Fonte des glaciers en Scandinavie // Glacier melting in Scandinavia

Comme le reste de l’Arctique, la Scandinavie n’échappe pas au réchauffement climatique. Des inventaires des glaciers scandinaves ont été réalisés en 1969, 1973 et en 1988 pour confectionner un Atlas. 1627 glaciers ont été répertoriés en Norvège avec une superficie totale de 2 595 kilomètres carrés. Dans ce pays, les glaciers se présentent principalement sous forme de calottes glaciaires, glaciers émissaires, cirques glaciaires et glaciers de petites vallées. La plus grande calotte glaciaire, Jostedalsbreen, couvrait 487 kilomètres carrés lors du dernier inventaire. Sa fonte est spectaculaire, comme le montre le Briksdal , glacier émissaire de cette calotte. Un couple d’amis actuellement en voyage en Scandinavie m’a fait parvenir les deux photos ci-dessous. On se rend compte de la vitesse de fonte et de recul de ce glacier en 46 ans seulement.

Depuis le «Petit âge glaciaire», époque où les glaciers ont atteint leur plus grande superficie dans les temps historiques, ceux de Norvège ont reculé presque continuellement et les avancées ont été relativement rares. On a observé une petite progression des glaciers au cours de la première partie du 20ème siècle, mais un recul majeur a commencé vers 1930. Les mesures systématiques des glaciers norvégiens ont commencé à la fin du 19ème siècle. Une chose est certaine : Ils fondent. Le recul le plus significatif est celui du Gråfjellsbreen à Folgefonna, qui a perdu 117 mètres en 2016.

En Suède, les glaciers fondent à un rythme rapide eux aussi. Dans le massif de Kebnekaise, deux glaciers ont reculé très rapidement : Le glacier de Rabot a rétréci d’environ 80 mètres, tandis que le glacier de Rágujiekna, qui s’étendait auparavant entre la Norvège et la Suède, a complètement disparu du côté suédois.

Les derniers automnes au Spitzberg, à l’intérieur du Cercle Polaire arctique, à l’est du Groenland, n’ont ressemblé en rien à leurs prédécesseurs. Le thermomètre a souvent affiché une dizaine de degrés au-dessus de la normale pour cette période de l’année. Il pleut beaucoup pendant les mois d’octobre et de novembre, ce qui est inhabituel à cette latitude. Ces anomalies climatiques inquiètent fortement les habitants de Longyearbyen, le principal centre administratif du Svalbard ; ils se posent des questions sur leur avenir.

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Like the rest of the Arctic, Scandinavia is not immune to global warming. Inventories of Scandinavian glaciers were carried out in 1969, 1973 and in 1988 to produce an Atlas. 1627 glaciers have been recorded in Norway with a total area of ​​2595 square kilometres. In this country, glaciers occur mainly in the form of ice caps, outlet glaciers, glacial cirques and small valley glaciers. The largest ice cap, Jostedalsbreen, covered 487 square kilometers when last counted. Its melting is spectacular, as shown by Briksdal, an outlet glacier of this cap. A couple of friends currently travelling in Scandinavia sent me the two photos below. We realize the speed of melting and retreat of this glacier, in 46 years only.
Since the « Little Ice Age », when glaciers reached their greatest extent in historical time, those in Norway have retreated almost continuously and advances have been relatively rare. A small glacier advance was observed during the first part of the 20th century, but a major retreat began around 1930. Systematic measurements of Norwegian glaciers began in the late 19th century. One thing is certain: They melt. The most significant retreat is that of Gråfjellsbreen in Folgefonna, which lost 117 meters in 2016.

In Sweden, glaciers are melting at a rapid rate too. In the Kebnekaise massif, two glaciers have retreated very rapidly: The Rabot glacier has shrunk by about 80 meters, while the Rágujiekna glacier, which previously stretched between Norway and Sweden, has completely disappeared on the Swedish side .

The last autumns in Spitsbergen, inside the Arctic Circle, east of Greenland, were nothing like in the past. Temperatures were often ten degrees above normal for this time of year. It rains a lot during the months of October and November, which is unusual at this latitude. These anomalies are of great concern to the inhabitants of Longyearbyen, the main administrative center of Svalbard; they wonder about their future.

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Voici le glacier Briksdal (Norvège en 1976….

…et en 2022 !

