La fonte des glaciers en Alaska // Glacier melting in Alaska

 A l’attention de ceux qui auraient encore des doutes sur les effets dévastateurs du changement climatique d’origine anthropique, voici une vidéo qui montre en accéléré le recul des glaciers de l’Alaska. Le montage a été réalisé par un glaciologue de l’Université de Fairbanks à l’aide d’images envoyées par le programme satellitaire NASA-USGS Landsat au cours des 48 dernières années. La vidéo a été mise en ligne le 9 décembre 2019.

 https://youtu.be/E4Zc_KuXMkA

Comme je l’ai indiqué dans plusieurs notes, j’ai eu l’occasion d’observer les glaciers d’Alaska depuis les airs et de les approcher en bateau. L’un des reculs les plus spectaculaires est celui du glacier Columbia que l’on atteint depuis le petit port de Valdez, là où aboutit l’oléoduc trans-alaskien. Il avait belle allure jusqu’en 1972. C’est l’époque où les gaz à effet de serre ont commencé à modifier la donne et où la catastrophe a commencé, comme pour beaucoup d’autres glaciers de la planète, dans nos Alpes en particulier.

Dès les années 1980, on voit le Columbia reculer toujours plus rapidement. En 2019, au moment où la vidéo a été diffusée, il a reculé de plus de 20 kilomètres par rapport à 1972. Entre mes deux visites de 2009 et 2013, la morphologie de sa partie frontale avait totalement changé

En 2015, j’exposais des photos des glaciers d’Alaska au festival Nature de Montier-en-Der. James Balog*, photographe naturaliste américain, exposait lui aussi des images du Columbia dans un autre site du festival. La très intéressante conversation que nous avons eue a abouti aux mêmes conclusions pessimistes sur l’avenir des glaciers et des banquises dans le monde.

Dans le sud de l’Alaska, j’ai eu l’occasion de faire d’autres approches par la mer. Comme le Columbia, le glacier Sawyer fond de manière spectaculaire. Ainsi, il avait reculé de quelque 600 mètres entre juin et septembre 2016 quand je l’ai observé !

J’adore assister au vêlage d’un glacier. J’éprouve autant d’émotion que devant un volcan en éruption. De tels phénomènes permettent de relativiser et confirment que l’Homme n’est pas grand-chose par rapport aux forces de la Nature…

*James Balog et son équipe ont filmé au Groenland le plus important vêlage glaciaire jamais observé par l’Homme.

https://youtu.be/oXe7T4SQNts

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For those who still have doubts about the devastating effects of anthropogenic climate change, here is a video showing the accelerating retreat of the glaciers of Alaska. The editing was carried out by a glaciologist at the University of Fairbanks using images sent by the NASA-USGS Landsat satellite program over the past 48 years. The video was uploaded on December 9th, 2019.
https://youtu.be/E4Zc_KuXMkA

As I explained in several posts, I have had the opportunity to observe Alaskan glaciers from the air and approach them by boat. One of the most spectacular retreats is that of the Columbia Glacier. You can reach the glacier from the small port of Valdez which is also the end of the Trans-Alaskan oil pipeline. The glacier looked fine until 1972. It was the time when greenhouse gases began to change the game and when the disaster began, as for many other glaciers on the planet, in our Alps in particular.
As early as the 1980s, the Columbia retreated ever faster. In 2019, when the video was released, it fell more than 20 kilometers from 1972. Between my two visits in 2009 and 2013, the morphology of its front part had totally changed
In 2015, I was exhibiting photos of Alaskan glaciers at the Montier-en-Der Nature festival. James Balog *, an American naturalist photographer, also exhibited photos of the Columbia glacier at another site of the festival. The very interesting talk we had led to the same pessimistic conclusions about the future of glaciers and sea ice around the world.
In southern Alaska, I have had the opportunity to take other approaches by sea. Like the Columbia, the Sawyer Glacier is melting dramatically. Thus, it had shrunk by some 600 metres between June and September 2016 when I observed it!
I love watching the calving of a glacier. I feel as much emotion as in front of an erupting volcano. Such phenomena put into perspective and confirm that Man is not much compared to the forces of Nature …

* James Balog and his team filmed the biggest ice calving ever seen by humans in Greenland.
https://youtu.be/oXe7T4SQNts

Le glacier Columbia en 2009

Le glacier Columbia en 2019

Le Glacier Sawyer en 2016

Beaucoup de glaciers de montagne sont en phase d’effondrement en Alaska

(Photos: C. Grandpey)

Des moules en Antarctique ! // Mussels in Antarctica !

