushed powerful surf against the South Coast, intensifying natural coastal processes and moving sand and stones far more than is typical for this time of year.

The erosion has been so significant that some walking paths and beach access areas are now closer to the waterline than usual, and in some spots previously accessible areas are no longer safely reachable.

Experts and locals emphasise that while coastal erosion is a natural process along Iceland’s shores, shaped over millennia by volcanic activity and the North Atlantic’s powerful waves, the current level of change appears exceptionally rapid and extensive.

With the recent changes, authorities and local organisations are continuing to monitor conditions and remind visitors to stay on marked paths and designated lookout areas, and to respect safety signage. Given the altered landscape and unpredictable surf, approaching the old shoreline or walking closer to the cliffs is hazardous and strongly discouraged.

Sources: ARCTIC PORTAL.org.

https://arcticportal.org/

Milan-Cortina, des Jeux écologiques ? Tu parles !

Tous les quatre ans, c’est la même musique : on nous promet des Jeux d’hiver écologiques et durables, mais au final ils ne le sont jamais ! Les trois dernières éditions avaient été critiquées pour avoir été organisées sur des sites non adaptés au ski : Sotchi en Russie (2014), Pyeongchang en Corée du Sud (2018), et Pékin en Chine (2022).

Cette fois-ci, les Jeux reviennent dans les Alpes, sur des sites à 1200 ou à 1800 mètres d’altitude. C’était oublier que le réchauffement climatique fait disparaître la neige à basse et moyenne altitude. Le recours à la neige artificielle est donc obligatoire pour garantir des conditions de glisse stables et optimales.

Recouvrir une piste de ski de neige de culture coûte une petite fortune. Il faut compter entre 30 000 et 40 000 euros pour un kilomètre. Pour rappel, cette neige est fabriquée à partir d’eau, d’électricité et d’air comprimé, puis pulvérisée à grand renfort de canons. En Italie, près de 90 % des stations de ski dépendent aujourd’hui de cet enneigement artificiel. Près de 2,5 millions de mètres cubes de neige artificielle devraient être nécessaires rien que pour les compétitions à venir.

Soixante-dix ans après l’édition de 1956 à Cortina, les compétitions seront réparties entre cette station et Milan, mais aussi Bormio, Livigno, Anterselva, Predazzo, Lago di Tesero. On nous avait promis que ces Jeux 2026 seraient les premiers Jeux d’hiver véritablement “durables”, en cohérence avec l’Agenda olympique 2020 du CIO. De belles paroles, car sur le terrain, ce n’est pas vraiment le cas !

Dans les Alpes, le réchauffement climatique est bel et bien une réalité et une expérience quotidienne. Les hivers raccourcissent, les épisodes de redoux se multiplient, la limite pluie-neige remonte inexorablement. À basse et moyenne altitude, la neige naturelle devient incertaine, parfois absente. À Cortina, il a commencé à vraiment neiger une dizaine de jours avant le début des Jeux. Les organisateurs commençaient à se gratter sérieusement la tête.

D’un point de vue environnemental, le choix de la neige de culture n’est pas neutre. Produire de la neige artificielle exige d’importants volumes d’eau, souvent stockés à l’automne dans des retenues collinaires, et une consommation électrique croissante à mesure que les températures augmentent. Plus il fait chaud, plus il faut d’énergie pour produire une neige conforme aux exigences sportives.

À Cortina, cette dépendance de la neige de culture est renforcée par la nature des disciplines accueillies. Certaines épreuves exigent une qualité de neige constante, une stabilité du manteau neigeux et des conditions de sécurité strictes. Là où la montagne ne les fournit plus, la technologie prend le relais, et ceci à n’importe quel coût, y compris dans un contexte de stress hydrique croissant et de tensions sur l’accès à l’eau.

Par ailleurs, le CIO promettait pour les Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026 un nouveau modèle plus sobre, plus respectueux des territoires. En réalité, il n’en est rien : la dispersion géographique des sites a nécessité la création ou la modernisation de routes, de lignes ferroviaires et d’équipements sportifs. Ces Jeux, répartis sur 22 000 km², multiplient les flux, les routes, les réseaux d’eau…

S’agissant du coût de ces Jeux d’hiver, les investissements publics se chiffrent en milliards d’euros, dont une part importante pour des infrastructures qui ne seront pleinement utilisées que durant quelques semaines. Le budget initialement affiché en 2019 a été triplé pour atteindre 5,2 milliards d’euros à ce jour.

Source : presse française et transalpine.