Photos: Jean-Luc Mélot

 

 

 

 

 

 

Péril glaciaire au Pakistan // Glacier hazard in Pakistan

Le Pakistan héberge plus de 7 000 glaciers, plus que partout ailleurs sur Terre en dehors des pôles. La hausse des températures liée au réchauffement climatique entraîne la fonte rapide des glaciers, avec l’apparition de milliers de lacs glaciaires. Le gouvernement a averti que 33 de ces lacs – tous situés dans les chaînes de montagnes de l’Himalaya, de l’Hindu Kush et du Karakoram – risquent de rompre les moraines qui les retiennent et de libérer des millions de mètres cubes d’eau et de débris en quelques heures, comme cela s’est produit à Hassanabad. Au moins 16 inondations de lacs glaciaires liées à des vagues de chaleur se sont déjà produites cette année, contre une moyenne de cinq ou six par an le reste du temps. Les dégâts causés par de telles inondations sont un réel problème pour les localités concernées. Après la catastrophe – et l’effondrement d’un pont – qui a frappé Hassanabad, de nombreux villageois qui ont perdu leur maison ont dû aller se réfugier dans un camp installé à proximité pour abriter les personnes déplacées.
Selon l’indice mondial des risques climatiques, le Pakistan est le huitième pays le plus vulnérable aux conditions météorologiques extrêmes causées par le réchauffement climatique. Le pays connaît des vagues de chaleur plus précoces, plus chaudes et plus fréquentes, avec des températures qui ont atteint 50°C en 2022. Les inondations et les sécheresses de ces dernières années ont tué et déplacé des milliers de personnes, détruit les moyens de subsistance et endommagé les infrastructures.
Selon le Programme des Nations Unies pour le développement, le manque d’informations sur le comportement des glaciers au Pakistan rend difficile la prévision des dangers qui en découlent. Bien que Hassanabad ait mis en place un système d’alerte précoce, avec des caméras qui surveillent le débit d’eau des lacs glaciaires, les villageois pensaient qu’ils vivaient à un niveau suffisamment élevé au-dessus de l’eau pour éviter tout impact. La puissance de l’eau a détruit des bâtiments qui étaient auparavant considérés comme sûrs.
Selon les scientifiques, environ sept millions de personnes sont vulnérables à de tels événements au Pakistan, mais beaucoup ne sont pas conscientes de la gravité de la menace. Les gens construisent encore des maisons dans des secteurs répertoriés comme zones rouges pour les inondations.
Une étude réalisée en 2019 a expliqué que les objectifs climatiques les plus ambitieux consistant à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici la fin du siècle pourraient entraîner la fonte d’un tiers des glaciers du Pakistan. En 2040, il se pourrait que le pays doive faire face à des problèmes de pénurie d’eau susceptibles de conduire à la sécheresse et à la désertification. Avant cela, il devra probablement faire face à des inondations fluviales fréquentes et intenses et à des crues soudaines.
Avec plus de 220 millions d’habitants, le Pakistan affirme être responsable de moins d’un pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pourtant, il reste très vulnérable aux impacts du changement climatique, surtout dans des secteurs sensibles au climat tels que l’agriculture et les ressources naturelles. Il n’y a pas au Pakistan d’usines ou d’industries pouvant causer de la pollution. L’environnement est propre. Pourtant, s’agissant des menaces liées au réchauffement climatique, le Pakistan est en première ligne.
Source : France 24, Yahoo Actualités.

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Pakistan is home to more than 7,000 glaciers, more than anywhere else on Earth outside the poles. Rising global temperatures linked to climate change are causing the glaciers to rapidly melt, creating thousands of glacial lakes. The government has warned that 33 of these lakes -– all located in the spectacular Himalaya, Hindu Kush and Karakoram mountain ranges –- are at risk of bursting and releasing millions of cubic metres of water and debris in just a few hours, as this happened in Hassanabad. At least 16 such glacial lake outburst floods linked to heatwaves have occurred this year already, compared with an average of five or six per year. The devastation caused by such floods makes recovery for impacted communities an arduous task. After disaster and the collapse of a bridge that struck Hassanabad, many villagers who lost their homes had to move to a nearby camp for displaced people.

