Islande : quelques nouvelles de l’éruption // Iceland : some news of the eruption

L’éruption qui a débuté le 29 mai 2024 sur la péninsule de Reykjanes est restée relativement stable ces dernières heures. L’activité sur la fissure éruptive s’étire depuis le cratère qui est resté actif pendant plusieurs semaines lors de l’éruption précédente et jusqu’au nord de celui-ci. La lave s’écoule vers la zone située entre Hagafell et Sýlingarfell, et le champ de lave s’épaissit également près du cratère. La lave émise par la partie nord de la fracture s’écoule principalement vers l’est. On n’observe aucune avancée des fronts de coulées à l’ouest de Grindavík.
L’activité sismique reste réduite dans la région et le tremor éruptif reste stable. Un affaissement important du sol a été observé dans le secteur de Svartsengi après le début de l’éruption. Depuis lors, aucun changement significatif n’a été enregistré indiquant une nouvelle accumulation de magma.

Image webcam de la partie active de la fissure éruptive le 30 mai 2024

Sur la base des données obtenues lors d’un survol effectué environ quatre heures après le début de l’éruption, ainsi que d’images satellite, il apparaît que la superficie du champ de lave était de 8,7 km² et son volume de 24 millions de m³ à 17h06 le 29 mai. Le débit moyen de lave au cours des quatre premières heures de l’éruption est estimé à environ 1 500 m³/s sur la base des mêmes données. L’estimation du débit éruptif n’a pas été mise à jour depuis, mais on peut supposer qu’il est désormais bien inférieur à ce qu’il était au début de l’éruption. À titre de comparaison, le débit moyen au cours des premières heures de l’éruption du 16 mars a été estimé à environ 1 100-1 200 m³/s.
Voici une bonne vidéo des premiers instants de l’éruption, filmée par un drone. La pression qui faisait jaillir les fontaines de lave était très élevée et la lave coulait très rapidement.

https://youtu.be/PCRLEdaHfxU

Pour le moment, Grindavik est épargnée par la lave. Les habitants qui ont décidé de rester dans la ville et les personnes qui travaillent au port ont été autorisés à revenir. Cependant, il n’est pas recommandé aux gens de ne pas rester pendant la nuit.
La dernière éruption est la plus puissante jamais enregistrée dans la région. Les gens craignaient que des infrastructures soient endommagées. Il est vrai que la lave se rapproche constamment de la ville. Il y a un champ de lave près des digues de terre du côté ouest de la ville et quand on regarde les photos aériennes de Grindavík aujourd’hui, on peut voir les endroits où le champ de lave a presque encerclé la ville. L’accès à Grindavík n’est plus possible via la Grindavíkurvegur, mais il existe des possibilités via la Suðurstrandarvegur et la Nesvegur, bien que cela soit difficile.
Les travaux sur les digues de terre vont se poursuivre. Elles ont prouvé leur efficacité, mais personne ne sait ce qui se passera si l’éruption dure encore longtemps.

Source  : Met Office islandais, Iceland Review.

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The volcanic eruption that began on May 29th, 2024 has been relatively stable over the past hours. Activity on the eruption fissure extends from the location of the crater that erupted for the longest part of the previous eruption and to the north of it. Lava flows from the crater towards the area between Hagafell and Sýlingarfell, and it is also thickening near the crater. Lava from the northern part of the fissure flows mostly to the east. There has been no advance in the lava flow fronts west of Grindavík.

There has been limited seismic activity in the area, and the eruption tremor has remained stable. Significant subsidence is observed in the Svartsengi area following the start of the eruption. Since then, no significant changes have been recorded that indicate renewed magma accumulation.

Based on the data from an aerial survey conducted about four hours after the eruption began, along with satellite images, it appears that the area of the lava field was 8.7 km² and the volume 24 million m³ at 17:06 of May 29th. The average discharge of lava during the first four hours of the eruption is estimated at ~1500 m³/s based on the same data. The estimate of the lava discharge from the craters has not been updated since then, but it can be assumed that it is now much lower than at the start of the eruption. For comparison, the average lava discharge during the first hours of the eruption that began on March 16th was estimated at about 1100-1200 m³/s.

Here is a good video of the first moments of the eruption shot by a drone. The pressure activating the lava fountains was very high and lava was flowing very fast.

https://youtu.be/PCRLEdaHfxU

For the moment, Grindavik is spared by the lava. Residents who decided to stay in the town and people who work at the port have been allowed to return. However, it is not recommended that people stay nights in the town.

