Champs Phlégréens (Campanie / Italie) : rien d’alarmant en ce moment // Phlegraean Fields (Campania / Italy) : nothing alarming at the moment

En Italie, la Campanie est une destination touristique très populaire, en particulier au printemps, saison où il ne fait pas trop chaud et où on peut gravir tranquillement les pentes du Vésuve et déambuler agréablement dans les rues de Pompéi. Si les visiteurs potentiels ne semblent pas préoccupés par les colères du Vésuve, ils hésitent à se rendre à Pouzzoles car les médias ont indiqué que la région des Champs Phlégréens – où se trouve cette localité -pourrait un jour exploser comme une cocotte-minute incapable de résister à la pression du magma qui frémit dans les profondeurs.

La presse s’est largement fait écho d’un essaim sismique qui a secoué les Champs Phlégréens le 26 septembre 2023, avec certaines secousses de magnitude jusqu’à M 4,2. Un nouvel essaim sismique a été enregistré dans la zone des Campi Flegrei le 18 mai 2024. avec 16 événements d’une magnitude allant jusqu’à M 2,8. En octobre 2023, le gouvernement italien a décidé de rassurer la population et de prendre une série de nouvelles mesures destinées à assurer la sécurité dans les villes et villages de cette région, avec en particulier des évaluations de la solidité des bâtiments.
En 2023, les scientifiques ont attribué la hausse de l’activité sismique au bradyséisme. Ce phénomène bien connu se caractérise par une hausse ou une baisse cyclique de la surface de la Terre due au remplissage ou à la vidange des chambres magmatiques sous la région. Des preuves de l’activité bradysismique sont visibles sur le temple de Sérapis à Pouzzoles. Les coquillages incrustés sur les colonnes montrent que dans le passé la mer recouvrait le site.

Photo: C. Grandpey

Le site web de la Protection Civile à Pouzzoles fournit une foule d’explications sur le volcanisme dans la région et sur la conduite à tenir en cas d’éruption ou de séisme. Des plans d’évacuation sont présentés, mais il y aura forcément un fossé entre la théorie et la pratique en cas d’éruption. La population n’a jamais été entraînée à évacuer la région avec ses bourgades aux ruelles étroites et sa population pas toujours disciplinée…

https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

Les derniers rapports scientifiques de l’INGV montrent que la situation volcanique dans les Champs Phlégréens est stable et qu’elle ne présente rien d’inquiétant. Les touristes peuvent donc visiter la Campanie sans avoir peur que le ciel leur tombe sur la tête. À noter que la visite de la Solfatara reste interdite depuis l’accident qui a coûté la vie à un jeune garçon et ses parents en septembre 2017, faute d’avoir respecté les protections installées sur le site.

Le dernier rapport de l’INGV diffusé début décembre 2024 indique que 42 séismes de magnitude maximale M2,2±0,3 ont été localisés, ce qui correspond à la tendance habituelle.
S’agissant de la déformation du sol, depuis début août 2024 la valeur moyenne de la vitesse de soulèvement dans la zone de déformation maximale est d’environ 10 ± 3 mm par mois à la station RITE de Rione Terra. Le soulèvement du sol est d’environ 17,5 cm depuis janvier 2024. La région de Pouzzoles est donc soumise actuellement à une phase bradysismique ascendante.
L’INGV n’observe pas de variations significatives dans les paramètres géochimiques. Le capteur de température installé à proximité de la fumerolle de Pisciarelli montre une valeur moyenne d’environ 97 °C. Les émissions de CO2 ne montrent aucun changement significatif par rapport aux périodes précédentes
Dans la conclusion de son rapport, l’INGV indique qu’il ne faut pas s’attendre à une évolution significative de la situation dans le court terme. Pour le long terme, c’est une autre histoire ; nous ne savons pas prévoir les éruptions et encore moins les séismes.