L’Océan Austral (ou Antarctique) est sans doute le milieu le plus hermétique de la planète, isolé depuis cinq millions d’années par la barrière naturelle que constitue le puissant courant circumpolaire. Il semblerait cependant que cette frontière océanographique ne soit plus tout à fait étanche. Une étude publiée au mois de mars 2020 dans Scientific Reports et conduite par une chercheuse de l’Université australe du Chili fait état de la découverte d’un premier cas d’espèce non indigène dans les eaux antarctiques. Le site de la découverte se trouve à environ 75 milles marins au nord de la Péninsule Antarctique, près de la plus grande des îles Shetland du Sud.

En 2019, au cours d’une plongée sur un tombant rocheux de la baie de Fildes sur l’île du Roi-George, une chercheuse de l’université Laval au Canada a collecté des échantillons d’éponges et de coraux. De retour au laboratoire, elle a découvert sous son microscope une quarantaine de minuscules jeunes moules encore jamais observées à cet endroit. Les analyses génétiques ont ensuite montré qu’elles appartenaient à une espèce de l’hémisphère Sud, Mytilus platensis, très abondante notamment en Patagonie.

La question est de savoir comment ces moules sont arrivées dans les eaux antarctiques. Les fronts océanographiques qui entourent le continent sont en effet infranchissables pour des larves. Il est donc vraisemblable que des moules accrochées à la carène d’un bateau se sont reproduites lors du transit de celui-ci et ont poursuivi leur route, aucun spécimen adulte n’ayant été trouvé sur place par les chercheurs. Très souvent, les navires de croisière empruntent cette voie de navigation entre la Patagonie et les îles Shetland du Sud. Selon un chercheur au British Antarctic Survey, il est logique que les moules soient les premiers envahisseurs marins de l’Antarctique ; elles se développent en grand nombre dans les eaux chiliennes et patagoniennes et ont une forte propension à s’attacher aux navires.

Il y a quelques mois, la chercheuse canadienne est revenue en compagnie de plusieurs collègues à Fildes Bay. Ils n’ont retrouvé aucune trace des moules. Il semble qu’elles n’aient pas survécu au rude hiver de l’Antarctique, quatre mois pendant lesquels l’eau est très froide.
Pour l’instant, les conditions climatiques en Antarctique sont encore suffisamment difficiles pour empêcher des espèces envahissantes – sauf les plus robustes – de s’y établir. Toutefois, à mesure que le trafic maritime va augmenter et que l’Océan Austral va se réchauffer, les invasions deviendront probablement plus fréquentes.

Cette découverte de moules de Patagonie en Antarctique est inquiétante. Elle témoigne de la pression humaine sur un milieu qui abrite le plus fort taux d’endémisme de la planète. Selon les scientifiques, la cause est probablement double : le réchauffement climatique et l’augmentation débridée du tourisme polaire.

Source : Presse internationale.

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The Southern (or Antarctic) Ocean is undoubtedly the most hermetic environment on the planet. It has been isolated for five million years by a natural barrier: the powerful circumpolar current. However, it seems, that this oceanographic border is no longer completely sealed. A study published in March 2020 in Scientific Reports and conducted by a researcher from the Southern University of Chile reveals the discovery of a first case of a non-native species in Antarctic waters. The discovery site is located approximately 75 nautical miles north of the Antarctic Peninsula, near the largest of the South Shetland Islands.
In 2019, during a dive on a rocky drop off in Fildes Bay on King George Island, a female researcher from Laval University in Canada collected samples of sponges and corals. Back in the laboratory, she discovered under her microscope about forty tiny young mussels never seen at this place. The genetic analyzes then showed that they belonged to a species of the southern hemisphere, Mytilus platensis, very abundant in particular in Patagonia.
The question is to know how these mussels arrived in Antarctic waters. The oceanographic fronts which surround the continent are indeed impassable for larvae. It is therefore likely that mussels hanging from the hull of a boat reproduced during its transit and continued on their way, no adult specimen having been found on the spot by the researchers. Very often, cruise ships use this shipping route between Patagonia and the South Shetland Islands. According to a researcher at the British Antarctic Survey, it makes sense that mussels should be the first marine invaders from Antarctica; they thrive in large numbers in Chilean and Patagonian waters and have a strong propensity to attach to ships.