Pakistan is the world’s eighth most vulnerable country to extreme weather caused by climate change, according to the Global Climate Risk Index. The country is experiencing earlier, hotter and more frequent heatwaves, with temperatures already hitting 50°C this year. Floods and droughts in recent years have killed and displaced thousands of people, destroyed livelihoods, and damaged infrastructure.

According to the UN Development Programme, a lack of information on glacial changes in Pakistan makes it difficult to predict hazards originating from them. Although Hassanabad had an early warning system in place, including cameras that monitor water flow in glacial lakes, the villagers believed they were living high enough above the water to avoid any impact. The power of the water took out buildings that had previously been considered safe.

According to scientists, about seven million people are vulnerable to such events, but many are not aware of the gravity of the threat. People are still constructing homes in areas declared as a red zone for flooding.

A 2019 study explained that even the most ambitious international climate targets of limiting global warming to 1.5 degrees by the end of the century could lead to the melting of one third of Pakistan’s glaciers. In 2040 the country could start facing problems of water scarcity that could lead to drought and desertification. Before that, it may have to cope with frequent and intense riverine flooding, and flash floods.

Home to more than 220 million people, Pakistan says it is responsible for less than one percent of global greenhouse gas emissions. Yet it remains highly vulnerable to climate change impacts, dependent on climate-sensitive sectors such as agriculture and natural resources. There are no factories or industries here that can cause pollution. The environment is clean. But when it comes to the threats posed by climate change, Pakistan is at the forefront.

Source: Franca 24, Yahoo News.

 

Glacier Shishpar et lac de fonte, en vert au milieu de la photo (Source: NASA)

Les conséquences dramatiques de la fonte des glaciers himalayens // Disastrous consequences of the melting of Himalayan glaciers

Dans une note publiée le 30 avril 2022, on pouvait lire: « La forte chaleur du mois de mars n’a pas épargné les États himalayens de l’Himachal Pradesh et de l’Uttarakhand, qui connaissent généralement des températures plus fraîches pendant cette période. En outre, le nombre de jours de froid dans la région himalayenne a diminué au cours des trois dernières décennies. On imagine facilement les conséquences pour les glaciers. C’est très inquiétant car après l’Antarctique et l’Arctique, la région détient la troisième plus grande quantité de glace dans le monde. Sa fonte et sa disparition auraient un impact catastrophique sur l’approvisionnement en eau des habitants de la région. »

Parfois surnommé « troisième pôle », ou « château d’eau de l’Asie », le centre du plateau tibétain constitue la troisième plus grande réserve de glace après l’Antarctique et l’Arctique. Il approvisionne en eau près de deux milliards de personnes, mais comme la glace des pôles, celle de l’Himalaya fond de plus en plus vite. Entre 2000 et 2018, on estime que la masse totale des glaciers a diminué de plus de 50 % , avec des conséquences inégales selon les régions. En effet, une étude a montré que le changement de phase glace-liquide crée une « disparité sud-nord due à l’interaction spatio-temporelle entre les vents d’ouest et la mousson indienne. » Autrement dit, les circulations atmosphériques ont changé à cause d’une augmentation de la proportion d’eau liquide, avec une modification de la répartition des ressources en eau selon les régions. Ainsi, l’eau s’écoule de plus en plus vers le nord, et de moins en moins vers le sud. Au final, on risque d’assister à l’assèchement des bassins du sud dont le réseau hydrographique est raccordé au niveau des mers, tandis que les bassins endoréiques qui, eux, sont fermés, risquent d’être submergés. Selon les chercheurs, le réchauffement climatique devrait amplifier ce déséquilibre, avec une forte alimentation des bassins des fleuves Jaune et Yangtze, et une pénurie dans les bassins de l’Indus et de l’Amou-Daria, ce qui pourrait en particulier affecter les zones agricoles qui demandent une irrigation importante sur les bords de l’Indus.

Source: plusieurs organes de presse dont Futura-Sciences.