Déformation Pouzzoles

Graphiques montrant la déformation du sol dans les Champs Phlégréens (Source : INGV)

°°°°°°°°°°

Dernière minute : Un nouvel essaim sismique, d’une durée d’environ 11 heures, a commencé dans les Champs Phlégréens à 04h33 UTC le 6 décembre 2024. L’INGV a signalé une série préliminaire de 26 événements, la plupart d’une magnitude inférieure à 1,0. Le plus significatif avait une magnitude de M3,4. De légères secousses ont été signalées par au moins 72 habitants.
Comme je l’ai déjà écrit, de tels événements sont courants dans les Champs Phlégréens en raison de la structure géologique et du volcanisme de la région, qui est étroitement surveillée. Donc, rien de vraiment alarmant.

Sismicité dans les Champs Phlégréens entre janvier et décembre 2024 (Source: INGV)

———————————————-

In Italy, Campania is a very popular tourist destination, especially in spring, when it is not too hot and you can calmly climb the slopes of Vesuvius and stroll pleasantly through the streets of Pompeii. If potential visitors do not seem concerned about a possible eruption of Vesuvius, they hesitate to go to Pozzuoli because the media have indicated that the Phlegraean Fields region, where this town is located, could one day explode like a pressure cooker unable to withstand the pressure of the magma simmering in the depths.
The press has widely echoed a seismic swarm that shook the Phlegraean Fields on September 26th, 2023, with some tremors of magnitude up to M 4.2. A new seismic swarm was recorded in the Campi Flegrei area on 18 May 2024. with 16 events with a magnitude of up to M 2.8. In October 2023, the Italian government decided to reassure the population and take a series of new measures to ensure safety in the towns and villages of this region, including assessments of the solidity of buildings.
In 2023, scientists attributed the increase in seismic activity to bradyseism. This phenomenon is characterized by a cyclical rise or fall of the Earth’s surface due to the filling or emptying of magma chambers beneath the region. Evidence of bradyseismic activity can be seen on the Temple of Serapis in Pozzuoli. The shells embedded on the columns show that in the past the sea covered the site.

The website of the Civil Protection in Pozzuoli provides a wealth of explanations on volcanism in the region and on what to do in the event of an eruption or earthquake. Evacuation plans are presented, but there will inevitably be a gap between theory and practice in the event of an eruption. The population has never been trained to evacuate the region with its small towns with narrow streets and its not always disciplined population…
https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

The latest scientific reports from the INGV show that the volcanic situation in the Phlegraean Fields is stable and does not present any cause for concern. Tourists can therefore visit Campania without fear of the sky falling on their heads. It should be noted that visits to the Solfatara have remained prohibited since the accident that cost the lives of a young boy and his parents in September 2017, due to failure to respect the protections installed on the site.
The latest INGV report released in early December 2024 indicates that 42 earthquakes with a maximum magnitude of M2.2±0.3 have been located, which corresponds to the usual trend.
Regarding ground deformation, since the beginning of August 2024 the average value of the uplift speed in the maximum deformation zone has been approximately 10 ± 3 mm per month at the RITE station in Rione Terra. The ground uplift has been about 17.5 cm since January 2024. The Pozzuoli region is therefore currently subject to an ascending bradyseismic phase.
The INGV does not observe any significant variations in the geochemical parameters. The temperature sensor installed near the Pisciarelli fumarole shows an average value of about 97 °C. CO2 emissions do not show any significant change compared to previous periods
In the conclusion of its report, the INGV states that no significant change in the situation is to be expected in the short term. For the long term, it is a different story; we are not yet able to predict eruptions and even less the earthquakes.

°°°°°°°°°°

Last minute: A new seismic swarm, lasting about 11 hours, began in Campi Flegrei at 04:33 UTC on December 6th, 2024. INGV reported a preliminary number of 26 earthquakes, with most of them under M1.0 and the strongest registered as M3.4. Light shaking was reported by at least 72 residents.

As I put it before,such events are common in the Campi Flegrei because of the geology and volcanism in the area which is closely monitored. Nothing really alarming.

Islande : l’éruption va-t-elle durer encore longtemps ? // Iceland : will the eruption last much longer ?

