Le Grand Lac Salé (Utah) menacé par le réchauffement climatique // The Great Salt Lake (Utah) under the threat of climate change

Situé dans la partie nord de l’Utah, le Grand Lac Salé est le plus grand lac salé du continent américain et le quatrième lac endoréique* au monde. C’est aussi l’un des cinquante plus grands lacs de la planète. Une année ordinaire, la superficie du lac est de 4 400 km2 mais sa taille fluctue selon le volume des précipitations. Ainsi, en 1963, le lac ne recouvrait plus que 2 460 km2 alors que sa taille était de 8 547 km2 en 1983.
Selon un nouveau rapport publié dans le Salt Lake Tribune, le réchauffement climatique fait des ravages dans le Grand Lac Salé et le transforme en « une flaque d’eau ». Le lac s’est rétréci de façon spectaculaire et ne contient plus que la moitié de sa moyenne historique. L’Utah est l’un des nombreux États de l’Ouest des Etats Unis à connaître des conditions de sécheresse extrême que les chercheurs attribuent au réchauffement climatique. En juillet 2021, l’eau du lac a atteint un nouveau niveau catastrophique.
Le réchauffement climatique est en grande partie responsable de la vitesse à laquelle le Grand Lac Salé disparaît, mais le détournement par l’Homme des cours d’eau qui s’y déversent a également affecté son niveau. Au final, selon le Salt Lake Tribune, de plus en plus de rivages sont désormais exposés, avec une menace pour les artémias qui vivent dans ce qui reste du lac et les oiseaux qui en dépendent pour se nourrir.
Bien que l’eau du lac ne soit pas potable pour la population, elle abrite un écosystème qui présente des effets bénéfiques. Les tempêtes de neige à effet de lac, par exemple, apportent de l’eau à une grande partie de la région environnante. En revanche, l’assèchement du lac constitue une menace pour la qualité de l’air à Salt Lake City et introduit davantage de poussière dans le manteau neigeux. Comme dans l’Arctique, on observe un déclin de l’albédo, ce qui fait fondre la neige plus tôt dans l’année; cela perturbe encore davantage l’approvisionnement en eau dans l’écosystème environnant. Le lac est confronté à une séquence d’événements en cascade contre laquelle les scientifiques mettent en garde depuis longtemps.
Plus globalement, les climatologues expliquent qu’à mesure que nous changeons le climat, nous modifions également fondamentalement la quantité d’eau que nous obtenons et où nous l’obtenons; nous modifions aussi l’intensité des tempêtes, les précipitations, la sévérité des sécheresses et des inondations, la demande en eau des cultures et de la végétation qui nous entoure.
Sources : Yahoo News, Salt Lake Tribune.

* Le lac est endoréique ce qui signifie que toute l’eau entrant dans le lac en ressort uniquement par évaporation et non par un cours d’eau. Le lac est de ce fait beaucoup plus salé que les océans. En effet, les sels s’accumulent au fil des ans sans pouvoir être transportés hors du lac. La profondeur maximale du lac est 10,7 mètres, avec une moyenne de 4 mètres.

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Lying in the northern part of Utah, the Great Salt Lake is the largest salt lake of the American continent and the fourth endorheic* lake in the world. It is also one of the fifty laqrgest lakes on the planet. In a typical year, the surface area of the lake is 4,400 km2 but its size fluctuates with the amount of precipitation. Thus, in 1963, the lake covered only 2,460 km2 while its size was 8,547 km2 in 1983.
Climate change is taking a toll on the Great Salt Lake, rendering it “a puddle of its former self,” according to a new report published in the Salt Lake Tribune. The lake has shrunk dramatically and now holds only half as much as its historical average. Utah is one of several Western states experiencing extreme drought conditions that researchers have linked to climate change, and in July 2021, the lake’s water level hit a new low.

Climate change is a major driver behind the rate at which the Great Salt Lake is disappearing, but human diversion of tributaries that empty into it has also affected its water level. The result, according to the Salt Lake Tribune, is that more shoreline is now being exposed, threatening the brine shrimp that live in what remains of the lake and the birds that rely on them for food.

While the lake’s water is not drinkable for humans, it is home to an ecosystem that benefits them. Lake-effect snowstorms, for instance, help generate water for much of the surrounding area. The exposed dry lake, meanwhile, poses a threat to the air quality in Salt Lake City and is adding more dust into the snowpack, causing it to melt earlier in the year, further disrupting the supply of water in the surrounding ecosystem. It is a cascading sequence of events that scientists have long warned about.