A few months ago, the Canadian researcher and several colleagues returned to Fildes Bay. However, there was no sign of the mussels. It seems that they did not make it through the brutal Antarctic winter, four months with very cold water temperatures.  For now, Antarctic conditions are still extreme enough to thwart all but the hardiest invaders. But as ship traffic increases and the Southern Ocean warms, invasions will probably become more frequent.

This discovery of Patagonian mussels in Antarctica is worrying. It shows human pressure on an environment that harbors the highest rate of endemism on the planet. The cause is probably twofold: global warming and the unbridled increase in polar tourism.

Source : International news media.

Iles Shetland du Sud et Ile du Roi-George (Source : Wikipedia)

Le pluie a-t-elle déclenché l’éruption du Kilauea (Hawaii) en 2018 ? // Did rain trigger the 2018 Kilauea eruption (Hawaii) ?

On peut lire sur le site de The Guardian un article particulièrement surprenant. Selon une nouvelle étude, l’éruption du Kilauea en 2018 à Hawaii aurait été déclenchée par les très fortes pluies qui se sont abattues sur l’archipel au cours des mois précédents. L’influence des précipitations ou de la fonte de la neige a été observée ponctuellement sur certains volcans comme l’Etna. En percolant, l’eau peut atteindre le magma de sorte que les éruptions peuvent parfois devenir phréato-magmatiques, donc plus explosives, en raison de l’interaction entre l’eau et la roche en fusion. Quant à provoquer une longue éruption comme celle du Kilauea, c’est une autre affaire!
S’agissant du Kilauea, les auteurs de l’étude pensent que le dérèglement climatique, en provoquant des conditions météorologiques extrêmes, peut entraîner une augmentation des éruptions dans le monde.
On se souvient que la dernière éruption du Kilauea a été spectaculaire, avec l’ouverture de fractures, des explosions et des effondrements sommitaux, sans oublier un séisme de magnitude M 6,9 qui a provoqué d’importants dégâts. Cependant, jusqu’à présent, les volcanologues n’avaient pas déterminé la raison pour laquelle l’éruption avait été si intense.
Les auteurs de l’étude expliquent que plusieurs mois de précipitations anormalement fortes ont précédé l’éruption, avec un record pour une période de 24 heures à l’échelle des Etats-Unis. Les scientifiques pensent que toute cette eau s’est probablement infiltrée dans les fissures et les pores des roches du volcan, jusqu’à 2,9 km de profondeur. Ils ont calculé que ce phénomène avait poussé la pression interstitielle à l’intérieur des roches à un niveau jamais observé depuis près de 50 ans. Les roches ont donc été fragilisées, ce qui a facilité l’ascension du magma vers la surface..
Les scientifiques ont également étudié les éruptions du Kilauea depuis 1790 et ont constaté que ces événements étaient deux fois plus susceptibles de se produire pendant la saison des pluies. Selon eux, ce n’est pas la pression exercée de bas en haut par le magma qui a déclenché l’éruption, car la surface de l’édifice volcanique s’est à peine déformée. [NDLR : l’absence d’inflation ou de déformation significative de l’édifice volcanique est probablement due à la présence d’un grand lac de lave dans le cratère de l’Halemau’uma’u, au sommet du Kilauea. Ce lac de lave, avec des variations de niveau, a contribué à atténuer la pression exercée par le magma sur l’ensemble du volcan, de sorte qu’il y a eu peu de déformation]. Les chercheurs ont également éliminé l’attraction gravitationnelle du soleil et de la lune, qui sont, selon eux, également susceptibles de déclencher des éruptions – même si [NDLR] cette influence extérieure n’a jamais été clairement prouvée.
Avec le changement climatique, les périodes prolongées de précipitations extrêmes devraient être de plus en plus fréquentes dans de nombreuses régions du monde, de sorte que de plus en plus de phénomènes volcaniques pourraient être déclenchés par les précipitations. Cependant, cette hypothèse doit être confirmée par l’observation d’un plus grand nombre d’éruptions.
Source: The Guardian.