Le 4 décembre 2024, cela faisait deux semaines que l’éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar avait commencé. Il s’agit de la sixième éruption cette année et de la septième depuis décembre 2023.
Comme je l’ai écrit précédemment, les données de déformation montrent un équilibre entre le flux de magma entrant dans le réservoir sous Svartsengi et le flux de magma sortant du cratère actif. Le Met Office a remarqué que le débit de lave lors de cette éruption est plus stable que lors des dernières éruptions au cours desquelles il avait diminué rapidement. Le responsable des mesures de déformation au Met Office islandais a déclaré qu’il n’y a aucun signe indiquant que la séquence d’événements à Sundhnúkagígar est en passe de se terminer. Il a ajouté qu’« il faudra probablement attendre un peu plus longtemps pour l’éruption actuelle ». Il a peut-être raison dans sa prévision, mais il s’est trompé en novembre lorsqu’il a déclaré que l’éruption n’aurait pas lieu avant la fin du mois et probablement pas avant Noël.

A propos de la difficulté de prévoir le comportement d’un volcan, il rappelle ce qui s’est passé sur le volcan Krafla dans les années 1990. Les volcanologues ont attendu longtemps la dernière éruption qui n’a jamais eu lieu. J’étais en Islande à cette époque. La sismicité était élevée et le soulèvement du sol était important. Cependant, la lave n’a jamais percé la surface. Quelques semaines plus tard, le regretté Maurice Krafft m’expliquait que l’éruption avait avorté.

°°°°°°°°°°

6 décembre 2024, 11 heures (heure française) : Ce n’est peut-être que provisoire, mais depuis quelques heures l’éruption au niveau du cône actif sur la fracture éruptive de Sundhnúkagígar semble beaucoup moins vaillante et la coulée de lave semble, elle aussi, beaucoup moins fringante. Il se pourrait bien que l’on approche de la fin de l’éruption. Comme au mois de novembre, je ne suis pas trop d’accord avec le scientifique du Met Office. Selon lui, l’éruption devrait encore durer un certain temps. Selon moi, en suivant le même raisonnement et les mêmes calculs qu’en novembre, ce laps de temps devrait être relativement court et d’ici 4 ou 5 jours maximum (le 10 décembre?), tout devrait être terminé…

La lave coulera-t-elle encore à Noël? (Capture écran webcam)

°°°°°°°°°°

6 décembre 2024, 14 heures (heure française) : La situation s’accélère sur le site éruptif et il paraît de plus en plus évident que l’éruption qui avait commencé le 20 novembre est en train de vivre ses dernières heures. Le Met Office ne dit rien, mais les images de la webcam braquée vers la fracture éruptive montrent que l’activité sur le seul cône actif décline rapidement. Il faudra attendre probablement plusieurs heures pour avoir confirmation de cette fin de l’éruption, mais l’affaire semble entendue.

En ce moment, aucun signe de nouvelle inflation n’apparaît au niveau de Svartengi. Il faut attendre encore un peu pour voir si le réservoir magmatique montre de nouveaux signes de remplissage, ou si cette éruption sera la dernière de la série.

Le cône éruptif le 5 décembre vers 23 heures…

…dans la matinée du 6 décembre...

…dans l’après-midi du 6 décembre (images webcam)

°°°°°°°°°°

6 décembre 2024,16h30 (heure française) : Dans une mise à jour publiée cet après-midi, le Met Office confirme que l’activité éruptive a progressivement diminué ces derniers jours. Le tremor volcanique a lentement diminué. La coulée de lave active n’a fait aucune avancée notable.
Plus intéressant, les dernières données de déformation GPS indiquent que le soulèvement du sol a repris à Svartsengi. Les images satellites ICEYE confirment les signaux reçus des balises GPS.
Malgré la réduction de l’activité volcanique, la pollution gazeuse persiste sur la péninsule de Reykjanes. Les zones affectées varient en fonction de la direction du vent.
Source : Met Office.

Image InSAR montrant la déformation du sol entre le 30 novembre et le 4 décembre 2024

°°°°°°°°°°

Avec la nuit, on se rend compte que l’éruption n’a guère évolué par rapport au 5 décembre au soir, même s’il n’y a plus de projections de lave au niveau du cône actif. Ma prévision de la fin de l’éruption vers le 10 décembre tient donc toujours la route…

——————————————-

December 4th, 2024 marked two weeks since the eruption of the Sundhnúkagígar crater row began. It is the sixth eruption this year and the seventh since December 2023.