En 2030, ce sera au tour des Alpes françaises d’accueillir les Jeux d’hiver. Il y a de fortes chances pour que l’on parle à nouveau de neige et de budget…

Fermeture de plus en plus de stations de ski

S’il est un sujet qu’il faut éviter d’aborder au cours d’une conversation avec les Savoyards ou les Isérois, c’est le réchauffement climatique. J’en ai fait l’expérience à plusieurs reprises dans les stations de ski alpines. De toute évidence, les gens qui y vivent savent que le risque est bien présent, mais ils ne veulent pas se faire peur en en parlant !

Pourtant, les faits sont là : les stations de basse et moyenne altitude ferment les unes après les autres, faute de neige. On fait souvent valoir des raisons économiques, mais il ne faut pas se voiler la face, l’or blanc se réduit comme peau de chagrin.

Un article paru sur le site de France Info confirme qu’il s’agit essentiellement de petits sites en difficultés économiques dans un contexte de réchauffement climatique et de baisse de l’enneigement en basse et en moyenne montagne. Les stations de haute altitude ne sont pas concernées pour le moment, mais si l’accélération de la hausse des températures continue, elles seront impactées elles aussi.

À plus basse altitude, les remontées mécaniques ne redémarreront pas cette année. Elles sont arrêtées définitivement, comme dans la station des Aillons-Margériaz 1000 en Savoie, du Gaschney dans le massif des Vosges, et de Hautacam dans les Hautes-Pyrénées. Ces trois stations s’ajoutent aux 201 domaines skiables qui ont été contraints de fermer leurs pistes depuis les années 1950.

Le rythme de ces cessations d’activités est relativement régulier dans le temps. Selon un géographe qui a fait des recherches approfondies, « deux, trois, quatre, parfois cinq sites ferment chaque année. » Il a toutefois constaté un changement à partir du début des années 2000, avec la mise à l’arrêt de domaines skiables de plus en plus importants, et notamment de stations de sports d’hiver à part entière. Ainsi quinze ont été en difficulté et huit d’entre elles ont mis la clé sous la porte.

Du point de vue géographique, la majorité des sites fermés sont localisés dans les Alpes : 121 domaines sur les 204. Mais ce chiffre représente moins de 30% de l’ensemble des stations recensées dans le massif alpin. Les plus forts taux de fermeture sont relevés dans les Vosges (44% des stations du massif), et surtout dans le Massif central, où 60% des domaines ont arrêté leurs remontées mécaniques. Ces massifs ont pour point commun d’être essentiellement constitués de basse et moyenne montagne, à moins de 2 000 mètres d’altitude. De ce fait, ils font partie des reliefs français les plus exposés à la raréfaction de la neige dans un contexte de réchauffement d’origine anthropique. Le principal motif de fermetures est économique, mais il est forcément lié au réchauffement climatique et au manque de neige. Parmi les autres causes identifiées par le chercheur figurent notamment la raréfaction des classes de neige à partir des années 1980 et 1990, mais aussi la concurrence avec les grandes stations ainsi que les frais de maintenance des remontées mécaniques.

Le nerf de la guerre reste bien sûr la neige qui a tendance à tomber à des altitudes de plus en plus élevées. On peut se demander jusqu’où la liste des fermetures de stations s’allongera dans les prochaines années. Dans un rapport publié en février 2024, la Cour des comptes a estimé que seules « quelques stations » pourront espérer poursuivre leur exploitation après 2050, compte tenu de l’impact du réchauffement planétaire. Là encore, les propos de la Cour des Comptes sont tempérés par Domaines skiables de France, la chambre professionnelle des opérateurs des stations de sports d’hiver qui met en avant des techniques comme le damage des pistes ou l’utilisation de neige artificielle qui devraient permettre à une large majorité des stations de poursuivre leurs activités au-delà de 2050. Ce qu’omet de dire le directeur de cette chambre, c’est que la production de neige artificielle à des températures positives est extrêmement coûteuse et énergivore, et néfaste pour l’environnement.

Dans une note publiée en octobre 2025, Météo-France résume les conséquences attendues du réchauffement climatique dans les montagnes d’ici la fin du siècle. L’institut y explique que le nombre de jours de neige, qui a déjà baissé de plusieurs semaines par rapport à la fin du 20ème siècle, devrait continuer de décroître fortement dans les prochaines décennies sur les massifs français.

Arrivera un jour où les enneigeurs ne suffiront plus à subvenir aux besoins des stations de sports d’hiver (Photo: C. Grandpey)