Cette étude qui fait reposer le déclenchement de l’éruption du Kilauea en 2018 sur un excès de précipitations me laisse sur ma faim. Si l’on observe l’évolution du comportement du volcan au cours des dernières années, on se rend compte que la dernière éruption n’est pas forcément une surprise et qu’elle a très bien pu se déclencher sans l’aide de l’ouverture des vannes célestes. Si l’inflation n’a pas été significative dans les mois qui ont précédé l’éruption, elle était enregistrée par les tiltmètres depuis plusieurs années (voir la courbe ci-dessous) , avec une certaine accélération dans les semaines qui ont précédé la sortie de la lave dans l’East Rift Zone.. Les tracés montraient une croissance régulière qui trahissait clairement une accumulation progressive du magma sous l’édifice volcanique.

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Quite surprisingly, an article published in The Guardian explains that, according to a new study, the 2018 Kilauea eruption (Hawaii) was triggered by extreme rainfall in the preceding months. The influence of rainfall or snow melting has been occasionally observed on some volcanoes like Mount Etna. The percolating water may reach the magma so that the eruptions may at times become phreatomagmatic and more explosive because of the interaction between water and magma. But triggering a long eruption like Kilauea’s in 2018 needs to be proved.

As far as Kilauea is concerned, the authors of the study raise the possibility that climate breakdown, which is causing more extreme weather, could lead to an increase in eruptions around the world.

One can remember that the last eruption of Kilauea was dramatic with rifts opening, summit explosions and collapses, and an M 6.9 earthquake that caused heavy damage. However, up to now, volcanologists had not analysed what made the eruption so intense.

The researchers who published the study explain that several months of unusually high rainfall preceded the eruption, with one 24-hour period setting a record for the entire US. They think this flood of water probably percolated down into fissures and pores in the rocks of the volcano, as far as 2.9 km below the surface. The scientists calculated this pushed up the pore pressure inside the rocks to the highest level in almost 50 years, weakening them and allowing magma to push up from below.

The scientists also looked at eruptions of Kilauea since 1790 and found that these historical events were twice as likely to happen in the rainy season. They ruled out magma pressure from below triggering the eruption, because the surface had barely deformed. [Editors note: The lack of significant inflation and deformation of the volcanic edifice was probably due to the existence of a large lava lake in Halemau’uma’u Crater, at the summit of Kilauea. This pond of lava contributed to alleviating the pressure exerted by the magma on the whole volcano so that there was little deformation]. The researchers also eliminated the gravitational pull of the sun and moon, which are also said to trigger eruptions – even though this external influence has never been clearly proved (editor’s note). .

As climate continues to change, the occurrence of prolonged periods of extreme rainfall is predicted to increase in many parts of the world, increasing the potential for rainfall-triggered volcanic phenomena. However, this hypothesis needs to be confirmed by more observations of other eruptions.

Source: The Guardian.

This study, which bases the onset of the Kilauea eruption in 2018 on excess precipitation, is quite disconcerting. If we observe the evolution of the behaviour of the volcano in recent years, we realize that the last eruption is not necessarily a surprise and that it could very well have started without the help of the rain. Although inflation was not significant in the months before the eruption, it had been recorded by tiltmeters for several years, with an acceleration during the weeks that preceded the eruption in the East Rift Zone. The plots showed a regular increase which clearly betrayed a gradual accumulation of magma beneath the volcanic structure.