More globally, climate scientists explain that as we change the climate, we are also fundamentally changing how much water we get and where we get it, the intensity of storms, rainfall patterns, the severity of droughts and floods, the demand for water from crops and from our natural vegetation.

Sources: Yahoo News, Salt Lake Tribune.

* The lake is endorheic which means that all the water entering the lake comes out only by evaporation and not by a stream. The lake is therefore much saltier than the oceans. This is because salts accumulate over the years without being able to be transported out of the lake. The maximum depth of the lake is 10.7 meters, with an average of 4 meters.

Photo du Grand Lac Salé prise par le satellite Sentinel -2B en août 2018 après des années de sécheresse. La différence de couleurs entre les parties nord et sud du lac est provoquée par la présence d’une ligne de chemin de fer.

Pas de cendre dans le nord de La Palma (Iles Canaries) // No ash in the north of La Palma (Canary Islands)

La partie nord de La Palma, peu peuplée, subit involontairement les effets de l’éruption du Cumbre Vieja dans la partie sud de l’île. La région est connue pour ses routes sinueuses et en mauvais état. La population est majoritairement très âgée; il y a peu d’enfants dans les écoles et peu d’activité économique.

Avec l’éruption du Cumbre Vieja, la situation a brusquement changé. Comme cette partie de La Palma est à l’abri de l’éruption et n’en subit pas les désagréments, beaucoup d’habitants du sud de l’île sont venus respirer le bon air du nord. Les séismes provoqués par l’éruption sont à peine ressentis dans le nord, sauf ceux autour de M 5,0 et ils sont ressentis avec moins de force que dans le reste de l’île. On n’entend pas, non plus, le rugissement permanent de la montagne de feu, et les rues ne sont couvertes de cendre .

Le maire de Garafia estime que la population de la localité a gagné quelque 400 habitants. C’est un chiffre très élevé, compte tenu du fait que les statistiques officielles reconnaissent 1730 habitants. Elle fait partie des communes ayant l’âge moyen le plus élevé des îles Canaries avec 49,3 ans, contre 42,1 ans pour l’ensemble de l’archipel. La commune occupe 14% de la superficie de La Palma et n’accueille que 2% de la population.

Pour la première fois, il y a du trafic dans la région. On a parfois du mal à garer son véhicule. La place principale est un belvédère surplombant la mer, couronné par un ancien moulin. On ne voit pas le panache de cendre émis par le volcan. Contrairement à Los Llanos de Aridane, au pied du volcan, les serveurs ne donnent pas deux sous-verres aux clients qui s’assoient en terrasse : l’un pour poser le verre et l’autre pour éviter que la cendre tombe dans la boisson.

Source: El Pais.

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The sparsely populated northern part of La Palma involuntarily suffered the effects of the eruption of Cumbre Vieja in the southern part of the island. The area is known for its winding and poor roads. The majority of the population is very old; there are few children in schools and little economic activity.
With the eruption of Cumbre Vieja, the situation suddenly changed. As this part of La Palma is safe from the eruption and not suffering from the inconvenience, many inhabitants of the south of the island came to breathe the fresh air of the north. The earthquakes caused by the eruption are hardly felt in the north except those around M 5.0 and they are felt with less force than in the rest of the island. Neither can we hear the permanent roar of the mountain of fire, and the streets are not covered with ash.
The mayor of Garafia estimates that the population of the municipality has gained some 400 residents. This is a very high figure, considering the fact that official statistics recognize 1,730 inhabitants. It is one of the municipalities with the highest average age in the Canary Islands with 49.3 years, against 42.1 years for the whole archipelago. The municipality occupies 14% of the area of La Palma and is home to only 2% of the population.
For the first time, there is more traffic in the area. It is sometimes difficult to park one’s vehicle. The main square is a belvedere overlooking the sea, crowned by an old mill. One cannot see the ash plume emitted by the volcano. Unlike Los Llanos de Aridane, at the foot of the volcano, the waiters do not give two coasters to customers who sit on the terrace: one to put the glass down and the other to prevent the ash from falling into the drink. .
Source: El Pais.

Église Nuestra Señora de la Luz à Santo Domingo de Garafía  (Crédit photo: Wikipedia).

COP 26 : l’île Maurice entre économie et écologie // COP 26: Mauritius between economy and ecology

On peut lire sur le site Réunion la 1ère un article qui montre les cas de conscience auxquels sont confrontés les responsables politiques dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il est souvent difficile de faire cohabiter intérêts économiques et sauvegarde de l’environnement. Au coeur de l’océan Indien, l’île Maurice en est le parfait exemple.