The power of the eruption was large and the biggest ever in the area. People feared damage to further infrastructure. The lava is constantly getting closer to town. There is a lava field by the defense walls on the west side of the town and when one looks at aerial photos of Grindavík today, one can see where the lava field has almost surrounded the town. The way out of Grindavík is not possible via Grindavíkurvegur Road, but there are escape routes via Suðurstrandarvegur Road and Nesvegur Road, although it is difficult.

Work on the defense walls will continue. The defense walls have proved their value but people don’t know what will happen if the eruption continues for a long time.

Source : Icelandic Met Office, Iceland Review.

Les effets du réchauffement climatique sur l’alimentation en eau potable dans les zones côtières // The effects of global warming on the drinking water supply in coastal areas

Aujourd’hui en France, malgré la très forte hausse des températures, les gens ne semblent pas trop s’inquiéter des conséquences du réchauffement climatique. Comme je l’ai dit plusieurs fois, tant que l’eau coule du robinet, tout va bien.
À la Nouvelle-Orléans, l’eau qui coule du robinet pourrait bientôt avoir un goût étrange et être impropre à la consommation.
Pour la deuxième année consécutive, le niveau du Mississippi est extrêmement bas. Cela est dû à la sécheresse en cours. Le niveau actuel du fleuve est comparable à celui d’octobre 2022 lorsque des barges se sont retrouvées coincées sur des bancs de sable et avec des conséquences sur les exportations agricoles américaines.
De tels événements se répètent : l’été 2023 a été marqué par 40 jours d’arrêt de la circulation fluviale, ce qui signifie que les bateaux qui naviguent le long du Mississippi et transportent environ 60 % des exportations céréalières du pays ont été confrontés à des retards importants.
La baisse du niveau de l’eau, ainsi que le débit le plus bas depuis 1988, menacent l’alimentation en eau potable des populations du sud de la Louisiane, à la Nouvelle-Orléans et dans ses environs. En effet, le faible débit du Mississippi peut entraîner des remontées d’eau salée du golfe du Mexique dans celle du fleuve, avec la pollution de la source d’eau potable de milliers de personnes.
Le débit du Mississippi pourrait atteindre 3 700 mètres cubes par seconde cette année, selon le Corps des ingénieurs de l’armée américaine (USACE). Normalement, ce chiffre devrait être de 8 500 mètres cubes par seconde pour empêcher l’eau de l’océan de remonter le cours du fleuve.
Les autorités ont construit deux digues en béton au cours des deux dernières années pour aider le niveau de l’eau à s’élever. L’USACE a construit la deuxième en juillet 2023 quand on s’est rendu compte que l’eau salée remontait le cours du fleuve. Les digues devraient laisser 10 à 15 jours aux localités en amont pour prendre les mesures de précaution nécessaires. Le gouverneur de la Louisiane a sollicité une aide d’urgence fédérale auprès du président Biden. Il a souligné que 20 % de l’État pourrait être touché par l’intrusion d’eau salée et les scientifiques pensent que la crise pourrait durer jusqu’en janvier 2024. Un district de Louisiane a déjà acheté 200 000 bouteilles d’eau par anticipation.
Plus en amont, dans l’Etat du Missouri, l’USACE travaille 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 avec deux dragues pour déplacer les sédiments du fleuve dans le but d’élever le niveau de l’eau.
En fin de compte, ce qu’il faudrait avant tout, c’est qu’il pleuve beaucoup pour que le Mississippi atteigne à nouveau son niveau et son débit moyens. Les autorités croisent les doigts et espèrent que les prochains mois mettront fin à la sécheresse actuelle.
Adapté d’un article de Business Insider publié dans Yahoo News.

Barges sur me Mississippi au nord de la Nouvelle-Orléans (Photo: C. Grandpey)

Je ne voudrais pas affoler mes chers compatriotes, mais la remontée et l’infiltration de l’eau de mer sont déjà observées dans une région comme la Camargue où la Méditerranée a gagné près de 200 mètres sur les terres par endroit, en sachant que 70 % du territoire se situe déjà à moins d’une mètre d’altitude. Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, des digues construites en bords de plages dans les années 1980 sont aujourd’hui submergées à 100 ou 150 mètres au large.