As I put it before, deformation data show a balance between the flow of magma entering the reservoir beneath Svartsengi and the flow of magma flowing out of the active crater. The Met Office has noticed that the flow in this eruption is more stable than in recent eruptions, which have decreased rapidly. The head of deformation measurements at the Icelandic Met Office said there are no signs that the sequence of events at the Sundhnúkagígar crater row is ending. He added that “we will likely have to wait a little longer for the current eruption.” He may be right in his prediction, but he was wrong in November when he said the eruption would not happen before the end of the month and probably not before Christmas.

About the difficulty to predict a volcano’s behaviour, he remembers the Krafla volcano in the 1990s. Volcanologists waited a long time for the last eruption that never came. I was in Iceland by that time. Seismicity was high and ground uplift was significant. However lava never pierced the surface. A few weeks later, the late Maurice Krafft explained me that the eruption had aborted.

°°°°°°°°°°

December 6th, 2024, 11:00 AM (French time): It may only be temporary, but for the past few hours the eruption at the active cone on the Sundhnúkagígar eruptive fracture seems much less vigorous and the lava flow seems much less lively as well. We may be nearing the end of the eruption. As in November, I do not really agree with the Met Office scientist. According to him, the eruption will last some time. In my opinion, following the same reasoning and calculations as in November, this period of time should be relatively short and in 4 or 5 days at the most (on December 10th?), the eruption should be over…

°°°°°°°°°°

December 6th, 2024, 2:00 PM (French time) : The situation is accelerating at the eruption site and it seems increasingly clear that the eruption that began on November 20th is living its final hours. The Met Office is not saying anything, but images from the webcam directed at the eruptive fracture show that activity on the only active cone is declining rapidly. It will probably take several hours to confirm this end of the eruption, but the case seems closed.

At the moment, there is no sign of new ground uplift at Svartengi. We will have to wait a little longer to see if the magma reservoir shows new signs of filling, or if this eruption will be the last in the series.

°°°°°°°°°°

December 6th, 2024, 4:30 PM (French time) :In an update released this afternoon, the Met Office confirms that eruptive activity has been gradually decreasing in recent days. The volcanic tremor has been slowly declining. The active lava flow has made no noticeable advancement.

Most interesting, the latest deformation data provided by GPS instruments indicate that land uplift has resumed in Svartsengi. Satellite images from ICEYE confirm the signals received from GPS instruments.

Despite the reduced volcanic activity, gas pollution persists on the Reykjanes Peninsula. The affercted areas vary according to the wind direction.

Source : Met Office.

°°°°°°°°°°

With the night, one can see that the eruption has not much changed compared to the evening of December 5th, even if there are no more lava projections from the active cone. My prediction of the end of the eruption around December 10th is therefore still valid…

 

 

 

Les inclinomètres du Kilauea (Hawaï) // Tiltmeters at Kilauea Volcano (Hawaii)