Lundi 1er novembre 2021, devant la presse, le Premier ministre de l’île Maurice s’est engagé à réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre. Il a confirmé son intention d’abandonner le charbon et d’avancer vers une production d’énergie verte. Pour y parvenir, l’île compte produire 60% de son mixte énergétique à partir des énergies vertes. Le charbon sera progressivement éliminé dans la production de l’électricité. L’utilisation des véhicules électriques sera encouragée. Des plans de soutien sont proposés aux agriculteurs pour accompagner leur transition vers une agriculture raisonnée.

Dans le cadre de la COP 26, le Premier ministre mauricien a lancé un appel aux dirigeants de la planète pour que le Glasgow Package puisse se concentrer sur la mise en œuvre de l’engagement pour un financement climatique annuel de 100 milliards de dollars américains avec un accès plus facile au profit des petits Etats insulaires en développement (PIED) et d’autres pays vulnérables à la crise du climat.

A côté de ces belles promesses, un accord – l’Offshore Petroleum Bill – a été signé par l’Etat mauricien et des compagnies pétrolières pour qu’elles recherchent du pétrole dans les Zones Économiques Exclusives (ZEE) de ses îles. Si ces investigations sont positives, l’exploitation sera autorisée. L’accord a été entériné par l’Assemblée nationale, le 26 octobre 2021, à quelques jours de la COP26!

Le Premier ministre mauricien a défendu cette démarche par l’urgence de redresser l’économie de l’île après la crise Covid. Si l’exploitation se concrétise, les sociétés se sont engagées à embaucher localement et à développer une industrie sur place. La démarche économique et politique est compréhensible, mais elle est en contradiction avec les engagements pris devant la COP26.

L’île Maurice comme La Réunion et les autres petites îles ont un bilan carbone plutôt favorable. Par nombre d’habitants, il est inférieur à celui des pays européens, des Etats Unis ou de la Chine. Pourtant, quand on ajoute les émissions des porte-conteneurs indispensables pour assurer le ravitaillement des pays, la note en CO2 explose. Ces navires fonctionnent grâce au fuel lourd. Même si de gros progrès ont été réalisés pour réduire la pollution qu’ils occasionnent, ils émettent énormément de gaz à effet de serre. Leur impact sur l’environnement et la santé reste considérable. Pourtant, aujourd’hui, ces bateaux sont indispensables et irremplaçables.

Source: Réunion la 1ére.

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One can read an article on the Réunion la 1ère website that shows the cases of conscience faced by political leaders in the fight against global warming. It is often difficult to combine economic interests with environmental protection. In the heart of the Indian Ocean, Mauritius is the perfect example.
Monday, November 1st, 2021, in front of the press, the Prime Minister of Mauritius pledged to reduce greenhouse gas emissions by 40%. He confirmed his intention to abandon coal and move towards green energy production. To achieve this, the island intends to produce 60% of its energy mix from green energies. Coal will be phased out in the production of electricity. The use of electric vehicles will be encouraged. Support plans are offered to farmers to support their transition to sustainable agriculture.
As part of COP 26, the Prime Minister of Mauritius appealed to world leaders for the Glasgow Package to focus on implementing the commitment for annual climate finance of US $ 100 billion with easier access for the benefit of Small Island Developing States (SIDS) and other countries vulnerable to the climate crisis.
Alongside these fine promises, an agreement – the Offshore Petroleum Bill – was signed by the Mauritian State and oil companies to search for oil in the Exclusive Economic Zones (EEZs) of its islands. If these investigations are positive, the exploitation will be authorized. The agreement was ratified by the National Assembly on October 26th, 2021, a few days before COP26!
The Prime Minister of Mauritius defended this approach by the urgency of recovering the island’s economy after the Covid crisis. If the exploitation materializes, the companies are committed to hiring locally and developing an industry there. The economic and political approach is understandable, but it is in contradiction with the commitments made before the COP26.
Mauritius like Reunion and the other small islands have a rather favorable carbon footprint. By number of inhabitants, it is lower than that of European countries, the United States or China. However, when one adds the emissions of container ships essential to ensure the supply of countries, the CO2 rating explodes. These ships operate on heavy fuel oil. Although great progress has been made in reducing the pollution they cause, they emit a lot of greenhouse gases. Their impact on the environment and health remains considerable. Yet today, these boats are indispensable and irreplaceable.
Source: Réunion la 1ére.