Avec la fonte rapide des glaciers alpins, le débit du Rhône et d’affluents comme la Durance est amené à baisser dans les prochaines années, ce qui favorisera la remontée de l’eau de mer vers l’intérieur des terres. Comme à la Nouvelle-Orléans, le problème de l’alimentation en eau potable de certaines localités risque de se poser dans les prochaines décennies.

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Today in France, despite the current heat wave and never-seen-before high temperatures, peole don’t seem to worry much about the consequences of global warming. As I put it several times, as long as water is flowing from the tap, everything goes well.

In New Orleans,the water flowing from the tap might soon have a strange taste and be improper to drinking.

For the second year in a row, the Mississippi River water level is at an extreme low. This is due to an ongoing drought event. The river’s current levels are comparable to those of October 2022 when barges got stuck on sandbars and US agricultural exports suffered.

Such events are repeating themselves: The summer 2023 brought 40 days of river closures, meaning the boats that travel along the Mississippi river carrying roughly 60% of the country’s grain exports faced significant delays.

The receding water level, together with the lowest flow rate since 1988, is threatening the drinking water for southern Louisiana residents in and around New Orleans. Indeed, the low flow rate could allow saltwater from the Gulf of Mexico to push into the river and pollute the source of drinking water for thousands.

Mississippi River water flows may reach as low as 3,700 cubic meters per second this year, according to the US Army Corps of Engineers (USACE). That number should be at 8,500 cubic meters per second to keep ocean water out.

Officials built two sills (underwater concrete barriers) in the last two years to help raise the water levels. The USACE built the second sill in July 2023 after it became apparent saltwater was moving upriver. The sills are expected to provide an additional 10 to 15 days for communities upriver to continue their preparation efforts. The Louisiana Governor has requested a federal emergency declaration from President Biden, writing that 20% of the state could be impacted by the saltwater intrusion and experts predict the crisis could last until January 2024. A district has already purchased 200,000 bottles of water in anticipation.

Further upriver in Missouri, the USACE is working 24/7 with two dredgers to move sediment from the river bank and into the channel with the goal of raising water levels.

Ultimately, a lot of rain is what the Mississippi River will need to reach its average water level and flow rate again. Officials are crossing their fingers, hoping the next months will put an end to the current drought..

Adapted from an article of Business Insider published in Yahoo News.

I wouldn’t like to panic my fellow citizens, but the infiltration of sea water is already observed in a region like the Camargue where the Mediterranean has gained nearly 200 meters on land in places, with 70% of the territory located at less than a meter above sea level. In Saintes-Maries-de-la-Mer, dikes built along the beaches in the 1980s are now submerged 100 or 150 meters offshore.

With the rapid melting of Alpine glaciers, the flow of the Rhône and tributaries such as the Durance is expected to decrease in the coming years, which will favour the rise of sea water towards the interior. As in New Orleans, the supply of drinking water to certain localities is likely to become a problem in the coming decades.

Islande : une belle éruption et des imbéciles // Iceland : a nice eruption and stupid people

L’éruption se poursuit sur la péninsule de Reykjanes. Selon les dernières données de l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande, elle est environ 2 à 3 fois plus puissante que l’éruption de 2021. Au cours de la première semaine, l’éruption a recouvert de lave une superficie de près d’un kilomètre carré et elle ne montre aucun signe de faiblesse. Il s’agit de la troisième éruption sur le même site en trois ans, après quelque 800 ans de répit dans la région.
Le débit de lave de l’éruption entre le 13 et le 17 juillet était en moyenne de 13 mètres cubes par seconde, légèrement inférieur au débit de 14,5 mètres cubes par seconde entre le 11 et le 13 juillet, mais en raison de la marge d’erreur dans les mesures, les scientifiques disent que la différence n’est pas importante. La surface de la lave émise par l’éruption actuelle était de 0,83 kilomètre carré le 17 juillet et son volume était de 8,4 millions de mètres cubes. Le front de lave avance de 300 à 400 mètres par jour, mais cette distance est très variable d’un jour à l’autre. La lave a environ 10 mètres d’épaisseur en moyenne mais plus de 20 mètres par endroit.
Tous ces chiffres sont assez semblables à ceux de l’éruption de 2022 dans la Meradalir mais 2 à 3 fois plus élevés que les chiffres de l’éruption de Geldingadalir en 2021. L’éruption de Geldingadalir de 2021 était nettement moins intense, mais a duré environ six mois, tandis que l’éruption de la Meradalir de 2022 a duré moins plus de trois semaines. Jusqu’à présent, l’éruption actuelle ne menace pas les zones habitées ou les infrastructures. C’est la pollution par les gaz et par les incendies de végétation déclenchés par la lave qui constituent le risque le plus important pour les personnes présentes sur le site et pour les zones plus éloignées.
Source : Université d’Islande, Iceland Review.