Au cours de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », j’explique que le regretté Maurice Krafft comparait un volcan sur le point d’entrer en éruption à une personne malade ou blessée. Une telle personne a de la fièvre et des frissons et généralement mauvaise haleine. La plaie enfle également. Il en va de même avec un volcan sur le point d’entrer en éruption : la température des gaz augmente ; on enregistre une hausse de la sismicité ; la composition des gaz change et un gonflement de l’édifice est détecté par les instruments.
Ce dernier paramètre est développé par l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO) dans un nouvel épisode de la série « Volcano Watch ».
Au cours du siècle dernier, les avancées technologiques ont considérablement amélioré la surveillance volcanique. Une innovation clé a été l’introduction d’inclinomètres (aussi appelés tiltmètres) de forage, des appareils capables de mesurer d’infimes variations d’inclinaison de la surface du volcan.
Les inclinomètres de forage sont utilisés par les scientifiques du HVO depuis le début des années 1970 et sont devenus un élément essentiel de la surveillance volcanique. Un instrument plus ancien appelé « inclinomètre à tube d’eau » était utilisé dans les années 1950.
Aujourd’hui, le réseau d’inclinomètres moderne sur l’île d’Hawaï fait partie d’un ensemble plus vaste d’outils de surveillance incluant des stations sismiques, des récepteurs GPS, des capteurs de gaz et des images fournies par les webcams et les satellites. Tous ces outils permettent aux scientifiques de surveiller les changements de comportement des volcans susceptibles de provoquer des éruptions.
Les inclinomètres sont des instruments sensibles conçus pour détecter de très légères variations de déformation du sol. Ils sont installés autour des volcans pour surveiller l’évolution de la surface de la Terre causée par le déplacement du magma sous terre. Ces mouvements précèdent souvent les éruptions car le magma exerce une pression sur la roche environnante, tout en provoquant un gonflement ou un léger déplacement de la surface.
Les inclinomètres actuels fonctionnent avec une grande précision. Ils peuvent détecter des variations de seulement cinq nanoradians, soit moins d’un millionième de degré. Ce niveau de précision rend les inclinomètres indispensables pour suivre les changements subtils de l’activité volcanique et fournir des alertes précoces aux scientifiques.
Une vingtaine d’inclinomètres de forage sont installés stratégiquement sur le Kilauea et le Mauna Loa, à des endroits clés des sommets et des caldeiras de ces volcans. Ces zones sont importantes car elles sont les plus susceptibles de subir une déformation importante du sol pendant les périodes d’activité volcanique et avant le début d’une éruption.
Ces inclinomètres fonctionnent en continu et génèrent un point de données toutes les 60 secondes. Ainsi, ils peuvent transmettre ces données en temps quasi réel au HVO. Elles sont essentielles pour la détection précoce de l’activité volcanique. Par exemple, au cours de son ascension vers la surface, le magma peut provoquer une inclinaison significative du sol qui est enregistrée par les inclinomètres. En analysant plusieurs ensembles de données, les scientifiques peuvent déterminer la zone où le magma se déplace et si une éruption est imminente.
Les inclinomètres de forage nécessitent un entretien de routine, notamment le changement des batteries et la mise à niveau de la télémétrie radio utilisée pour envoyer les données au HVO.

Maintenance d’un inclinomètre de forage au sommet du Kilauea (Crédit photo : HVO)

Chaque inclinomètre a également une plage d’inclinaison limitée sur laquelle il peut enregistrer la déformation avec précision. Les inclinomètres analogiques du HVO doivent être mis à niveau manuellement si la déformation dépasse 300 microradians. L’inclinomètre aura alors besoin d’un peu de temps pour « se stabiliser » avant que les données puissent être de nouveau utilisées quantitativement. À côté des appareils analogiques, des inclinomètres numériques peuvent être mis à niveau à distance sans interruption de la qualité des données.
Les inclinomètres sont particulièrement utiles pour suivre les changements au fur et à mesure que le sommet du Kilauea gonfle et se dégonfle (phases d’inflation et de déflation). Le réseau d’inclinomètres du Kilauea a aussi fourni des informations précieuses sur la migration du magma entre le sommet et la Middle East Rift Zone au cours des nombreuses intrusions qui ont conduit à la dernière éruption dans et près du Nāpau Crater du 15 au 20 septembre 2024.
Le Mauna Loa fait également l’objet d’une surveillance étroite par le réseau d’inclinomètres du HVO. Bien que moins actif que le Kilauea au cours des dernières décennies, le Mauna Loa est toujours susceptible de donner naissance à des éruptions dangereuses. Au cours des mois qui ont précédé et des heures qui ont suivi le début de l’éruption de 2022, les inclinomètres ont joué un rôle essentiel car ils ont permis aux scientifiques de suivre l’activité et la déformation de plus en plus importante du sommet.
Les inclinomètres sont donc un élément essentiel du réseau de surveillance volcanique à Hawaï. En détectant des changements subtils dans l’inclinaison du sol, ils fournissent des signaux d’alerte précoce et permettent aux scientifiques de mieux comprendre le comportement des volcans d’Hawaï.
Source : USGS / HVO.

 

Données d’inflation du Kilauea obtenues grâce aux inclinomètres installés dans la zone sommitale du volcan (Source : HVO).