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A post released on April 30th, 2022, one could read: « The intense heat of March did not spare the Himalayan states of Himachal Pradesh and Uttarakhand, which generally experience cooler temperatures during this period. In addition, the number of cold days in the Himalayan region has decreased over the past three decades. One can easily imagine the consequences for glaciers. This is very worrying because after Antarctica and the Arctic, the region holds the third largest amount of ice in the world. Its melting and disappearance would have a disastrous impact on the water supply of the inhabitants of the region. »
Sometimes referred to as the « Third Pole », or « Asia’s Water Tower », the center of the Tibetan Plateau is the third largest ice reserve after Antarctica and the Arctic. It supplies water to nearly two billion people, but like the ice of the poles, that of the Himalayas is melting faster and faster. Between 2000 and 2018, it is estimated that the total mass of glaciers has decreased by more than 50%, with uneven consequences depending on the region. Indeed, one study has shown that the ice-liquid phase change creates a « south-north disparity due to the spatio-temporal interaction between westerly winds and the Indian monsoon. In other words, atmospheric circulations have changed due to an increase in the proportion of liquid water, with a modification in the distribution of water resources according to the regions. Thus, the water flows more and more towards the north, and less and less towards the south. In the end, there is a risk of a drying up of the southern basins whose hydrographic network is connected to sea level, while the endorheic basins which are closed, risk being submerged. According to the researchers, global warming should amplify this imbalance, with a strong supply of the basins of the Yellow and Yangtze rivers, and a shortage in the basins of the Indus and the Amu-Daria, which could in particular affect the areas agricultural fields which require significant irrigation on the banks of the Indus river.
Source: several press organs like Futura-Sciences.

Le Plateau Tibétain (Source: NASA)

Glacier de la Marmolada (Italie): pourquoi l’effondrement s’est produit // Marmolada glacier (Italy): why the collapse occurred

Selon les glaciologues, les températures diurnes particulièrement élevées durant les jours qui ont précédé l’effondrement ont largement contribué au drame. Elles se situaient autour de 10°C alors qu’elles ne dépassent normalement pas 0°C dans ce secteur de la montagne. La période prolongée de temps chaud à haute altitude a créé un ensemble de circonstances particulières.
Les photos de la glace dans le trou béant laissé par l’effondrement (voir ci-dessous) expliquent ce qui s’est probablement passé. Les deux tiers supérieurs de la cavité mise à nu semblent légèrement sales, ce qui indique que la glace a été exposée à l’air. Il est fort probable que cette portion de la paroi verticale était la partie interne d’une crevasse. La portion inférieure de la paroi est d’un bleu plus franc, ce qui prouve qu’elle adhérait au substrat rocheux.
Il se peut que de l’eau se soit accumulée dans la crevasse, ajoutant du poids et de la pression au glacier. Une telle situation a peut-être aussi amoindri l »accroche du glacier sur le substrat rocheux sur lequel il reposait.
La partie qui s’est détachée est estimée à 200 mètres de large, 80 mètres de haut et 60 mètres de profondeur. Elle a dévalé la montagne à près de 300 kilomètres à l’heure. Les randonneurs ont probablement été surpris et n’ont pas eu le temps de fuir. .
En plus de la chaleur, il y a eu des chutes de neige inférieures à la normale cet hiver. Le nord de l’Italie traverse sa pire sécheresse depuis 70 ans. Lorsqu’il y a moins de neige, la glace reste à l’air libre et les impuretés peuvent s’accumuler à la surface du glacier, lui donnant une couleur plus foncée qui emprisonne plus de chaleur. Cet excès de chaleur fait fondre la glace et la neige plus rapidement.
Source : médias d’information italiens.

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According to glaciologists, the high daytime temperatures during the days that preceded the collapse largely contributed to the tragedy. They were around 10°C when they normally don’t rise much above freezing. The prolonged period of hot weather at high altitudes created a special set of circumstances.

The pictures of the ice in the gaping hole left by the collapse (see below) tell a story about what likely happened. The top two thirds of the ice face appears slightly dirty, indicating it was exposed to air. It is highly likely that this part of the vertical ice cliff was the internal part of a crevasse..The bottom is bluer, indicating it was attached to the bedrock.

Water may have accumulated in the crevasse, adding weight and pressure on the glacier. It may also have loosened the glacier’s grip on the bedrock it was sitting on.

The portion that broke loose is estimated to be 200 meters wide, 80 meters high and 60 meters deep. It rushed down the mountain at nearly 300 kilometers per hour. The hikers were likely taken completely by surprise and had no time to flee. .

In addition to the heat, there was below normal snowfall this winter. Northern Italy is struggling through its worst drought in 70 years. When there is less snow, ice is exposed and impurities can collect on the surface of the glacier, turning the surface a darker colour that traps more heat. The extra heat melts the ice and snow faster.

Source: Italian news media.

Source: presse internationale