Image de l’éruption de 2018 (Crédit photo: USGS / HVO)

Exemple de l’inflation du Kilauea déjà présente en 2013 (Source: HVO)

Des nouvelles de l’A-68 // News of A-68

C’est bien connu: l’Homme a tendance à oublier et il se fait surprendre quand se reproduisent des événements du passé. En juillet 2017, le plus grand iceberg jamais observé sur Terre s’est détaché du continent antarctique. Àvec une superficie d’environ 5 100 kilomètres carrés, ce bloc de glace géant a attiré l’attention des médias du monde entier, mais il est vite retombé dans l’oubli. Heureusement, des satellites comme Sentinel-1 de l’Union Européenne sont là pour le surveiller de près.
Baptisé A-68, le plus grand iceberg du monde a perdu de sa grandeur. Le 23 avril 2020, un gros bloc d’environ 175 kilomètres carrés s’est détaché de la masse de glace. Cet événement pourrait marquer le début d’une lente agonie. L’iceberg se déplace actuellement vers le nord de la Péninsule Antarctique. Après avoir pénétré dans des eaux plus tumultueuses et plus chaudes, il est maintenant confronté à des courants qui devraient le pousser vers l’Atlantique Sud.
Même si l’A 68 se dirige vers une mort certaine, les fragments issus de l’iceberg continueront probablement à flotter pendant des années.
Le nom de l’A-68 provient d’un système de classification géré par l’US National Ice Center, qui divise l’Antarctique en quadrants. Comme l’iceberg s’est détaché de la plate-forme glaciaire Larsen C dans la mer de Weddell, il appartient à la classe «A». « 68 » fait référence au dernier d’une série de vêlages majeurs dans la région. En réalité, on devrait désigner l’iceberg sous l’appellation A-68A car les petits icebergs issus de la masse principale ont également leur propre nom.
Lorsqu’il s’est détaché de la plateforme Larsen C en 2017, l’A-68 avait une superficie de près de 6000 kilomètres carrés – l’équivalent du département français de la Lozère – avec une épaisseur moyenne d’environ 190 mètres. Pendant des mois, il a semblé s’accrocher au plancher océanique et n’a pas beaucoup bougé. Puis il s’est retourné et a accéléré son déplacement vers le nord. Au cours de l’été austral dernier, l’iceberg s’est détaché de la glace de mer qui obstrue la Mer de Weddell. C’est un événement important car il expose désormais l’A-68 à des houles beaucoup plus fortes. Sa structure est maintenant soumise à plus de contraintes et il est probable que son morcellement va se poursuivre. Ainsi va la vie des icebergs….
Source: Presse internationale.

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It’s a well known fact : Man tends to forget and is surprised when events of the past occur again. In July 2017, the largest ever seen floating block of ice broke away from the Antarctic continent. At around 5,100 square kilometres, the giant iceberg drew the attention of the world’s media, but it has long been forgotten since that time. Fortunately, satellites like the European Union’s Sentinel-1 are keeping a close watch.

Dubbed A-68, the world’s largest iceberg is now getting a little smaller. On April 23rd, 2020, it dropped a sizeable chunk measuring about 175 square kilometres, which could mark the beginning of the end of this icy giant.. The iceberg is currently moving north from the Antarctic Peninsula. Having entered rougher, warmer waters, it is now riding currents that should take it towards the South Atlantic.

Even though A 68 is moving toward a certain death, the remaining fragments will probably keep floating for years.

A-68’s name comes from a classification system run by the US National Ice Center, which divides the Antarctic into quadrants. Because the berg broke from the Larsen C Ice Shelf in the Weddell Sea, it got an « A » designation. « 68 » was the latest number in the series of large calvings in that sector. Properly, one should refer to the iceberg as A-68A because subsequent breakages also get their own related name.

When first calved in 2017, A-68 was close to 6,000 square kilometres in area – the equivalent of the Lozère department in France – with an average thickness of about 190 metres. For months it appeared to catch on the seafloor and didn’t move very far. But eventually it spun around and picked up pace as it drifted northwards. This past austral summer saw the giant break free of the persistent sea-ice that clogs the Weddell Sea . This was a significant development because it exposed A-68 to much greater swells. Its structure is now under more stress and further splits should be expected.

Source : International press.

Péninsule Antarctique au moment du détachement de l’A-68 en 2017