——————————————–

I explain in my conference « Volcanoes and volcanic hazards » that the late Maurice Krafft used to compare a volcano about to erupt with a sick or wounded person. Such a person has a fever and chills and usually bad breath. The wound also swells. It is the same with a volcano about to erupt : gas temperature rises ; seismicity increases ; gas composition changes and an inflation of the edifice is detected by the instruments.

This last parameter is developed by the Hawaiian Volcano Observatoty (HVO) in a new « Volcano Watch » episode.

Over the past century, technological advancements have vastly improved volcano monitoring. One key innovation was the introduction of modern borehole tiltmeters, devices that measure very small changes in the inclination of the volcano’s surface.

Borehole tiltmeters have been used by the HVO scientists since the early 1970s and have since become an essential part of the volcano monitoring program. An older style of instrument called a “water tube tiltmeter” goes back even further to the 1950s.

Today the modern tiltmeter network on the Island of Hawaii forms part of a larger array of monitoring tools, including seismic stations, GPS receivers, gas sensors, and webcam/satellite imagery. Together, these tools help scientists keep a close eye on the changing behaviors at volcanoes that may lead to eruptions.

A tiltmeter is a sensitive instrument designed to detect very slight changes in deformation of the ground. They are installed around volcanoes to monitor changes in the Earth’s surface caused by magma moving underground. These movements often precede eruptions, as pressure from magma pushes against the surrounding rock, causing the surface to bulge or shift slightly.

Today’s tiltmeters work with high precision. They can detect changes as small as five nanoradians, or less than one millionth of a degree. This level of precision makes tiltmeters invaluable for tracking subtle changes in volcanic activity and providing early warnings to scientists.

More than a dozen borehole tiltmeters are strategically installed on Kilauea and Mauna Loa at key locations across the volcano summits and calderas. These areas are of particular interest because they are most likely to experience significant ground deformation during periods of volcanic unrest and before an eruption onset.
These tiltmeters operate continuously and produce one data point every 60 seconds, transmitting data in near real-time to HVO. This data is critical for early detection of volcanic activity. For example, when magma begins to rise toward the surface, it can cause noticeable tilting of the ground, which is recorded by the tiltmeters. By analyzing multiple monitoring datasets, scientists can determine where magma is moving and whether an eruption may be imminent.

Borehole tiltmeters need routine maintenance including changing batteries and upgrading the radio telemetry used to send the data back to HVO. Each tiltmeter also has a limited range of tilt over which it can accurately record deformation. For example, HVO analog tiltmeters need to be manually leveled in their boreholes if deformation exceeds 300 microradians. Then, the tiltmeter will need time to “settle” from the physical disturbance before the data can be used quantitively. Other digital tiltmeters can be leveled remotely with no interruption in data quality.

Tiltmeters have been particularly useful in tracking changes as Kilauea’s summit inflates and deflates. Kilauea’s tiltmeter network provided valuable information about magma moving from the summit to the Middle East Rift Zone during the several intrusions leading up to the most recent eruption in and near Nāpau Crater from September 15th to 20th, 2024.

Mauna Loa has also been under close surveillance by HVO’s tiltmeter network. Although less active than Kilauea in recent decades, Mauna Loa is still capable of producing hazardous eruptions. In the months leading up to and in the hours during the initial onset of the 2022 Mauna Loa eruption, tiltmeters played a critical role in helping scientists track unrest and heightened summit deformation.

Tiltmeters are a crucial component of the volcanic monitoring network in Hawaii. By detecting subtle changes in ground inclination, they provide early warning signals of volcanic unrest and help scientists to better understand the behavior of Hawaii’s dynamic volcanoes.

Source : USGS / HVO.

Nouvelle éruption sur le Kilauea (Hawaï) // New eruption on Kilauea Volcano (Hawaii)

Dans une mise à jour publiée le 14 septembre 2024, le HVO indiquait que le Kilauea (Hawaï) n’était pas en éruption. L’activité sismique avait augmenté dans la Middle East Rift Zone, près du cratère Makaopuhi. Les modélisations de déformation du sol en amont du Pu’uO’o laissaient supposer qu’une nouvelle intrusion magmatique pourrait se produire dans cette région, comme pour les événements survenus en juillet et août 2024. Le HVO surveillait étroitement la situation et émettrait des messages supplémentaires si nécessaire. Il n’y avait aucun signe d’éruption imminente ; cependant, les conditions peuvent changer rapidement.
Le niveau d’alerte volcanique restait à Advisory (surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne était maintenue au Jaune.