A noter ce 19 juillet 2023 au matin une évolution sur le terrain. Une brèche s’est ouverte à l’arrière du cône éruptif. La lave s’échappe en grande quantité en prenant une trajectoire différente de la veille. Il fallait se lever très tôt pour profiter du spectacle! A noter qu’un petit cône est en train de se former juste à côté du cratère principal sur la fracture éruptive.

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Les efforts déployés par les autorités islandaises pour rouvrir le site éruptif n’ont pas été récompensés par les visiteurs. Le chef de la police du Sud avait décidé d’établir un périmètre de sécurité autour de la zone du cratère pour des raisons évidentes de sécurité.
Dans la soirée du 17 juillet 2023, un groupe de personnes inconscientes s’est dirigé vers le cratère de l’éruption à Litli-Hrútur. La police a tenté d’intervenir, mais a été contrainte de rebrousser chemin en raison des émissions de gaz toxiques. Cependant, il convient de noter que la plupart des autres visiteurs ont suivi les instructions de la police et sont restées hors de la zone dangereuse.
Le groupe d’imbéciles se trouvait déjà dans la zone dangereuse lorsque la police a été avertie. Les policiers ont décidé d’intervenir, mais ont finalement été contraints de faire demi-tour pour se protéger. Un policier a déclaré : « Les policiers allaient intervenir, mais ils sont rebroussé chemin quand ils ont entendu biper leurs indicateurs de gaz, ce qui indiquait une forte concentration de gaz toxique, alors ils ont fait demi-tour. »
La police a alors envoyé un message aux gens qui se trouvaient dans la zone dangereuse, mais ils n’ont pas tenu compte de la mise en garde. Gare aux problèmes pulmonaires dans les prochains jours!
Des foules de visiteurs ont envahi le site éruptif depuis sa réouverture. A un certain moment, il y avait environ 800 voitures dans le parking. Le site a été visité par environ 2000 personnes.
Source : Iceland Review..

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The eruption continues on the Reykjanes peninsula. According to the latest data from the University of Iceland’s Institute of Earth Sciences, it is about 2-3 times more powerful than the 2021 eruption. In its first week, the eruption has covered an area of nearly one square kilometre with fresh lava and it shows no signs of stopping. This is the third eruption at the same site in three years, following some 800 years with no eruptions in the area.

The eruption’s lava flow between July 13th and 17th averaged 13 cubic metres per second, slightly lower than the lava flow of 14.5 cubic metres per second between July 11th and 13th, but due to the margin of error in measurements, researchers say the difference is not significant. The surface area of the new lava was 0.83 square kilometres as of July 17th, and its volume was 8.4 million cubic metres. The edge of the lava advances 300-400 metres per day with the distance being highly variable from day to day. The lava is around 10 metres thick on average but over 20 metres at its thickest.

All of these figures are quite similar to the 2022 eruption in Meradalir but 2-3 times higher than the figures of the Geldingadalir eruption in 2021. The 2021 Geldingadalir eruption was significantly smaller, but lasted around six months, while the 2022 Meradalir eruption lasted less than three weeks. So far, the current eruption is not threatening inhabited areas or infrastructure, though pollution from its gases as well as from wildfires set off by the lava are a significant risk for people at the site as well as further off.

Source : University of Iceland, Iceland Review.

It should be noted that on July 19th, 2023 in the morning a breach opened at the back of the eruptive cone. Lava is now flowing in large quantities, taking a different route from the day before. You had to get up very early to enjoy the show! Note that a small cone is building up next to the main crater on the eruptive fissure.

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The efforts made by Icelandic authorities to reopen the eruptive site were not rewarded by the

visitors. The South police chief had naturally narrowed the area, defining the area right at the crater as a danger zone and closing it.

In the evening of July 17th, 2023, a group of people walked up to the crater of the eruption at Litli-Hrútur. The olice tried to intervene, but were forced to turn back due to dangerous gas measurements. However, it should be noted that most other visitors followed the instructions at the eruption site, although some did ignore them.

