La guerre de l’eau aura lieu

Concentrations de CO2 : 424,82 ppm (15 septembre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Je ne cesse de le répéter depuis plusieurs années : l’accélération du réchauffement climatique: avec la fonte de la banquise et des glaciers, va inévitablement déboucher sur une guerre de l’eau. J’ai expliqué que les glaciers de l’Himalaya représentaient un château d’eau pour les populations de l’Asie. La fonte des glaciers alpins est très inquiétante ; eux aussi vont disparaître. Plus de glaciers sur les montagnes = plus d’eau dans les vallées.

Photo: C. Grandpey

À plus petite échelle, plus près de nous, la baisse de niveau du lac de Vassivière sur le Plateau de Millevaches ne pourra pas être éternelle. Faute de précipitations dignes de ce nom, EDF va devoir un jour ou l’autre fermer les vannes, avec des conséquences économiques et humaines faciles à comprendre. Aucune pluie n’est prévue dans les prochaines semaines en Limousin.

Crédit photo : Samuel Chassaigne – France Télévisions

La presse poitevine nous explique aujourd’hui que la guerre de l’eau a déjà commencé dans le Marais Poitevin (Deux-Sèvres) où les canaux ont fait surnommer la région « la Venise verte ».

Photo : C. Grandpey

Cette eau met en concurrence les activités touristiques et l’agriculture et le conflit est arrivé jusqu’au sabotage. Cet été, des vannes ont été ouvertes clandestinement, laissant s’écouler près de 400 000 mètres cubes d’eau vers des zones agricoles au détriment des maraîchers et du tourisme fluvial.

Avec la réduction de l’eau dans les canaux, les bateliers s’inquiètent pour leurs promenades touristiques en barque. Au mois de juillet, le niveau de l’eau a chuté soudainement et les embarcations n’avaient plus un tirant d’eau suffisant pour pouvoir naviguer.

Crédit photo : Vendée du Sud

L’eau des canaux permet aux bateliers, aux maraîchers et aux éleveurs de travailler, mais profite aussi aux grands céréaliers. Avec les très fortes chaleurs de l’été 2026, elle a commencé à manquer et il a fallu la partager. Les tensions se sont alors exacerbées.

Plusieurs ouvrages permettant la répartition de l’eau ont été vandalisés. Au total, neuf incidents ont été recensés dans le Marais Poitevin cet été, et 400 000 mètres cubes ont été transférés illégalement.

Dans cette affaire, les agriculteurs sont pointés du doigt. Ils ne comprennent pas pourquoi en plein été on garde autant d’eau dans les canaux en amont pour faire des balades en bateau alors qu’ils sont obligés d’amener de l’eau aux bêtes à l’aide de citernes.

Vanne de répartition de l’eau (Source : France Télévisions)

Face à la multiplication des ouvertures de barrages, de nouvelles caméras de vidéosurveillance ont été installées, en plus des capteurs qui mesurent le niveau de l’eau. Il existe une quarantaine d’ouvrages de barrages, mais seul un très petit nombre est équipé en télésurveillance.

Une enquête préliminaire est en cours au tribunal de La Rochelle (Charente-Maritime). Jusqu’ici, ces ouvertures de barrages n’ont jamais fait l’objet de condamnation.

Source : presse régionale.

Il y a quelques jours, je me trouvais en Lombardie italienne où les lacs constituent de colossales réserves d’eau. Les riverains s’en servent pour la vie quotidienne, mais aussi pour arroser à foison pelouses et jardins. L’herbe est verte alors que les effets des canicules sont visibles sur la montagne avec des forêts sévèrement grillées.

Lac de Côme (Photo : C. Grandpey)

Comme je ne cesse de le répéter, tant que l’eau coule au robinet, tout va bien. Le jour où elle ne coulera plus, les gens vont s’inquiéter, mais il sera trop tard. Plusieurs secteurs de mon Limousin natal sont en crise hydrique. La région et son socle granitique ne disposent pas de nappes phréatiques. Si le réchauffement climatique avec ses canicules et sécheresses à répétition continue, ça va bientôt pleurer dans les chaumières !

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L’été météorologique 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France, et également le moins pluvieux depuis 1962. La fin de l’été et le début de l’automne correspondent normalement à la période d’étiage, où les rivières et les nappes phréatiques atteignent leurs niveaux les plus bas de l’année. Mais en ce mois de septembre 2026, la situation est particulièrement critique.

Au cours des mois de juin, juillet et août, le déficit pluviométrique a atteint 40% par rapport à la normale. Selon le BRGM, 61% des nappes phréatiques se trouvent en dessous des moyennes. Au 1er septembre, 44% des cours d’eau étaient en situation de rupture d’écoulement ou d’assec.

La sécheresse continue de s’aggraver et aucune pluie n’est attendue dans les prochaines semaines en raison de conditions anticycloniques persistantes. C’est d’autant plus inquiétant qu’à partir du 18 septembre, l’anticyclone des Açores devrait regonfler et de nouveau et apporter un temps plutôt chaud, très ensoleillé et à nouveau très sec. Météo-France ajoute que cette situation anticyclonique devrait persister encore pour la semaine suivante et aucun retour durable d’un régime océanique perturbé ne se dessine pour le moment. Malgré une baisse du mercure, les températures vont rester « bien au-dessus des normales de saison, en particulier au sud », prévient Météo-France. On le sait, un temps chaud favorise l’évapotranspiration des plantes et aggrave la sécheresse des sols.

Comme le Limousin, la Bretagne et son sol granitique ne possède pas de nappes phréatiques et comme il ne pleut pas, la sécheresse est inévitable, avec des conséquences fâcheuses pour les réserves en eaux. Certains maires parlent de baisser la pression de l’eau au robinet. C’est probablement la meilleure façon de faire prendre conscience à la population de la gravité de la situation.

Source : médias d’information nationaux.

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