Source: Google Maps

L’exploitation minière au Groenland (suite) // Mining in Greenland (continued)

Un groupe de milliardaires américains a décidé de cautionner un nouveau projet minier au Groenland. Ils espèrent ainsi favoriser l’accès aux minéraux utilisés pour fabriquer des voitures électriques.
L’argent destiné à financer le projet trouve sa source dans une société – Breakthrough Energy Ventures – fondée par Bill Gates, et dont les investisseurs comprennent Jeff Bezos et Michael Bloomberg. Bill Gates a fondé Breakthrough Energy en 2015 dans le cadre de la lutte contre le changement climatique et il a levé 2 milliards de dollars à ce jour. Sa société a investi dans des dizaines de startups dans le domaine de l’énergie durable.
Le projet groenlandais est une coentreprise entre Bluejay Mining, une société britannique cotée en bourse, et KoBold Metals, une société américaine qui apporte 15 millions de dollars en tant qu’actionnaire majoritaire dans l’opération.
KoBold affirme que son utilisation de l’intelligence artificielle lui permet d’exploiter les minéraux de manière plus respectueuse de l’environnement. La société cible les gisements de minerai de haute qualité qui nécessitent des méthodes d’extraction moins intrusives.
Certains chercheurs sont inquiets car le projet au Groenland crée potentiellement des situations dangereuses pour l’environnement avec le risque de contamination d’un fjord. Toute perturbation de l’écosystème marin par une activité minière pourrait être catastrophique.
Ces inquiétudes illustrent les situations complexes qui opposent militants écologistes et investisseurs. Le passage des voitures à essence aux voitures électriques nécessite l’utilisation de minéraux rares pour les batteries et les puces informatiques. Mais ces minéraux ne sont pas toujours extraits proprement. Les consommateurs sous-estiment souvent les dégâts causés à l’environnement pour produire des véhicules électriques. Par ailleurs, Amnesty International a donné des exemples de violations des droits de l’homme dans des installations minières à l’étranger utilisées pour la fabrication de batteries. L’organisation dénonce l’utilisation d’enfants dans les mines en République Démocratique du Congo.
L’extraction des ressources naturelles a également été très controversée au Groenland. Au printemps dernier, ce pays de 56 000 habitants s’est rendu aux urnes pour déterminer l’avenir d’un énorme gisement de minerai. Au final, c’est le parti de gauche Inuit Ataqatigiit qui l’a emporté, à la grande joie des écologistes. Les autorités groenlandaises auraient l’intention d’interdire l’extraction de l’uranium dans le pays et ont cessé de délivrer de nouvelles licences pour l’exploration pétrolière au large des côtes.
Source : Yahoo Business News.

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A group of billionaires are backing a new mining initiative in Greenland, in what they hope will boost access to minerals used to manufacture electric cars.

The source of the billionaire money is an initiative founded by Bill Gaates, Breakthrough Energy Ventures, whose investors include Jeff Bezos and Michael Bloomberg. Gates founded Breakthrough Energy in 2015 as a vehicle for combating climate change, and it has raised $2 billion to date. The organization has invested in dozens of startups in the sustainable energy space.

The Greenland project is a joint venture between a publicly traded British firm, Bluejay Mining, and KoBold Metals, an American company that is paying $15 million for a majority stake in the operation.

KoBold says its use of artificial intelligence enables it to mine in a more environmentally friendly way. It targets high quality ore deposits that require less intrusive methods to extract.

Some researchers remain concerned. As the Greenland project creates potentially some environmentally dangerous situations with any contamination of a fjord. Any disturbance to that marine system through any activity could be catastrophic.

The concerns illustrate the complex tradeoffs facing environmental activists and investors. Shifting from gas-powered to electric cars requires scarce minerals used for batteries and computer chips. But those minerals are not always cleanly extracted. Consumers often greatly underestimate the environmental toll required to produce electric vehicles. Amnesty International has documented cases of human rights violations in overseas mine facilities used by battery companies, including use of child workers in the Democratic Republic of the Congo.

Natural resource extraction has been hugely controversial in Greenland as well. Last spring, the nation of 56,000 people headed to the polls in part to weigh in on the future of an enormous mineral deposit. In the end, the left-wing Inuit Ataqatigiit party carried the day, a boon for environmentalists. Authorities reportedly plan to ban uranium mining in the country, and have stopped issuing new licenses for offshore oil exploration.

Source : Yahoo Business News.