The group was already in a danger zone when police were notified. Police officers set out to intervene, but were eventually forced to turn back to protect themselves. One policeman said :“The policemen were going to go and get them, but turned around when they heard the gas indicators they carried peeping, showing them a strong indication of poisonous gas, so they turned around.”

At that moment, the police sent a message to the people that they were in a dangerous no-go zone, but the people that did not return continued regardless.

Crowds of visitors have invaded the eruptive site since it reopened. In one period there were about 800 cars in the parking lot. The site was visited by about 2000 people.

Source : Iceland Review.

 

Carte montrant les sentiers d’accès au site éruptif (Source : Suðurnes Police Department)

La stabilité du tremor montre que l’éruption est faite pour durer (Source: IMO)

Etna (Sicile) : 60 millions de mètres cubes de lave émis en 4 mois ! // Mt Etna (Sicily) : 60 million cubic metres of lava emitted in 4 months !

Un article publié dans le journal La Sicilia nous apprend qu’en quatre mois, l’Etna a vomi 60 millions de mètres cubes de lave. C’est ce que l’on peut lire dans une étude de l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV) couvrant la période entre décembre 2020 et mars 2021. L’étude, intitulée Magma Migration at Shallower Levels and Lava Fountains Sequence as Revealed by Borehole Dilatometers on Etna Volcano a été publiée dans la revue ‘Frontiers in Earth Sciences’.
Le très important volume de lave a essentiellement été émis par de puissantes fontaines. Si l’on observe le volume de matériaux volcaniques accumulé au fil du temps et celui émis au cours des quatre mois, on se rend compte que les fontaines de lave représentent pour le volcan un moyen très efficace d’émission de lave qui est susceptible de se substituer aux traditionnelles coulées de lave, souvent plus dangereuses sur ses flancs.
Selon les scientifiques de l’Institut, la détection de micro déformations de l’édifice volcanique a permis d’identifier des signaux précurseurs annonçant le déclenchement d’une séquence éruptive. On peut lire dans l’étude que « dans les volcans à conduits ouverts tels que l’Etna, un défi important est de détecter et d’interpréter les moindres variations d’énergie associées à des événements mineurs mais critiques tels que les fontaines de lave. Cet objectif peut être atteint grâce à des enregistrements extrêmement précis de déformations induites à l’intérieur de l’édifice volcanique. Ces déformations peuvent être également détectées à des distances de plusieurs kilomètres de la zone du cratère par des dilatomètres installés dans des forages de plusieurs centaines de mètres de profondeur. Au cours des quatre mois pris en compte, le réseau de dilatomètres INGV installé sur l’Etna a été en mesure d’enregistrer des variations précises. En particulier, des micro variations observées en relation avec les essaims sismiques survenus en décembre 2020 ont permis de mettre en évidence la migration du magma vers la surface juste avant le début de la séquence éruptive »

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An article published in the newspaper La Sicilia informs us that in four months, Mt Etna has vomited 60 million cubic meters of lava. This can be read in a study by the National Institute of Geophysics and Volcanology (INGV) covering the period between December 2020 and March 2021. The study, entitled Magma Migration at Shallower Levels and Lava Fountains Sequence as Revealed by Borehole Dilatometers on Etna Volcano has been published in the journal ‘Frontiers in Earth Sciences’.
The very large volume of lava was mainly emitted through powerful fountains. If we observe the volume of volcanic material accumulated over time and the one emitted during the four months, we realize that the lava fountains represent for the volcano a very efficient means of lava emission which may replace the traditional lava flows, often more dangerous on its flanks
According to scientists at the Institute, the detection of micro deformations of the volcanic edifice made it possible to identify precursor signals announcing the triggering of an eruptive sequence. One can read in the study that « in open duct volcanoes such as Mt Etna, an important challenge is to detect and interpret the slightest variations in energy associated with minor but critical events such as lava fountains. This objective can be achieved thanks to extremely precise recordings of deformations induced inside the volcanic edifice. These deformations can also be detected at distances of several kilometers from the crater area by dilatometers installed in boreholes several hundred meters deep. During the four months taken into account, the network of INGV dilatometers installed on Mt Etna was able to record precise variations. In particular, micro variations observed in relation to the seismic swarms that occurred in December 2020 made it possible to highlight the migration of magma towards the surface just before the start of the eruptive sequence « 

 

Fontaine de lave vue par la caméra thermique de l’INGV