°°°°°°°°°°°

Dans une nouvelle mise à jour publiée le 16 septembre 2024, le HVO a indiqué que l’intrusion magmatique qui a commencé le 14 septembre dans la Middle East Rift Zone du Kīlauea s’est poursuivie, avec un risque de plus en plus fort d’éruption dans cette zone. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été relevé de Advisory à WATCH (Vigilance) et lla couleur de l’alerte aérienne est passée du Jaune à l’ORANGE.
L’activité actuelle se déroule dans une zone reculée de la Middle east Rift Zone du Kīlauea, dans le Parc national des volcans d’Hawaï. Aucun changement n’a été détecté dans la Lower East Rift Zone, pas plus que dans la zone de rift sud-ouest.

°°°°°°°°°°°

Dans un nouveau message envoyé le 16 septembre 2024, le HVO a indiqué que « le Kīlauea est entré brièvement en éruption la nuit dernière, le 15 septembre 2024, entre 21h00 et 22h00 (heure locale) sur la Middle East Rift Zone, dans le Parc national des volcans d’Hawaï. De petites émissions de lave sont sorties de deux segments de fissures sur quelques centaines de mètres. La lave a parcouru une cinquantaine de mètres. Le niveau d’alerte volcanique reste à WATCH (Vigilance) pour le moment. La sismicité et la déformation du sol sous le sommet, le long de la Lower East Rift Zone et la zone de rift sud-ouest restent faibles. L’activité actuelle se limite à l’Upper et à la Middle East Rift Zone du Kīlauea. » Elle est difficilement visible sur les webcams. Son approche sur le terraain est quasiment impossible car elle a lieu dans un lieu reculé, loin de tout.

Vue de la nouvelle fissure éruptive (trait jaune)  [Source: HVO]

Image de la sortie de lave du 16 septembre 2024 (Crédit photo: HVO)

——————————————

In a first update released on 14 September 2024,, the HVO indicatee that Kilauea (Hawaii) was not erupting. Seismic activity had increased in the Middle East Rift Zone, near Makaopuhi Crater. Ground deformation patterns uprift of Puʻuʻōʻō suggested that another intrusive event could be occurring in this region, similar to events that occurred in July and August 2024. The HVO was watching the situation closely and would issue additional messages as needed. There were no signs of an imminent eruption; however, conditions could change quickly.

The Volcano Alert Level/Aviation Color Code for Kilauea remained at Advisory / Yellow.

 °°°°°°°°°°

In another update released on 16 September 2024, the HVO indicated that the magma intrusion that began on September 14th, in Kīlauea’s Middle East Rift Zone, continued, increasing the potential of an eruption in this region. Accordingly, the Volcano Alert Level was raised from ADVISORY to WATCH and the Aviation Color Code from YELLOW to ORANGE.

Current activity is taking place in a remote area of Kīlauea’s Middle East Rift Zone, within Hawaiʻi Volcanoes National Park. No changes have been detected in the Lower East Rift Zone, or Southwest Rift Zone.

 °°°°°°°°°°°

In a new message sent on September 16th, 2024, HVO indicated that « Kīlauea volcano erupted briefly last night, September 15, 2024, between approximately 9:00 and 10:00 p.m. HST, on the Middle East Rift Zone in Hawaiʻi Volcanoes National Park. Small lava pads erupted from two fissure segments in a couple hundred meters.  The lava extended 50 or so meters from the fissure vents,Thé Volcano Alert Level remains at WATCH at this time. Rates of seismicity and ground deformation beneath the summit, lower East Rift Zone, and Southwest Rift Zone remain low. Current activity is restricted to Kīlaueaʻs Upper-to-Middle East Rift Zone. » The activity isn’t clearly visible on webcams. Park officials say the eruption is not viewable due to its remote location.